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Des femmes gazaouies décollent avec les startups

jeudi 23 avril 2015 - 07h:05

Hana Salah

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Les jeunes femmes qui ont suivi des études dans la bande de Gaza sont les plus susceptibles d’être sans emploi dans une zone où quasiment la moitié de la population ne travaille pas. Aussi, nombre de ces femmes se tournent maintenant vers des pépinières d’entreprises pour trouver des financements et un accompagnement à la création de leur propre entreprise.

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21 juin 2014 - Une participante de l’évènement Gaza Startup Weekend présente sa société - Photo : d’après Twitter/@SWGaza}

GAZA, bande de Gaza — Le taux de chômage des femmes palestiniennes dans la bande de Gaza a progressé ces dix dernières années. Une augmentation fulgurante a été observée après le blocus imposé par Israël sur Gaza en 2006, augmentant la difficulté pour de nombreux palestiniens à occuper des emplois stables. Cependant, des pépinières d’entreprises telles celle de l’Université Islamique de Gaza, ont offert à des pionnières l’opportunité de démarrer leurs propres projets indépendants, faisant d’elles des leaders dans le monde des affaires, tout particulièrement dans le secteur de la technologie.

Rana al-Qirnawi, 25 ans, n’a pas attendu l’obtention de son diplôme universitaire pour comprendre l’amère réalité : elle ne trouverait pas d’emploi, en dépit de ses capacités créatrices dans l’ingénierie informatique. Qirnawi, qui avait confiance dans ses capacités, commença à chercher des financements pour son projet de création d’une entreprise spécialisée dans le développement de sites Internet. Ce projet a alors été lancé par une des pépinières d’entreprises de Gaza.

Aujourd’hui, après avoir gagné le concours pour le business and technology incubator, la pépinière d’entreprises de l’Université Islamique de Gaza, Qirnawi est devenu responsable de Genius Soft, une entreprise de développement de sites Internet et de programmation, de production d’applications pour smartphones ainsi que de projets de recherches et de statistiques en ligne.

« La couveuse de l’Université Islamique a participé au financement de mon idée. Aujourd’hui, six personnes ont été recrutées dans ce projet et quelquefois, lorsque cela est nécessaire, nous embauchons de nouveaux personnels à temps-partiel, » a expliqué Qirnawi au journal Al-Monitor.

« Le secteur de la technologie de l’information nous a donné notre chance pour faire fi du blocus imposé à la bande de Gaza, puisque nous utilisons nos compétences en ingénierie et notre créativité pour développer à distance le travail de grandes entreprises basées à l’extérieur de Gaza. Nous développons différents programmes personnalisés et designs via Internet, » dit-elle.

Qirnawi ajouta : « Ce travail nous fournit un salaire complet, contrairement aux emplois à salaire fixe qui sont difficiles à obtenir, à cause de la pénurie d’offres d’emploi due au chômage à Gaza ».

Qirnawi tout comme des centaines d’autres jeunes femmes de Gaza (bien qu’aucune statistique officielle ne soit disponible), se tournent vers les pépinières d’entreprises de la bande de Gaza afin de concrétiser leurs idées en projets d’entreprise, parmi elles, des jeunes femmes créatives nouvellement diplômées dans leur domaine d’activité spécifique.

Les femmes de la bande de Gaza, comme les hommes, souffrent de la pénurie d’emploi, laquelle est le résultat du blocus. Selon l’Agence Centrale Palestinienne de Statistiques, pendant le quatrième trimestre de 2014, le taux de chômage des palestiniens hommes et femmes de la bande de Gaza s’élevait à 42.8%, et les taux les plus élevés ont été enregistrés pour les 20-24 ans.

Les jeunes femmes qui ont suivi 13 années d’étude présentent les taux les plus élevés de chômage ; ce taux s’élève en 2014 à 47.1% du nombre total de femmes de cette catégorie en âge de travailler.

Le chercheur Basma Barhoum a effectué une étude en 2012, laquelle n’a pas été publiée dans les médias, sur le rôle des pépinières d’entreprises en tant qu’outil pour résoudre le chômage à Gaza, ce qui lui a valu un diplôme de master en économie de développement à l’Université Islamique en 2015. Selon cette étude, les pépinières d’entreprises ont été le facteur principal de création d’emplois aux entrepreneurs, surtout aux femmes, qui sont plus susceptibles de nécessiter une aide financière pour le lancement de leurs propres projets.

Selon Barhoum, il n’y a pas plus de cinq pépinières d’entreprises à Gaza ; la plus importante qui se situe à l’Université Islamique a été créée avec le soutien financier de la Banque Mondiale. L’Université Islamique reçoit 1000 idées d’entrepreneurs gazaouis chaque année. A ces pépinières d’entreprises s’ajoutent des accélérateurs d’entreprises lancés récemment par des institutions internationales dans la Bande de Gaza — comme le Gaza Sky Geeks accélérateur, lancé par Mercy Corps.

Dans son étude, Barhoum traite plus particulièrement de la couveuse de l’Université Islamique, où les projets technologiques représentaient 61%, les projets de services 41% et les projets industriels 11% — un pourcentage supérieur à 100% puisque de nombreux projets ont touché plusieurs domaines à la fois.

« Le taux de projets technologiques est à la hausse, puisque ces projets dépendent des seules aptitudes des jeunes gens à concevoir et développer des applications, lesquelles ne nécessitent ni l’ouverture des points de passage, ni l’entrée de certains produits indispensables, du fait du blocus imposé à la Bande de Gaza, » expliqua Barhoum au journal Al-Monitor.

« Les entreprises qui ont vu le jour grâce aux pépinières d’entreprises des universités interviennent dans des secteurs d’activité variés ; ces entreprises sont locales dans 40.5% des cas, régionales dans 10.1% des cas, et les entreprises internationales représentant 14% du nombre total de projets aboutis avec couveuse. De plus, 35.4% du nombre total de ces entreprises ont pris part dans des projets de domaines variés, » ajouta-t-elle.

Selon Mohammed Skaik, le directeur du [Business and Technology Incubator-business and technology incubator, la pépinière d’entreprises de l’Université Islamique, « Les projets des entrepreneurs femmes constituent environ 53% des projets, et ont été les plus réussis parmi le travail des jeunes gens. »

« Les entrepreneurs féminines ont une volonté inébranlable tout au long de la réalisation de leurs projets ; par conséquent, elles obtiennent de plus grands succès que les jeunes hommes. Les offres d’emplois que propose le gouvernement sont peu nombreuses étant donné la situation économique et politique. Dans le même temps, le secteur privé embauche majoritairement des hommes car il propose des emplois difficiles », expliqua-t-il à Al-Monitor.

« La couveuse a financé 73 projets depuis 2012 parmi les milliers d’idées reçues chaque année. Ces projets ont été alimentés par des sommes allant de 3000 à 10000$ par projet, ce qui suffit à une idée pionnière à se concrétiser en projet d’entreprise viable sur le marché, » ajouta-t-il.

Après le rôle de la couveuse arrive celui des accélérateurs d’entreprises, que l’Université Islamique n’a pas encore développé. Ainsi, le Gaza Sky Geeks, lancé par la Mercy Corps en 2013, a été le premier accélérateur d’entreprises de Gaza à pousser des projets d’entrepreneurs. La couveuse a fourni une aide financière aux idées de projets, allant de 3000 à 10000$. Cependant, les accélérateurs d’entreprises poursuivent l’aide financière après la promotion du projet aux parties concernées, locales et internationales.

L’accélérateur d’entreprises Gaza Sky Geeks reçoit la plupart des projets qui ont commencé dans la couveuse de l’Université Islamique, ainsi que d’autres projets du secteur privé et d’autres entrepreneurs, les préparant à faire une belle entrée sur le marché.

Saeed Hassan, responsable du programme de Gaza Sky Geeks, expliqua à Al-Monitor, « L’accélérateur d’entreprises a financé quatre projets de start-up ces dernières années à hauteur de 30000$ chacun. Le rôle de l’accélérateur d’entreprises est également la promotion des projets au sein des réseaux internationaux d’investissement. »

Il rajouta, « La participation des femmes dans l’accélérateur d’entreprises représente 50%, et 25% des projets qui ont obtenu un financement sont conduits par des jeunes femmes ». 

Pendant que Qirnawi tente d’obtenir le financement de son projet après plusieurs entretiens avec Gaza Sky Geeks, et attend toujours pour poursuivre après le rejet de sa première demande, Maryam Otaiwi, 25 ans, est la première femme à qui l’accélérateur ait versé des fonds pour son projet appelé Wasselni (Conduis-moi). Ce projet vous permet de partager des informations sur les services de transport et de réserver des taxis grâce à une application mobile et à un site Internet. Il permet aux clients de partager des données sur les services de transport en place dans les villes comme Le Caire, Gaza et Amman.

Otaiwi a été classée dans les 25 meilleures start-up du monde arabe en compétition, qui a eu lieu à l’Université de Zayed dans les Emirats Arabes Unis, en tant que pionnière dans la technologie à Gaza à un échelon international.

* Hana Salah est journaliste spécialisée dans le domaine financier et basée à Gaza. Elle a au préalable travaillé pour l’agence de presse Anadolu.

De la même auteure :

- Israël impose ses restrictions sur les travaux de reconstruction menés par l’UNRWA à Gaza - 12 novembre 2014
- Les munitions israéliennes non-explosées mettent en danger la vie des Gazaouis - 6 octobre 2014

10 mars 2015 - Al-Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.al-monitor.com/pulse/ori...
Traduction : Info-Palestine.eu - Vénus


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