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Cisjordanie : les soldats de l’occupation provoquent les Palestiniens pour ensuite tenter de les tuer

lundi 26 janvier 2015 - 09h:01

Ben White

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L’armée israélienne utilise des tirs à balles réelles contre les lanceurs de pierres palestiniens non armés, en Cisjordanie occupée, et provoque délibérément des affrontements afin d’ouvrir ensuite le feu sur les manifestants.

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Soldats des troupes israéliennes d’occupation visant par des tirs à balles réelles des manifestants palestiniens en Cisjordanie

C’est la conclusion de l’organisation israélienne B’Tselem, dans un nouveau communiqué de presse détaillant « une augmentation spectaculaire de l’utilisation des balles réelles d’un calibre de 0,22 pouces [marque Ruger] par les forces répressives israéliennes » ces derniers mois.

Selon l’ONG, « l’usage de ce type de munitions » par les forces d’occupation israéliennes contre des civils palestiniens « est un événement presque hebdomadaire » à l’occasion « de manifestations et d’affrontements. » La plupart des blessés sont de « jeunes Palestiniens, y compris des mineurs », ainsi que « une femme palestinienne, au moins trois photographes, et un ressortissant étranger » dans les deux derniers mois.

Fait troublant, B’Tselem affirme qu’il a documenté « plusieurs cas » où des soldats israéliens « ont volontairement provoqué des lanceurs de pierres pour ensuite tirer sur eux avec des balles de calibre 0,22. »

Dans un cas, qui a été documenté, les soldats ont fait ce qu’il fallait pour pousser de jeunes Palestiniens à lancer des pierres, afin qu’ils puissent répondre avec des balles pour tuer. Dans un cas qui a été documenté, les soldats ont pris des initiatives visant à provoquer des jeunes à leur jeter des pierres, ce qui permettait ensuite aux soldats de répondre avec des coups de feu, blessant plusieurs jeunes.

En 2001, un officier de l’armée israélienne a décrit le Ruger comme « une arme à tous égards », et non « un moyen de disperser les manifestations. » L’utilisation de la balle de calibre 0,22 a été suspendue de 2001 à 2008, mais depuis sa réutilisation, B’Tselem affirme qu’il « a documenté la mort d’au moins deux personnes à cause de ces balles. » Le nombre réel, ajoute le rapport, « peut être plus élevé. »

Le 9 décembre 2014, le commandant militaire en Cisjordanie, le Brigadier général Tamir Yadai, lors d’une réunion avec des colons juifs, avait déclaré que l’armée avait « pris une approche légèrement plus dure avec les gens [les Palestiniens] autour d’ici. » Il a poursuivi :

Dans les endroits où nous avions l’habitude de tirer des gaz lacrymogènes ou [des balles métalliques revêtues de] caoutchouc, nous tirons maintenant des balles Ruger et parfois des balles pour tuer. Si je me souviens bien des chiffres, nous sommes à environ 25 personnes blessées ici dans les trois dernières semaines. C’est un chiffre relativement élevé.

L’armée israélienne a une longue expérience dans l’utilisation de balles réelles pour tuer et blesser des Palestiniens non armés qui protestent contre le régime militaire et la colonisation de leurs terres. Dans les premiers jours de la deuxième Intifada, les soldats israéliens ont tiré plus d’un million de balles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Dans le même temps, lors des manifestations anti-occupation des habitants des villages de Cisjordanie, les forces israéliennes ont fréquemment recours à une force meurtrière contre des manifestants non armés. Plus de 20 Palestiniens ont été tués dans des manifestations contre le Mur, et des centaines d’autres ont été blessés.

En mai 2014, une vidéo montrant comment deux adolescents palestiniens avaient été abattus par des soldats israéliens à la suite d’une manifestation lors de la Journée de la Nakba, avait attiré l’attention sur une facilité d’usage de la gâchette qui avait été également l’objet d’un rapport d’Amnesty International l’an passé.

Ce rapport accuse l’armée israélienne d’un « mépris total pour la vie humaine », ce qui signife que des civils ont été tués, « y compris des enfants », par des soldats opérant avec « une impunité quasi totale. » L’enquête présentait des preuves « d’homicides volontaires » qui constituent des « crimes de guerre ».

Loin des incidents de plus grande envergure qui ont lieu dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, les tirs délibérés sur des civils non armés avec des munitions pour tuer sont un exemple des crimes habituels d’une armée qui ne sent nullement menacée par la perspective d’avoir un jour à rendre des comptes, que ce soit sur place ou à l’étranger.

* Ben White est journaliste indépendant, écrivain et militant, spécialiste Palestine/Israël. Il est diplômé de l’université de Cambridge. Suivre sur Twitter : @benabyad

Du même auteur :

- Ces boycotts qui aident les Palestiniens - 22 août 2013
- Un processus de paix qui protège Israël - 2 août 2013
- Le gouvernement israélien intensifie la lutte anti-boycott - 30 juin 2013
- Pourquoi un boycott des universités israéliennes est pleinement justifié - 19 septembre 2012
- Un syndicat d’étudiants au Royaume-Uni appuie les initiatives de boycott sur les campus - 23 mai 2012

22 janvier 2015 - Middle East Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
https://www.middleeastmonitor.com/b...
Traduction : Info-Palestine.eu


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