Fermer la page
www.info-palestine.net
Rapport n° 42 sur les violations israéliennes des droits humains
jeudi 23 octobre 2008 - PCHR - 16 au 22 octobre 2008

Durant cette semaine, les forces d’occupation de la Palestine ont :

-  tué un civil palestinien à Ramallah, ayant laissé la victime perdre son sang ;
-  blessé 16 civils, dont 3 mineurs, par des tirs ; 13 d’entre eux ont été blessés lors de la manifestation non violente à Ni’lin, contre le mur d’annexion ;
-  blessé 3 civils palestiniens dont un journaliste, plus un militant international ;
-  mené 15 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie ;
-  arrêté 12 Palestiniens dont un mineur ; plus deux mineurs sur les check-points.

Les colons en Cisjordanie continuent d’agresser les Palestiniens, lançant systématiquement des attaques contre les agriculteurs durant la cueillette des olives.

Le siège a été maintenu sur les territoires palestiniens, isolant la Bande de Gaza du monde extérieur. Dans la bande de Gaza, les Palestiniens souffrent pour la deuxième semaine consécutive d’un manque de gaz pour la cuisine.

http://www.pchrgaza.org
Rapport complet sur : http://www.pchrgaza.org/files/W_rep...


JPEG - 28.9 ko
Un photographe palestinien, Abdul Hafiz Haslamoun, au centre, de l’Agence Presse Photo européenne, est agressé par des colons israéliens alors qu’il couvrait la cueillette des olives près de Hébron, en Cisjordanie.




Partie Bande de Gaza

En ce qui concerne la bande de Gaza le siège est resté hermétique toute la semaine isolant ainsi cette partie des territoires palestiniens occupés du reste du monde. L’insuffisance d’approvisionnement en gaz domestique a rendu encore plus difficile la vie quotidienne de la population.

Le lundi 20 octobre les FOI ont pénétré à 150 mètres de la frontière dans Beit Hanoun pour niveler des terres agricoles défoncées quelques semaines auparavant. L’opération a duré de 08h00 à 14h00. Elle n’a fait aucune victime ni aucune arrestation.

Matée, la population est maintenue en vie sous perfusion selon le bon vouloir de l’occupant. Les mouvements aux 6 postes frontière de la bande de Gaza en sont témoins :

KARM ABU SALAM (N.E. de Rafah) a laissé rentrer :

Date  : Détails
15 octobre  : 73 containers admis à l’entrée
16 octobre  : 78 containers
17 octobre  : 65 containers
18 octobre  : fermé
19 octobre  : 57 containers
20 octobre  : 56 containers
21 octobre  : fermé

AL MENTAR - KARNI ( à l’est de Gaza ville) a été ouvert le dimanche 19 pour l’entrée de 2 600 tonnes d’aliments pour bétail et de semences.

RAFAH INTERNATIONAL a été ouvert quelques heures pour laisser rentrer quelques pélerins, quelques malades et leurs accompagnateurs.

Date  : Détails
16 oct.  : 32 pèlerins et malades rentrent chez eux
20 oct.  : 128
21 oct.  : 128

NAHAL OUZ, ouvert 4 jours :

Date  : Essence  : Diésel  : Gaz domest.  : Fioul indust
15 oct.  : 0  : 0  : 156 570 t  : 733 810 l
16 oct.  : 0  : 0  : 94,80 t  : 336 420 l
19 oct.  : 0  : 179 430 l  : 186 210 t  : 284 410 l
20 oct.  : 0  : 208 410 l  : 182 560 t  : 353 410 l

BEIT HANOUN - EREZ (au N.E. de Gaza ville)

Date  : Patients - Accomp. - Commerce - Presse - Internat. - Gazaouis
15 oct.  : 10 10 0 1 24 0
16 oct.  : 9 9 0 4 22 4
17 oct.  : 3 3 0 4 16 0
18 oct.  : 0 0 0 0 0 0
19 oct.  : 15 14 0 2 5 6
20 oct.  : 14 14 0 7 9 2
21 oct.  : 0 0 0 0 0 0

(Traduction partie Bande de Gaza : Jacques Salles, pour Palestine 33)


Partie Cisjordanie

1 - Incursions dans les villes, villages et camps des Palestiniens et agressions contre leur personne et leurs biens

Chaque incursion, la plupart du temps nocturne, s’accompagne de violences, de tirs et de vacarme, l’armée faisant irruption violemment dans certaines maisons, les fouillant, voire les vandalisant, arrêtant ou non des citoyens palestiniens et n’hésitant pas à tirer sur eux et les laisser mourir, comme ce fut le cas le jeudi de cette semaine, à Ramallah.

Cette semaine, au moins 15 incursions ont eu lieu dans les communautés palestiniennes par les forces d’occupation au cours desquelles elles ont arrêté 12 civils palestiniens dont un mineur. Le nombre de Palestiniens arrêtés depuis le début de l’année monte à 2 074.

Jeudi, 16 octobre 2008

Région de Tulkarem : incursion dans le village d’ ?Anabta (pas d’arrestation).

Jénine : village de Qabatya (4 arrestations).

Ramallah : en début de matinée, un détachement des forces d’occupation s’introduit clandestinement dans le village de Kufor Malek, à l’est de Ramallah. Des soldats sont postés près du cimetière et du club de sport dans le centre du village. Aux environs de 3h15, les soldats ouvrent le feu sur deux jeunes palestiniens, ?Abdul ?Aziz Yousef Ba’rat, 21 ans, et Shadi Saleh ?Awajna, 20 ans, qui sont debout sur la terrasse d’une vieille maison. Ba’irat est blessé par une balle à la cuisse droite pendant que ’Awajna reçoit une balle dans le dos. ?Awajna essaie de rejoindre une maison voisine alors que les soldats d’occupation entourent B’airat allongé sur le sol en train de saigner. Les soldats ne lui administrent aucuns des premiers secours et ne permettent à personne de le secourir. A force de perdre son sang, il meurt. Peu après, des véhicules de l’armée israélienne pénètrent dans le village pour couvrir le retrait des soldats déguisés en arabe. Des civils palestiniens réussissent à évacuer ?Awajna sur l’hôpital.

Dans son témoignage au PCHR, Shadi ?Awajna déclare ceci :

« Il était environ 3h15, le jeudi 16 octobre, mon ami ?Abdul ?Aziz Ba’irat et moi étions montés sur la terrasse d’une vieille maison pour fixer les fils d’un réseau internet. Nous ignorerions qu’il y avait des soldats israéliens dans le secteur et j’ai brusquement été touché par une balle qui a pénétré dans ma main droite et est ressortie dans mon dos, mon ami a été blessé par une balle à la cuisse droite. Je me suis retourné pour voir qui avait tiré sur moi et j’ai vu un soldat masqué. Lui et d’autres soldats continuaient de tirer sur nous, à l’aveuglette. J’ai essayé de sauver mon ami mais je n’ai pas pu. J’ai sauté de la terrasse et me suis enfui, me cachant dans une autre maison. J’ai demandé aux habitants de m’aider et de sauver mon ami. Quand ils sont montés pour l’aider, ils ont trouvé les soldats des forces d’occupation qui l’entouraient. Les soldats l’ont tenu ainsi pendant une heure et 35 minutes, sans lui offrir la moindre aide médicale. Il est mort à bout de sang. »

Vendredi, 17 octobre

Jénine : ville et camp de réfugiés (pas d’arrestation).

Tubas : camp de réfugiés d’al-Far’a (une arrestation).

Samedi, 18 octobre

Hébron : à Dura (arrestation d’un jeune de 19 ans). Camp d’al-Fawar (une arrestation).

Dimanche, 19 octobre

Jénine : ville et camp de réfugiés (une arrestation).

Naplouse : incursion dans la ville et le camp voisin d’ ?Askar (3 arrestations).

Lundi, 20 octobre

Naplouse : à Beit Fourik (pas d’arrestation).

Bethléhem : village d’al-Khader, l’armée patrouille dans les rues et pénètre dans certaines maisons proches de la route de contournement réservée aux colons. Elle y interpelle et agresse des civils palestiniens prétendant que des pierres avaient été jetées sur des véhicules israéliens circulant sur la route. Trois Palestiniens, dont une femme âgée, souffrent d’ecchymoses.

Mardi, 21 octobre

Naplouse : incursion dans la ville et le camp voisin de Balata (pas d’arrestation).

Hébron : village de Dura (une arrestation).

Mercredi, 22 octobre

Tubas : camp d’al-Far’a (une arrestation). Des dizaines d’enfants se rassemblent et lancent des pierres sur les véhicules. Les troupes tirent immédiatement sur les enfants. Un jeune de 17 ans est blessé à la tête par une balle d’acier enrobée de caoutchouc.

Hébron : village d’Ethna, l’armée patrouille et tire au hasard. Résultat : un Palestinien touché de 2 balles, à la poitrine et dans un pied.

JPEG - 28.2 ko
Ensemble, Palestiniens, internationaux, militants anti-colonialistes israéliens, à Bil’in, contre le mur.




2 - Maintien du siège sur les TPO


Il y a environ 600 barrages sur les routes de Cisjordanie, tenus ou non par l’armée. En outre, quelque 60 à 80 barrages temporaires sont montés chaque semaine.

En Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, il y a autour de 500 km de routes où les déplacements des Palestiniens sont restreints, voire interdits. Un tiers de la Cisjordanie est inaccessible aux Palestiniens sans un permis spécial délivré par l’occupant, permis extrêmement difficile à obtenir. Au moins 65% des routes qui mènent aux 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie ont été fermées ou totalement contrôlées par les FOI (soit 47 routes sur 72).

La Cisjordanie a connu, cette semaine encore, des restrictions graves à la liberté de déplacements de sa population palestinienne.

Naplouse : des contraintes supplémentaires ont été ajoutées sur des check-points autour de la ville certains jours, des contrôles prolongés à d’autres, sachant que de tels contrôles obligent les Palestiniens à attendre des heures en plus, par n’importe quel temps, quelle que soit leur santé. Les principaux check-points visés par ces mesures sont : Za’tara, Hawara, Beit Eiba.

Tulkarem : mêmes restrictions. Certains check-points ont été fermés pendant quelques heures, de nouveaux barrages ont été montés à l’entrée de villages, bloquant tous les véhicules et piétons palestiniens. Le dimanche 19, les déplacements entre Tulkarem et Jénine ont été interdits. Principaux sites et check-points concernés : Wad al-Teen, ?Attil, al-Ras, Qiffin, ?Allar, Wad al-Teen, Ennab.

Hébron : cette région est particulièrement contrôlée. Dans toute la ville, des centaines de civils palestiniens ont été stoppés, contrôlés et interrogés. L’armée s’est postée, jeudi 16 octobre, dans le quartier de Ras al-Joura, montant un barrage près de la station essence de Zaid. Elle y retient pendant 2 heures 5 mineurs palestiniens. Sur un check-point, elle arrête deux jeunes palestiniens de 16 et 15 ans.


3 - Construction du mur


Une fois terminé, le mur d’annexion, déclaré illégal par la Cour internationale de Justice en 2004, s’étendra sur 724 km autour et à l’intérieur de la Cisjordanie, isolant encore davantage la population. 99% environ sont construits à l’intérieur du territoire avec toujours plus de saisies de terres palestiniennes.

La construction de ce mur illégal se poursuit, comme se poursuivent les manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens pour les droits humains, pour protester contre ce mur, notamment à Bil’in et Ni’lin, à l’ouest de Ramallah.

Ni’lin. Après la prière du vendredi 17 octobre, comme chaque semaine la manifestation organisée par les Palestiniens avec les internationaux et les militants israéliens pour les droits humains se rassemble dans le centre du village puis avance vers le secteur où l’occupant a rasé la terre pour y construire le mur. L’armée tire aussitôt avec des balles d’acier enrobées de caoutchouc et lance des grenades lacrymogènes sur les manifestants. 13 d’entre eux sont blessés, dont 2 mineurs. Certains par une ou plusieurs balles dans le corps, d’autres en recevant le corps des grenades. L’un d’eux a 7 ans, un autre, 12 ans, nombre d’entre eux ont une vingtaine d’années.

Bil’in. Même manifestation, le même jour. Une dizaine de manifestants souffrent des inhalations de gaz.


JPEG - 20 ko
Ensemble aussi pour la cueillette des olives, qui représentent la principale source de revenus pour bien des familles palestiniennes.




4 - Activité coloniale et agressions des colons


Jeudi, 16 octobre, région de Qalqilya : des colons israéliens de la colonie de Qidomim, à l’est de Qalqilya, mettent le feu à des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens au sud-est du village de Kufor Qaddoum. La terrer est la seule source de revenus pour au moins 10 familles. Selon des témoins, des dizaines d’oliviers ont été brûlés.

Même jour, région de Naplouse : des colons de la colonie d’Alon Moreh implantée sur les terres des villages d’ ?Azmout et Deir al-Hatab, au nord-est de Naploouse, s’en prennent au véhicule d’un Palestinien d’ ?Azmout, alors que lui et sa famille sont occupés à cueillir les olives. Selon le Palestinien, Hamdallah Yousef ?Afana, vers 10h30, des colons venant d’Alon Moreh se sont avancés vers eux, armés de bâtons. Arrivés à 100 mètres d’eux, il les a avertis de se tenir éloignés de sa famille. Les colons se dirigent alors vers sa voiture, en brisent les vitres et lacèrent les pneus. L’armée positionnée à l’entrée de la colonie observe l’attaque sans intervenir. ?Afana va demandé aux soldats de réagir mais ils pointent leurs armes sur lui et l’obligent à reculer.

Même jour, début d’après-midi, au sud de Bethléhem  : des dizaines de colons de Kfar Etzion et Efrat, deux colonies au sud de la ville, escortés par des soldats des forces d’occupation, envahissent le secteur d’Esh al-Ghurab au sud-est de Beit Sahour et se mettent à faire des prières juives. Les troupes empêchent tout déplacement de civils palestiniens dans ce secteur qui sert de jardin public.

Samedi 18 octobre, Hébron : des colons de Ramat Yishai, un avant-poste (illégal même selon la loi israélienne) situé dans le quartier de Tal al-Rumaida dans le centre de Hébron, attaquent des agriculteurs palestiniens, des militants internationaux et des journalistes alors qu’ils cueillent des olives. Un journaliste et international sont blessés.

D’après l’enquête conduite par le PCHR, des civils palestiniens et des militants pacifistes internationaux cueillaient des olives dans ce quartier de Hébron. Des journalistes couvraient la cueillette. Vers 10h15, des colons de Ramat Yishai envahissent le terrain. Ils attaquent en même temps le journaliste, ?Abdul Hafeez Diab al-Haslamoun, qui photographiait leur attaque. Son frère, Nayef, reporter chez Reuters, intervient alors pour le défendre, mais les colons le jettent au sol. Peu après, une militante écossaise, Janet Benvie, 63 ans, essaie de récupérer l’appareil photo du journaliste mais est violemment frappée au visage par l’un des colons et s’écroule sur le sol. Des soldats d’occupation sont présents mais n’interviennent pas. Le journaliste est blessé au nez et à l’ ?il droit, et Janet Benvie souffre de blessures au visage et d’ecchymoses sur tout le corps. Quand la police israélienne arrive, elle ferme le secteur et oblige les activistes à quitter les lieux.

Samedi également, Naplouse : des colons d’Alon Moreh, à nouveau, attaquent un Palestinien et sa famille pendant qu’ils cueillent des olives. Ils lui volent son téléphone portable et éparpillent ses olives sur tout le terrain. Son témoignage au PCHR :

JPEG - 15.2 ko
Les attaques des colons se sont multipliées cette semaine.

« Samedi matin, 18 octobre, mon épouse, mes trois filles et moi sommes allés sur notre terre dans le secteur d’Um al-Tyour, à trois kilomètres au nord du village d’ ?Azmout, et commencions à cueillir les olives. Vers 13h30, je vois des colons d’Alon Moreh venir vers nous. Aussitôt, je demande à ma famille de mettre les olives dans les sacs, pour pouvoir partir avant l’arrivée des colons. Nous avons rassemblé les olives et les avons mis dans les sacs. Nous avons ensuite pris les sacs et nous sommes dirigés par un chemin de terre vers notre village. Cependant, les colons, qui étaient au moins une dizaine, nous ont poursuivis. Ils nous ont attaqués avec des pierres. Mon épouse a reçu une pierre dans le dos et ma fille Nidaa’ a reçu elle aussi une pierre. Nous avons posé les sacs au sol et j’ai pris une pierre et l’ai jetée sur les colons, sans toucher personne. J’ai essayé de prendre une autre pierre pour protéger ma famille et moi-même, mais deux colons se sont approchés et m’ont jeté au sol. Je suis tombé sur des pierres et dans des ronces et je me suis fait des ecchymoses. Mon téléphone portable est tombé par terre et l’un des colons l’a volé. Les colons ont déchiré les sacs d’olives avec des outils coupants. Ils ont ensuite dispersé les olives sur le terrain et sont partis. »

Dimanche 19, Qalqilya : des colons ont attaqué des fermiers palestiniens alors qu’ils cueillaient les olives dans le village de Kufor Qaddoum, à l’est de Qalqilya. Les troupes présentes ont obligé... les fermiers à quitter leurs terres.

Dimanche également, au sud de Jénine : des colons de Mavi Dutan ont violemment frappé un agriculteur du village d’ ?Arraba. Selon des témoins, ils l’ont frappé alors qu’il se rendait sur ses terres pour la cueillette, près de la colonie. Il souffre d’ecchymoses sur tout le corps, et les colons les ont obligés, lui et sa famille, à partir de leurs terres.

(Traduction partie Cisjordanie : JPP pour les Amis de Jayyous


Document public

Pour plus d’informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter notre site (http://www.pchrgaza.org) ou de nous contacter à notre bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza.org) ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

Rapport semaine du 16 au 22 octobre 2008 : PCHR