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Election présidentielle en Iran : le retour de Khatami
vendredi 28 décembre 2007 - T. Hocine - El Watan
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L’ancien président iranien Mohammad Khatami, le 11 décembre 2007 à Téhéran - Photo : AFP

C’est en tout cas le moment choisi par l’ex-président iranien Mohammad Khatami réformateur (1997 à 2005), pour faire un retour remarqué sur la scène politique, après un hiatus de deux ans.

Après avoir gardé le silence sur la première partie du mandat de son successeur, l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, il a lancé récemment une série d’attaques sévères sur la politique du Président. Il soutient aussi une coalition de modérés, qui espère faire la différence au prochain Parlement, actuellement dominé par les conservateurs.

Le tout laisse penser qu’il pourrait tenter sa chance à la présidentielle de 2009, mais en attendant, il a entamé une vaste tournée dans le pays, ponctuée de discours devant un public nombreux. « Au cours de ces déplacements, M. Khatami use de sa popularité et mobilise ses troupes pour les élections législatives », déclare l’analyste conservateur Amir Mohebian. « En même temps, il teste le terrain pour voir s’il peut revenir dans le jeu à l’occasion de la prochaine présidentielle », affirme-t-il.

Pour l’analyste réformateur Hamid Reza Djalaïpour, M. Khatami serait avant tout préoccupé par la situation économique, avec une croissance trop faible et une fuite des cerveaux et de capitaux vers l’étranger. Il s’inquiéterait aussi de la politique étrangère musclée de M. Ahmadinejad, notamment sur le programme nucléaire controversé de l’Iran. Le religieux, que de nombreux partisans avaient jugé trop prudent pendant sa présidence, s’en est aussi pris au puissant Conseil des gardiens, un organe chargé de filtrer les candidatures aux mandats électifs de député ou de président.

Les Réformateurs craignent que le Conseil, qui compte douze membres, disqualifie à nouveau nombre de leurs candidats, comme il l’avait fait en 2004. « Quel droit avons nous de décider à la place de l’électorat, et d’empêcher la candidature de personnes qui ont la confiance du peuple, simplement parce que six ou douze personnes (au Conseil, ndlr) ne sont pas d’accord », a demandé M. Khatami dans un de ses récents discours. Mais sa première cible reste M. Ahmadinejad, dont le slogan de « justice sociale » a servi, selon lui, à « répandre la pauvreté », et accuse son gouvernement de trafiquer les statistiques pour diminuer les chiffres de l’inflation. Il a aussi appelé les Iraniens à la « vigilance » face aux risques qu’encourt l’Iran sur la scène internationale, avec des sanctions ou une possible intervention militaire.

L’ex-Président a reçu un accueil chaleureux à l’université de Téhéran, où il avait subi en décembre 2004, les quolibets d’étudiants déçus par ses modestes réformes. Porté par un puissant soutien populaire, notamment chez les jeunes lors de son élection en 1997, sa volonté de changement s’était heurtée au conservatisme de nombreux organes du pouvoir. Malgré cela, M. Djalaïpour estime qu’il existe « encore un grand intérêt pour ce qu’il a à dire ». Au plan international, et alors que les menaces s’accumulent sans que cela perturbe les dirigeants iraniens, le projet du bouclier antimissile américain en Europe pourrait viser à dissuader la Russie et à changer le régime politique en Iran, a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Selon lui, le changement de régime en Iran pourrait être « un objectif associé »,et d’ajouter : « Si nos partenaires américains poursuivent l’objectif de changer le régime en Iran, ce serait un partenariat incorrect ... et nous nous y opposerons ». Puis il y a cette vérité toute nouvelle, ou du moins, jamais affirmée comme telle : « Du point de vue économique, l’Iran n’a pas besoin de poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium », a estimé le chef de la diplomatie russe. « Nous essayons de persuader les Iraniens que l’Iran profiterait de la suspension de ce programme, parce que cela aboutirait immédiatement aux négociations avec les six, y compris les Etats-Unis », a-t-il précisé. Que signifie une telle déclaration ? En sachant que la Russie s’est faite certainement un devoir de compléter le rapport des agences US de renseignement, niant l’existence d’un programme militaire depuis 2003 et en faisant savoir que celui-ci n’a jamais existé.

27 décembre 2007 - El Watan - Vous pouvez consulter cet article à :
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