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Blair, un émissaire de paix ? Non, un criminel de guerre !

jeudi 28 juin 2007 - 17h:48

Abd al-Bari Atwan - Al-Quds Al-Arabi

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En proposant Tony Blair au poste d’envoyé spécial du Quartette (ONU, UE, Etats-Unis, Russie) pour la paix au Proche-Orient, les Occidentaux et plus particulièrement les Américains provoquent les Arabes et les musulmans, estime le directeur du quotidien nationaliste panarabe Al-Quds Al-Arabi.

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Blair, surnommé "le roquet de Bush"...

Tony Blair est l’une des personnalités les plus haïes des Arabes et des musulmans, juste derrière George Bush, qui le soutient afin de le récompenser pour son alignement aveugle sur sa politique. Ces deux hommes sont associés aux guerres, au mensonge, à la duperie et à la partialité pro-israélienne.

Les Arabes et les musulmans n’ont pas oublié les mensonges proférés par Blair devant le Parlement britannique. Afin de mobiliser l’opinion publique, il avait affirmé que Saddam Hussein était capable de mobiliser en moins de trois quarts d’heure un arsenal d’armes de destruction massive.

Au lieu d’être récompensé, cet homme devrait être traduit devant la justice en tant que criminel de guerre, au même titre que George Bush et les néoconservateurs américains, responsables de la mort de plus de deux cents soldats britanniques et de plus d’un million d’Irakiens.

Certains objecteront qu’il a une grande expérience dans le règlement des conflits, acquise notamment dans sa gestion du conflit nord-irlandais, couronnée par une paix quasi définitive. De même, il a toujours été parmi les plus engagés dans la recherche d’une solution au conflit israélo-arabe.

Il s’est prononcé plus d’une fois pour l’établissement d’un Etat palestinien indépendant et viable devant la conférence annuelle de son parti. Il a même justifié sa participation à la guerre irakienne par le désir de profiter de sa relation spéciale avec George Bush pour l’influencer en faveur d’une telle solution.

Or, en dix ans de pouvoir, il n’a rien fait pour les Arabes en général et pour les Palestiniens en particulier. Il a même nommé au poste d’envoyé spécial pour le Moyen-Orient lord Levy, connu pour ses liens étroits avec l’Etat hébreu, tout en dépouillant le Foreign Office (le ministère des Affaires étrangères) de son rôle au Moyen-Orient, sous prétexte que la plupart des responsables et spécialistes au sein de ce ministère étaient arabisants.

Nous comprendrions sa candidature s’il s’agissait d’un avocat de la paix de la même trempe que l’ancien président américain Jimmy Carter. Or Tony Blair n’a pas raté une guerre lorsqu’elle était menée contre les Arabes et les musulmans et, lors de l’été 2006, il n’a rien fait pour mettre un terme à l’agression israélienne contre le Liban. En revanche, il a été parmi les plus chauds partisans du blocus financier qui a affamé le peuple palestinien après la victoire du Hamas lors d’élections dont tout le monde avait pourtant confirmé le caractère démocratique.

Tandis que les Israéliens se félicitent de sa candidature et de son idée de s’installer à Jérusalem [qu’Israël a proclamé capitale, mais que presque aucun pays au monde ne reconnaît, maintenant les représentations diplomatiques à Tel-Aviv], la plupart des capitales arabes gardent le silence. Cela résume parfaitement la signification de cette candidature et présage des résultats qu’elle pourrait avoir si elle devait aboutir.

Cet homme a dévasté la région, y a semé le chaos et fait couler le sang quand il était Premier ministre. Et aujourd’hui, il voudrait achever son travail. Face à cette catastrophe annoncée, les peuples arabes et musulmans doivent élever la voix. Il faut montrer à Bush qu’il ne faut pas les prendre pour des imbéciles. Ils n’ont pas la mémoire suffisamment courte pour que le président américain réussisse à faire passer ce criminel de guerre pour un avocat de la paix.

Le seul accueil possible pour Tony Blair lors de sa première visite en Palestine ou dans un pays arabe, ce sera avec des ?ufs pourris et des tomates.

Abd al-Bari Atwan - Al-Quds Al-Arabi, via Le Courrier international, le 27 juin 2007


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