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Les scénarios d’implantation

vendredi 19 juin 2009 - 06h:21

Morsi Attalla
Al-Ahram/hebdo

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Les discours qui se répètent dernièrement sur la possibilité d’implanter les réfugiés palestiniens dans leurs pays d’accueil ne sont pas de simples tests pour connaître la réaction arabe et palestinienne.

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L’objectif est de donner à Israël le prétexte pour échapper
à l’une des plus importantes obligations du règlement final...




Ils émanent d’une volonté d’engendrer un différend arabo-palestinien afin d’isoler et d’affaiblir la position palestinienne dans sa bataille acharnée de négociations pour le statut final. L’objectif serait même d’engendrer un heurt où se mêleront toutes les cartes entre les protagonistes de l’implantation des Palestiniens dans leurs pays d’accueil et entre ceux qui y répondent en brandissant l’arme de l’expulsion. Le résultat sera l’ébranlement du droit au retour qui est l’essence même de la cause palestinienne depuis 61 ans.

Lancer ces discours ces jours-ci n’est pas le fruit du hasard. Ils coïncident avec l’apparition d’indices évidents sur le sérieux du président Obama de ranimer le processus de paix selon l’idée des deux Etats. L’objectif est de donner à Israël le prétexte pour échapper à l’une des plus importantes obligations du règlement final, soit le droit au retour des réfugiés de 1948 et des déplacés qui ont fui leurs terres en 1967 ou du moins de lui permettre de marchander le nombre de Palestiniens qui pourront revenir sur les territoires de l’Etat palestinien prévu. Et cela, de sorte qu’il soit le plus limité possible ne représentant qu’une partie minime des déplacés de 1967 dont le nombre s’élève à plus de 800 000 Palestiniens. Quant aux réfugiés de 1948, Israël parie sur sa capacité à ne pas permettre leur retour. Bien que la résolution n° 194 du Conseil de sécurité de l’Onu soit claire et nette sur le droit au retour et à la compensation des Palestiniens, les Israéliens continuent cependant à prétendre qu’ils doivent se contenter de l’un des deux droits seulement.

En suivant des rapports américains et israéliens relatifs aux éventuels scénarios concernant cette question épineuse dans les pourparlers du statut final, on réalise immédiatement qu’Israël continue à parier sur une paix boiteuse. Il continue à baser ses comptes sur une entité palestinienne limitée ne s’élevant pas à un Etat intègre géographiquement et économiquement. Le point de départ dans la réalisation de ce plan sera d’établir une contrepartie entre l’acceptation d’Israël d’instaurer un Etat palestinien et entre le renoncement au droit au retour des réfugiés de 1948 et des déplacés de 1967, de sorte qu’Israël veuille bien ne pas s’opposer à ce que l’Etat palestinien prévu soit un Etat pour les Palestiniens, où qu’ils soient. Un Etat palestinien qui leur octroie la nationalité et les passeports pour qu’ils s’installent dans les pays d’accueil avec des passeports palestiniens et des cartes de séjour dans les pays de la diaspora, que ce soit des pays arabes ou étrangers.

L’intensification des scénarios d’implantation des Palestiniens dans leur pays d’accueil ces jours-ci, avant que ne commencent les négociations du règlement final avec le soutien et le parrainage de la nouvelle Administration américaine, est un moyen de pression précoce. Et ce sous prétexte de l’opposition du judaïsme de l’Etat avec l’acceptation de citoyens non-juifs d’une part et de l’incapacité de l’Etat palestinien prévu avec sa superficie limitée d’assimiler des réfugiés et des déplacés d’autre part.

Personne ne peut obliger les Palestiniens à signer un règlement final ne répondant pas à leurs demandes légitimes et ne correspondant pas aux références fondamentales du processus de paix.

Selon le principe le plus simple de la justice politique, le retour des réfugiés sur leurs terres doit avoir la priorité sur ceux qui s’en sont appropriés sans aucun droit. Il doit y avoir au moins une égalité entre le droit au retour des Palestiniens et la prétention d’implantation des Israéliens sous l’ombrelle d’une étrange loi inventée par Israël sous le nom aussi de droit au retour. Cette loi donne le droit à tout juif au monde de quitter son pays et d’obtenir, en plus de la nationalité israélienne, un logement et un emploi dès son arrivée en Israël.

Du même auteur :

- Une question impérative aux Israéliens
- Jérusalem arabe
- La colonisation s’élargit
- Une fausse démocratie
- La sécurité et la paix à l’israélienne avant tout

Al-Ahram/hebdo - Opinion - Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771


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