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Muhyee Sidqi al-Tibakhi, 10 ans, assassiné par les troupes d’occupation

vendredi 22 juillet 2016 - 16h:04

Maureen Clare Murphy

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Deux Palestiniens abattus par les troupes d’occupation dans la banlieue d’al-Ram à Jérusalem lors d’incidents séparés au cours de la dernière semaine, ont été enterrés ce mercredi.

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Muhyee Sidqi al-Tibakhi, 10ans, abattu de plusieurs balles par les troupes israéliennes d’occupation - Photo : Facebook

Muhyee Sidqi al-Tibakhi, âgé de 10 ans, est décédé après avoir été blessé à la poitrine et la tête mardi, a déclaré aux médias le ministère palestinien de la santé.

Les autorités sanitaires locales ont rapporté que l’enfant a été abattu lors d’affrontements qui ont éclaté lorsque les forces israéliennes ont attaqué la ville.

Le ministère palestinien a ajouté : « [Les Israéliens] ne peuvent pas nier qu’ils l’ont tué », a rapporté l’Agence Ma’an News. « Ce sont eux les responsables. »

Jeudi, le groupe de défense des droits de l’enfant, Defense for Children International-Palestine a déclaré que le « garçon est mort d’une balle tirée à la poitrine par les forces israéliennes lors d’un affrontement mardi soir avec les jeunes dans le centre ville d’al-Ram en Cisjordanie ».

Un témoin direct a rapporté « qu’un officier de la police paramilitaire des frontières a tiré de façon délibérée sur Muhyee al-Tibakhi, le touchant à la poitrine. »

Un examen préliminaire à à l’hôpital de Ramallah, en Cisjordanie, « a révélé qu’un projectile a frappé le côté gauche de la poitrine de al-Tibakhi, provoquant une hémorragie interne, et, finalement, une insuffisance cardiaque. »

Defense for Children International-Palestine a déclaré que al-Tibakhi est le deuxième enfant palestinien à être tué par ce type de balle en plastique tirée par les forces israéliennes. Muhammad Sinokrot, âgé de 16 ans, est mort de ses blessures en 2014 après qu’un membre de la police des frontières israélienne ait tiré sur le côté droit de sa tête, provoquant une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale.

« En mai, les enquêteurs israéliens ont bouclé le dossier sans charger l’agent de la police des frontières responsable, » a déclaré Defense for Children.

Muhyee al-Tibakhi est le 26e enfant palestinien assassiné en Cisjordanie et dans la bande de Gaza cette année, selon le groupe.

La semaine dernière, Anwar Falah al-Salaymeh, âgé de 22 ans, a été tué dans al-Ram lors d’un raid de l’armée israélienne.

L’armée a prétendu que les soldats ont tiré sur un « véhicule accélérant dans leur direction », a rapporté Ma’an, tuant al-Salaymeh et blessant grièvement l’un des deux autres Palestiniens dans la voiture.

« Cependant, les passagers survivants dans la voiture ont catégoriquement nié avoir tenté de rouler sur les soldats »,a ajouté Ma’an, « disant qu’ils se dirigeaient vers une boulangerie et ne savaient pas que les forces israéliennes étaient déployées dans la zone. »

Israël a retenu le corps d’al-Salaymeh pendant six jours avant de livrer sa dépouille à sa famille pendant la nuit de mardi. Il a été enterré à l’aube mercredi.

Chaque semaine apporte son lot de meurtres

Plus de 220 Palestiniens ont été assassinés par les forces israéliennes et des civils armés depuis octobre de l’année dernière, quand une nouvelle phase de confrontation mortelle a pris de l’ampleur. Plus de 30 Israéliens, ainsi que deux Américains, un ressortissant soudanais et un demandeur d’asile érythréen, ont également été tués au cours de cette période.

Des dizaines de Palestiniens ont été tués lors de manifestations et beaucoup d’autres ont été tués au cours de ce qu’Israël prétend être des attaques ou tentatives d’attaques, principalement contre des soldats ou des colons et des barrages militaires en Cisjordanie. Ces attaques ont été menées par des petits groupes de Palestiniens ou des individus isolés, opérant indépendamment des groupes de la résistance armée.

La fréquence des attaques réelles et des attaques présumées ayant entraîné la mort a considérablement baissé depuis le début de cette année. Mais les tirs mortels sur des Palestiniens par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem, continuent de se produire sur une base quasi-hebdomadaire.

Lundi, un Palestinien est mort au bout d’une heure dans un hôpital israélien après qu’il ait été abattu et grièvement blessé par les forces israéliennes à l’entrée du camp de réfugiés de Arroub près de la ville d’Hébron au sud de la Cisjordanie.

Mustafa Baradiya a été abattu d’une balle dans l’estomac après qu’il aurait légèrement blessé deux soldats israéliens à un barrage militaire en les frappant avec un tournevis.

Les médecins du Croissant-Rouge Palestinien ont été les premiers à se rendre sur la scène de l’incident et ont traité Baradiya et les soldats avant que les ambulances israéliennes ne soient arrivées, a rapporté l’Agence Ma’an News.

Les médias palestiniens ont rapporté que Baradiya, âgé de 51 ans, était un enseignant travaillant dans la région de Bethléem, mais qu’il était originaire du village de Surif près d’Hébron.

Son frère Ibrahim Baradiya, avait été abattu au même endroit trois mois plus tôt après qu’il aurait tenté de frapper un soldat à la tête avec une hache. Aucun Israélien n’avait été blessé lors de cet incident.

Cet incident avait mis fin à une accalmie de trois semaines dans la violence mortelle - la plus longue période depuis le début octobre dernier.

Des groupes de défense des droits humains ont condamné l’utilisation par Israël de la violence meurtrière comme solution de premier recours en cas d’incidents, disant que cela revient à une politique de « tirer pour tuer » encouragée par les dirigeants israéliens.

Plus tôt cette année, Patrick Leahy, responsable du Sous-comité du Sénat américain à la défense [US Senate Appropriations Subcommittee on Defense], a exhorté le Département d’État à enquêter sur les allégations d’exécutions sommaires de Palestiniens par les forces israéliennes, et sur d’autres « violations flagrantes possibles des droits de l’homme ... qui peuvent avoir impliqué des destinataires ou bénéficiaires potentiels, de l’aide militaire américaine. »

Un jeune Palestinien abattu alors qu’il tentait de faire cesser une dispute

Jeudi, les forces israéliennes ont visé et blessé Yahya Hijazi, âgé de 24 ans, alors qu’il tentait d’arrêter une querelle dans le camp de réfugiés de Huafat à Jérusalem-Est, a déclaré sa mère à l’Agence Ma’an News.

Alors qu’il se rendait à son travail, Hijazi a croisé dans le camp une famille en plein dispute, dit sa mère. L’une des personnes impliquées était porteuse d’un couteau.

« Hijazi a essayé d’arrêter la bagarre et a délesté un des membre de la famille en question de son couteau, lorsque les forces israéliennes sont arrivées à proximité », selon Ma’an.

« Mon fils a voulu lever la main pour signaler aux policiers qu’il n’avait pas l’intention de les attaquer, mais ils ont ignoré son signal et tiré sur lui, » a dit la mère du jeune homme.

« Hijazi a été blessé 9 fois à une jambe, tandis que l’autre jambe a été fracturée lorsque les agents de la police des frontières israéliennes l’ont tabassé, a raconté sa mère, en ajoutant que les médecins ne s’attendait pas à ce qu’il soit capable de marcher avant trois mois, » a rapporté Ma’an News.

Toujours dans la dernière semaine, les forces israéliennes ont tiré sur un automobiliste palestinien et l’ont emprisonné après un accident de la circulation sur la route 60, une route près de Hébron qui a vu de nombreux incidents mortels depuis octobre, dont les assassinats des deux frères Baradiya.

Les Palestiniens dans la région d’Hébron ont été soumis à d’importantes restrictions de déplacement au cours des dernières semaines après la mort de deux Israéliens dans la même zone, l’un d’eux étant une adolescente âgée de 13 ans poignardée à mort dans sa maison dans la colonie de Kiryat Arba.

Hébron doit supporter tout le poids de la répression, après la flambée des affrontements entre Palestiniens et forces d’occupation israéliennes.

Jérusalem

La violence a éclaté à Jérusalem en réaction à des agressions et des incursions débridées d’Israël dans le complexe de la mosquée al-Aqsa dans la vieille ville.

Un mouvement croissant en Israël qui bénéficie du soutien de personnalités gouvernementales de haut niveau, a pour objectif déclaré la destruction des structures existantes qui composent la mosquée, le troisième lieu saint de l’Islam, et leur remplacement par un « Troisième Temple » juif.

Le ainsi-nommé Mouvement du Temple imagine que le site musulman est l’emplacement de deux anciens temples juifs.

Plus tôt ce mois-ci, le plus grand groupe de juifs jamais autorisé à visiter le composé al-Aqsa en un an, est entré dans le complexe sous une forte protection policière.

La famille de Hallel Yaffa Ariel - l’adolescente tuée dans la colonie de Kiryat Arba le mois dernier - a été parmi les au moins 50 personnes autorisées à entrer sur le site, a rapporté Haaretz.

La famille de la jeune fille a lancé un appel à l’assouplissement des règles limitant les visites des juifs sur le site islamique, et a demandé que la porte Mughrabi - l’entrée la plus proche de la place du Mur occidental qui est un lieu de pèlerinage et de culte juifs - soit rebaptisée du nom de leur fille.

Le nom de la porte Mughrabi fait référence au quartier marocain de la vieille ville, qui remontait à la fin du 12ème siècle et qui a été rasé ensuite par Israël pour faire place au Mur occidental, à la suite de la conquête et de l’occupation de Jérusalem il y a près de 50 ans .

« Dans la soirée du 10 Juin 1967, plusieurs centaines de résidents du quartier marocain ont eu deux heures de préavis pour quitter leurs maisons, » rappelait l’érudit Tom Abowd dans The Jerusalem Quarterly.

« Presque tous les 135 maisons du quartier ont été aplaties dans la soirée du 11 Juin, » avec un habitant enterré vivant sous les décombres de sa maison, ajoute Abowd.

Israël a longtemps limité les possibilités pour les Palestiniens venant de Cisjordanie et de la bande de Gaza, de visiter les lieux saints dans la vieille ville de Jérusalem.

Les visites de l’enceinte de la mosquée al-Aqsa par des Israéliens de droite et d’extrême-droite, ont provoqué des affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens pendant le Ramadan, qui s’est conclu plus tôt ce mois-ci.

* Maureen Clare Murphy est rédactrice à The Electronic Intifada (Arts, Musique et Culture). Elle vit à Chicago.

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20 juillet 2016 - The Electronic Intifada - Traduction : Info-Palestine.eu


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