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Décès de Muhammad Ali, champion de boxe, de la cause palestinienne et des droits civiques

dimanche 5 juin 2016 - 07h:55

Ma’an News

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Muhammad Ali, ancien champion du monde de boxe poids lourd et champion des droits civils et de la cause palestinienne, est décédé ce vendredi à l’âge de 74 ans.

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Mohammed Ali

Le porte-parole de la famille, Bob Gunnell, a confirmé la mort d’Ali tard vendredi soir, un jour après avoir été admis dans un hôpital de la région de Phoenix suite à de graves difficultés respiratoires.

Ali, champion du monde a trois reprises, a mené un combat long de 32 années contre la maladie de Parkinson, une maladie neurologique qui non seulement l’a progressivement privé de sa dextérité physique légendaire, mais aussi de son talent pour une parole puissante et une rhétorique percutante.

Né sous le nom de Cassius Clay de parents de la classe moyenne à Louisville dans le Kentucky, Ali a renoncé à ce qu’il appelait son « nom d’esclave », et s’est fait appeler Muhammad Ali peu après la conversion à l’Islam en 1963.

Alors âgé de 22 ans, le boxeur, qui comptait déjà une médaille d’or aux jeux olympiques, est vite devenu tout aussi célèbre pour ses commentaires radicaux sur les questions sociales et politiques, que pour s’être proclamé « le plus grand de tous les temps » sur le ring.

Au plus fort de la guerre du Vietnam en 1967, Ali a été appelé dans l’armée des États-Unis, un service qu’il considérait comme moralement indéfendable, et il a immédiatement refusé.

Dans une interview désormais célèbre au sujet de son refus de servir dans la guerre, Ali a cité des raisons religieuses, en disant : « Ma conscience m’interdit d’aller tuer mon frère, ou certaines personnes à la peau plus sombre, des pauvres, des gens affamés dans la boue, pour la puissante Amérique. »

Immédiatement après avoir affiché son intention de refuser [son enrôlement], il a été dépouillé de son titre de champion de boxe, reconnu coupable d’insoumission et condamné à cinq ans de prison.

Bien qu’il ait été libéré en appel, Ali est resté interdit de reprendre la compétition ou de quitter le pays. En conséquence, il se tourna vers son autre talent : prendre la parole en public.

Intervenant sur les campus universitaires, Ali s’engageait dans des débats difficiles, utilisant toutes les occasions pour souligner l’hypocrisie de la pratique de l’Amérique de refuser des droits aux Noirs à l’intérieur du pays, tout en leur ordonnant de participer aux guerres menées à l’étranger.

Il a encore gagné en célébrité en faisant connaître son mécontentement avec la politique intérieure et étrangère américaine, en réponse à un étudiant blanc d’un collège qui contestait sa décision de refuser l’enrôlement et en disant : « Mon ennemi est le peuple blanc, pas le Vietcong ou le peuple chinois ou japonais. Vous vous opposez à moi quand je veux la liberté. Vous vous opposez à moi quand je veux la justice. Vous vous opposez à moi quand je veux l’égalité. Vous ne levez même pas le petit doigt pour moi en Amérique pour mes croyances religieuses, et vous voudriez que j’aille quelque part et combattre, alors que vous ne bougerez pas quand il s’agit de défendre mes droits ici même. »

En plus d’être un symbole pour les nationalistes noirs et les militants anti-guerre, Ali est rapidement devenu un symbole de la solidarité avec la Palestine.

Peu de temps après son départ du ring en 1974, Ali a entrepris une tournée au Moyen-Orient où il a de nouveau critiqué la politique étrangère américaine, disant aux journalistes à Beyrouth, au Liban, que « les États-Unis sont le bastion du sionisme et de l’impérialisme. »

Lors d’une visite dans deux camps de réfugiés palestiniens dans le sud du Liban, Ali a été cité comme disant : « En mon nom et au nom de tous les musulmans en Amérique, je déclare mon soutien à la lutte des Palestiniens pour libérer leur patrie et chasser les envahisseurs sionistes. »

En 1985, Ali a visité Israël dans le cadre d’une initiative pour « prendre des dispositions pour la libération des frères musulmans emprisonnés par Israël », lorsque quelque 700 chiites libanais étaient détenus dans le camp d’Atlit au sud du Liban, alors occupé par Israël.

Interrogé sur la façon dont il voudrait qu’on se souvienne de lui, Ali avait répondu : « Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme d’un homme qui a remporté le titre des poids lourds à trois reprises, qui avait de l’humour et qui a traité tout le monde avec justice. Comme un homme qui n’a jamais regardé avec condescendance ceux qui levaient les yeux vers lui ... qui s’est battu pour ses croyances ... qui a voulu unir toute l’humanité à travers la foi et l’amour. »

4 juin 2016 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.com/Content.asp...
Traduction : Info-Palestine.eu


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