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Israël interdit tout déplacement à Omar Barghouti, porte-parole du mouvement BDS

lundi 16 mai 2016 - 07h:28

Dalia Hatuqa

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Les partisans du mouvement pour le boycott d’Israël sont persuadés que cette initiative israélienne a pour but d’interdire la parole à ceux qui militent pour les droits des Palestiniens.

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Omar Barghouti, porte-parole du mouvement pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions [BDS] vit à Jérusalem [al-Qods] - Photo : AP/Nasser Nasser

Les autorités israéliennes ont refusé de renouveler le titre de voyage d’Omar Barghouti, un des principaux responsable de la campagne de boycott au niveau mondial, lui interdisant de fait de voyager.

Barghouti, qui vit à Acre, est un cofondateur du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanction) – un qui lutte pour les droits de l’Homme dans son pays, et qui se bat pour la fin de l’occupation israélienne en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et les autres territoires arabes.

Le mouvement BDS accuse Israël de vouloir supprimer le droit de parole de ceux qui militent pour les droits des Palestiniens et les droits de l’Homme. Il a aussi déclaré que cette initiative prouve la volonté des autorités d’occupation de révoquer le droit de résidence de Barghouti.

Omar Barghouti, qui détient un permis israélien de résidence permanent, a besoin d’un document spécial pour pouvoir circuler en dehors et à l’intérieur du pays.

« Je suis en colère mais certainement pas intimidé par ces menaces », a fait savoir Barghouti dans un communiqué.

« Absolument rien ne m’arrêtera dans ma lutte pour la liberté de mon peuple, la justice et la paix ».

Le ministère israélien de l’intérieur n’a donné aucune réponse à une demande de commentaires envoyée depuis sa prise de décision.

Ces dernières semaines, Barghouti a exprimé sa crainte que les mesures punitives des autorités israéliennes à son encontre ne cessent de s’intensifier.

« Je tiens les États-Unis et l’Union Européenne partiellement responsables de tout préjudice corporel envers ma personne ou envers mes collègues de la campagne BDS, qui serait le résultat d’une incitation à la violence à notre égard de la part d’Israël », a dit Barghouti lors d’un forum organisé par Al Jazeera à Ramallah le mois dernier, qui a convié des diplomates et des représentants étrangers de la société civile.

Fin mars, lors d’une conférence anti-BDS tenue à Jérusalem, le ministre de l’intérieur israélien Aryeh Deri a dit qu’il pensait à la révocation du statut de résident de Barghouti, en accusant le cofondateur du mouvement BDS « d’user de son statut de résident afin de voyager à travers le monde pour agir de manière très préoccupante contre Israël ».

Lors de la même conférence, à laquelle assistait le représentant de l’Union Européenne en Israël, un autre ministre a appelé au « meurtre civique » des responsables et partisans du mouvement BDS – ce que certains ont interprété comme un euphémisme pour appeler à des assassinats.

Amnesty Internationl a condamné les propos de Deri, autant que ceux de Gilad Erdan le ministre de la sécurité publique, qui a dit que les dirigeants du BDS, en incluant Barghouti, doivent « payer le prix » pour leur militantisme.

Erdan a prétendu un peu plus tard qu’il n’appelait pas à la violence physique contre ces militants.

« Nous sommes les témoins d’une augmentation des menaces de violence – dont des menaces de mort – dirigées vers les organisations palestiniennes pour les droits de l’Homme et émises par des supporters d’Israël », a dit Simon Reynolds coordonnateur juridique pour le Centre de ressources BADIL pour la Résidence et les Droits des réfugiés palestiniens, basé à Bethléem.

« Le résultat est un environnement toxique pour les activités des organisations sociales palestiniennes et israéliennes ; un environnement qui semble vouloir faire taire définitivement la légitimité, l’opposition populaire aux pratiques et politiques israéliennes illégales », a confié Reynolds à Al Jazeera.

Des mesures anti-BDS ont été mise en oeuvre dans plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis ou encore la France. En France, le boycott a été jusqu’à être qualifié de criminel, ce qui a conduit, lors d’un incident, à l’arrêt d’une militante qui portait un t-shirt BDS.

Des observateurs ont également laissé entendre qu’Israël avait mis en place des moyens conséquents pour faire taire les partisans de ce mouvement.

« Récemment nous avons remarqué que toute personne qui appelait au BDS était prise pour cible, sanctionnée et blâmée – non seulement des Palestiniens, mais également des Israéliens », a dit Sawsan Zaher, un avocat d’Adalah, l’organisation de défense des droits des arabes israéliens.

« La menace que voit Israël dans le mouvement BDS est tellement élevée que tous les moyens sont utilisés de manière arbitraire pour avoir un effet dissuasif, voire même punir une personne pour ses opinions politiques », dit Zaher à Al Jazeera.

Ces dernières années, beaucoup d’institutions académiques et d’étudiants ont mis en place des mesures de boycott, et les églises aux États-Unis ont adopté des mesures de désinvestissement.

De grandes entreprises, tels que Sodastream, le fabricant de boissons gazeuses, ont stoppé leurs échanges avec la Cisjordanie occupée – une décision que les supporters du boycott voient comme une victoire.

« Cet acte émanent d’Israël [à l’égard de Barghouti] prouve l’utilité du boycott en faveur des droits des Palestiniens », a dit Alaa Tartir, le directeur du programme Al Shabaka, le réseau politique palestinien.

« C’est un acte qui vise directement et personnellement Omar, mais également le mouvement BDS de manière plus générale, et la réponse à cet acte sera le renforcement du mouvement BDS ».

10 mai 2016 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet artucle à :
http://www.aljazeera.com/news/2016/...
Traduction : Info-Palestine.eu - Kanachiwa


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