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Neuvième anniversaire de l’acte de solidarité de Rachel Corrie à Gaza

lundi 19 mars 2012 - 06h:32

Cindy et Craig Corrie - AIC

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Cela fait neuf ans aujourd’hui (16 mars) que notre fille a été tuée, écrasée sous un bulldozer conduit par un Israélien, financé et fabriqué aux États-Unis, un bulldozer Caterpillar D9, à Gaza.

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Rachel

En mars 2003, il n’était question que de la guerre avec l’Iraq - une guerre préventive pour protéger l’Occident, particulièrement les États-Unis et Israël, contre les armes de destruction massive qui auraient été amassées par Sadam Hussein. Quand Rachel s’est rendue à Gaza cette année-là, le monde regardait ailleurs. D’après Human Rights Watch, de septembre 2000 à septembre 2004, 1600 maisons palestiniennes de la ville de Rafah ont été démolies par l’armée israélienne alors qu’elle occupait la bande de Gaza. Un dixième des habitants ont perdu leur maison. Rachel a choisi d’être à Gaza quand l’agression terrestre contre l’Iraq se déclencherait. Elle craignait une escalade de la violence et un durcissement de l’isolement contre la population de Gaza, alors que le monde avait les yeux tournés vers le nord-est et observait le carnage en Iraq. Cela ne s’est pas passé immédiatement comme certains l’escomptaient, mais avec l’agression militaire israélienne contre Gaza en novembre 2008 jusqu’à janvier 2009, la violence est devenue écrasante, et le durcissement du siège lancé en 2006 par Israël pour supprimer le Hamas a rendu l’isolement pratiquement total.

En 2003, Rachel écrivait : « Je suis allée à un rassemblement il y a quelques jours à Khan Younis, en solidarité avec le peuple d’Iraq. De nombreuses analogies y ont été faites entre les souffrances continues du peuple palestinien sous l’occupation israélienne et l’occupation à venir de l’Iraq par les États-Unis - pas la guerre en elle-même - mais la conséquence assurée de la guerre. Si les gens n’ont pas encore pensé aux conséquences de cette guerre pour les habitants de toute la région, alors, j’espère qu’ils vont commencer à y penser. »

Aujourd’hui, en 2012, nous entendons les mêmes bruits : des appels à bombarder l’Iran pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. La guerre préventive a déjà commencé avec l’assassinat de scientifiques iraniens dans le nucléaire. Notre gouvernement nous dit que des sanctions contre l’Iran feront pression sur son gouvernement pour qu’il abandonne tout programme de développement de cette arme, mais l’expérience, elle, nous dit que de telles sanctions ne font qu’augmenter l’attitude défensive des régimes répressifs et resserrer leur contrôle sur leurs populations.

Ce que nous disent nos politiciens est décourageant et même effrayant, mais dans les lieux de rencontres et dans les rues, dans nos communautés, nous mettons en pratique le type de changement que Rachel envisageait. Nous le faisons à Olympia (État de Washington) avec un soutien continu au boycott par la Coopérative alimentaire d’Olympia des produits israéliens, jusqu’à ce que les droits des Palestiniens soient pris en compte. Avec Puget Sound cette semaine, nous avons réussi à contrecarrer les efforts du gouvernement israélien pour se servir de la communauté gay israélienne pour détourner l’attention de son oppression qui se poursuit contre le peuple palestinien. Les Églises dans notre région conversent à propos du désinvestissement de sociétés comme Caterpillar qui refusent d’aborder la question de leur participation permanente aux violations des droits humains et à l’occupation illégale de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

En 2002, Rachel écrivait : « Je pense qu’il est important pour celles et ceux qui s’opposent à la guerre et à la répression de parler de qui nous sommes, en tant que communauté, en plus de parler de la guerre, du racisme, et de l’injustice. Nous ne sommes pas en dehors. Je pense qu’il est important que les droits humains et la résistance à l’oppression soient pris en compte dans la façon dont nous nous définissons en tant que communauté... ».

Alors que la guerre menace avec l’Iran, que la situation en Afghanistan se désagrège, et que les bombardements de la bande de Gaza se poursuivent, les actions que nous faisons tous dans nos villes natales, sur le terrain, sont puissantes et critiques. Aujourd’hui, alors que nous nous souvenons de l’acte de solidarité de Rachel, il y a neuf ans, nous encourageons nos amis partout dans le pays et dans le monde à renforcer nos propres communautés, pour sensibiliser, informer, éduquer, à nous soutenir les uns les autres dans les décisions d’actions, et d’avancer avec la paix, l’amour et le pardon dans nos c ?urs alors que vous agissez pour le changement.

Cindy et Craig Corrie

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Cindy Corrie, mère de Rachel
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Craig Corrie, son père

Neuf ans après : la portée de Rachel

Nous sommes tellement honorés et surpris par les nombreuses demandes que nous recevons de personnes du monde entier voulant honorer l’acte de solidarité de Rachel, les 16 mars et au-delà. Voici juste quelques exemples de la façon dont vit sa mémoire :

Ici à Olympia, nous continuons notre tradition commémorative annuelle par un rassemblement de la communauté, « Gaza dans mon esprit », avec un repas-partage, des interventions de personnes qui sont allées récemment à Gaza, de la musique et de la danse.

Détails :

  • A Washington D.C., Ray McGovern, officier de la CIA en retraite, tiendra une affiche représentant Rachel Corrie et interviendra lors d’un moment de prière et de réflexion à midi devant la Maison-Blanche, le vendredi 16 mars.
  • Dans l’Iowa, la communauté des Moines travailleurs catholiques a baptisé l’une de ses maisons, la « Maison de Rachel Corrie », et elle travaille maintenant pour lancer et maintenir une présence pendant un an en Palestine occupée, en envoyant un membre de la communauté tous les trois mois au Moyen-Orient, comme bénévole, avec l’organisation d’accompagnement protecteur pour laquelle Rachel agissait, l’International Solidarity Movement (ISM).
  • Dans le Wisconsin, le projet de jumelage Madison/Rafah tient son souper-bénéfice annuel commémoratif de Rachel Corrie pour financer un système de filtration de l’eau pour l’école préparatoire de filles d’Al-Shuka, à Rafah, Palestine.
  • A Tokat et Sakarya, en Turquie, ils poursuivent la « Journée internationale de la conscience », qui a commencé en mémoire de Rachel, avec des initiatives et une manifestation, portant des portraits de Rachel, contre toutes les occupations.

Merci de nous adresser un courriel pour informations à : info@rachelcorriefoundation.org, pour nous faire savoir ce que vous faites en mémoire de Rachel.

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La mort de la jeune Américaine Rachel, écrasée par un bulldozer - conduit par un Israélien, fabriqué et payé par les Américains -, le 16 mars 2003, près de Rafah, alors qu’elle s’opposait à la démolition d’une maison palestinienne.
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Samedi 17 mars 2012 - Alternative Information Center - traduction : JPP


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