Info-Palestine.eu http://www.info-palestine.eu/ fr SPIP - www.spip.net Élections en Palestine : des médias sociaux devenus terrain d'affrontement http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16167 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16167 2016-09-04T05:02:04Z text/html fr Claude focus3acc <p>Les médias sociaux sont transformés en zone de guerre électorale entre le Hamas et le Fatah.<br class='autobr' /> Onze ans se sont écoulés depuis que les Palestiniens se sont rendus dans les bureaux de vote, et il semble aujourd'hui que l'empressement pour les élections locales prévues pour le 8 octobre a poussé de nombreux amateurs en politique à se lancer dans des campagnes électorales précoces.<br class='autobr' /> Ces élections sont différentes des dernières élections de 2006, car les médias sociaux sont aujourd'hui largement utilisés pour (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique81" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH118/arton16167-26ba6.jpg' width='150' height='118' /> <div class='rss_chapo'><p>Les médias sociaux sont transformés en zone de guerre électorale entre le Hamas et le Fatah.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21612 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L400xH276/a1-604-b16f6.jpg' width='400' height='276' alt='JPEG - 39.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>24 août 2016 - Une femme à Gaza tient une affiche avec le hashtag "Before & After" - Photo via Facebook /Bara Abu Mohammed </i> </dd> </dl> <p>Onze ans se sont écoulés depuis que les Palestiniens se sont rendus dans les bureaux de vote, et il semble aujourd'hui que l'empressement pour les élections locales prévues pour le 8 octobre a poussé de nombreux amateurs en politique à se lancer dans des campagnes électorales précoces.</p> <p>Ces élections sont différentes des dernières élections de 2006, car les médias sociaux sont aujourd'hui largement utilisés pour une campagne qui commence tôt, et ces derniers sont le miroir de l'état de polarisation entre le Hamas et le Fatah.<br class='autobr' /> Hashtags</p> <p>Cela apparaît clairement à travers les messages des utilisateurs des médias sociaux proches du Hamas, dans le cadre de campagnes médiatiques sous des dénominations (ou hashtags) allouées pour soutenir le mouvement - #Ready et #Before&After, ainsi que #GazaMoreBeautiful.</p> <p>Ces hashtags ont également été utilisés par les partisans du Fatah comme ceux du Hamas pour exprimer leurs propres opinions.</p> <p>Alors que les partisans du Hamas affichent de belles photos de Gaza et des statistiques sur le nombre d'écoles et de projets routiers qui ont été achevés sous le mandat du mouvement islamique, leurs adversaires utilisent ces mêmes hashtags pour parler de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza, de la propagation du chômage et de la pauvreté, et des destructions qui ont eu lieu sous ce même mandat.</p> <p>Peut-être cette campagne dans les médias sociaux est-elle juste un test des outils les plus efficaces de la campagne électorale et de leur impact sur les gens - un prélude à ce qui va se déployer dans les médias sociaux quand la campagne électorale officielle aura débuté le 24 septembre.</p> <p>Pourtant, la première campagne a suscité des réactions de colère parmi les utilisateurs de médias sociaux, à propos de photos montrant des citoyens portant des bannières avec le hashtag en arabe « #Before&After » avec toute une série de commentaires : « Nos enfants ont appris à danser, mais maintenant ils apprennent à utiliser des armes » et « Nos mosquées sont devenues plus belles et sont remplies de croyants, » ainsi que : « Nous n'avons plus de discothèques, de pubs et de centres d'attractions comme avant. »</p> <p><strong>Une vision déformée de Gaza ?</strong></p> <p>Le militant associatif Bisan Shehadeh a déclaré à Al-Monitor : « Cette campagne est un retour de flamme. Les bannières donnent l'impression que la société [à Gaza] était éthiquement corrompue et que le Hamas l'a conduit sur la voie juste de la religion, bien que la société à Gaza soit une société historiquement conservatrice. » Shehadeh souligne que la campagne est une insulte à l'intelligence des citoyens de la Bande de Gaza.</p> <p>Hani Habib, un analyste politique pour le journal Al-Ayyam, a déclaré à Al-Monitor : « Le contenu de ce genre de campagne lancée par le Hamas est indirectement une bonne publicité pour le Fatah. Les partisans du Fatah ont répondu vivement aux photos postées par les partisans du Hamas et ont commencé à comparer ce qu'était Gaza sous le Fatah et ce qu'elle est devenue sous le Hamas ».</p> <p>Concernant la colère engendrée par la campagne #Before&After, le porte-parole du Hamas Hazem Qasim a déclaré que son mouvement n'avait rien à voir avec la campagne électorale anticipée qui se déroule actuellement, en expliquant que ces hashtags ont été lancées par des groupes de jeunes enthousiastes.</p> <p>Qasim a déclaré à Al-Monitor : « Cette campagne ne peut pas être considérée comme une campagne électorale pour le Hamas, parce que le mouvement est engagé vis-à-vis de la Charte d'honneur signée par les organisations palestiniennes avec la Commission électorale centrale, qui stipule que toutes les organisations doivent se conformer à la limite de temps fixée par la loi pour les campagnes électorales. Dans le cas où nous aurions décidé de soutenir une liste de candidats, notre campagne serait professionnelle et mettrait l'accent sur les services qui sont spécifiques à la municipalité. Ce ne sont pas des élections politiques ».</p> <p>Pourtant, les médias affiliés au Hamas, comme Shehab News Agency, al-Resalah.net et Felesteen Online, ont ouvertement soutenu ces campagnes et hashtags. Ils affichaient même quelques-uns de leurs messages sur leurs propres comptes de médias sociaux. Les grandes bannières de la campagne qui se répandent dans les rues soulèvent des questions sur les moyens et l'influence des groupes de jeunes à l'origine de ces campagnes.</p> <p><strong>Respecter ou non la loi électorale</strong></p> <p>Sur un autre registre, Habib et Shehadeh ont souligné que la publicité électorale en faveur du Hamas s'était intensifiée à l'occasion des sermons dans les mosquées. Elle est bruyamment diffusée dans les rues, surtout le vendredi, et parle de la corruption sous le gouvernement du Fatah et des résultats positifs obtenus sous l'administration du Hamas.</p> <p>Habib a déclaré à Al-Monitor : « En 2006, le Hamas n'a pas réussi à obtenir le soutien des mosquées comme aujourd'hui, car il ne contrôlait pas les mosquées comme il le fait maintenant, et ceci est la raison pour laquelle il est en train de lancer une campagne de publicité religieuse dans ces mêmes mosquées, tout en essayant de se concentrer dans les médias sociaux sur ses réalisations militaires et ses efforts de reconstruction ».</p> <p>Qasim nous dit : » Chaque mot et déclaration d'un fan du Hamas ne peuvent être considérés comme une position prise par le mouvement lui-même. Nous avons décidé de ne pas utiliser ces plates-formes religieuses dans notre campagne électorale. Nous étions déterminés à ce sujet lors des élections législatives de 2006, et les autorités [électorales] de surveillance peuvent en témoigner. »</p> <p>Cependant, un rapport publié en février 2016 par le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR) a signalé des dizaines de violations par le Hamas et le Fatah de l'article 64 de la loi électorale n°9 de 2005, qui préconise de ne pas organiser de festivals électoraux et de ne pas tenir de réunions électorales dans les mosquées et les églises.</p> <p>Le rapport indique que les prédicateurs dans les mosquées ont explicitement appelé à voter pour les candidats de la liste « du changement et de la réforme » dans les circonscriptions durant la campagne électorale de 2006. Il a également noté que le Hamas a organisé une marche pour soutenir la liste du Changement et de la réforme, à partir de deux mosquées dans la ville de Gaza, et au cours de cette marche, les participants portaient des banderoles et criaient des slogans. Le rapport énumère les noms des mosquées et les types de violations.</p> <p><strong>Quelle efficacité ont ces campagnes anticipées ?</strong></p> <p>Sur l'efficacité de la campagne électorale, Habib a expliqué : « Je ne crois pas que la campagne électorale produise un avantage ou un effet. Les électeurs ont déjà fait leur choix. Ceux affiliés au Fatah vont voter pour le Fatah, tandis que ceux affiliés au Hamas vont voter pour le Hamas ».</p> <p>Une source proche du Hamas nous a dit de son côté, sous couvert d'anonymat, que le Hamas ne va probablement pas nommer de directeur de campagne à l'occasion des élections, car il ne se présentera pas sous son propre nom, mais plutôt en soutenant des listes de candidats précis.</p> <p>« Le Hamas va choisir et soutenir les listes qui sont les plus capables de servir notre peuple, loin des considérations politiques, et il fera campagne pour ces listes », a déclaré Qasim.</p> <p>Lors des élections de 2006, le Hamas avait fait un travail de terrain, en contact direct avec les électeurs et il avait fourni d'importants services sociaux, ce qui s'était ensuite reflété dans les sondages et les résultats.</p> <p>Pourtant, les choses sont différentes aujourd'hui. Le Hamas a géré la bande de Gaza pendant plus de 10 ans, sous un siège permanent, un manque de liberté, des guerres répétées et une détérioration de l'économie au point que la Banque mondiale a déclaré dans un communiqué de presse en mai 2015, que « l'économie de Gaza est au bord de l'effondrement ».</p> <p>Onze ans après les dernières élections et au milieu d'une profonde division entre le Hamas et le Fatah, ces campagnes électorales se révéleront-elles efficaces et pousseront-elles les électeurs à voter à nouveau pour l'organisation islamique ?</p> <p><span class='spip_document_19586 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH78/a0-1239-01633.jpg' width='100' height='78' alt="" /></span></p> <p>* <a href="http://www.al-monitor.com/pulse/contents/authors/asmaa-al-ghoul.html" class='spip_out' rel='external'>Asma al-Ghoul</a> est journaliste et écrivain, du camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.</p> <p><strong> De la même auteure :</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16101' class='spip_out'>Vouloir sortir de Gaza, c'est tomber en enfer !</a> - 28 juin 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16022' class='spip_out'>Les critiques s'amplifient parmi les jeunes militants du Hamas</a> - 6 mai 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15957' class='spip_out'>Malgré les préjugés, les adoptions d'enfants conçus hors mariage sont en hausse dans Gaza</a> - 24 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15165" class='spip_out'>Un printemps arabe palestinien ?</a> - 21 décembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15764' class='spip_out'>Une pièce de théâtre à Gaza met en scène l'impact humanitaire et social de la dernière guerre</a> - 4 décembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15736' class='spip_out'>Palestine occupée : quel est le rôle du Jihad islamique dans le soulèvement en cours ?</a> - 21 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15566' class='spip_out'>Malgré sa renommée, un peintre palestinien peine à joindre les deux bouts</a> - 23 août 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15326' class='spip_out'>Des œuvres littéraires sorties clandestinement des prisons israéliennes se répandent dans le public</a> - 18 avril 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15272' class='spip_out'>Les femmes veulent être mieux représentées dans les parlements du monde arabe</a> - 17 mars 2015</p></div> <div class='rss_ps'><p>28 août 2016 - <a href="http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2016/08/palestine-local-council-elections-campaigns-social-media.html" class='spip_out' rel='external'>Al-Monitor</a> - Traduction : <a href="http://chroniquepalestine.com/elections-palestine-medias-sociaux-terrain-affrontement/" class='spip_out' rel='external'>Chronique de Palestine</a></p></div> Utiliser Facebook pour contrer les rafles de l'armée d'occupation http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16056 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16056 2016-06-08T04:57:02Z text/html fr Claude focus1rub focus1acc focus2acc <p>Les habitants des camps de réfugiés de Cisjordanie s'appuient sur les médias sociaux pour avertir leurs voisins des incursions israéliennes imminentes.<br class='autobr' /> Dans les toutes premières heures du jour, alors que la plupart des habitants du camp de réfugiés de Beit Jibrin sont encore endormis, un groupe de jeunes gens montent la garde et surveillent les entrées et les ruelles étroites du camp délabré qu'ils appellent leur foyer.<br class='autobr' /> Se servant d'applications de médias sociaux telles que WhatsApp et Facebook, ils (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique80" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH106/arton16056-00a38.jpg' width='150' height='106' /> <div class='rss_chapo'><p>Les habitants des camps de réfugiés de Cisjordanie s'appuient sur les médias sociaux pour avertir leurs voisins des incursions israéliennes imminentes.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21490 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH281/a1-489-eb92d.jpg' width='500' height='281' alt='JPEG - 29.7 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>M, qui administre l'un des groupes Facebook, vérifie constamment son téléphone pour les mises à jour et les messages des autres habitants du camp sur les activités des forces israéliennes - Photo : Al-Jazeera/Abed al-Qaisi</i> </dd> </dl> <p>Dans les toutes premières heures du jour, alors que la plupart des habitants du camp de réfugiés de Beit Jibrin sont encore endormis, un groupe de jeunes gens montent la garde et surveillent les entrées et les ruelles étroites du camp délabré qu'ils appellent leur foyer.</p> <p>Se servant d'applications de médias sociaux telles que <a href="https://www.whatsapp.com/?l=fr" class='spip_out' rel='external'>WhatsApp</a> et Facebook, ils envoient régulièrement des photos prises depuis leurs positions tout au long du camp, ainsi que des messages vers leurs groupes Facebook.</p> <p>Alors que la plupart des nuits se passent sans incident, les jeunes hommes sont prêts à face à la brutalité d'une incursion israélienne.</p> <p>Le camp de Beit Jibrin, connu par ses habitants sous le nom de camp d'Azza, se trouve à seulement quelques centaines de mètres du mur d'apartheid d'Israël et d'une base militaire israélienne. La fréquence des rafles a grimpé en flèche au cours des six derniers mois de révolte en Cisjordanie occupée et en Israël [Palestine de 1948], et des centaines de Palestiniens ont été enlevés et emprisonnés, selon le groupe <a href="http://www.addameer.org/" class='spip_out' rel='external'>Addameer</a> de défense des droits des prisonniers.</p> <p>Alors que les villes et les villages de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ont aussi été la cible de ces raids, les camps de réfugiés sont des foyers d'intense activité politique et les forces israéliennes d'occupation y pénètrent rarement sans devoir user de violence.</p> <p>« Les médias sociaux sont l'outil avec lequel nous nous organisons, » nous dit M, l'un des jeunes hommes qui monte la garde dans le camp de Beit Jibrin. « C'est le moyen le plus sûr de rester anonymes et connectés entre nous, afin que nous puissions être prêts à nous opposer aux Israéliens. »</p> <p>Selon M, même ses amis les plus proches ne savent pas qu'il est l'un des administrateurs de la page Facebook du camp, <a href="https://www.facebook.com/Alazzeh24/?fref=ts" class='spip_out' rel='external'>24 Hour Azza Camp News</a>. La page a plus de 4200 <i>j'aime </i> - soit quatre fois le nombre d'habitants du camp.</p> <p>La page met en garde les habitants contre les raids israéliens, lesquels se produisent principalement au milieu de la nuit. Les administrateurs de la page disent à leurs camarades où les soldats israéliens entrent, devant quelles maisons ils s'arrêtent, combien de soldats sont présents, ainsi que toute autre information qui pourra être utile.</p> <p>« La plupart des gens qui gèrent la page avec moi ont purgé une peine dans une prison israélienne, et nous nous faisons confiance les uns les autres, » explique M. « Nous nous connaissons depuis que nous étions à l'école, et si l'un d'entre nous est arrêté ou ne peut plus nous aider sur la page, alors nous recrutons quelqu'un d'autre en qui nous avons totalement confiance, pour qu'il nous vienne en aide. »</p> <p>Toujours d'après M, ce que font ces jeunes gens est dangereux. Si un administrateur de la page est découvert, il sera assurément arrêté, soit sur des accusations sans aucun rapport, soit placé en détention administrative [sans accusations ni jugement, pour des durées de 6 mois indéfiniment renouvelable]</p> <center><iframe width="500" height="320" src='http://players.brightcove.net/665003303001/4k5gFJHRe_default/index.html?videoId=4894378193001' allowfullscreen frameborder=0></iframe></center> <p>« Nous sommes extrêmement prudents », dit-il. « Ce que nous faisons peut sembler quelque chose de limité, mais c'est une des armes de la résistance. »</p> <p>Ahmad Butto, un Palestinien spécialiste de la sécurité des données informatiques, a déclaré à Al Jazeera que le contact par le biais des médias sociaux est plus sûr que l'utilisation d'appels téléphoniques ou de messages <i>sms</i>. L'application de messagerie <a href="https://www.whatsapp.com/?l=fr" class='spip_out' rel='external'>WhatsApp</a> effectue un chiffrement des données de bout en bout, ce qui rend plus difficile pour un tiers de pirater une conversation privée, explique-t—il.</p> <p>« Ces applications de médias sociaux ont ouvert de nouvelles portes pour [la protection de] la vie privée », déclare Butto. « Alors que le suivi des appels téléphoniques et des messages <i>sms</i> est une technique maintenant ancienne, le piratage de certains de ces nouveaux moyens de communication est extrêmement difficile et prend du temps. Il est bien plus facile de rester anonyme. »</p> <p>Les camps de réfugiés de Cisjordanie sont surpeuplés, mais les jeunes en charge de cette surveillance de protection ont un avantage réel : ils connaissent chaque ruelle étroite, chaque maison et leur toit. « Nous connaissons le camp comme personne d'autre, » dit M. « Si les forces israéliennes ont l'intention d'entrer dans le camp, nous les voyons avant qu'ils ne puissent nous voir, et nous envoyons nos messages pour que les gens puissent se préparer. »</p> <p>« Se préparer » implique une quantité de choses, explique-t-il : « Les femmes se lèvent et se changent de sorte à être habillées de manière appropriée si les Israéliens font une intrusion dans leur maison, et quand les gens sont préparés à la venue de l'armée, ils sont alors éveillés et guettent les coups frappés à leur porte de façon à pouvoir l'ouvrir avant que les forces d'occupation ne la fasse exploser hors de ses gonds. Si quelqu'un sait que les Israéliens cherchent à le kidnapper, il pourra se sauver avant qu'ils aient une chance de le trouver... Les alertes à l'avance sont essentielles. »</p> <dl class='spip_document_21511 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH331/a1-507-3ef2c.jpg' width='500' height='331' alt='JPEG - 56.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Kidnapping d'un enfant palestinien par les troupes israéliennes d'occupation : Photo : Reuters </i> </dd> </dl> <p>Alors que la plupart utilisent les avertissements via les médias sociaux pour mieux se protéger, certains parmi ces jeunes gardent un œil sur les pages Facebook pour mieux organiser les affrontements, montant alors sur les toits, armés de pierres et de cocktails Molotov quand ils savent que les forces israéliennes sont en-dessous.</p> <p>D, un jeune homme du camp de réfugiés de Dheisha - qui abrite 15 000 réfugiés palestiniens - nous déclare qu'il utilise la <a href="https://www.facebook.com/%D8%A7%D9%84%D8%AF%D9%87%D9%8A%D8%B4%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%AF%D8%AB-1670830816531833/" class='spip_out' rel='external'>page Facebook du camp</a> comme moyen pour la résistance. La page qui à certains égards ressemble à un fil de <i>news</i>, a plus de 34 000 <i>j'aime</i>.</p> <p>« La page Facebook pour moi est une arme ; c'est une arme qu'ils ne peuvent pas stopper », dit-il à Al Jazeera. « Notre page a été piratée et fermée à plusieurs reprises, mais nous n'enfreignons pas les conditions d'utilisation de Facebook, donc Facebook nous rouvre à chaque fois notre page. »</p> <p>La page est un projet collectif, ajoute-t-il, notant que lors des raids israéliens - comme les habitants envoient au groupe les photos et les mises à jour de ce qu'ils peuvent voir de leurs fenêtres - la page est parfois rafraîchie par des dizaines de messages privés en l'espace de quelques minutes.</p> <p>« Nous ne pouvons pas être partout à la fois et nous ne pouvons pas risquer d'avoir trop de gens impliqués dans l'opération. Mais toute la communauté nous aide à rester à jour sur leur zone du camp, sans jamais savoir exactement qui ils aident, » dit encore D.</p> <p>« Nous savons tout. Nous savons toujours où sont les soldats dans le camp. Ils ne peuvent pas entrer à Bethléem sans que tout le monde nous avertisse où ils sont et combien ils sont. Sans les médias sociaux, ce serait impossible. »</p> <p><i>Abed al-Qaisi a contribué à ce reportage.</i></p></div> <div class='rss_ps'><p>27 mai 2016 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet artuicle à : <br/><a href="http://www.aljazeera.com/news/2016/05/west-bank-vigilantes-facebook-halt-israeli-raid-160517120735567.html" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.aljazeera.com/news/2016/...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16056' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Lotfallah</p></div> Le Musée palestinien : un lieu sans risque pour des idées risquées http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16004 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16004 2016-04-27T05:17:00Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>Le projet de valorisation du patrimoine culturel le plus ambitieux de Palestine sera inauguré en mai 2016 et sera un musée public unique en son genre.<br class='autobr' /> CISJORDANIE, Palestine - Au sommet des collines de Birzeit, une ville universitaire située à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, un édifice moderne flambant neuf domine le vert paysage en terrasses. Des hommes coiffés de casques de chantier s'affairent devant la façade de grès et de verre sous le soleil de ce début de printemps, mais ils seront (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique81" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH132/arton16004-8e2d2.jpg' width='150' height='132' /> <div class='rss_chapo'><p>Le projet de valorisation du patrimoine culturel le plus ambitieux de Palestine sera inauguré en mai 2016 et sera un musée public unique en son genre.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21426 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH297/a1-438-08e2c.jpg' width='500' height='297' alt='JPEG - 225.7 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Haj Amin al-Husseini (à droite) et ses neveux pendant son service dans l'armée ottomane. Lieu indéterminé, 1914-1917. Provient de l'album de famille de Saïd Husseini (Le Musée palestinien)</i> </dd> </dl> <p>CISJORDANIE, Palestine - Au sommet des collines de Birzeit, une ville universitaire située à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, un édifice moderne flambant neuf domine le vert paysage en terrasses. Des hommes coiffés de casques de chantier s'affairent devant la façade de grès et de verre sous le soleil de ce début de printemps, mais ils seront bientôt remplacés par les nouveaux gardiens du bâtiment : le personnel du Musée palestinien.</p> <p>Quand il ouvrira ses portes aux visiteurs mi-mai, le Musée palestinien sera un musée public unique en son genre en Palestine, et l'un des musées les plus singuliers du monde. Conçu, financé et réalisé sur fond d'occupation israélienne, le musée a pour objectif, comme l'affirme sa devise, de procurer « un lieu sans risque pour des idées risquées ».</p> <p><strong>Un lieu sans risque pour des idées risquées</strong></p> <p>Compiler l'histoire fragmentée de la Palestine et de son peuple à la fois dans leur terre d'origine et dans le contexte de la diaspora n'est pas une mince affaire. Le musée a dû adopter une approche novatrice dans ses programmes de recherche et d'exposition, qui sont spécialement adaptés pour représenter une histoire arabe longtemps marginalisée et occultée par l'actuelle occupation israélienne de la Palestine.</p> <p>L'idée initiale du musée a été conçue il y a 18 ans par la Welfare Association, une organisation non-gouvernementale internationale qui s'emploie au développement et à la préservation de l'identité et du patrimoine culturel palestiniens. Omar al-Qattan, le directeur du groupe de travail du musée, a joué un rôle déterminant dans la réalisation du projet et s'est remémoré les premières discussions consacrées à la meilleure façon de présenter l'histoire culturelle de la Palestine.</p> <dl class='spip_document_21427 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a2-112-22782.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 366.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Omar al-Qattan dans le bureau du musée à Ramallah. Il est à la tête du groupe de travail du Musée palestinien (MEE/ Mary Pelletier) </i> </dd> </dl> <p>« Pour commencer nous ne sommes pas tombés d'accord, parce que les propriétaires du musée sont une organisation associative avec beaucoup de points de vue différents », a expliqué Omar al-Qattan au cours d'un voyage récent pour rencontrer des membres de l'équipe à Ramallah et à Birzeit. « Il y avait des divergences de vues entre générations, et aussi des interprétations différentes de ce que sont les musées. L'un des camps était dominé par le regretté professeur Ibrahim Abu-Lughod, de la génération qui a vécu la Nabka - il proposait un projet de musée mémorial. Certains d'entre nous, plus jeunes, ont répliqué : attendez - oui d'accord, mais nous voulons également quelque chose qui évoque la Palestine contemporaine et aussi qui nous aide à imaginer comment le futur pourrait être. »</p> <p>L'ambition nourrie par Omar al-Qattan de créer un musée thématique avec un programme d'expositions basé sur la recherche et une portée qui dépasse la Palestine fut mise en veilleuse quand la seconde Intifada éclata en l'an 2000. Les membres de l'organisation échangèrent des idées et des plans au cours de la décennie suivante et en 2010, un concours architectural fut lancé pour dessiner le nouveau bâtiment. La recherche de financement commença en 2011, et la construction de la première phase du musée débuta en 2013.</p> <dl class='spip_document_21428 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a3-21-ac7f4.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 408.3 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le musée est le premier bâtiment écologique certifié LEED construit en Palestine. La première phase sera terminée en 2016. La deuxième phase consistera en une extension de 3 500 m2 à 10 000 m2 d'ici à 2026 (MEE/Mary Pelletier) </i> </dd> </dl> <p>« Le concept que j'ai proposé est toujours présent - le concept de base, l'idée d'un vaisseau-mère [noyau central] avec des satellites [avant-postes] pour illustrer la dispersion des Palestiniens et le fait que la communication est tellement difficile », a expliqué Omar al-Qattan. « L'idée, c'est que nous allons nous fonder sur la recherche pour construire notre collection, qu'elle soit numérique ou physique. Cela fera partie des exigences de nos programmes. »<br class='autobr' /> Un vaisseau-mère et ses satellites</p> <p>Le bâtiment, que Qattan et son équipe surnomment le « vaisseau-mère », ouvrira ses portes au mois de mai, mais le programme des expositions ne démarrera qu'à l'automne.</p> <p>Comme avec n'importe quel projet de cette envergure il y a eu des problèmes au démarrage : des retards et des contraintes de financement, exacerbées par le conflit politique actuel et les restrictions qu'il implique. Jack Persekian, le directeur artistique, a quitté le musée fin 2015, et l'exposition qui était prévue pour l'inauguration, une découverte des biens les plus précieux des Palestiniens « ordinaires » intitulée Never Part (« Jamais séparés »), a dû être mise en veilleuse.</p> <p>Mais l'un des buts essentiels du musée consiste à toucher les communautés palestiniennes à l'étranger. Rachel Dedman, une conservatrice indépendante basée à Beyrouth, a été invitée à superviser la première de ses expositions « satellites », dont l'inauguration à Beyrouth, en mai, devait coïncider avec l'ouverture au public de l'espace de Birzeit. À la place, elle s'est retrouvée en train de gérer ce qui est devenu l'exposition inaugurale du musée, At the Seams (« Sous toutes les coutures ») - une histoire approfondie, multimédia, de la broderie palestinienne - même si elle aura lieu à près de 250 km du musée proprement dit.</p> <dl class='spip_document_21429 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH376/a4-12-836ec.jpg' width='500' height='376' alt='JPEG - 174.1 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Une pièce de l'exposition At the Seams (Photo avec l'aimable autorisation et copyright du Musée palestinien) </i> </dd> </dl> <p>« Avoir un espace physique est vraiment crucial parce que cela ramène à ce qu'un musée peut réellement faire, qui est d'opposer une résistance à des menaces existentielles, et la réalité physique de l'espace est vraiment importante », a expliqué Rachel Dedman sur Skype depuis Beyrouth, faisant référence à ce qu'elle considère comme l'activité dématérialisée du musée. « En même temps, l'idée du satellite est vraiment fascinante parce qu'elle répond à un besoin global pour les musées de refléter et de satisfaire le caractère universel de leur public. C'est particulièrement vrai des Palestiniens, qui depuis si longtemps sont déplacés, expulsés, marginalisés, privés d'expression et qui vivent désormais dans le monde entier ; le concept du satellite permet à ces idées d'être mises en valeur et élargies. »</p> <p>Rachel Dedman explique que son désir de redonner vie aux objets culturels faisant partie d'At the Seams rejoint l'engagement du musée à entreprendre une recherche approfondie et de longue durée. L'exposition, qui ouvrira ses portes le 25 mai à Dar el-Nimer, puise dans des collections privées de broderies, des images et des textes d'archives, et des interviews originales. Elle fait aussi intervenir des designers palestiniens contemporains, et inclut un film spécialement réalisé, basé sur les recherches sur le terrain de Rachel Dedman.</p> <dl class='spip_document_21430 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH371/a5-8-fc4ed.jpg' width='500' height='371' alt='JPEG - 322.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>La photo annuelle de la famille de Spridon Sarouf (Jaffa, 1928), qui provient de l'album de famille d'Abla & Alfred Tubasi (Le Musée palestinien) </i> </dd> </dl> <p>« Ma recherche s'est basée sur la conviction que la culture matérielle - ces choses fabriquées par des personnes, pour être portées - est fondamentalement politique », a déclaré Rachel Dedman. « Ces choses peuvent nous livrer des informations sur l'histoire palestinienne, y compris l'histoire palestinienne au Liban, informations qui vont susciter aujourd'hui des discussions et des débats vraiment productifs. À mon avis, c'est un véritable élargissement de la mission du musée - d'engager une conversation, d'être un lieu sans risque pour des idées risquées et d'impliquer un vaste public, où qu'il soit. »</p> <p><strong>L'album d'une famille palestinienne</strong></p> <p>Il faudra attendre la nomination d'un nouveau directeur artistique pour que le programme des expositions dans le « vaisseau-mère » de Birzeit soit définitivement fixé, mais pendant ce temps l'équipe sur le terrain s'est aussi concentrée activement sur les éléments virtuels essentiels qui font partie de la mission du musée.</p> <p>Dans le but de toucher les Palestiniens de la diaspora ainsi qu'un public international qui, autrement, ne s'intéresserait peut-être pas aux histoires quotidiennes des Palestiniens, le cœur de la plate-forme internet du musée est occupé par son projet d'Album de famille.</p> <p>À côté d'une chronologie historique interactive, les archives de l'Album de famille présentent des photos de famille de tous les jours accompagnées d'entretiens détaillés avec leurs propriétaires. Elles devraient être disponibles dans une banque de données en ligne cet été.</p> <p>« L'Album de famille a démarré avec l'idée que les photos de famille sont quelque chose que nous conservons et que nous chérissons » a expliqué Dalia Othman, directrice des archives audio-visuelles du musée. « C'est une fantastique fenêtre ouverte sur les traditions familiales, les coutumes, la culture, les périodes significatives de l'histoire. Ces photos fournissent un moyen idéal pour aborder l'histoire palestinienne ».</p> <p>Fin 2014, l'équipe des archives commença à faire savoir, par l'intermédiaire de leurs familles et de leurs amis, qu'ils recherchaient des photographies - n'importe quelles photographies. Ils installèrent une tente sur la place al-Manara, au centre de Ramallah, pendant deux jours, pour expliquer aux passants que leurs vieilles photos de famille pouvaient contribuer à illustrer l'histoire de la Palestine au sens large. La nouvelle s'est répandue et à ce jour, les archives ont rassemblé plus de 10 000 photos scannées digitalement.</p> <dl class='spip_document_21431 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH327/a6-4-b0d33.jpg' width='500' height='327' alt='JPEG - 294.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>L'équipe de football palestinienne participe à une rencontre sportive nationale. Lieu indéterminé, 1928. Provient de l'album de famille de Ragab Shahin (Le Musée palestinien) </i> </dd> </dl> <p>Conformément aux normes exigeantes du musée, qui a été homologué par le Conseil international des musées, les archivistes ont parcouru la Palestine avec des contrats de numérisation et ont pris le temps d'enregistrer les moindres détails de chaque photographie. Après avoir été confiées au musée pendant deux semaines, les photos ont été restituées à leurs propriétaires accompagnées d'un CD numérique des scans ainsi que de consignes expliquant comment conserver correctement ces précieux documents.</p> <p>« Notre but est de relier les Palestiniens entre eux », a affirmé Dalia Othman. « Il s'agit d'une vision analytique de l'histoire de la Palestine, et parce qu'elle est numérique, qu'elle est sur internet et qu'elle ne sera pas physique, des gens du monde entier pourront accéder à ce contenu. Cela revient à créer une passerelle pour que la diaspora puisse communiquer et renouer avec ces racines. »</p> <p>Face aux nombreux défis intérieurs et extérieurs, Omar al-Qattan est fier des stratégies et des plates-formes novatrices du musée. Mais il est aussi extrêmement conscient des problèmes divers qui pourraient surgir une fois que le musée aura ouvert ses portes en mai. En dépit de l'attention portée à la sécurité, il existera toujours certaines choses que le musée ne pourra pas contrôler.</p> <dl class='spip_document_21432 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH326/a7-4-f01a0.jpg' width='500' height='326' alt='JPEG - 249.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>L'inauguration de la seconde Exposition industrielle arabe au Palace Hôtel. Jérusalem, 1934. Provient de l'abum de famille de Said Husseini (Le Musée palestinien) </i> </dd> </dl> <p>« Je pense qu'il s'agit probablement du premier musée qui ait été construit sous occupation militaire, donc c'est extraordinaire d'en être arrivé là », a commenté Omar al-Qattan en riant. « Mais cela implique aussi des problèmes spécifiques, parce que nous ne disposons pas de la liberté de circulation, et notre public local non plus. Nous sommes très vulnérables à la violence des colons et de l'armée israélienne, et les gens hésitent évidemment beaucoup à soutenir ou à financer un projet aussi incertain. Mais c'est un risque qu'il nous faut courir. »</p> <p>* <strong>Mary Pelletier</strong> est écrivain et photographe américaine, basée à Ramallah</p></div> <div class='rss_ps'><p>26 mars 2016 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.middleeasteye.net/in-depth/features/palestinian-museum-safe-place-unsafe-ideas-474077213" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.middleeasteye.net/in-dep...</a><br/>Traduction : <a href="http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/le-mus-e-palestinien-un-lieu-sans-risque-pour-des-id-es-risqu-es-1282896106" class='spip_out' rel='external'>MEE</a> - Maït Foulkes</p></div> Poèmes d'espoir dans la douleur - de Ziad Medoukh http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15984 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15984 2016-04-09T04:30:03Z text/html fr Claude livre-mensuel <p>Une poésie de l'urgence depuis Gaza.<br class='autobr' /> Nous vous informons de la sortie du recueil de Ziad Medoukh, Poèmes d'espoir dans la douleur : une voix francophone qui nous interpelle depuis Gaza sous blocus.<br class='autobr' /> Le journaliste Karim Lebhour, correspondant de Rfi au Proche-Orient, a noté dès 2010 que le blocus de Gaza n'a pas commencé avec l'arrivée du Hamas en 2007 : « Souvent, dans les médias, on fait remonter le blocus de Gaza à 2006 et à l'élection du Hamas et de la capture du soldat israélien Gilad Shalit. (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique80" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot7" rel="tag">livre-mensuel</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L97xH150/arton15984-71247.jpg' width='97' height='150' /> <div class='rss_chapo'><p>Une poésie de l'urgence depuis Gaza.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Nous vous informons de la sortie du recueil de <strong>Ziad Medoukh</strong>, <strong>Poèmes d'espoir dans la douleur : une voix francophone qui nous interpelle depuis Gaza sous blocus</strong>.</p> <p><span class='spip_document_21385 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L250xH387/a1-408-cb0c3.jpg' width='250' height='387' alt="" /></span></p> <p>Le journaliste Karim Lebhour, correspondant de Rfi au Proche-Orient, a noté dès 2010 que le blocus de Gaza n'a pas commencé avec l'arrivée du Hamas en 2007 : « Souvent, dans les médias, on fait remonter le blocus de Gaza à 2006 et à l'élection du Hamas et de la capture du soldat israélien Gilad Shalit. Israël annule le permis général de sortie qui permettait aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie de circuler librement en Israël et dans le territoire palestinien.</p> <p>« Ce permis général a été remplacé par un permis individuel. En réalité, les premières mesures de restriction à Gaza ont été prises en 1991, la construction de la barrière ultra sécurisée date de 1995 ; l'interdiction de toute sortie de Gaza date de 2006. Israël quitte la bande de Gaza en 2005 puis en 2006, elle ferme en quelque sorte la bande de Gaza à clé et jette la clé à la mer. »</p> <p>Plus de 1,7 million de Palestiniens vivent aujourd'hui à Gaza dans des conditions de précarité de plus en plus pénibles — matérielles et psychologiques — surtout depuis les attaques et les destructions de l'été meurtrier 2014, après lesquelles l'accès de la Bande de Gaza a été refusé à des ONG comme Amnesty International...</p> <p>Enfermés dans une minuscule bande de terre entourée d'une barrière électrifiée, soumis à un enclavement féroce, empêchés de sortir pour venir plaider leur cause chez nous, les Gazaoui-e-s continuent à nous interpeller. Dans cette prison à ciel ouvert, il faut bien assumer la vie au quotidien et surtout porter haut la flamme de l'espoir et le rêve d'une vie meilleure faite de paix et de justice.</p> <p>Ce sont cette Paix et cette Justice, notions indissociables, que réclame inlassablement <strong>Ziad Medoukh</strong> depuis toutes ces années, se définissant « comme tout mon peuple le maladif-optimiste » et signant ses messages d'un magnifique et invariable « Amitiés de Gaza la Vie ! »</p> <p><strong>Ziad Medoukh</strong>, pédagogue, poète, écrivain, militant engagé pour sa cause et simple citoyen palestinien, écrit ses poèmes en français afin de les partager avec le monde francophone.</p> <p>Ses mots sont des mots simples : ils scandent inlassablement l'attachement à la terre ancestrale et l'espoir d'une vie meilleure faite d'indépendance et de liberté ; ils résonnent comme autant de chants en hommage à la vie au milieu de l'enfer de Gaza, de son enclavement et ses privations.</p> <p>Dans ses poèmes, il célèbre l'amour indéfectible pour sa patrie - la Palestine, la fidélité à sa ville - Gaza, la résistance par la non-violence, l'éducation, l'attachement à l'humanisme.</p> <p>À travers une catharsis salvatrice, il nous parle du sacrifice des femmes palestiniennes, du rôle de la jeunesse, de la dépossession, de la résilience, des souffrances infligées par la violence d'une oppression aveugle.</p> <p>Et sans cesse revient ce fol espoir d'un horizon enfin libéré :</p> <center><i>[...] La joie vient toujours après la peine,<br/> Le soleil brille après la nuit sombre,<br/> Gaza sera heureuse, Gaza sera brillante,<br/> Gaza sera libre, Gaza vivra en paix. [...]<br/></i> <p>(extrait du poème Gaza espère, page 108)</p> </center> <p>Le présent choix de poèmes a été fait à partir de publications antérieures, mais surtout à partir de nouveaux poèmes inédits écrits entre 2014 et 2016, pendant et après l'attaque meurtrière sur la Bande de Gaza.</p> <p><i>Scribest Editions</i></p> <hr class="spip" /> <p><strong>L'auteur</strong></p> <p><strong>Ziad Medoukh</strong> est né à Gaza en 1966. Il a suivi des études de didactique du français à l'université de Paris VIII où il obtient en 2009 un doctorat en Sciences du langage.</p> <p><span class='spip_document_21386 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:131px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L131xH121/a1-410-e28b9.jpg' width='131' height='121' alt="" /></span></p> <p>Professeur de français et responsable du Département de français de l'université Al-Aqsa de Gaza, coordinateur du Centre de la paix de cette université, il est aussi écrivain et poète d'expression francophone dont la voix est largement relayée par les réseaux de solidarité.</p> <p>Attaché aux principes de démocratie, de liberté, défenseur des droits de l'homme, de justice et de paix, porte-parole infatigable de la francophonie à Gaza, Ziad Medoukh a été fait Chevalier de l'Ordre des palmes académiques de la République française en 2011. Il est le premier citoyen palestinien à obtenir cette distinction.</p> <p>Pacifiste revendiqué dans ses poèmes, il est nommé en 2014 « Ambassadeur de la Paix » par le Cercle universel franco-suisse de Lausanne, ce dernier mettant en 2015 l'accent sur son travail pédagogique par la mise en place d'un programme de soutien psychologique pour les enfants traumatisés suite à l'atta- que israélienne meurtrière de l'été 2014 sur la Bande de Gaza.</p> <p>Malgré un contexte de blocus inhumain qui perdure, Ziad Medoukh poursuit son travail et son engagement auprès des jeunes.</p> <hr class="spip" /> <p><strong>L'ouvrage</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Format : 13,5 x 18 cm, broché,<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Couverture quadrichrome, pelliculage mat avec rabats.<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Intérieur 136 pages, avec une trentaine d' illustrations en noir et blanc.<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> N° ISBN : 979-10-92758-05-4<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Prix public France : 12,50 euros<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Dépôt légal 1re édit. : février 2016</p> <p>Commandes aux éditions Scribest : <a href="http://www.scribest.fr/section-15-commander" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.scribest.fr/section-15-c...</a></p> <p><strong>SCRIBEST</strong> Éditions<br/>BP 10077 - Hoenheim<br/>67802 BISCHHEIM Cedex<br/>[email protected]</p></div> <div class='rss_ps'><p>Mars 2016</p></div> Comme une fleur d'amandier http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15945 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15945 2016-03-13T04:39:00Z text/html fr Dominique focus2rub auteur4 <p>Je suis anxieuse de voir arriver le printemps. Le parfum des fleurs et la brise ni chaude ni froide, parfaite.<br class='autobr' /> Ce ne serait pas exagéré de dire que j'y pense tous les jours. Les images ne se brouillent pas avec le passage du temps. Elles reviennent comme neuves en février et au début du mois de mars.<br class='autobr' /> Cet hiver a été coloré de différentes nuances de souffrance. Le jour où Mohammad [Al-Qiq] et moi, nous nous sommes levés pour nettoyer les tapis, une tâche qui nous a pris toute la journée, je ne savais (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique79" rel="directory">Société palestinienne</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot34" rel="tag">auteur4</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH136/arton15945-c485b.jpg' width='150' height='136' /> <div class='rss_chapo'><p>Je suis anxieuse de voir arriver le printemps. Le parfum des fleurs et la brise ni chaude ni froide, parfaite.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21335 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH274/a1-370-6dc9c.jpg' width='500' height='274' alt='JPEG - 50.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Faihaa Shalash et le plus jeune de ses deux enfants - Photo : APA/Wisam Hashlamoun</i> </dd> </dl> <p>Ce ne serait pas exagéré de dire que j'y pense tous les jours. Les images ne se brouillent pas avec le passage du temps. Elles reviennent comme neuves en février et au début du mois de mars.</p> <p>Cet hiver a été coloré de différentes nuances de souffrance. Le jour où Mohammad [Al-Qiq] et moi, nous nous sommes levés pour nettoyer les tapis, une tâche qui nous a pris toute la journée, je ne savais pas que nous ne passerions pas le reste de l'hiver ensemble dans la chaleur de notre foyer. Je ne savais pas que cet hiver serait différent de tous ceux où nous avons appris à vivre ensemble, dans la joie et la peine.</p> <p>Après tout, même les jours difficiles ont quelque chose de doux lorsqu'on est en bonne compagnie.</p> <p>J'aimais regarder les fleurs d'amandiers chaque fois que j'allais d'un quartier à l'autre. En fait, j'en voyais presque tous les jours. Je portais toujours aussi sur moi une lettre de mon mari qui souffrait sur un lit d'hôpital. C'est une lettre magnifique, elle est porteuse d'un message de dignité que tout le monde doit entendre, même s'il est difficile à entendre.</p> <p>J'admire les amandiers, qui sont connus pour leur joli vert tendre quand les fruits arrivent à maturité, et pour leur combat solitaire contre les pluies et les vents violents.</p> <p>Il n'est pas possible de décrire ces journées et je ne vais pas tenter de le faire parce que les sentiments dont je vais parler sont trop difficiles à décrire. Il faut continuer à vivre sans crainte et, donc, j'ai refoulé mes émotions d'épouse éprouvée et de mère inquiète. Je les ai ensevelies en moi parce qu'il fallait que, devant le public, je me montre dynamique et forte.</p> <p>J'évitais de regarder les images et les reportages concernant mon mari et j'essayais de vaquer à mes occupations sans laisser la tristesse m'envahir. Si je m'étais laissée aller, cela aurait eu des conséquences désastreuses. Cela aurait également inquiété tous ceux qui nous entouraient, y compris les hypocrites. Oui, ça a été très difficile, mais je n'avais pas le choix.</p> <p>Un jour, pendant la semaine de protestation, j'ai ouvert la fenêtre de la voiture, alors que nous passions dans l'un des districts du nord : mon cœur s'est empli de lumière quand j'ai vu les fleurs d'amandiers. Je ne sais pas d'où venait cette lumière. Elle m'a envahie quand j'ai posé les yeux sur les fleurs blanches des amandiers. J'ai eu un sentiment de fierté et d'acceptation en regardant la magnifique floraison de ces fleurs qui triomphaient de la rudesse de l'hiver.</p> <p>Cela m'est arrivé quelques heures seulement avant d'apprendre qu'un début d'accord avait été conclu qui mettrait fin à la souffrance de mon mari qui durait depuis près de 100 jours, depuis qu'il avait été placé en détention administrative, tout au long de l'hiver froid et neigeux.</p> <p>Oui, les fleurs d'amandiers viennent en leur temps. Nos rêves se croisent avec une vérité chère : nos précieuses enveloppes charnelles se flétrissent, mais nous prouvons que nous sommes une nation de gens qui aiment la vie et, grâce à cet amour, nous trouvons notre voie. Nous n'aimons pas la mort, ni la faim. Nous ne voulons pas vivre seulement d'eau, mais nous voulons adresser ce message aux opprimés : nous sommes résolus soit à vivre libres soit à mourir, avec notre dignité intacte.</p></div> <div class='rss_ps'><p>8 mars 2016 - Middle East Monitor - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="https://www.middleeastmonitor.com/blogs/politics/24389-like-an-almond-blossom" class='spip_url spip_out' rel='external'>https://www.middleeastmonitor.com/b...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15945' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Dominique Muselet</p></div> La résistance non violente dans les collines au sud de Hébron http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15871 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15871 2016-02-01T05:57:34Z text/html fr Marie auteur3 focus1rub focus2acc <p>Les écoliers de ces villages isolés par des colonies israéliennes doivent marcher derrière une jeep militaire pour se rendre à leur école. Leurs parents ne sont pas autorisés à les accompagner.<br class='autobr' /> Le plus gros souci dans la journée d'un écolier devrait être ses devoirs. Ou éventuellement un livre perdu, une dispute avec un ami. Sur le chemin de l'école, aucun enfant ne devrait être régulièrement confronté à des soldats armés ni craindre d'être pourchassé et agressé par des adultes en colère.<br class='autobr' /> Mais pour les (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique80" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot11" rel="tag">auteur3</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15871-e538d.jpg' width='150' height='100' /> <div class='rss_chapo'><p>Les écoliers de ces villages isolés par des colonies israéliennes doivent marcher derrière une jeep militaire pour se rendre à leur école. Leurs parents ne sont pas autorisés à les accompagner.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21205 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L400xH300/hebronhill-2b660.jpg' width='400' height='300' alt='JPEG - 38.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Cette écolière de Tuwani a été attaquée à coups de pierres par deux colons masqués, alors qu'elle cueillait des herbes avec un camarade sur le chemin quotidien de l'école. Il a fallu quatre points de suture pour sa blessure à la tête - Photo : Cassandra Dixon</i> </dd> </dl> <p>Le plus gros souci dans la journée d'un écolier devrait être ses devoirs. Ou éventuellement un livre perdu, une dispute avec un ami. Sur le chemin de l'école, aucun enfant ne devrait être régulièrement confronté à des soldats armés ni craindre d'être pourchassé et agressé par des adultes en colère.</p> <p>Mais pour les enfants palestiniens qui vivent avec leur famille dans les petits villages ruraux composant les <a href="https://enrouteaveceappi.wordpress.com/2016/01/12/plongee-dans-la-vie-dune-accompagnatrice-oecumenique/" class='spip_out' rel='external'>South Hebron Hills</a> (SHH), dans le Sud de la Cisjordanie, c'est bien ainsi que commencent les journées de classe. Des colonies et des avant-postes illégaux isolent et séparent leurs villages, et les soldats font partie de leur vie en permanence.</p> <p>Jadis, le trajet entre le minuscule hameau de Tuba et l'école du village de Tuwani était une belle et calme promenade le long d'une route tranquille reliant les deux villages. Au cours des années '80, des colons israéliens ont construit une implantation sur des terres appartenant à des propriétaires palestiniens et qui servaient de pâturages aux chèvres et aux moutons.</p> <p>Après la construction de la colonie, les colons ont établi un avant-poste illégal. A présent, des élevages avicoles industriels se trouvent en travers de la route qui servait aux enfants à aller à l'école, aux fermiers à porter leur production en ville et aux familles à se rendre à Tuwani ou dans la ville plus importante de Yatta pour se faire soigner, faire des courses ou pour les études supérieures.</p> <p>Entre la colonie et le poste avancé, ce qui reste de la route est fermé aux Palestiniens. Une seule exception : les enfants marchent derrière une jeep israélienne pour se rendre à leur école. Leurs parents ne sont pas autorisés à les accompagner. La vingtaine d'écoliers qui effectuent ce trajet entament leur journée scolaire dans un champ non protégé, attendant anxieusement les soldats israéliens qui vont surveiller leur trajet vers l'école.</p> <p>Les villageois avaient construit des abris dans lesquels les enfants pouvaient attendre les soldats, mais les autorités israéliennes les ont tous démolis. Quand il pleut, les enfants sont trempés. Certains jours les soldats sont ceux-là même qui la veille ont pourchassé ou arrêté des bergers - bergers qui sont peut-être les frères ou les pères de ces enfants. Certains jours les soldats ont du retard, laissant le groupe d'enfants dans l'expectative, exposés aux attaques et à portée de tir de l'avant-poste.</p> <p>Certains jours l'escorte militaire n'arrive pas du tout, et les enfants doivent se rendre à l'école sous la protection de volontaires internationaux, par un chemin plus long, qui longe également la colonie.</p> <p>Un millier de personnes vivent dans les villages avoisinants, avec une moitié de jeunes. Malgré cela, comme les villages se situent à l'intérieur de la Zone de Tir israélienne 918, les militaires se servent de la région pour leurs entraînements. Étonnamment, en dépit de tout cela, les enfants ne ratent presque jamais une journée de classe. Les parents sont déterminés à scolariser leurs enfants.</p> <p>Quand j'ai commencé mon volontariat à Tuwani, l'école n'allait que jusqu'à la troisième. A présent, grâce à la détermination de la communauté à éduquer ses enfants, les écoliers peuvent suivre tout l'enseignement secondaire dans le village, et bien que les écoles soient continuellement menacées de démolition par les bulldozers de l'armée israélienne, les villageois ont construit et pourvu en personnel des écoles primaires pour les enfants vivant dans 8 villages des environs.</p> <p>Voilà à quoi peut ressembler une résistance non violente à l'occupation militaire.</p> <p>Je suis reconnaissante de pouvoir passer une partie de cette année en Palestine. Depuis des années les enfants de ces villages m'enseignent la non violence.</p> <p>Quelquefois la présence de travailleurs internationaux pour les droits humains armés de leur caméra a un petit impact positif sur leurs journées.</p> <p>Les Américains portent une part de responsabilité dans ces enfances brisées. Les États-Unis subventionnent quelque 25 % du budget militaire d'Israël, ce qui coûte aux <a href="http://www.ifamericansknew.org/stat/cost_of_israel.html" class='spip_out' rel='external'>contribuables</a> étatsuniens un montant généralement estimé à 2,1 milliards par an .</p> <p>Je travaille avec l'organisation italienne <a href="http://www.operazionecolomba.it/togetherattuwani" class='spip_out' rel='external'>Operation Dove</a>. Elle soutient des Palestiniens qui résistent à l'occupation israélienne, en collaborant avec des familles qui se sont engagées à demeurer sur leurs terres. Cela inclut d'escorter les écoliers sur le chemin de l'école, et d'accompagner les familles paysannes qui font paître leurs bêtes ou s'occupent de leurs cultures.</p> <center><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/4D3K8bNF7Uk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center> <p>« Operazione Colomba » aide à fournir des preuves sur les harcèlements, intimidations, arrestations, détentions, démolitions de maison, postes de contrôle, bouclages de routes, exercices militaires et attaques de colons. Les villageois s'adressent aussi à l'ONG quand ils subissent des vols et que leurs cultures ou leurs propriétés sont détruites.</p> <p>La présence protectrice que fournissent les activistes ne constitue pas une solution à grande échelle à la violence qui fait intrusion dans la vie des enfants en Palestine. Néanmoins de nombreuses années de visites à ces familles m'ont convaincue qu'il est important et nécessaire de soutenir les efforts non violents des villageois et d'y participer. Les familles qui se confrontent au militarisme et à l'occupation nous aident à dépasser notre propre addiction au militarisme et à la violence.</p> <p>Les enfants que j'ai rencontrés au début sont grands maintenant. Certains ont fait des études supérieures et certains ont fondé leur propre famille. Ces jeunes gens ont toutes les raisons d'être en colère. Leur enfance a été pétrie de peur, d'intimidations, de démolitions, d'arrestations et d'isolement.</p> <p>Mais par ailleurs ils ont grandi en étant témoins de l'engagement inébranlable de leur communauté à résister à l'injustice par la non violence. Leurs familles les ont bien soutenus, les faisant participer à leur lutte commune pour la dignité. Contre toute attente ils grandissent avec humour et ténacité plutôt que dans l'anxiété et l'amertume. Ils sont la preuve vivante pour nous tous que l'amour peut l'emporter.</p> <p>L'écolière de la photo est une fillette spirituelle et coriace. Elle insiste toujours pour que les nombreux et bizarres volontaires qui traversent sa vie sachent son nom et viennent rendre visite à sa famille.</p> <p>* <strong>Cassandra Dixon</strong> est une menuisière du Wisconsin, volontaire du Réseau pour la Paix et la Justice (WNPJ) depuis de nombreuses années en Cisjordanie ainsi que dans son propre pays, notamment à la prison fédérale d'Oxford (Wisconsin).</p></div> <div class='rss_ps'><p>29 janvier 2016 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="http://www.palestinechronicle.com/nonviolent-resistance-in-the-south-hebron-hills/" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.palestinechronicle.com/n...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15871' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Marie Meert</p></div> La jeunesse palestinienne va-t-elle prendre sa revanche ? http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15843 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15843 2016-01-17T07:31:03Z text/html fr Marie focus1rub auteur0 <p>La nouvelle génération palestinienne qui mène l'intifada n'a pas attendu de recevoir des instructions des dirigeants politiques, lesquels pourraient à présent prendre en considération le mouvement impulsé par la jeunesse.<br class='autobr' /> Depuis l'éruption du soulèvement palestinien début octobre, en Cisjordanie et à Jérusalem, les jeunes ont été les plus impliqués dans les incidents quotidiens avec les soldats israéliens. Ils sont les auteurs des attaques à l'arme blanche ou aux voitures-béliers.<br class='autobr' /> Selon une étude publiée (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique81" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot22" rel="tag">auteur0</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15843-cc791.jpg' width='150' height='100' /> <div class='rss_chapo'><p>La nouvelle génération palestinienne qui mène l'intifada n'a pas attendu de recevoir des instructions des dirigeants politiques, lesquels pourraient à présent prendre en considération le mouvement impulsé par la jeunesse.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21162 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH289/halhul-e2b04.jpg' width='500' height='289' alt='JPEG - 248.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Un jeune manifestant palestinien brandit une pierre au cours d'affrontements avec l'armée israélienne dans la ville cisjordanienne de Halhul, au nord de Hébron, le 14 novembre 2015 - Photo Reuters/Mussa Qawasma</i> </dd> </dl> <p>Depuis l'éruption du soulèvement palestinien début octobre, en Cisjordanie et à Jérusalem, les jeunes ont été les plus impliqués dans les incidents quotidiens avec les soldats israéliens. Ils sont les auteurs des attaques à l'arme blanche ou aux voitures-béliers.</p> <p>Selon une étude publiée par le Centre d'Etudes politiques Al-Qods, 45 Palestiniens de moins de 20 ans ont été tués depuis le 10 décembre, soit 40 % de nombre total de morts. La plupart d'entre eux seraient morts lors d'affrontements sur le terrain avec l'armée israélienne dans certaines régions de la Cisjordanie.</p> <p>Les troubles ont suscité la formation de la Coalition des Jeunes de l'intifada (Intifada Youth Coalition) créée pour mener des activités, des manifestations et des confrontations avec les Israéliens. Cette coalition semble se substituer aux organisations de terrain qui avaient été établies lors des précédentes intifadas.</p> <p>La direction nationale unifiée du soulèvement (Unified National Leadership of the Uprising - UNLU) avait été fondée par l'organisation de libération de la Palestine au cours de la première intifada, dite intifada des pierres, fin 1987. Au départ elle incluait le Fatah et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP).</p> <p>La deuxième intifada, l'Intifadda d'al-Aqsa, impliquait en 2000 la formation des Forces nationales et islamiques, avec différentes factions palestiniennes telles que Hamas, Fatah, Jihad islamique et FDLP, pour gérer les opérations quotidiennes du soulèvement. L'UNLU a cessé ses activités en 1994 après la fin de la première intifada, mais les Forces nationales et islamiques sont toujours opérationnelles aujourd'hui.</p> <p>La participation des jeunes dans le soulèvement palestinien actuel n'est pas une surprise. Le Bureau central des statistiques palestinien annonçait en août 2015 que la société palestinienne de Cisjordanie et de Gaza est une population jeune et le restera dans les années à venir, car les jeunes de 15 à 29 ans constituent 30 % de la population totale. Dans ce groupe, 37,4 % sont dans la tranche des 15-19 ans, et 62,6 % ans celle de 20-29 ans, selon le Bureau.</p> <p>Farid Abu Dheir, professeur de journalisme et de communication à l'Université Nationale An-Najah de Naplouse, a déclaré à al-Monitor : « Le soulèvement palestinien actuel indique que la génération des jeunes palestiniens s'est imposée d'elle-même sur la scène palestinienne en employant un certain nombre d'outils non traditionnels, comme les médias sociaux. Elle cherche à s'écarter des partis palestiniens connus depuis des décennies dans l'arène palestinienne. </p> <p>Néanmoins, cette jeunesse a du mal à s'éloigner des partis palestiniens traditionnels en créant de nouvelles formes d'organisations et en rejetant les appels des factions à des événements organisés ou en refusant toute implication dan les factions palestiniennes. Car les factions contrôlent toujours la scène palestinienne, même si elles essaient de s'adapter à l'émergence des jeunes en tant qu'acteurs dans l'arène et non plus en tant que figures passives, comme dans les dernières décennies ».</p> <p>Le trait le plus marquant de la situation actuelle est que la nouvelle génération de leaders a entre 15 et 25 ans. Ces jeunes sont nés à l'ère des Accords d'Oslo de 1993.</p> <p>Cette génération n'a cessé de voir les abus d'Israël envers les Palestiniens et notamment les meurtres, la confiscation de terres, les rafles dans les villes palestiniennes et l'empêchement de l'idée d'État palestinien. Ils ont compris que les promesses de l'Autorité palestinienne ont été foulées aux pieds par l'armée israélienne chaque fois qu'elle prenait d'assaut la Cisjordanie.</p> <p>Depuis le début de l'actuel soulèvement, des dizaines d'articles dans les médias palestiniens ont commenté la nouvelle génération palestinienne. Le journal al-Qods écrivait en octobre dernier que cette génération a grandi au moment où les factions palestiniennes s'affaiblissaient.</p> <p>C'est une génération qui porte des cheveux stylés au gel et des jeans déchirés, qui s'active sur Facebook, Twitter et Instagram, écoute Justin Bieber et regardes des films avec Angelina Jolie. Cette génération peut être croyante ou laïque et ne pas lire Marx. Mais elle hait l'occupation israélienne qui lui bloque l'accès aux études universitaires arrête ses frères, démolit les maisons d'à côté et construit des colonies.</p> <p>Cet environnement a créé une génération qui ne peut pas coexister avec les Israéliens, ni s'adapter à l'occupation ni faire avec, toujours selon l'article d'al-Qods.</p> <p>L'ancien Ministre des Prisonniers Wasfi Kabha a dit à al-Monitor : « La nouvelle génération palestinienne qui mène le soulèvement a surmonté le niveau des factions et les considérations partisanes. J'en veux pour preuve qu'elle gère les activités quotidiennes de l'intifada en l'absence de centres de commande organisés, contrairement aux intifadas précédentes. Cette génération mène l'intifada sans structures administratives ou opérationnelles et elle avance automatiquement et spontanément ».</p> <p>Il ajoute : « En même temps, il semble qu'elle ait du mal à établir un nouveau front organisationnel palestinien qui soit séparé des factions palestiniennes existantes, car la communauté palestinienne est partisane de par sa nature. Même en s'efforçant de ne pas s'attacher à des instructions organisationnelles, leur affiliation aux factions les ramène dans les bras de ces mêmes organisations ».</p> <p>Il semble clair que la nouvelle génération palestinienne assure la relève après une absence de partis politiques palestiniens, puisque la direction politique palestinienne s'est crispée sur des positions autoritaires pendant des décennies, empêchant la jeunesse d'assumer des fonctions dirigeantes. Même si certains de ces jeunes sont affiliés à des partis politiques, les jeunes membres de certaines factions prennent des initiatives personnelles comme des campagnes de levées de fonds pour reconstruire les maisons que l'armée israélienne a détruites.</p> <p>Selon le Bureau des statistiques palestinien, le taux de chômage parmi les jeunes a atteint 39 % en 2014, et 32.000 diplômés universitaires palestiniens arrivent sur le marché du travail chaque année. Les jeunes Palestiniens considèrent l'occupation israélienne comme la raison majeure de leurs souffrances. En l'absence de politiques palestiniennes pour résoudre ces mauvaises conditions, ils ont décidé d'agir sans demander la permission aux organisations ni aux autorités palestiniennes.</p> <p>Khalil Assaf, chef du Consortium des Palestiniens indépendants en Cisjordanie, qui compte des dizaines de figures nationales indépendantes issues de différents contextes politiques, a dit à al-Monitor : « Les jeunes palestiniens dédaignent les organisations politiques, car cette nouvelle génération palestinienne a compris que ces factions ont échoué à atteindre leurs objectifs politiques. C'est pourquoi la plupart d'entre eux ne se sentent plus partie prenante de ces organisations.</p> <p>Ils ont donc rejoint l'intifada spontanément, en l'absence de direction, parce que les dirigeants palestiniens n'ont pas voulu y participer ni s'y engager, par calcul personnel et sur des considérations politiciennes. Cela vaut pour tous les Palestiniens, qu'ils soient croyants et laïques ou affiliés au Hamas et au Fatah ».</p> <p>Une des caractéristiques principales de la situation actuelle, c'est qu'une nouvelle génération palestinienne est descendue dans la rue sans attendre les directives des organisations politiques. Peut-être a-t-elle transcendé ces organisations, qui pourraient être contraintes de la rejoindre et d'essayer de suivre l'action sur le terrain si celle-ci persiste.</p> <p>Mais il n'est pas certain que les dirigeants palestiniens sont prêts à défendre la cause des jeunes, indépendamment des organisations politiques palestiniennes. Cela nécessiterait des capacités financières qui ne sont pas disponibles. C'est pourquoi il semble probable que les jeunes formeront des groupes de pression au sein de leurs organisations politiques dans l'espoir de pousser le commandement politique palestinien à prendre en considération les intérêts et les souffrances de la jeunesse.</p> <p><span class='spip_document_21182 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:137px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L137xH122/a1-253-4b14e.jpg' width='137' height='122' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Adnan Abu Amer</strong> est doyen de la Faculté des Arts et responsable de la Section Presse et Information à <i>Al Oumma Open University Education</i>, ainsi que Professeur spécialisé en Histoire de la question palestinienne, sécurité nationale, sciences politiques et civilisation islamique. Il a publié un certain nombre d'ouvrages et d'articles sur l'histoire contemporaine de la Palestine.</p> <p><strong>Du même auteur :</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15669' class='spip_out'>Comment les Forces de Défense Israéliennes infiltrent les Palestiniens</a> - 18 octobre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15269' class='spip_out'>Le Hamas doit-il se préparer à une confrontation armée avec les putschistes égyptiens ?</a> - 19 mars 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15198' class='spip_out'>La résistance palestinienne resserre ses liens avec l'Iran et le Hezbollah</a> - 8 février 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15100' class='spip_out'>Khaled Meshaal : « En Cisjordanie, la résistance ne fera que s'amplifier ! »</a> - 20 décembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15092' class='spip_out'>Israël et l'Autorité de Ramallah agissent de concert pour empêcher une explosion en Cisjordanie et à Jérusalem</a> -14 décembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15063' class='spip_out'>Le mouvement Hamas veut renforcer le soulèvement en Cisjordanie</a> - 27 novembre 2014</p></div> <div class='rss_ps'><p>13 janvier 2016 - al-Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2016/01/palestinian-youth-factions-intifada-west-bank.html" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.al-monitor.com/pulse/ori...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15843' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - AMM</p></div> Funérailles collectives pour 14 Palestiniens à Hébron http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15824 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15824 2016-01-06T05:51:22Z text/html fr Marie focus1rub focus1acc focus2acc <p>La politique consistant à retenir les corps a outragé des communautés palestiniennes qui y voient une punition collective et une violation de leur droit à suivre leur tradition religieuse. Certaines familles craignent aussi que cette stratégie ne permette d'éviter l'autopsie des corps de leurs proches.<br class='autobr' /> Hébron - Des milliers de personnes en deuil ont envahi les rues de la ville cisjordnienne occupée de Hébron afin de participer aux funérailles communes de 14 Palestiniens, dont les corps avaient été (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique79" rel="directory">Société palestinienne</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH101/arton15824-6b647.jpg' width='150' height='101' /> <div class='rss_chapo'><p>La politique consistant à retenir les corps a outragé des communautés palestiniennes qui y voient une punition collective et une violation de leur droit à suivre leur tradition religieuse. Certaines familles craignent aussi que cette stratégie ne permette d'éviter l'autopsie des corps de leurs proches.</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_21137 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/inhumcollect-7c1e0.jpg' width='500' height='334' alt="" /></span></p> <p>Hébron - Des milliers de personnes en deuil ont envahi les rues de la ville cisjordnienne occupée de Hébron afin de participer aux funérailles communes de 14 Palestiniens, dont les corps avaient été restitués par Israël le soir précédent.</p> <p>Parmi 23 corps rendus par les autorités israéliennes vendredi dernier, 17 venaient de la zone de Hébron, conformément à la décision d'Israël de garder les corps de Palestiniens tués lors d'attaques contre l'occupant.</p> <p>Les dépouilles ont été transportées sur les épaules de membres de leurs familles jusqu'à la mosquée al-Hussein Ibn Ali au centre ville, où ont eu lieu les prières funéraires. Des milliers de personnes ont récité collectivement la prière dans le stade de football al-Hussein adjacent et le long des rues de la ville. Le cortège funéraire a ensuite longé la rue Ein Sarah pour arriver au cimetière Shuhada (des Martyrs), où les 14 dépouilles ont été inhumées.</p> <p>Des personnes âgées qui étaient présentes ont dit à l'agence Ma'an que jamais auparavant ils n'avaient assisté à une cérémonie funéraire pour un aussi grand nombre de Palestiniens abattus.</p> <p>Les milliers de participants à l'inhumation ont scandé des slogans tout au long du parcours, condamnant Israël pour la restitution sous conditions des corps des Palestiniens.</p> <p>C'est en octobre que les autorités israéliennes ont commencé à retenir les corps de Palestiniens qui avaient attaqué des soldats ou des civils israéliens.</p> <p>Ce genre de pratique n'avait plus été utilisée depuis la deuxième intifada, précise le groupe de défense des droits Hamoked, lorsque les corps de plus de 80 Palestiniens avaient été retenus pendant des périodes variables après la décision prise en octobre.</p> <p>Le Ministre de la Défense d'Israël, Moshe Yaalon a déclaré le 5 novembre que les corps seraient restitués sous conditions, les autorités israéliennes exigeant que les corps soient inhumés immédiatement après leur restitution et que les funérailles aient une audience restreinte.</p> <p>Alors que la décision de ne pas rendre les corps avait initialement été prise pour éviter des funérailles de masse qui « incitent » à la violence contre Israël, Yalon a admis le 5 novembre que cette politique n'était pas efficace pour dissuader de futurs attaquants.</p> <p>La politique consistant à retenir les corps a outragé des communautés palestiniennes qui y voient une punition collective et une violation de leur droit à suivre leur tradition religieuse. Certaines familles craignent aussi que cette stratégie ne permette d'éviter l'autopsie des corps de leurs proches.</p> <p>Les dirigeants palestiniens ont encouragé la pratique de l'autopsie sur tous les Palestiniens tués par les forces israéliennes dans l'éventualité où les rapports d'autopsie pourraient servir lors des actions intentées contre les autorités israéliennes devant la Cour Pénale Internationale.</p> <p>Les corps des Palestiniens de la zone de Hébron rendus vendredi ont subi une autopsie après leur restitution, a déclaré le Procureur du District de Hébron.</p> <p>Environ 140 Palestiniens ont été tués depuis le 1er octobre par les forces israéliennes et les colons. La majorité d'entre eux l'ont été lors d'attaques dont les circonstances précises sont encore litigieuses.</p> <p>Vingt et un Israéliens ont été tués lors d'attaques palestiniennes isolées au cours de la même période.</p> <p><strong>Liste des 17 Palestiniens du district de Hébron dont les corps ont été restitués vendredi dernier :</strong></p> <p>1. Basil Bassam Ragheb Sidr, 20 ans, abattu le 14 octobre après une prétendue attaque au couteau à la Porte de Damas dans la Vieille Ville de Jérusalem, sans blessés israéliens.</p> <p>2. Fadil Abdullah Qawasmi, 18 ans, abattu par un colon israélien le 17 octobre après une prétendue tentative d'attaque au couteau rue Shuhada dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>3. Hamzeh Moussa al-Imla, 25 ans, abattu le 20 octobre après une attaque à la voiture-bélier qui a blessé deux soldats israéliens à la jonction de la colonie Gush Etzion.</p> <p>4. Saad Muhammad Youssef al-Atrash, 19 ans, abattu le 26 octobre après avoir tenté de poignarder un soldat à la mosquée Ibrahimi dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>5. Shadi Nabil al-Qudsi, 22 ans, abattu le 27 octobre après avoir prétendument poignardé et blessé un soldat israélien à la jonction Gush Etzion.</p> <p>6. Izz al-Din Nadi Abu Shkheidem, 19 ans, abattu le 27 octobre après avoir prétendument poignardé et blessé un soldat israélien à la jonction Gush Etzion.</p> <p>7. Humaam Adnan al-Saeed, 23 ans, abattu le 27 octobre dans le quartier de Tel Rumeida dans la Vieille Ville de Hébron après une prétendue attaque au couteau d'un soldat israélien .</p> <p>8. Islam Rafiq Hammad Ibeido, 23 ans, abattu le 28 octobre après une prétendue attaque au couteau contre un soldat israélien près de la colonie illégale de Kiryat Arba à Hébron.</p> <p>9. Mahdi Muhammad al-Muhtaseb, 23 ans, abattu le 29 octobre après avoir poignardé et blessé un soldat israélien près de la mosquée Ibrahimi dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>10. Farouq Abd al-Qadir Sider, 19 ans, abattu le 19 octobre après avoir prétendument tenté de poignarder un soldat israélien rue Shuhada dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>11. Fadi Hassan al-Froukh, abattu le 1er novembre après une prétendue attaque au couteau à Beit Einun près de Hébron.</p> <p>12. Malik Talal al-Shareef, 25 ans, abattu le 5 novembre après une prétendue attaque au couteau contre un soldat israélien à la jonction Gush Etzion.</p> <p>13. Mustafa Fadhil Fanoon, 15 ans, abattu le 27 octobre après avoir prétendument poignardé et légèrement blessé un soldat israélien dans le quartier de Tel Rumeida dans la Vieille Ville de Hébron. :</p> <p>14. Ibah Fathi Miswadeh, 21 ans, 19 ans, abattu le 7 décembre après avoir poignardé un colon israélien près de la mosquée Ibrahimi dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>15. Omar Arafat Issa al-Zaaqiq, 19 ans, 25 ans, abattu le 27 novembre après une attaque à la voiture-bélier qui a blessé deux soldats israéliens à Beit Ummar au nord de Hébron.</p> <p>16. Taher Faysal Fannoun, 19 ans, abattu le 4 décembre après avoir prétendument poignardé et légèrement blessé un soldat israélien : dans le quartier de Tel Rumeida dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p>17. Abd al-Rahman Miswadeh : abattu le 7 décembre après avoir poignardé et blessé deux Israéliens dans la Vieille Ville de Hébron.</p> <p><strong>Lire également</strong> : <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://arretsurinfo.ch/israel-restitue-au-cas-par-cas-les-corps-de-palestiniens-en-sefforcant-deviter-toute-autopsie/" class='spip_out' rel='external'>Israël restitue “au cas par cas” les corps de Palestiniens, en s'efforçant d'éviter toute autopsie</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>3 janvier 2016 - Ma'an News - Vous pouvez consulter cet article à :<br/> <a href="http://www.maannews.com/Content.aspx?id=769620" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.maannews.com/Content.asp...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15824' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - AMM</p></div> « L'occupation n'aura jamais ni paix ni légitimité » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15797 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15797 2016-01-02T07:38:15Z text/html fr Claude focus1rub interview <p>Le Docteur Samah Jabr, née à Jérusalem-Est, vit à Shufat en banlieue de Jérusalem et travaille en Cisjordanie. Issue de la première promotion en médecine de l'université palestinienne d'Al Quds (Jérusalem), elle est l'une des vingt psychiatres à pratiquer actuellement en Cisjordanie. Parallèlement à ses activités professionnelles, Samah Jabr écrit régulièrement des chroniques dans la presse internationale depuis la fin des années 1990. Elle a bien voulu répondre à nos questions.<br class='autobr' /> English version (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique81" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot38" rel="tag">interview</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15797-fbd6d.jpg' width='150' height='100' /> <div class='rss_chapo'><p>Le Docteur Samah Jabr, née à Jérusalem-Est, vit à Shufat en banlieue de Jérusalem et travaille en Cisjordanie. Issue de la première promotion en médecine de l'université palestinienne d'Al Quds (Jérusalem), elle est l'une des vingt psychiatres à pratiquer actuellement en Cisjordanie. Parallèlement à ses activités professionnelles, Samah Jabr écrit régulièrement des chroniques dans la presse internationale depuis la fin des années 1990. Elle a bien voulu répondre à nos questions.</p></div> <div class='rss_texte'><p><i><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15818' class='spip_out'>English version</a></i></p> <dl class='spip_document_21127 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/sj2-a3b9b.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 104.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Docteur Samah Jabr - Photo : Alexandra Dols</i> </dd> </dl> <p><strong>Info-Palestine.eu : </strong>Docteur Samah Jabr, vous êtes connue par vos initiatives au niveau international et votre engagement dans le mouvement national palestinien, mais vous êtes également médecin et psychiatre. Comment souhaiteriez-vous vous présenter, en quelques mots ?</p> <p><strong>Docteur Samah Jabr : </strong>Je suis palestinienne, musulmane, médecin, psychiatre et psychothérapeute. Être professionnelle de la santé m'a fourni une sensibilité plus forte et des moyens en plus à utiliser dans ma modeste contribution pour lutter contre l'occupation de la Palestine. Ce devoir est non seulement naturel et instinctif pour une Palestinienne native, mais aussi une position éthique professionnelle adoptée envers toute la violence que l'occupation impose à la terre, au corps et à l'esprit des Palestiniens. L'occupation est une crise sur plan sanitaire comme elle l'est sur le plan politique.</p> <p><strong>IP : </strong>L'histoire des familles palestiniennes se confond certainement avec celle d'une dépossession, oppression et occupation vécue au niveau de toute une société, mais quelle est l'histoire de votre famille ? Êtes-vous jérusalémite de longue date ?</p> <p><strong>SJ : </strong>Je suis née à Jérusalem et à l'exception des années de formation postdoctorale, j'ai toujours vécu à Jérusalem - comme résidente temporaire comme tous les Palestiniens de Jérusalem. Je suis citoyenne de nulle part. Mon grand-père paternel s'est rendu à Jérusalem pour de meilleures conditions de vie, venant d'un village près de Naplouse appelé Kifel Hares. Il a travaillé dur pour acheter des terres dans le village, mais la plupart de ces terres ont été plus tard confisquées pour l'extension de la colonie israélienne d'Ariel.</p> <p>Ma mère avait 3 ans quand sa famille a été déplacée de Jaffa en 1948. Ils ont eu plus de chance que d'autres réfugiés, car au lieu de se retrouver dans un camp, ils se sont installés à Jérusalem car mon grand-père était un homme instruit et il a obtenu un poste de directeur dans l'école d'un orphelinat, ainsi qu'une belle maison dans la vieille ville. Sous le mandat britannique mon grand-père avait été emprisonné pour son implication dans une grève.</p> <p>La belle maison familiale avec une vue sur la mosquée a été saisie et scellée par les Israéliens en 1969, comme punition pour la participation présumée d'un de mes oncles, qui avait alors 17 ans, dans un attentat contre un autobus israélien. Cet oncle est resté en prison jusqu'au milieu des années 80, moment où il a finalement été échangé avec un soldat israélien, puis exilé depuis lors. J'ai grandi dans une maison où l'éducation était encouragée et où on nous surprotégeait face à l'engagement politique. Mon père, un éducateur, estimait que ce serait à travers leur profession que ses enfants seraient le mieux en mesure de servir la Palestine.</p> <p><strong>IP : </strong>De par votre profession, vous êtes directement confrontée aux traumatismes, voir aux ravages psychologiques causés par l'occupation coloniale la plus longue (et probablement la plus impitoyable) dans l'histoire moderne. Votre métier ne vous fait-il que traiter des pathologies liées à cette oppression ? Et est-il toujours possible d'établir une claire distinction entre ce qui en est la conséquence et ce qui ne l'est pas ?</p> <p><strong>SJ : </strong>Dans ma pratique, je rencontre habituellement une image mélangée, dynamique, d'une souffrance qui incorpore le personnel et le politique, l'individuel et le collectif. Une femme souffrant d'une maladie biologiquement déterminée, comme le trouble bipolaire, pourra éprouver plus de rechutes avec le meurtre de son enfant, la détention de son mari, et la démolition de sa maison. Un toxicomane peut être facilement manipulé pour devenir un collaborateur. Le modèle <i>biopsychosocial</i> qui suggère que la santé ou la maladie est une interaction de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, devrait donner une marge importante pour l'intégration de la violation des droits humains et le traitement injuste subi par les Palestiniens.</p> <p>Il est vrai que l'occupation nuit à tous les aspects de la vie palestinienne - l'économie, la santé, l'éducation, la législation etc. Mais l'occupation n'est pas la seule oppression dans la vie palestinienne. Le manque de démocratie, la polarisation politique, la corruption, le népotisme, les inégalités entre les sexes et les distinctions selon l'appartenance sociale, sont d'autres maladies sociales qui se perpétuent sous l'occupation et qui affectent la qualité de vie et le bien-être des personnes, comme la façon dont les Palestiniens se rapportent à l'autre, même en dehors de la population médicalement traitée.</p> <p><strong>IP : </strong>Vous avez à plusieurs reprises cité l'exemple des enfants (garçons) prenant peu à peu dans la famille la place du père emprisonné, avec tous les problèmes que cela crée au moment du retour, quand il se produit... Dans un cas comme celui-ci, vous avez certainement été obligée d'intégrer la famille dans votre traitement. Comment avez-vous procédé ? Votre intervention a-t-elle été bien perçue et bénéfique ?</p> <p><strong>SJ :</strong> Les interventions familiales sont généralement appropriées et bénéfiques dans la communauté palestinienne pour plusieurs raisons. Les Palestiniens sont une communauté, un collectif qui partage un récit national et une mémoire commune, et la cohésion de la famille est largement considérée comme un élément de protection face à l'occupation. Voilà pourquoi cet élément est systématiquement pris pour cible par les politiques de l'occupation, comme les attaques et les humiliations des pères devant leurs enfants aux points de contrôle, quand ceux-ci ne parviennent pas à protéger leurs enfants contre les agressions des soldats, ni ne parviennent à subvenir aux besoins de leurs familles. Dans certains cas, les Israéliens arrivent à transformer en collaborateurs des membres de familles de militants. Ces politiques endommagent la structure familiale et brisent la cohésion sociale de notre peuple.</p> <p>Les hommes qui ont été torturés et ont disparu pendant des années derrière les barreaux reviennent à la communauté avec un aspect extérieur problématique et des vulnérabilités cachées. Ceux qui les côtoient à la maison peuvent voir leurs faiblesses et reprendre sur eux la souffrance du père. Il est plus fréquent dans ma pratique professionnelle de voir une femme dépressive, une fille anxieuse, ou un garçon désadapté se présenter pour un traitement comme patient identifié, alors que j'apprends ensuite que le père se réveille en criant au milieu de la nuit, qu'il est en permanence irritable et passe ses journées à fumer et à regarder les informations - parce que souvent le fils ainé a rempli son rôle. Ce père - avec le statut social de héros national - ne viendra pas voir un thérapeute pour un traitement pour lui-même, mais sera prêt à venir dans le cadre de la famille pour le traitement du patient identifié. Et une fois que la famille est présente, nous concentrons notre attention sur la famille en tant que système, mettant à l'épreuve leurs points de force, ainsi que l'interaction et la communication entre ses membres qui entrainent une confusion dans les rôles et pourraient rendre la famille dysfonctionnelle ou symptomatique.</p> <p><strong>IP : </strong>L'occupant est, à proprement parler, responsable à grande échelle de souffrances psychologiques et mentales. Comment arrivez-vous à gérer un tel contexte ? Qu'est-ce qui vous fait poursuivre sur cette voie, en dépit de toutes les difficultés ?</p> <p><strong>SJ : </strong>Je tente de gérer cela en répartissant mes efforts entre faire face aux conséquences et faire ce que je peux pour contrecarrer la cause de la souffrance. En plus de mon vaste travail clinique et d'enseignement, ainsi que ma contribution au développement des services de santé mentale en Palestine, j'écris et m'exprime souvent à travers les médias publics pour sensibiliser l'opinion au niveau local et international sur la façon dont les politiques de l'occupation blessent l'esprit et l'état moral de la communauté palestinienne. Je tente de contrecarrer la propagande dont sont victimes les Palestiniens et qui encourage un silence au niveau international sur ce qui se passe en Palestine.</p> <p>Je tente de promouvoir la solidarité avec les Palestiniens auprès de ceux qui se battent pour la justice comme à un niveau professionnel, parce que je crois que pour les opprimés, la solidarité est plus appropriée que les médicaments ou la thérapie. La solidarité avec les Palestiniens, alors que ceux-ci ont été déshumanisés par l'occupation, donnent de la valeur à ce qu'ils endurent et maintient leur croyance en la bonté du monde. En conclusion la solidarité les protège contre l'insensibilisation ou la radicalisation.</p> <p>Écrire me permet de lutter contre le sentiment d'impuissance et me permet d'organiser mes pensées et sentiments. C'est donner la parole à ce que je ressens ou témoigner de ce que j'apprends à travers mes patients. J'ai aussi été aidée par des personnes qui ont eu de l'importance pour moi, qui m'ont inspirée et aidée dans la voie qui est la mienne.</p> <p><strong>IP : </strong>Parlons maintenant sur un plan politique plus général. Le soulèvement en cours dans les territoires sous occupation, est essentiellement le fait de la jeunesse. S'agit-il d'une nouvelle génération de résistance, en gestation de plusieurs années et apparaissant en pleine lumière aujourd'hui ? Ou est-ce juste une perception simplificatrice, depuis l'extérieur de la Palestine ?</p> <p><strong>SJ : </strong>Je ne pense pas que ce qui se passe aujourd'hui est un phénomène nouveau dans la lutte des Palestiniens, même si cela prend une forme différente. Tout au long de l'occupation et même avant, sous le mandat britannique, il y a toujours eu des gens pour résister au nom de la communauté. Cette résistance a pris différentes formes à différentes périodes dans l'histoire. Chaque fois que les partis politiques ont fait marche arrière, la résistance a pris une forme moins organisée, comme un phénomène populaire spontané.</p> <p>La première Intifada était une réaction à la situation des Palestiniens au Liban dans les années quatre-vingt. La deuxième Intifada a été en réaction à l'échec du sommet de Camp David. Elle a commencé comme un soulèvement populaire mais a ensuite été rapidement accaparée par des militants en armes. Les événements actuels - qui ne sont pas encore un mouvement - sont une réaction au processus de paix défunt, au danger croissant posé par les colons, à la déception à l'égard de la direction palestinienne et à l'antagonisme qui prévaut entre les principaux partis palestiniens.</p> <p>Ce mouvement est dirigé par des jeunes qui sont pour la plupart sans affiliation à un parti. Ce mouvement est désorganisé et spontané. Ses actions sont généralement décidées sur le terrain, en réaction à la perte d'amis ou de connaissances. Les partis politiques tentent de surfer sur cette vague actuelle de la résistance. Le parti dominant brandit ses drapeaux et imprime des affiches pour les martyrs transformés en icônes, afin de s'approprier les sacrifices de certains d'entre eux et masquer les manquements de l'Autorité palestinienne à réagir à la situation. Mais les coups portés par l'occupation et ses sous-traitants sont si durs qu'ils ont un impact sur tous les mouvements de résistance sérieuse.</p> <p>Les coûts individuels sont trop lourds dans le moment actuel. Notre <i>leadership</i> abandonne les familles endeuillées et les affligés. Il y a une empathie encore craintive et pas encore suffisamment de soutien populaire ou de mobilisation pour construire quelque chose sur les initiatives de ceux qui se battent, pour rendre leur lutte plus efficace et impliquer un plus grand nombre de personnes dans des actions moins dangereuses, pour construire un mouvement populaire identique à celui de la première Intifada.</p> <p><strong>IP : </strong>Il est d'usage de parler d'une période « post-Oslo », d'une rupture consommée avec ce qui s'avère avoir été principalement un outil de renforcement et d'extension de l'occupation. Mais quelles seraient les conséquences sur le plan économique et sociétal, d'un démantèlement de l'Autorité palestinienne ? A quel prix un tel bouleversement pourrait-il être assimilé par la société palestinienne ?</p> <p><strong>SJ : </strong>L'Autorité palestinienne (AP) a malheureusement assuré plus de sécurité à l'expansion de la colonisation israélienne et a affaibli la résistance et la ténacité des Palestiniens. L'AP a mis sur pied une large communauté d'employés gouvernementaux ou non gouvernementaux qui dépendent financièrement des fonds internationaux, et qui peuvent être soudoyés pour leur opinion politique. L'Autorité palestinienne n'a pas réussi à faire vivre des projets économiques ou de développement qui contribuent à l'autonomie palestinienne. L'AP a façonné la plupart des partis politiques en caricatures de partis qui jouent le rôle d'ombres de l'Autorité et dénoncent ceux qui refusent ce jeu. L'Autorité parle à présent de la présence de Daesh en Cisjordanie, trouvant là un prétexte pour maintenir sa propre survie.</p> <p>Je ne veux pas que l'Autorité soit démantelée, mais je souhaite qu'elle soit profondément réformée et dirigée par une Organisation de Libération de la Palestine (OLP) rénovée, pluraliste et représentative. Mon souhait est que nous ayons un gouvernement démocratique dont le projet sera de libérer la Palestine et non pas de domestiquer les Palestiniens afin qu'ils se soumettent totalement à l'occupation. Si cela ne se produit pas, alors que l'Autorité - qui se soucie plus de l'intérêt de l'occupation que de son propre peuple - soit démantelée. Ce qui permettra aux Palestiniens de poursuivre leur lutte contre l'occupation sans restriction par des mains palestiniennes et placera l'occupation face à ses propres responsabilités envers la nation occupée et la laissera - sans la protection de médiateurs palestiniens - face aux conséquences de ses politiques brutales envers les Palestiniens.</p> <p><strong>IP : </strong>Vous qui connaissez de près le mouvement international de solidarité, quelles seraient les plus fortes recommandations que vous auriez à lui faire ? Quelles devraient être ses priorités ?</p> <p><strong>SJ : </strong>Les militants de la solidarité doivent s'unir et créer un réseau au niveau local et international, s'épargner la répétition des mêmes efforts et un gaspillage de ressources. Les activités de solidarité doivent être permanentes et non seulement en réaction aux crises. Les militants de la solidarité devraient lutter pour le changement politique et pas seulement pour répondre aux besoins humanitaires des Palestiniens. Les efforts de solidarité devraient faire en sorte que la question des droits des Palestiniens puisse franchir la distance la séparant des médias sociaux vers les médias traditionnels, allant des mouvements populaires déjà convaincus jusqu'à la solidarité dans les syndicats et parmi les députés dans les parlements. Un mouvement de solidarité internationale doit être coordonné avec les partenaires palestiniens et selon un plan stratégique en direction d'objectifs communs, dont le premier est de mettre fin à l'occupation. Construire cette solidarité est une tâche difficile, mais les gens peuvent être formés et soutenus pour y parvenir. Les personnes dans les mouvements de solidarité peuvent endurer des menaces sur leurs intérêts personnels et en conséquence un épuisement psychologique, et elles doivent prendre soin de chercher un soutien approprié pour elles-mêmes en cas de besoin.</p> <p><strong>IP : </strong>Vous avez vécu en France plusieurs années puisque vous y avez fait une partie de vos études. Quel souvenir, quelle perception gardez-vous de la société française ? Que ce soit par rapport à la question palestinienne ou en général ?</p> <p><strong>SJ :</strong> Je suis arrivée en France sans en parler la langue, en tant que femme musulmane portant le foulard. J'ai vécu une hostilité considérable et été de fait empêchée d'étudier pendant plusieurs mois jusqu'à ce que j'obtienne, grâce à l'intervention d'amis juristes, la permission du ministère des Affaires étrangères de poursuivre ma formation avec mon foulard. Étant Palestinienne, j'ai une sensibilité spéciale pour ressentir la discrimination et le racisme institutionnalisé, et je pouvais facilement les détecter dans les politiques et les discours des médias dans de nombreux domaines. Non seulement en ce qui concerne la Palestine et le fait qu'en France, la cause palestinienne est présentée comme une manifestation d'antisémitisme, mais aussi dans la couverture médiatique des événements dans les banlieues, dans la loi sur « l'enseignement de l'aspect positif de la colonisation française » en Afrique, et dans la culture islamophobe.</p> <p>Mais j'ai également fait aussi en France de magnifiques rencontres personnelles avec des personnes qui m'ont soutenu socialement et professionnellement, qui ont créé un espace pour moi en France et ainsi trouvé, pour toujours, leur propre place dans mon cœur et mon esprit.</p> <p><strong>IP : </strong>Et enfin une dernière question ... Comment voyez-vous l'avenir ?</p> <p><strong>SJ :</strong> Il semble sombre. Le discours génocidaire est clairement audible parmi les Israéliens, qui jouissent d'une impunité complète et réduisent au silence toute voix d'opposition. Mais il y aura toujours des Palestiniens qui lutteront pour les droits des Palestiniens, en dépit de tous les sacrifices. Il y aura toujours des militants internationaux qui seront solidaires des Palestiniens dans les moments les plus sombres. La politique de l'occupation est de déplacer la majorité des Palestiniens et de réduire et conditionner au désespoir ceux qui restent. La capacité de quelques-uns d'entre nous à résister indique que les Palestiniens sont toujours en vie en tant que nation, qu'ils sont prêts à maintenir vivante la lutte palestinienne pour la libération, et continuent à espérer un tournant politique crucial qui aidera les Palestiniens à imposer leur libération nationale. Nous ne renoncerons pas et l'occupation n'aura jamais ni paix ni légitimité.</p> <p><strong>De Samah Jabr :</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15767' class='spip_out'>Après Paris, le « savoir-faire » israélien n'est pas la voie à suivre</a> - 7 décembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15705' class='spip_out'>Culpabilisation et intimidation de la communauté palestinienne</a> - 6 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15682' class='spip_out'>Les adolescents palestiniens marchent la tête haute pour la libération</a> - 31 octobre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15681' class='spip_out'>La mosquée al-Aqsa : encore une autre bataille dans la lutte pour la libération nationale</a> - 24 octobre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15680' class='spip_out'>Une révolution palestinienne jusqu'à la fin de l'occupation</a> - 24 octobre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15611' class='spip_out'>Sur la destruction de ce qui fait sens en Palestine</a> - 18 septembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15518' class='spip_out'>« L'homme ne vivra pas que de pain »</a> - 9 août 2008<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15470' class='spip_out'>Un vol sur El Al</a> - 2 juillet 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15404' class='spip_out'>Humanitarisme à la sauce israélienne</a> - 31 mai 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15382' class='spip_out'>Promouvoir la résilience dans les écoles palestiniennes</a> - 20 mai 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15112' class='spip_out'>Samah Jabr : les « traumatismes cachés » de la vie sous occupation</a> - 24 décembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14480' class='spip_out'>Une oppression intériorisée ?</a> - 17 avril 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article1425" class='spip_out'>La politique discriminatoire d'Israël à Jérusalem-Est n'a aucune base légale</a> - 11 décembre 2013<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11849" class='spip_out'>L'apartheid a un visage</a> - 25 février 2012</p></div> <div class='rss_ps'><p>30 décembre 2015 - Propos recueillis et traduits par <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15797' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a></p></div> Des Gazaouis explorent le soufisme http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15790 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15790 2015-12-17T00:31:30Z text/html fr Marie focus2rub focus3acc <p>Les mosquées soufies se maintiennent à Gaza depuis la période ottomane.<br class='autobr' /> Tous les vendredi après-midi les gens affluent vers une petite mosquée dans l'une des allées du quartier Sheikh Radwane à Gaza-Ville. Ils sont là non seulement pour faire les cinq prières quotidiennes mais aussi pour chanter des hymnes de ce que les soufis appellent al-Hadrat.<br class='autobr' /> C'est ce qui distingue cette mosquée des autres mosquées de la bande de Gaza, sans parler du symbole affiché sur son mihrab (niche de prière) indiquant (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique80" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH129/arton15790-8d5d7.jpg' width='150' height='129' /> <div class='rss_chapo'><p>Les mosquées soufies se maintiennent à Gaza depuis la période ottomane.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21081 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH289/coran-b62f5.jpg' width='500' height='289' alt='JPEG - 50.7 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Un Palestinien lit le Coran pendant le mois sacré de Ramadan à la mosquée de la rue Omar al-Mukhtar de Gaza-Ville - Photo : Reuters/Suhaib Salem</i> </dd> </dl> <p>Tous les vendredi après-midi les gens affluent vers une petite mosquée dans l'une des allées du quartier Sheikh Radwane à Gaza-Ville. Ils sont là non seulement pour faire les cinq prières quotidiennes mais aussi pour chanter des hymnes de ce que les soufis appellent <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ha%E1%B8%8Dra" class='spip_out' rel='external'>al-Hadrat</a>.</p> <p>C'est ce qui distingue cette mosquée des autres mosquées de la bande de Gaza, sans parler du symbole affiché sur son mihrab (niche de prière) indiquant qu'elle est affiliée à la voie soufie <a href='http://aisa-net.com/la_voie_soufie_alawiyya/ http:/oumma.com/11882/la-shadhiliyya-une-des-voies-meres-du-soufisme' class='spip_out' rel='external'>Chadhiliyya Alaouïya</a>. On retrouve le soufisme dans plusieurs villes de Gaza mais selon certains la secte n'est pas musulmane.</p> <p>La majorité des mosquées de Gaza sont soumises à la division entre les différentes factions islamiques, qui se servent des mosquées comme d'une plate-forme de communication avec leur audience. Pour sa part le mouvement Hamas investit dans la rhétorique politique pour distiller son autorité à travers des discours politiques prononcés dans diverses mosquées de Gaza. Les soufis, eux, sont assis sereinement, méditant une spiritualité éloignée des problèmes du monde.</p> <p>Le soufisme est une école musulmane de pensée mystique qui s'est diffusée dans tout le monde musulman au troisième siècle de l'Hégire (calendrier islamique), comme un appel individuel à l'ascétisme. Ces mouvements ont évolué en pratiques distinctes bien connues, que certains islamistes considèrent comme illusoires et superstitieuses.</p> <p>Le mouvement soufi en Palestine a été actif dans la religiosité populaire. Parmi les familles palestiniennes soufies, la famille al-Jabari de Hébron, al-Saafin et al-Khalidi dans la bande de Gaza, et la famille al-Makdisi à Jérusalem. Les mouvement soufi a toujours maintenu son caractère de mouvement éducatif, appelant à progresser personnellement et à éviter les problèmes séculiers, y compris la politique.</p> <p>La voie soufie Chadhiliyya Alaouïya remonte au Cheikh Ahmad b. Mustafâ <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmad_al-Alawi" class='spip_out' rel='external'>al-'Alaouî</a> né à Mostaganem en Algérie en 1869. Il voyagea beaucoup pour diffuser le soufisme, en particulier au Maghreb, au Levant et en Palestine [En France il était en contact avec René Guénon]. Dans tous ces séjours il intronisait l'homme qu'il jugeait le plus qualifié pour établir un école islamique soufie (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zaou%C3%AFa_%28%C3%A9difice_religieux%29" class='spip_out' rel='external'>zaouïa</a>) selon sa propre voie.</p> <p>Concernant l'émergence de la zaouïa, le Cheikh Samir al-Khalidi a communiqué à al-Monitor que son propre grand-père, le Cheikh Ibrahim al-Khalidi, avait installé en 1942 une zaouïa affiliée à la Chadhiliyya Alaouiya dans le vilage de Karatiyya, à 29 km au nord-est du centre de Gaza-Ville.</p> <p>« Le 18 juillet 1948, le village de Karatiyya a été détruit et ses habitants furent déportés par les forces armées sionistes. Notre famille s'est donc installée au camp de réfugiés de Shati (Beach camp), à l'ouest de Gaza, où elle a ré-installé la zaouïa dans le camp, elle était connue sous l'appellation « la zaouïa de la mer ». Après la mort de mon grand-père la direction est passée à mon père, le Cheikh Moussa, qui est allé s'établir dans le district Cheikh Radwane à Gaza-Ville. Il a consacré une aile de sa maison à construire une zaouïa en 1988, qui fait partie de l'héritage familial », précise Khalidi.</p> <p>A la mort de son père en 2010, Khalidi, âgé de 60 ans, a commencé son service à la zaouïa, qu'il poursuit à ce jour.</p> <dl class='spip_document_21083 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L207xH299/sufimosque-f4a13.gif' width='207' height='299' alt='GIF - 39.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:207px;'><i>L'architecture typique des petites <a href='http://www.info-palestine.eu/itstimeforpalestine.wordpress.com' class='spip_out'>mosquées soufies en Palestine</a></i> </dd> </dl> <p>Le vendredi 13 novembre, al-Monitor a visité la zaouïa où les mourid (les visiteurs et aspirants selon le soufisme) étaient réunis pour la prière de l'après-midi. Ils étaient assis en cercle autour du Cheikh Khalidi, lequel se trouvait dans le sanctuaire de la zaouïa. Un des mourid a ouvert la séance en chantant les louanges du prophète dans un livre ancien dont les textes, selon le Cheikh Khalidi, sont attribués au Cheikh Alaoui, le fondateur de la voie Chadhiliyya Alaouiya.</p> <p>Au terme de ce rituel, le Cheikh Khalidi a évoqué pour al-Monitor le message du soufisme, qui est un groupe religieux rejetant la violence, évitant la politique et qui se consacre à « éduquer l'âme et l'esprit ». Il dit que les hymnes et les rituels corporels sont leur façon d'accorder leur âme pour susciter un état « d'amour divin ».</p> <p>Selon Khalidi « les groupes soufis de la bande de Gaza ne sont pas harcelés par l'appareil de la sécurité car ils ne recherchent pas le pouvoir et ne sont dès lors pas vus comme des opposants menaçant d'autres groupes islamiques politiques ».</p> <p>Dans la même zaouïa, al-Monitor a rencontré Mahmoud Bashir [de l'Université islamique de Gaza] qui vient y participer aux rituels, qu'il considère comme une sorte de libération psychologique et d'entraînement du soi. Il préfère la zaouïa, où les chants et la musique sont admis. « La zaouïa se consacre exclusivement au culte, sans aucune interférence avec la rhétorique politique » dit-il.</p> <p>Bien que les aspirants et adeptes soufis soient disséminés dans toute la bande de Gaza, Ahed Nazmi a dit à al-Monitor : « Les soufis de la bande de Gaza sont simplement un groupe qui croit à certaines illusions et superstitions qui sont contraires à l'islam ». Il vit près d'une zaouïa du district de Qarara dans la ville de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Il étudie à l'Université al-Azhar à Gaza, en faculté de Lettres, département Histoire.</p> <p>Le mufti [interprète de la loi coranique] du gouvernorat de gaza, le Cheikh Hassan Laham, a dit à al-Monitor qu'il ne connaît pas très bien les activités des groupes soufis de Gaza mais que le critère pour n'importe quel groupe musulman est d'approuver les enseignements du Coran et de la sunna. Il n'a pas donné plus de détails.</p> <p>Même si les opinions varient à propos du soufisme dans la bande Gaza, il reste une part de la société et a des zaouïas dans la plupart des villes palestiniennes. Elles ont des fidèles qui y trouvent refuge et recourent à la prière pour échapper à la politique qui pèse si lourd dans leur vie.</p> <p><span class='spip_document_21082 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:136px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L136xH137/fadi_shafei-cb986.jpg' width='136' height='137' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Fadi N. Shafei</strong> est un reporter palestinien qui vit à Rafah et écrit pour plusieurs organes de presse et sites web arabes et internationaux. Il est diplômé en histoire et sciences politiques et s'intéresse aux questions culturelles, sociales, politiques et médiatiques.</p></div> <div class='rss_ps'><p>13 décembre 2015 - al-Monitor - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2015/12/gaza-mosques-sufism-muslim-sect.html" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.al-monitor.com/pulse/ori...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15790' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - AMM</p></div>