Info-Palestine.eu http://www.info-palestine.eu/ fr SPIP - www.spip.net Pourquoi un cessez-le-feu ne peut suffire http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14819 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14819 2014-08-07T05:29:00Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>La mort et la destruction infligées à la bande de Gaza sont impossibles à décrire. Même ici dans la bande de Gaza, il est difficile de comprendre ce qui se passe.<br class='autobr' /> La semaine écoulée, nous avons été témoins d'une autre attaque qui a ciblé une enceinte des Nations Unies qui abritait des civils, tuant 17 personnes et blessant 120. Une autre attaque visant un marché à Shujaiya pendant le supposé cessez-le-feu a tué 18 personnes et en a blessé 200.<br class='autobr' /> Aujourd'hui à Rafah, Israël a bombardé une autre école (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH142/arton14819-2e534.jpg' width='150' height='142' /> <div class='rss_chapo'><p>La mort et la destruction infligées à la bande de Gaza sont impossibles à décrire. Même ici dans la bande de Gaza, il est difficile de comprendre ce qui se passe.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_19560 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a0-1224-4abc5.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 114.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le 3 août, un bombardement israélien sur une école des Nations Unies a fait 10 morts et des dizaines de blessés - Photo : APA/Ashraf Amra</i> </dd> </dl> <p>La semaine écoulée, nous avons été témoins d'une autre attaque qui a ciblé une enceinte des Nations Unies qui abritait des civils, tuant 17 personnes et blessant 120. Une autre attaque visant un marché à Shujaiya pendant le supposé cessez-le-feu a tué 18 personnes et en a blessé 200.</p> <p>Aujourd'hui à Rafah, Israël a bombardé une autre école dirigée par l'UNRWA, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés Palestiniens, où des milliers de civils se réfugiaient. Même le Département d'Etat Américain a, contrairement à son habitude, condamné Israël en qualifiant l'attaque d' « épouvantable » et de « scandaleuse. »</p> <p>Ceci est un cauchemar. Mais c'est le type de cauchemars dont on sait qu'il ne disparaitra pas au réveil.</p> <p>La politique israélienne à l'égard de Gaza, traduite par le ciblage illégal de zones à forte concentration de la population et de leurs maisons, résulte en des horreurs indicibles et indescriptibles.</p> <p>Israël est en train de punir, délibérément, les civils dans le seul but d'exercer une pression politique sur le Hamas. Ils infligent une punition collective à 1.8 millions de citoyens de la Bande de Gaza. Sinon, comment expliquer les statistiques ?</p> <p>Les tous derniers chiffres recueillis par le Centre Palestinien des Droits de l'Homme (PCHR) indiquent que 1,817 Palestiniens ont été tués, dont 1,545, soit un taux incroyable de 85%, sont des civils : les soit-disant « personnes protégées » par le droit humanitaire international.</p> <p>Des centaines de milliers de civils ont été déplacés. Ils ont reçu l'ordre de s'enfuir alors qu'il n'y a nul endroit sûr où aller : les refuges de l'ONU qui hébergent les civils ont à plusieurs reprises été ciblés. La Bande de Gaza est en ruines. La destruction de Shujaiya est difficile à comprendre. Même la centrale électrique n'y a pas échappé. Comment nos hôpitaux continueront-ils leur travail ? Comment les centres de traitement des eaux usées fonctionneront-ils ? Comment avoir de l'eau potable ?</p> <p><strong>Nos revendications</strong></p> <p>Dans ce déchirement et cette destruction, nous voulons une fin immédiate de la violence. Nous voulons qu'il soit mis fin à cette horreur, à cette souffrance. Beaucoup d'enfants sont morts. Les crimes de guerre sont devenus notre réalité quotidienne.</p> <p>Cependant, un cessez-le-feu n'est pas suffisant.</p> <p>Nous demandons à ce que justice soit faite, à ce qu'il y ait des responsables pour tout ce que nous avons enduré. Nous demandons à être traités comme des êtres humains, à ce que notre dignité humaine inhérente soit reconnue. Nous réclamons la levée du blocus sur la Bande de Gaza.</p> <p>Durant les sept dernières années, Israël a soumis la Bande de Gaza à un blocus très strict. En fermant les frontières, Israël a lentement étouffé Gaza, nous soumettant délibérément à processus de de régression et de recul.</p> <p>Avant le déclenchement de l'actuelle offensive, 65% de la population ne recevait pas son salaire ou était au chômage. 85% de la population dépend de l'aide alimentaire distribuée par des organisations internationales. Les patients dont le traitement qui sauve leurs vies n'est pas disponible à Gaza n'obtiennent pas les autorisations de quitter la Bande. Ils meurent.</p> <p>La vie sous blocus n'est pas une vie. Nous ne pouvons plus retourner à cette réalité. Je ne peux pas imaginer sept autres années de fermeture. Le blocus signifie l'absence d'espoir. Il signifie que les jeunes de Gaza n'auront plus d'avenir. Pas de travail. Aucune opportunité pour partir. Même lorsque la guerre éclate, nous n'avons aucune issue pour nous enfuir.</p> <p>Toutefois, le blocus ne représente que la moitié de la dure réalité dans la Bande de Gaza. L'autre étant l'absence totale de l'état de droit. Les crimes de guerre sont commis en toute impunité. Le blocus lui-même est un crime de guerre et est la politique officielle du gouvernement d'Israël.</p> <p>En plus de cela, nous sommes constamment les victimes d'attaques et d'offensives fréquentes. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à la troisième offensive majeure depuis l'imposition du blocus. Des milliers de civils ont été tués. Des milliers, voire plus, de maisons et de quartiers ont été détruits.</p> <p><strong>L'impunité totale</strong></p> <p>Ces crimes de guerre sont commis en toute impunité. Après l'Opération Plomb Durci, l'offensive du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, le PCHR a déposé 490 plaintes criminelles au nom de 1.046 victimes. Dans les cinq années qui ont suivi, nous n'avons reçu que 44 réponses. Les autorités israéliennes ont décidé que 446 affaires ne justifiaient même pas de réponse.</p> <p>Les résultats ?</p> <p>Un soldat a été condamné pour le vol d'une carte de crédit et sa peine a été de sept mois.</p> <p>Deux soldats ont été condamnés pour avoir utilisé un garçon de 9 ans comme bouclier humain. Chacun d'entre eux a eu trois mois de prison avec sursis.</p> <p>Un soldat a été condamné pour le « mauvais usage d'une arme à feu » en tirant sur un groupe de civils brandissant des drapeaux blancs, tuant ainsi deux femmes. Ce soldat a été condamné à 45 jours d'emprisonnement.</p> <p>Ceci n'est pas justice. L'impact de ces crimes de guerre permanents et l'impunité qui en découle nie et rejette notre propre dignité, notre valeur en tant qu'êtres humains. Tout cela démontre que nos vies ne sont pas sacrées, que nous n'avons aucune considération.</p> <p>Confrontés à cette existence, nos demandes ne sont pas excessives. Elles ne sont pas, non plus, irréalistes.</p> <p>Nous voulons être traités sur un pied d'égalité. Nous voulons que nos droits soient respectés et protégés. Nous appelons à l'application égale du droit international, en Israël comme en Palestine, aux Israéliens comme aux Palestiniens. L'état de droit international doit être respecté et tous les responsables de ces violations devront rendre des comptes.</p> <p>Nous demandons des enquêtes sur ceux soupçonnés de crimes de guerre et la poursuite des responsables ? Est-ce déraisonnable et excessif ?</p> <p>Nous voulons la levée complète du blocus. Il ne fait aucun doute que la politique de fermeture adoptée par Israël est illégale. Dans une déclaration publique assez rare, le Comité International de la Croix Rouge a explicitement déclaré que la politique de fermeture israélienne constitue une punition collective, ce qui est une violation du droit international. Les conséquences de cette politique sont patentes et évidentes dans le quotidien de la Bande de Gaza.</p> <p>Nous demandons la fin du blocus. Nous voulons avoir l'opportunité de vivre notre vie dans la dignité. Est-ce trop demandé ?</p> <p>Ces demandes ne sont pas politiques. Ce sont des demandes de gens qui veulent être traités et considérés comme des êtres humains.</p> <p>Un cessez-le-feu ne peut pas suffire. Il ne mettra pas un terme à la souffrance. Il ne fera que nous transporter de l'horreur de la mort par bombardement à l'horreur de la mort par asphyxie progressive.</p> <p>Nous ne pouvons plus redevenir ces prisonniers dans la cage qu'Israël secoue comme bon lui semble avec ses offensives destructives les plus brutales qui soient.</p> <p><span class='spip_document_19559 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH92/a0-1223-28ffe.jpg' width='100' height='92' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Raji Sourani</strong> est le directeur du <a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/" class='spip_out' rel='external'>PCHR</a>, <i>Palestinian Centre for Human Rights</i></p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14709" class='spip_out'>Raji Sourani : « la violence n'a que trop duré, nous avons perdu tout espoir »</a> - 17 juillet 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11473" class='spip_out'>Malgré l'échange de prisonniers, Gaza reste emprisonnée</a> - 25 novembre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10807" class='spip_out'>« Le blocus de Gaza est un crime dirigé contre les civils »</a> - 25 juin 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6341" class='spip_out'>« On nous demande d'être des victimes consentantes »</a> - 26 mars 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article2708" class='spip_out'>« Ils veulent faire de Gaza un parc à bestiaux »</a> - 18 septembre 2007</p></div> <div class='rss_ps'><p>3 août 2014 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://electronicintifada.net/content/why-gaza-ceasefire-isnt-enough/13692" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://electronicintifada.net/conte...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14819' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Cisjordanie occupée : l'Autorité de Ramallah fait le sale boulot de l'occupant http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14541 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14541 2014-05-08T17:30:37Z text/html fr kepler focus2rub focus3acc <p>Le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR) sollicite le procureur général pour que celui-ci ouvre sérieusement une enquête sur les incidents qui ont eu lieu dans la ville de Yatta près de Hébron [Al-Khalil] le lundi 5 mai 2014. Les incidents comprenaient des coups, des arrestations, des perquisitions et la destruction de biens privés par les services de sécurité [de l'Autorité de Ramallah].<br class='autobr' /> Le PCHR appelle le gouvernement de Ramallah à prendre des mesures sérieuses pour obliger les (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH122/arton14541-83a97.jpg' width='150' height='122' /> <div class='rss_chapo'><p>Le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR) sollicite le procureur général pour que celui-ci ouvre sérieusement une enquête sur les incidents qui ont eu lieu dans la ville de Yatta près de Hébron [Al-Khalil] le lundi 5 mai 2014. Les incidents comprenaient des coups, des arrestations, des perquisitions et la destruction de biens privés par les services de sécurité [de l'Autorité de Ramallah].</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_19072 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH275/a0-917-987b8.jpg' width='500' height='275' alt='JPEG - 92.3 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Ramallah, le 7 septembre 2013 - Une manifestante palestinienne face aux flics d'Abbas, véritables supplétifs de l'occupant israélien - Photo : Reuters/Mohamad Torokman </dd> </dl> <p>Le PCHR appelle le gouvernement de Ramallah à prendre des mesures sérieuses pour obliger les membres des services de sécurité à respecter les principes du droit et les droits de l'homme, tous garantis par la Loi fondamentale palestinienne et les normes internationales.</p> <p>Selon les enquêtes menées par le PCHR et les témoignages des victimes et des témoins, à environ 9h00 le lundi 5 mai 2014, une force du Service de sécurité préventive (PSS ) a intercepté une voiture Chevrolet rouge près de la zone Mothalath al-Mazra'a dans ville de Yatta à Hébron, car elle brandissait des drapeaux du Hamas. Mohammed Abu Awdatallah Fanar (22 ans) était au volant de la voiture, accompagné de son épouse Hanadi (20 ans), de ses deux filles et de trois jeunes parents : Noor Ismail Abu Fanar (14 ans), Asem Mosa Abu Fanar (14 ans), et Ismail Abu Zakareya Fanar (17 ans).</p> <p>Ils étaient en route pour participer à un rassemblement organisé en solidarité avec leur parent, Zaid Abu Ismail Fanar, dans la maison de son père dans la zone de Fatouh dans la ville. Zaid Ismail Abu Fanar est l'un des détenus administratifs dans les prisons israéliennes, en grève de la faim depuis le 24 avril 2014.</p> <p>Les agents de la PPS ont ordonné aux personnes précitées de sortir de la voiture, mais le chauffeur, Mohammed, s'est éloigné rapidement après que Noor soit sorti du véhicule. Les agents de la PPS ont pourchassé la voiture d'Abu Fanar avec un minibus Volkswagen sur environ 3 kilomètres jusqu'à ce qu'ils atteignent la zone de Fatouh.</p> <p>Le minibus des PPS a heurté la voiture d'Abu Fanar à plusieurs reprises à l'arrière pour tenter de l'arrêter jusqu'à ce que la voiture d'Abu Fanar aille s'écraser contre un mur. Les agents de la PPS sont alors sortis de leur voiture et ont tiré Mohammed en-dehors de la sienne puis ont commencé à le tabasser à coups de pied et de crosses de fusils.</p> <p>Sa femme, Hanadi, a essayé de le défendre, mais ils l'ont violemment bousculée. Elle est tombée à terre et s'est évanouie. Des témoins ont tenté d'intervenir en repoussant les officiers de la PPS loin de la famille Abu Fanar, mais ils ont ouvert le feu pour disperser ceux qui intervenaient, provoquant en retour des jets de pierres. En résultat, la voiture des agents de la PPS a été sévèrement endommagée.</p> <p>Une force conjointe des services de sécurité, composée de la PSS , de la Force de sécurité nationale et de la Police spéciale ont ensuite fait une descente dans la zone de Fatouh dans la ville de Yatta, accompagnée d'un bulldozer. Ils ont envahi et fouillé un certain nombre de maisons de particuliers où ils ont arrêté un grand nombre de personnes. Hana Saher Awad a été tabassé par les membres de la sécurité après que ceux-ci aient envahi et fouillé sa maison, sans aucun mandat.</p> <p>Avec leur bulldozer, les policiers ont écrasé plusieurs voitures Mercedes appartenant à des civils dans le secteur, y compris une Mercedes appartenant à Ismail Abu Sameh Fanar. Le bulldozer a causé des dommages à un certain nombre d'autres voitures.</p> <p>Le même jour, à environ 22h00, une force conjointe a perquisitionné la maison d'Ismail Abu Fanar dans la zone de Zeif à Hébron, où une tente de solidarité a été mise en place pour son fils Zaid. Toutes les personnes dans la tente ont été dispersées par des tirs à balles réelles en l'air et des gaz lacrymogènes. Abu Fanar a été tabassé par les agents de sécurité.</p> <p>Le mardi 6 mai 2014, quatre civils ont été libérés tandis que 20 autres sont restés jusqu'à présent en garde à vue.</p> <p>À la lumière de ce qui précède, le PCHR :</p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> 1. Appelle le procureur général à ouvrir une enquête sérieuse sur ces incidents , surtout que des civils ont été violemment frappés et certains biens endommagés</p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> 2 . Invite le gouvernement de Ramallah à prendre des mesures sérieuses pour obliger les membres des services de sécurité à respecter les principes du droit et les droits de l'homme, garantis par la Loi fondamentale palestinienne et les normes internationales .</p> <p><strong>Sur le même thème : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13130' class='spip_out'>Les flics d'Abbas s'inspirent des méthodes de l'occupant</a> - 23 janvier 2013<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article12667" class='spip_out'>Les flics d'Abbas font des rafles d'opposants en Cisjordanie occupée</a> - 20 septembre 2012<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article8756' class='spip_out'>Pendant « les pourparlers », la collaboration répressive entre Ramallah et Israël continue</a> - 23 mai 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article7821' class='spip_out'>La CIA entraîne les tortionnaires de l'Autorité de Ramallah</a> - 19 décembre 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6786' class='spip_out'>Torturé à mort par la police de l'Autorité de Ramallah</a> - 17 juin 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6717' class='spip_out'>L'Autorité de Ramallah poursuit son offensive contre la résistance palestinienne</a> - 4 juin 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6697' class='spip_out'>Cisjordanie : l'Autorité de Ramallah fait le travail d'Israël</a> - 31 mai 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6627' class='spip_out'>Un général américain met sur pied une armée palestinienne</a> - 18 mai 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article5521' class='spip_out'>La torture dans les prisons de l'Autorité palestinienne</a> - 12 décembre 2008<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article5310' class='spip_out'>L'Autorité palestinienne au doigt et à l'oeil d'Israël</a> - 2 novembre 2008<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article5216' class='spip_out'>Réunion sécuritaire entre Israël et le Fatah : extraits</a> - 17 octobre 2008</p></div> <div class='rss_ps'><p>7 mai 2014 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=10284:pchr-calls-for-investigations-into-incidents-in-yatta-town&catid=36:pchrpressreleases&Itemid=194" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14541' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a></p></div> Vies sous occupation : « Mon fils vit avec l'angoisse de perdre toute sa famille » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14119 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14119 2013-10-26T05:45:58Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>Baraa' Abd al Rahman Badawi est un garçon Palestinien de 9 ans qui vit avec sa mère dans la Bande de Gaza. Le 7 janvier 2009 [pendant l'offensive israélienne dénommée « Opération Plomb Durci »], aux environs de 18h30, le père de Baaa', Abd al Rahmane et son oncle maternel ont été assassinés par des tirs de chars dans le quartier Al Zaitoun dans la ville de Gaza.<br class='autobr' /> Le bruit de l'explosion a réveillé Baraa', âgé à l'époque de 6 ans, de la sieste. Malgré son jeune âge et le contexte de l'occupation et la menace (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH129/arton14119-5ffe9.jpg' width='150' height='129' /> <div class='rss_chapo'><p>Baraa' Abd al Rahman Badawi est un garçon Palestinien de 9 ans qui vit avec sa mère dans la Bande de Gaza. Le 7 janvier 2009 [pendant l'offensive israélienne dénommée « Opération Plomb Durci »], aux environs de 18h30, le père de Baaa', Abd al Rahmane et son oncle maternel ont été assassinés par des tirs de chars dans le quartier Al Zaitoun dans la ville de Gaza.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18326 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L420xH274/05-06-n1-f32d5.jpg' width='420' height='274' alt='JPEG - 22 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Baraa' Abd al Rahman Badawi </dd> </dl> <p>Le bruit de l'explosion a réveillé Baraa', âgé à l'époque de 6 ans, de la sieste. Malgré son jeune âge et le contexte de l'occupation et la menace constante d'attaque dans laquelle les gazaouis vivent, Baraa' avait ce jour le pressentiment que son père avait été assassiné.</p> <p>Dima, la mère de Baraa' explique : « Lorsque je suis allée dans sa chambre, j'ai trouvé Baraa' assis sur son lit en train de crier ‘'papa est mort''. Il était hystérique. Il hurlait et pleurait et personne ne parvenait à le consoler. Une heure après, nous avons appris la nouvelle du décès de son père, faisant de sa prémonition la plus dure des réalités. »</p> <p>Depuis la mort de son père, le garçon a subi un traumatisme psychologique très intense. A ce titre, sa mère Dima relate : « Baraa' a complètement changé de comportement. Avant, c'était le garçon heureux et qui aimait jouer. Aujourd'hui, il est devenu nerveux, agressif et solitaire. S'il ne pleure pas, c'est qu'il a l'esprit absent et le regard vide et perdu. »</p> <p>En effet, la mort du père de Baraa' a été d'une grande portée pour le petit garçon qui, d'après sa mère « est devenu très distrait et extrêmement dépendant et constamment en pleurs et très collé à moi en refusant de me relâcher. Si quelqu'un évoque la guerre devant lui, il quitte rapidement les lieux et va dans son coin pour pleurer. »</p> <p>Il faut dire que depuis 2009, la personnalité de Baraa' a connu un changement à la fois frappant et sévère. Sa mère souligne : « Lorsque l'incident est survenu, Baraa' n'avait que six ans. Aujourd'hui, mon fils n'est pas sociable à l'école. Il est tellement terrifié à l'idée de perdre une nouvelle personne proche qu'il ne s'est lié d'amitié qu'avec un seul garçon et refuse de jouer avec n'importe quel enfant autre que ce garçon. Ainsi, il ne fournit aucun effort pour connaitre de nouveaux amis. Il ne joue qu'avec des orphelins tout en faisant un effort soutenu et concerté pour ne pas accepter l'amitié d'enfants ayant un père et une mère. Il est devenu agressif et têtu. »</p> <p> Dima décrit également les séquelles de la mort violente de son mari sur la psyché de Baraa' : « Lorsqu'il entend le bruit des avions de guerre, il s'enferme dans sa chambre et hurle ‘'Ouvrez les fenêtres !'' [Il s'agit d'une mesure préventive des habitants de la Bande de Gaza pour empêcher les vitres de voler en éclats à cause des explosions de bombes.] Le petit Baraa' demande à partir chez son grand-père paternel où il se sent plus en sécurité. »</p> <p>L'état de Baraa' a donc nécessité un traitement au sein du Programme Communautaire de Santé Mentale à Gaza où Jasser Salleh travaille comme psychologue. Ce dernier décrit l'impact sur le long-terme de la guerre sur la santé mentale de l'enfant : « Il a été d'autant plus affecté et traumatisé lorsqu'il est retourné vivre chez lui dans la maison familiale du quartier d'al-Zaitoun, notamment après qu'il ait retrouvé les vêtements et les effets personnels de son défunt père. Et ce n'est pas tout, même le quartier et la zone où le père fut assassiné ont accentué le malaise du garçon. Le fait donc de revoir tout ce qui est en relation avec son père a provoqué des dommages psychologiques permanents chez l'enfant. Au lendemain de l'incident, la petite famille a reçu le soutien des amis et des proches. Une fois les condoléances calmées et le soutien cessé, et lorsque la famille s'est retrouvée seule, c'est là que le traumatisme s'est installé et les personnes endeuillées livrées seules au souvenir d'un père dont l'absence obscurcira à jamais leur vie. »</p> <p>En conséquence, Baraa' a été diagnostiqué d'un trouble de stress post-traumatique. Il souffre de crises d'angoisse et d'avoir les nerfs à vif et traverse des périodes d'hyperactivité. Aussi, il a toujours peur que la guerre éclate de nouveau à Gaza et emporte d'autres membres de sa famille. Il a des accès de violence et d'agressivité envers les autres enfants, notamment les filles et les orphelins. »</p> <p>M. Salleh explique par ailleurs le problème du traumatisme des enfants dans un contexte plus élargi : « Nombreux sont les enfants de la Bande de Gaza qui souffrent de troubles psychologiques survenus après les guerres. A l'instar de ses pairs, le traumatisme de Baraa' va persister. Les habitants de Gaza ont subi deux guerres en l'espace de quatre ans seulement, et chaque guerre laissait derrière elle un nombre alarmant de morts et de blessés. Ce type d'évènements traumatiques affecte négativement le bien-être des habitants de Gaza, plus précisément les enfants vulnérables, affectés dans tous les domaines. Outre la vue des combats et des carnages, les enfants font face à une foule de défis comprenant la perte des ressources de base, la rupture des relations et liens familiaux, des perspectives d'avenir négatives et une normalisation de la violence. »</p> <p>L'impact psychologique de la guerre sur les enfants de Gaza est intense. Après environ 60 ans de guerres, cet état psychologique est désormais ancré dans la psyché et dans la nature des gens de Gaza. Devenues adultes, les anciennes générations ont vécu les pires des atrocités durant la Guerre arabo-israélienne de 1948 et la Guerre de 1967. Toutes ces personnes ont fini par développer un comportement agressif. Et lorsqu'un enfant nait sous la même agression, l'agressivité devient une norme. Les anciennes générations n'avaient reçu aucun traitement. C'est ce qui explique peut-être le tempérament dur des gazaouis. Toutefois, il demeure inquiétant de constater que ces gens n'ont qu'une solution aux problèmes, à savoir la violence. »</p> <p>Mr Salleh souligne l'importance d'un environnement positif pour la santé mentale des enfants : « Une bonne santé mentale réside dans la mise en place d'un environnement agréable et confortable et du sentiment de sécurité. En d'autres termes, la seule solution n'est autre que la paix. »</p> <p>En sa qualité de puissance occupante de la Bande de Gaza, Israël est dans l'obligation d'assurer le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social [Article 27 de la Convention relative aux Droits de l'Enfant]. Cependant, Israël mène fréquemment des opérations militaires dans la Bande de Gaza, ce qui entrave la réalisation de ce droit. En effet, les enfants de la Bande de Gaza se voient refuser le droit à un environnement approprié et sécurisé qui permettra l'épanouissement de leurs conditions mentale et sociale. La violence et la souffrance immense infligées à la population civile de la Bande de Gaza constituent une violation potentielle du droit international pour laquelle les responsables politiques et militaires israéliens portent la responsabilité pénale individuelle.</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>05 juin 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter l'article en anglais à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9568:my-son-lives-in-constant-fear-that-his-family-will-die&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14119' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : « Ma famille est morte pour rien » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14079 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14079 2013-10-12T03:06:00Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>Le 14 janvier 2009, pendant l'Opération Plomb Durci, un drone des forces israéliennes a, aux environs de 20h30, frappé la maison de la famille de Ezz Eddin Wahid Mousa, dans la ville de Gaza. Au moment de l'attaque, toute la famille Mousa avait fini de dîner et s'était réunie dans la cour avant couverte d'un toit de tôle. Résultat ; six personnes de la même famille ont péri et une autre a été grièvement blessée.<br class='autobr' /> C'est Mahmoud Ezz Eddin Wahid Mousa, 28 ans, qui a été gravement blessé par les éclats d'obus (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH128/arton14079-f7d0c.jpg' width='150' height='128' /> <div class='rss_chapo'><p><strong>Le 14 janvier 2009, pendant l'Opération Plomb Durci, un drone des forces israéliennes a, aux environs de 20h30, frappé la maison de la famille de Ezz Eddin Wahid Mousa, dans la ville de Gaza. Au moment de l'attaque, toute la famille Mousa avait fini de dîner et s'était réunie dans la cour avant couverte d'un toit de tôle. Résultat ; six personnes de la même famille ont péri et une autre a été grièvement blessée.</strong></p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18278 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH276/29-05-n1-6fa68.jpg' width='500' height='276' alt='JPEG - 18.8 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Mahmoud Ezz Eddin Wahid Mousa a perdu 6 membres de sa famille durant une attaque israélienne </dd> </dl> <p>C'est Mahmoud Ezz Eddin Wahid Mousa, 28 ans, qui a été gravement blessé par les éclats d'obus qui lui ont perforé le corps. Mahmoud a, entre autres, subi plusieurs blessures au niveau de la main et de la jambe droite, portant ainsi atteinte au système nerveux des deux membres.</p> <p>Plus de quatre ans après l'attaque, la guérison de Mahmoud n'est pas complète malgré les traitements qu'il a eus dans les hôpitaux de la Bande de Gaza et de l'Egypte. En janvier 2010, le Centre Palestinien des Droits de l'Homme (PCHR) a, au nom de Mahmoud, intenté une action de compensation au civil auprès de la Cour israélienne. Toutefois, le 27 février 2013, l'affaire a été arbitrairement rejetée sous prétexte que certaines dispositions légales israéliennes, notamment l'amendement de 2012 de loi israélienne sur la Responsabilité Civile Délictuelle, exonèrent l'Etat d'Israël de toute responsabilité découlant des dommages provoqués par les « forces israéliennes » durant une « action de combat »</p> <p>Dans cette perspective, Mahmoud déplore : « Je n'arrive pas à croire que mon affaire ait été rejetée. C'est mon oncle qui m'a appris la nouvelle à mon retour d'Egypte où je me soignais. C'est pendant mon absence que mon cas a été classé, pourtant, c'est toute ma famille qui a été tuée ; mes parents, mon frère et ma sœur. Je veux savoir pourquoi les ont-ils tués ? Si j'ai déposé plainte, c'est pour punir les assassins de ma famille et non pas pour une compensation financière, après tout, l'argent ne ressuscite jamais les morts. »</p> <p>Lorsque Mahmoud a appris que son affaire avait été rejetée en raison des provisions légales israéliennes, il a commenté : « Je ne peux pas croire qu'il existe une loi pareille. Comment peuvent-ils adopter cette loi ? Nous sommes tous des civils et n'avons aucun lien avec les militants, pourtant, ils ont ciblé ma famille. Leur attaque n'était pas une opération militaire ; c'était une offensive civile pour tuer ma famille. Alors pourquoi ne veulent-ils me donner aucune raison de ce meurtre ? Je sens que ma famille est morte pour rien. Le juge doit être impartial car s'il était à ma place et si sa famille venait à être tuée gratuitement, il n'aurait jamais rejeté l'affaire. »</p> <p>Les larmes aux yeux, Mahmoud ajoute : « J'étais sûr d'obtenir gain de cause. Mon affaire est des plus simples. Nous avons tous été pris pour cible sans raison. Nous venions à peine de finir de diner, est-ce un tort ? Ils n'ont pas le droit de nous tuer juste pour tuer. »</p> <dl class='spip_document_18279 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L480xH332/29-05-n2-7034d.jpg' width='480' height='332' alt='JPEG - 38.1 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Le lieu de la tragédie, la cour avant de la maison et son toit de tôle </dd> </dl> <p>Mahmoud continue d'exprimer sa déception en soulignant : « Israël a adopté cette loi afin de continuer de commettre ses crimes contre les civils. Ils savent très bien que ce qu'ils font est injuste. Ma plainte était valide et n'aurait pas dû faire l'objet de rejet. C‘est tout simplement injuste. Ils savent pertinemment que nous sommes des gens ordinaires et que nous ne pouvons pas supporter les frais et honoraires de la Cour Suprême. Je me demande où est le monde ? Et jusqu'à quand fermera-t-il les yeux sur les crimes commis par Israël ? Pour combien de temps encore Israël continuera-t-il à nous tuer comme ça ? Qu'est-ce qu'ils nous reprochent ? Nous avions dû quitter nos foyers à cause d'eux, et maintenant que nous tentons de reconstruire nos vies et nos maisons, ils continuent de nous tuer. »</p> <p>A cause de sa situation financière déplorable, Mahmoud ne peut se permettre les coûts élevés d'une révision de sa plainte. Découragé, certes, mais Mahmoud ne perd pas espoir : « Toute autre personne à ma place aurait perdu espoir et aurait abandonné. Moi non. Je continuerai à me battre quel que soit le temps que la procédure prendra. Il est vrai que je ne m'attends pas à grand-chose de leur part, mais je me dis au fond de moi qu'il existerait sans doute quelqu'un de courageux qui rendra justice. Et si un jour je meurs, je laisserai l'affaire entre les mains de ma progéniture et des générations à venir pour continuer le combat. Jamais je n'abandonnerai la dignité de ma famille. »</p> <dl class='spip_document_18280 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L480xH270/29-05-n3-11127.jpg' width='480' height='270' alt='JPEG - 32.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Mahmoud a contracté de graves blessures, notamment à la jambe droite. La guérison n'est toujours pas complète </dd> </dl> <p>Le traitement médical prodigué jusqu'ici à Mahmoud reste insuffisant pour une totale guérison. Il explique : « Lorsque j'ai été évacué à l'hôpital de Gaza après l'attaque, le staff médical m'avait dit qu'on allait m'amputer de la jambe droite pour atténuer mes douleurs. Mais j'ai refusé. La blessure a détruit les nerfs de ma jambe et de mon bras droit. L'Autorité de Ramallah a tout mis en place pour mon voyage en Egypte où j'ai subi plusieurs opérations et chirurgies qui ont amélioré mon état de santé. A ce stade, ma jambe peut être sauvée, mais les médecins en Egypte m'ont informé que le meilleur serait de partir en Europe où ils disposent de moyens plus sophistiqués. Le temps presse et si je ne suis pas aussitôt pris en charge, je perdrai ma jambe. Malgré mes difficultés financières, je souhaite vivement réussir, d'une façon ou d'une autre, à recevoir le traitement qu'il me faut. »</p> <p>En effet, Mahmoud a besoin d'une greffe de la moelle osseuse qui lui permettra de retrouver l'usage de sa jambe, mais se heurte à l'absence du soutien financier qui le sauvera.</p> <p>Et comme toutes les victimes des guerres, l'attaque de janvier 2009 a complètement modifié la vie de Mahmoud, que ce soit sur le plan personnel que professionnel « Personne n'acceptera d'embaucher une personne dont le bras et la jambe ne fonctionnent pas correctement. Au début, j'ai essayé de travailler au Ministère des Transports de Gaza pendant quatre mois en tant que réceptionniste, mais je ne pouvais être présent que dix jours par mois car je suivais un traitement à l'époque. J'ai donc abandonné le poste. Gaza est remplie de chômeurs, alors le jour de l'embauche, on préfère une personne qui a un usage complet de ses membres. »</p> <p>Mahmoud ajoute : « J'étais marié. Mais après l'attaque, mon épouse a demandé le divorce car elle n'acceptait plus de vivre dans cette situation. Dieu merci je suis à présent fiancé. Je désire fonder une famille et mener une vie normale. Mais une famille a besoin d'argent et ma condition physique me freine. »</p> <p>Suite à l'offensive israélienne de 2008-2009 sur la Bande de Gaza, dénommée Opération Plomb Durci, le PCHR a déposé 1046 plaintes civiles (ou « demandes de compensations ») au nom des 1046 victimes. Ces plaintes ont été déposées auprès de l'Agent d'Indemnisation du Ministère de la Défense Israélien. Ces demandes de compensations réclament une indemnisation pour les victimes suite aux violations du droit international commises par les forces israéliennes. Les autorités israéliennes n'ayant donné aucune suite à ces plaintes, le PCHR a, entre juin 2010 et janvier 2011, engagé des poursuites au civil près des cours israéliennes demandant une compensation pour 620 victimes. Toutefois, la Knesset et les cours se sont basées sur les récents amendements législatifs et décisions et ont imposé différents obstacles légaux et procéduraux pour que les victimes ne soient jamais indemnisées.</p> <p>En rejetant la plainte de Mahmoud, la cour s'est appuyée sur l'Amendement N°8 de 2012 apporté à loi sur la Responsabilité Civile Délictuelle (Responsabilité de l'Etat) qui, pour rappel, exonère l'Etat d'Israël de toute responsabilité découlant des dommages provoqués par les « forces israéliennes » durant une « action de combat » ou une « opération militaire »</p> <p>Appliqué rétroactivement à partir de 2000, mais sur la Bande de Gaza à partir de 2005, cet amendement a élargi le champ de l' « action du combat » en incluant toutes les opérations menées par les forces israéliennes en réponse au terrorisme, aux hostilités ou insurrections, si elle est par nature une action de combat, étant donné l'ensemble des circonstances, y compris l'objectif de l'action, l'emplacement géographique et la menace inhérente aux membres des forces israéliennes qui sont impliquées dans cette action. Cet amendement ne tient aucun compte de la question vitale sur la légalité de ces attaques ni des dommages causés aux victimes à la suite des attaques, ce qui peut potentiellement constituer des violations des règles régissant la conduite des forces armées lors des opérations militaires, tel que codifié dans le droit humanitaire international.</p> <p>L'amendement N°8 enfreint expressément les normes du droit international coutumier qui établit que l'Etat est tenu responsable de tous les actes commis par les personnes qui opèrent dans le cadre de ses forces armées. Par ailleurs, en sa qualité de Haute partie Contractante à la Quatrième Convention de Genève de 1949, relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, Israël ne peut en aucun cas être exonéré de toute responsabilité qu'il encourt en raison des graves infractions et violations commises contre la population civile pendant les opérations militaires. En outre, les tribunaux israéliens imposent une garantie moyenne de 30.000 shekels (8000$ US) pour chaque requérant, et si l'affaire n'atteint pas le stade du jugement, le tribunal garde la garantie qu'il considère comme « frais de défense ».</p> <p>Significativement, ces décisions se traduisent par une situation où les victimes sont financièrement pénalisées pour avoir exercé leur droit légitime à savoir l'accès à la justice à travers le dépôt de plaintes au civil. Le système judiciaire est exploité pour donner une illusion de justice tout en refusant systématiquement le droit des civils palestiniens à un recours effectif.</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>29 mai 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article en anglais à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9548:my-family-died-for-nothing&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14079' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : « Personne ne souhaiterait vivre dans un endroit pareil » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14034 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14034 2013-09-29T05:31:56Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>En 2007, Israël a emprisonné la Bande de Gaza sous un blocus qui, jours après jours, resserre l'étau sur les habitants et affecte tous les aspects de leur vie quotidienne à l'instar de l'importation du carburant et des matériaux de construction. Ces restrictions à la fois rigoureuses et arbitraires rendent impossible la réparation et la maintenance des installations de gestion des déchets devant répondre aux besoins des habitants de la Bande. En conséquence, les conditions d'hygiène connaissent une (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH128/arton14034-b4020.jpg' width='150' height='128' /> <div class='rss_chapo'><p>En 2007, Israël a emprisonné la Bande de Gaza sous un blocus qui, jours après jours, resserre l'étau sur les habitants et affecte tous les aspects de leur vie quotidienne à l'instar de l'importation du carburant et des matériaux de construction. Ces restrictions à la fois rigoureuses et arbitraires rendent impossible la réparation et la maintenance des installations de gestion des déchets devant répondre aux besoins des habitants de la Bande. En conséquence, les conditions d'hygiène connaissent une dégradation alarmante et si le problème n'est pas aussitôt traité, c'est la santé des gazaouis qui en sera gravement affectée.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18226 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L478xH273/22-05-n1-8b427.jpg' width='478' height='273' alt='JPEG - 20.5 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Salam Mohamed Abu Ghararah </dd> </dl> <p>Salam Mohamed Abu Ghararah est un ancien ouvrier du bâtiment. Agé de 46 ans, Salam vit avec son épouse et leurs sept enfants dans le village bédouin de Beit Lahia, au nord de la Bande de Gaza. Située à un jet de pierre de la frontière avec Israël, le village est entouré par une zone parsemée de larges bassins d'eaux d'égouts.</p> <p>L'odeur est âcre et pénétrante et agresse les sens. Dès le début des chaleurs d'été, l'air s'épaissit à cause de la puanteur. Salam habite à seulement 600 mètres des bassins d'eaux usées. Il déplore : “ Je veux vendre ma maison et partir d'ici. Mon épouse aussi n'en peut plus. Avant le blocus, je travaillais dans le domaine de la construction, faisant quotidiennement la navette entre ici et Israël. J'étais assez costaud et j'avais les capacités physiques pour. A présent, j'ai des difficultés respiratoires à cause de ces déchets qui nous entourent. Au moindre effort, je suis complètement essoufflé. La nuit, la toux m'empêche de dormir. Ce n'est plus une vie normale celle que je mène. »</p> <p>Le 7 mars 2007, la famille de Salam a vécu une véritable tragédie lorsque le bassin des eaux usées situé en haut d'une colline voisine a débordé. D'après les habitants du village, les inondations qui s'ensuivirent étaient comme un « tsunami » et ont provoqué la destruction générale du village ainsi que la mort de cinq personnes. La fille de Salam, âgée à l'époque de 12 ans, a été fatalement noyée par les flots.</p> <dl class='spip_document_18227 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L450xH247/22-05-n2-9f99e.jpg' width='450' height='247' alt='JPEG - 26.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Sur la photo, un des bassins des eaux usées de la région, derrière lequel se trouve le village Bédouin </dd> </dl> <p>Salam revient sur le jour de la tragédie et raconte : « J'étais au travail, et je n'étais au courant de rien. C'était très tôt le matin et la plupart des gens étaient encore au lit. Je suis rentré à la maison dès que j'ai appris la nouvelle, mais j'ai trouvé ma fille jetée dans la rue par les inondations, car ce jour-là, elle n'était pas allée à l'école. Elle s'était noyée. Mon autre fille a pu se sauver en s'accrochant à une branche d'un arbre. Ma maison a complètement été détruite, et tout ce qu'il y avait à l'intérieur dévasté. Mettez-vous à ma place et imaginez que vous rentriez à la maison en trouvant votre fille morte et tout ce que vous possédiez anéanti ? »</p> <p>Il est également très difficile pour Salam d'accepter une telle vie, sachant qu'il voit l'état de santé de ses enfants se détériorer à cause des bassins proches qui polluent leur vie : « Nous faisons tout pour que nos enfants jouissent d'une bonne santé et d'une bonne hygiène ; nous les éduquons et les envoyons aux colonies de vacances. Mais le problème vit avec nous et la puanteur est persistante. Si seulement c'était passager ou une affaire de quelques jours. Tous ceux qui habitent par ici, bien qu'habitués à cette atmosphère, souffrent de maux de tête. Les moustiques tournent autour du bassin et répandent les maladies. J'essaie de vendre ma maison, mais mes efforts restent sans réponse, après tout, qui voudrait vivre dans un endroit pareil ? »</p> <p>Pour sa part, Dr Mohamed Yaghi, médecin auprès de la Société Palestinienne de Secours Médical [<i>the Palestinian Medical Relief Society</i>], expose ses préoccupations médicales et celles de ses collègues au sujet des répercussions de ces bassins découverts sur la vie des habitants. Il souligne : « Il y a plusieurs aspects inquiétants à ce sujet. Qu'ils soient sur le court ou sur le long-terme, ces effets doivent impérativement être pris en considération. D'abord, il y a l'humidité qui se dégage des eaux usées des bassins et pollue l'air. Cette pollution crée ensuite un environnement propice pour les insectes qui transmettent en échange les maladies aux personnes vivant dans la région. Par ailleurs, les déchets des usines, ménagers et hospitaliers sont stockés dans les bassins. Lorsque le soleil est fort, l'eau stagnante polluée dégage des gaz toxiques qui provoquent des maladies de la peau et l'asthme. Ces effets affectent les enfants en grande majorité. »</p> <p>Les effets sur le long-terme ne sont pas moins nocifs, comme l'explique Dr Yaghi : « Les effets secondaires peuvent s'avérer cancérigènes si le sujet est exposé quotidiennement à la source du mal. Mis à part les gaz toxiques et les insectes, les eaux usées s'infiltrent dans le sol et contaminent les sources d'eau naturelle et les nappes phréatiques. En effet, à cause des déchets humains déversés dans les bassins, le nitrogène qui se dégage des excréments humains contamine les réserves en eau. Lorsqu'il est ingéré, il nuit gravement à la santé de la personne.et ce n'est pas tout, même les nouvelles générations seront affectées. Les femmes enceintes peuvent donner naissance à des enfants souffrant de malformations cérébrales. Nous avons également enregistré une hausse du taux d'infertilité, que ce soit chez les personnes ayant grandi avec le commencement de la crise des déchets, ou alors chez les personnes qui étaient déjà adultes. L'eau contaminée affecte les hommes comme les femmes, tous âges confondus.</p> <dl class='spip_document_18228 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L450xH252/22-05-n3-ce803.jpg' width='450' height='252' alt='JPEG - 23.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Dr Mohamed Yaghi, médecin auprès de la Société Palestinienne de Secours Médical </dd> </dl> <p>Les installations médicales de la Bande de Gaza peuvent faire face aux besoins sur le court-terme provoqués par la crise de gestion des déchets. Toutefois, les services médicaux ne peuvent pas traiter la source du problème, à savoir la présence de bassins de déchets découverts et la contamination des ressources en eau. La nappe phréatique de la Bande de Gaza souffre également d'une contamination due au pompage quotidien de 90.000 m3 de déchets dans la région [Gaza en 2020 : un endroit invivable ? L'équipe des Nations Unies du pays, 2012]</p> <p>Pour remédier au problème, l'Autorité Palestinienne a mis en place à l'Est de Jabalia un nouveau comité central pour le traitement des eaux usées. Par ailleurs, un projet d'assainissement des eaux usées, financé par l'Union Européenne et devant être construit au nord de la région, c'est-à-dire près de la « zone tampon » était programmé pour voir le jour en 2008. Toutefois, la construction a été reportée à cause des incursions fréquentes des forces israéliennes dans la région. Les ouvriers du bâtiment ont été interdits d'accéder à la zone en dépit d'un accord conclu entre Israël et l'Union Européenne leur garantissant l'accès. Le partenaire opérationnel responsable du projet a fait part de son souhait de recommencer la construction dans six mois, mais tout dépendra des actions et agissements des forces israéliennes.</p> <p>En sa qualité de puissance occupante de la Bande de Gaza, Israël est tenu, en vertu du droit humanitaire international, et en coopération avec les autorités locales et nationales de préserver et de veiller sur la santé et l'hygiène de la population (Article 56 de la Quatrième Convention de Genève de 1949 relatif à la Protection des Personnes Civiles en Temps de Guerre) Aussi, le Comité sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels a affirmé qu'Israël a le devoir de remplir ses obligations dans la Bande de Gaza en vertu des droits humains internationaux. Dans ce contexte, et en vertu de l'Article 12 du Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels de 1966, Israël a le devoir de reconnaitre le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu'elle soit capable d'atteindre, et est obligé de respecter et de protéger ce droit en améliorant tous les aspects d'une hygiène environnementale et industrielle, et en traitant, contrôlant et prévenant l'apparition de maladies épidémiques, endémiques, professionnelles et autres.</p> <p>Selon le Comité sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels, « L'hygiène environnementale en tant qu'aspect du droit à la santé […] inclut la prise de mesures non-discriminatoires afin d'atténuer les menaces de la qualité dangereuse et toxique des eaux [Commentaires Généraux du CDESC N°15 de 2002]</p> <p>Afin de se conformer aux exigences, Israël doit assurer la protection des ressources d'eau naturelle de la contamination avec des substances nuisibles et des microbes pathogènes. De même, Israël doit contrôler et combattre des situations où l'écosystème aquatique sert de milieu permettant aux vecteurs de maladies de présenter un risque pour la vie humaine et son environnement. En outre, Israël doit « assurer un approvisionnement suffisant en eau potable et en hygiène de base ; et la prévention et la réduction de l'exposition de la population aux substances nuisibles, à l'instar de l'irradiation et des substances chimiques nocives ou autres facteurs environnementaux nuisibles qui ont un impact direct ou indirect sur la santé humaine. » [Commentaires Généraux du CDESC N°14 de 2000]</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>22 mai 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter l'article en anglais à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9526:-who-would-want-to-live-in-a-place-like-this&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14034' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : « Si vous voulez avoir la vie sauve, partez ! » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13965 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13965 2013-09-14T03:58:00Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>Qui des Palestiniens ne se souvient pas de la date du 15 mai ? Depuis 65 ans, les Palestiniens pleurent à cette date synonyme de perte de leur patrie.<br class='autobr' /> En mai 1948, Ghatheyya Mifleh al-Khawalda était encore une adolescente insouciante qui vivait avec sa mère et sa sœur dans le village d'al-Qastina, du temps du mandat Britannique. Ghatheyya n'avait que 15 ans lorsqu'elle fut contrainte, ainsi que le reste du village, de fuir la menace imminente des milices juives qui les guettaient. Les nouvelles (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH147/arton13965-93f89.jpg' width='150' height='147' /> <div class='rss_chapo'><p>Qui des Palestiniens ne se souvient pas de la date du 15 mai ? Depuis 65 ans, les Palestiniens pleurent à cette date synonyme de perte de leur patrie.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18142 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH282/15-05-n1-69c18.jpg' width='500' height='282' alt='JPEG - 32.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Ghatheyya Mifleh al-Khawalda, 80 ans, avait 15 ans lorsqu'elle a fui sa maison pendant la Nakba de 1948 </dd> </dl> <p>En mai 1948, Ghatheyya Mifleh al-Khawalda était encore une adolescente insouciante qui vivait avec sa mère et sa sœur dans le village d'al-Qastina, du temps du mandat Britannique. Ghatheyya n'avait que 15 ans lorsqu'elle fut contrainte, ainsi que le reste du village, de fuir la menace imminente des milices juives qui les guettaient. Les nouvelles qui arrivaient des villages voisins n'étaient pas rassurantes et parlaient de terribles attaques qui ont fait plusieurs morts. De peur de subir le même sort, Ghatheyya et les habitants de son village sont sortis de leur terre pour ne plus jamais y retourner, devenant ainsi les victimes de la Nakba ; c'est-à-dire la « catastrophe » qui est caractérisée par le déplacement forcé en masse des Palestiniens de leurs maisons dans le but d'accueillir les citoyens de l'État juif d'Israël qui devra être établi peu de temps après.</p> <p>Le PCHR Gaza est allé à la rencontre de Ghatheyya. L'octogénaire se souvient d'une enfance joyeuse et heureuse, mais ne manque pas d'évoquer les tristes évènements et les souffrances qui l'ont marqué : « Ma grand-mère est décédée pendant que ma mère accouchait de moi ; c'était à la veille de l'Aid al-Adha [Fête Musulmane du Sacrifice]. Le lendemain, mon père est sorti pour accomplir les prières de l'aube et de l'Aid, mais n'est plus jamais revenu. Il a été retrouvé mort pendant qu'il priait. Toutefois, j'avoue que j'ai eu une enfance très heureuse à al-Qastina. Nous possédions une très belle maison. Elle était grande avec le sol en marbre dans le couloir. Mon père était agriculteur. Nous avions de vastes terres agricoles avec des orangers, des pommiers, des arbres de pamplemousse et bien d'autres. Je passais ma journée en train de jouer avec ma sœur et les autres filles du village. Nous étions très heureuses. »</p> <p>Mais cette vie paisible a brusquement tourné au drame en 1948, date d'arrivée des milices juives chargées d'attaquer les villages Palestiniens et de les nettoyer de leurs habitants : « Les nouvelles nous parvenaient concernant des villages pris d'assaut. Toutefois, notre village fut attaqué sans avertissement. Avant, il y avait près de notre village un camp militaire Britannique, mais cette année, ces derniers ont quitté les lieux et ont permis aux groupes juifs de s'en acquérir. Nous avions très peur de ce qui pourrait nous arriver. Certains miliciens étaient vêtus d'uniformes tandis que d'autres étaient en civil, mais tous à leur arrivée commençaient à tirer sur la population. Trois personnes, de civils, avaient été tuées. Nous nous sommes sauvés pour préserver nos vies, en direction de Tal es-Safi, un village voisin sur la colline. Le village était à une distance de marche à pied. Nous étions tellement pressés de partir que nous n'avions rien emporté avec nous. Il nous a semblé que c'était le Jour du Jugement Dernier. C'était la terreur absolue. La peur avait paralysé tous les esprits et tout le monde ne pensait qu'à la fuite, pas même à un peu de nourriture à prendre pour le trajet. Certaines familles, ne trouvant pas quelques-uns de leurs enfants au milieu du chaos, sont quand-même parties sans plus attendre. La plupart avaient peur de rebrousser chemin pour les retrouver, tandis que d'autres sont descendus furtivement en bas de la colline pour tenter de les secourir. Nous avons passé quelques jours à Tal es-Safi où nous dormions la nuit en plein air, sans couvertures, sans matelas, sans nourriture ni eau, » se souvient Ghatheyya.</p> <p>Les habitants d'al-Qastina n'ont cependant pas trouvé un réel refuge à Tal es-Safi : « Nous y avons passé quelques jours, je dirai une semaine environ, mais les colons sont vite arrivés et nous devions fuir de nouveau. En fait, le choix était très simple : si vous voulez mourir, restez, si vous voulez avoir la vie sauve, partez. Nous sommes donc partis en direction de Beit Jibrin où nous avons passé une nuit seulement avant l'arrivée des colons. Partout où nous allions, ils venaient pour nous expulser des lieux. Leur objectif principal n'était pas de nous tuer, mais de se débarrasser de nous, car s'ils voulaient notre mort à tous, croyez-moi que personne d'entre nous n'aura survécu. Ils voulaient nous faire peur pour nous chasser de notre terre, tellement peur que même si une personne meurt, nous laissions le cadavre derrière nous car après tout, pourquoi risquer sa vie pour quelqu'un qui est déjà mort. Notre seul objectif était de nous concentrer sur la survie. Au fur et à mesure de notre exode, les groupes s'agrandissaient par l'arrivée des habitants des autres villages ayant subi le même sort. Les gens étaient originaires d'Isdod et d'al-Majdal Asqalan [Ces derniers font actuellement partie de l'Etat d'Israël et sont respectivement connus sous les noms d'Ashdod et Ashkelon]. Nous avions donc longé la côte jusqu'à notre arrivée à Gaza, » poursuit l'octogénaire.</p> <p>Cette fois, les groups juifs n'ont pas suivi les réfugiés Palestiniens à Gaza, où Ghatheyya et sa famille n'avaient de choix que de s'y installer et d'y construire une nouvelle vie : « Nous avions enfin fini de courir. Nous étions plusieurs milliers. A notre arrivée, nous dormions dans les mosquées, dans les rues, dans la saleté. Les gens se tenaient un peu partout et n'avaient pas où aller, pendant que d'autres ont trouvé refuge chez des proches établis à Gaza. L'UNRWA a par la suite commencé à construire des tentes pour les familles. L'Agence a regroupé tous les habitants de mon village dans une même enceinte, et ont commencé à nous désigner comme « les réfugiés. » La superficie de chaque tente dépendait du nombre de personnes composant la même famille, et il était interdit d'héberger d'autres familles. »</p> <dl class='spip_document_18143 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH280/15-05-n2-43725.jpg' width='500' height='280' alt='JPEG - 37 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Ghatheyya et son mari Ahmed vivent avec leur fils Nehad, son épouse et leurs trois enfants. </dd> </dl> <p>Même si elle reconnait avoir eu la chance de survivre et de trouver refuge, Ghatheyya avoue que la Bande de Gaza ne remplacera jamais sa ville natale d'al-Qastina : « Tout le monde à Gaza sait que je suis une réfugiée. Ça n'a aucune importance. Mais je ne me suis jamais sentie chez moi ici. Je me souviens de ma tante qui, chaque jour, pleurait en face de sa tente. Lorsque je lui ai demandé ce qui n'allait pas, elle répondait : ‘' Regarde dans quel état nous sommes ; au lieu d'une maison, nous avons une tente. Si seulement nous pouvions porter nos maisons sur nos têtes. ‘' En effet, nous menions une vie assez rudimentaire. Les hommes étaient sans emploi. Pour nous, c'était juste une question de temps, donc nous avons essayé de nous débrouiller, jusqu'à ce que nous ayons compris ce qui devait arriver par la suite. L'UNRWA nous fournissait des boites de conserve de nourriture et des sacs de riz. Nous utilisions un réchaud artisanal pour réchauffer la nourriture, mais elle ne fonctionnait pas bien, il fallait souffler sans cesse pour que les flammes ne s'éteignent pas. Peu de temps après, l'UNRWA a acheté des parcelles de terrains aux habitants de Gaza pour les réfugiés. On nous a fourni les matériaux de construction pour que nous construisions nous-même nos maisons. Nous avons érigé la nôtre à Maghazi, dans la partie centrale. »</p> <p>Deux ans après leur expulsion de leur village, Ghatheyya fut demandée en mariage par le jeune Ahmed Sa'id al-Khawalda, lui aussi originaire d'al-Qastina. La jeune femme a accepté et le mariage célébré peu de temps après « La famille d'Ahmed vivait encore dans une tente. Après le mariage, j'ai quitté la maison nouvellement construite de ma famille pour vivre sous une tente avec ma belle-famille. J'étais enceinte de l'ainé de mes enfants lorsqu'Ahmed a commencé à construire notre première maison de Khan Younis, où j'ai accouché d'une fille. J'ai eu par la suite, au total, quatre garçons et deux filles. Ahmed était à l'époque sans emploi, et nous étions à la charge de son père qui travaillait comme distributeur de nourriture pour l'UNRWA. Ahmed et moi avions fait de notre mieux pour élever nos enfants. »</p> <p>Aujourd'hui, Ghatheyya et Ahmed ont 32 petits-enfants. Toute la grande famille vit encore dans la Bande de Gaza, néanmoins, la grand-mère évoque avec tristesse et amertume sa fille aînée, décédée il y a quelques années des suites d'un cancer. Le couple âgé vit avec son fils, Nehad, 40 ans, son épouse et ses trois enfants. Un autre fils du couple vit dans l'appartement qui est au-dessus de Nehad.</p> <dl class='spip_document_18144 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L350xH473/15-05-n3-f0296.jpg' width='350' height='473' alt='JPEG - 54 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Ghatheyya, la mamie qui gâte son petit-fils Saleh, 15 mois </dd> </dl> <p>Toutefois, Ghatheyya rêve toujours de sa maison d'al-Qastina. Elle a eu la chance de revoir son village à plusieurs reprises depuis 1948. En effet, dans les années 80 et 90, elle passait par le village en taxi lorsqu'elle accompagnait sa fille en Jordanie pour ses soins « La première fois, j'avais demandé au taxieur de m'y emmener, mais il a refusé prétextant que c'était loin de leur trajet. Ensuite, j'avais appris à faire semblant que je me rendais à al-Qastina pour être sûre que le taxieur ne refusera pas. J'y suis allée mais je n'ai pas eu le temps de chercher ma maison car nous passions par la route principale. Des fois, le chauffeur empruntait l'autoroute voisine, donc je n'apercevais que le contour du village. Bien évidemment, j'ai reconnu ma maison, bien que le seul endroit ayant demeuré inchangé était un vieux garage. Certes, je ne suis plus autorisée à m'y rendre, mais mon esprit si ; je n'ai pas oublié mon village après toutes ces années. Al-Qastina me hante et j'avoue qu'il est inacceptable que je sois chassée loin de ma maison, de ma terre, de l'endroit où j'ai grandi. Je rêve encore des journées à la terre. »</p> <p>On estime que quelques 725.000 Palestiniens ont été déplacés de force de leurs maisons durant la Nakba de 1948. Selon la définition opérationnelle de l'UNRWA [Office de Secours et de Travaux des Nations Unies], les réfugiés Palestiniens sont des personnes dont le lieu de résidence habituel était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948, et qui ont perdu et leurs maisons et leurs moyens de subsistance suite au conflit arabo-israélien de 1948. Les descendants des Palestiniens autochtones devenus réfugiés ouvrent également droit à une inscription. Au 1er janvier 2013, l'UNRWA a enregistré 4.919.917 réfugiés Palestiniens, dont 1.203.135 vivent dans la Bande de Gaza.</p> <p>En vertu du droit international, tous les individus jouissent du droit fondamental de retourner chez eux chaque fois qu'ils sont déplacés pour des raisons hors de leur contrôle. La norme coutumière du droit international oblige les états à respecter le droit au retour des individus, particulièrement celui des réfugiés Palestiniens tel qu'affirmé dans la Résolution 194 de l'Assemblée Générale de l'ONU de 1948 qui stipule que « Les réfugiés qui désirent de rentrer dans leurs foyers et de vivre en paix avec leurs voisins pourraient être autorisés à le faire à une date aussi rapprochée que possible. »</p> <p>La Résolution prévoit également que les autorités responsables doivent indemniser les réfugiés qui choisissent de ne pas retourner, ou ceux ayant subi des dommages ou la perte de leurs biens. »</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>15 mai 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :<br class='autobr' /> <a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9506:if-you-wanted-to-live-you-left&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13965' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : « Ma vie est désormais synonyme de désastre » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13907 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13907 2013-09-01T05:30:00Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>Najwa Alyan Awad Abu Daqqa est une mère de famille Palestinienne de 50 ans. Elle vit dans la banlieue rurale de Khan Younis, dans la Bande de Gaza. Durant l'offensive militaire israélienne menée sur Gaza en novembre 2012, Najwa fut grièvement blessée par la frappe d'un drone. Pour rappel, 102 civils Palestiniens avaient été tués durant cette agression dénommée « Opération Pilier de Défense » qui a duré 8 jours (du 14 au 21 novembre 2012), et 625 autres blessés, dont 93 femmes et 214 enfants. [D'après les (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH124/arton13907-3febc.jpg' width='150' height='124' /> <div class='rss_chapo'><p>Najwa Alyan Awad Abu Daqqa est une mère de famille Palestinienne de 50 ans. Elle vit dans la banlieue rurale de Khan Younis, dans la Bande de Gaza. Durant l'offensive militaire israélienne menée sur Gaza en novembre 2012, Najwa fut grièvement blessée par la frappe d'un drone. Pour rappel, 102 civils Palestiniens avaient été tués durant cette agression dénommée « Opération Pilier de Défense » qui a duré 8 jours (du 14 au 21 novembre 2012), et 625 autres blessés, dont 93 femmes et 214 enfants. [D'après les enquêtes du PCHR, plus de 1250 Palestiniens ont été blessés durant l'Opération Pilier de Défense, 649 d'entre eux ont eu des blessures dont le degré de gravité varie].</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18082 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH340/08-05-n1-91805.jpg' width='500' height='340' alt='JPEG - 33.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Photo de Najwa dans son domicile de la Bande de Gaza </dd> </dl> <p>Najwa en est un cas parmi tant d'autres. Cette mère de 4 garçons et de 3 filles décrit l'incident qui s'est produit le 18 novembre 2012 : « Comme chaque jour, je me suis levée de très bonne heure. Après avoir accompli les prières de l'aube, j'ai entamé mon habituelle préparation du pain pour le petit déjeuner de mes enfants. Je me suis dirigée vers la cour déouverte pour laver la plaque de cuisson. Il devait être environ 6h30 du matin et je pouvais clairement entendre le bruit d'un drone dans le ciel. Pour moi c'était quelque chose d'habituel en temps de guerre, et puis nous habitons à 1km de la frontière. Soudain, il y a eu une très forte explosion à quelques mètres de moi. J'étais terrorisée par le bruit. Toute la cour était couverte de fumée et j'étais incapable de voir pendant quelques secondes. J'étais engourdie et je ne sentais plus rien. Puis en baissant les yeux, j'ai vu que mes mains ainsi que les autres parties de mon corps étaient complètement recouvertes de sang. A la vue de ce décor terrifiant je me suis évanouie et je ne me souviens pas de qui s'est passé après. Lorsque j'ai repris connaissance, j'étais à l'hôpital. En fait, j'étais étonnée d'apprendre que j'étais à Jérusalem-Est et que je venais de me réveiller d'un coma qui a duré quatre mois. »</p> <dl class='spip_document_18083 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/08-05-n2-f4f8a.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 74.3 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>La cour de la maison de Najwa, l'endroit où elle a été blesse suite à l'attaque du drone </dd> </dl> <p>Quant à la famille de Najwa, elle a vécu l'enfer après l'attaque et ses résultats. En effet, outre leur angoisse de ne plus voir Najwa sortir du coma, les membres de sa famille ont rencontré de sérieux soucis financiers puisque le traitement nécessaire ne pouvait pas être dispensé dans la Bande de Gaza. Samir, l'époux de Najwa explique : « Juste après l'incident, nous avons voulu transférer ma femme à l'hôpital <i>al-Makassed</i> mais les autorités israéliennes ont rejeté notre demande d'autorisation de voyager dans Israël. Nous avons donc attendu jusqu'à l'annonce de la trêve le 21 novembre. Quatre jours après l'attaque, Najwa a été évacuée à Jérusalem-Est. Ça nous a pris beaucoup de temps pour pouvoir coordonner le voyage à Israël, sans compter les nombreuses restrictions qui nous avaient été imposées. Les autorités israéliennes n'autorisent la présence que d'un seul garde-malade. C'est le frère de Najwa qui est parti avec elle ; moi je ne pouvais pas l'accompagner parce que je devais m'occuper de nos enfants ici à Gaza. Le voyage à Jérusalem-Est dure 1h30 mais l'ambulance a mis 4 heures à cause du passage frontalier d' <i>Erez</i>. Najwa était tellement mal en point que l'ambulancier avait indiqué au médecin à Jérusalem-Est qu'il ne pense pas qu'elle s'en sortirait. »</p> <dl class='spip_document_18084 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/08-05-n3-7e70b.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 44.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Samir, le mari de Najwa devant l'endroit où se trouvait son épouse avant l'attaque </dd> </dl> <p>Durant les quatre mois de coma de Najwa, les membres de sa famille devaient lui rendre visite à tour de rôle. Ce déplacement en lui-même était un problème car Israël impose de sévères restrictions aux voyages de et vers la Bande de Gaza, même si les raisons du déplacement sont purement médicales. Ces mesures draconiennes exigent que l'accompagnateur soit âgé d'au moins 35 ans et doit faire l'objet de mesures rigoureuses de vérification de sécurité. Samir explique : « Plusieurs membres de notre famille ont eu un rejet de leurs demandes de visite. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi pensent-ils que nous représentons une menace pour eux, sachant que nous n'appartenons à aucun groupe armé, bien au contraire, nous sommes de simples gens pacifiques. »</p> <dl class='spip_document_18085 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/08-05-n4-4fdda.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 42.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Restes du missile qui a causé les blessures de Najwa </dd> </dl> <p>Najwa est sortie du coma en début du mois de mars de l'année en cours. Cependant, malgré son faible état de santé, elle a quand même été maltraitée au niveau du passage d'Erez, sur le chemin de son retour à la Bande de Gaza : « Je n'ai reçu aucun traitement spécial en arrivant à la frontière, bien que je sois arrivée dans une ambulance, souffrant de douleurs incessantes. Une militaire israélienne m'a fouillée avec son détecteur de métaux qui a naturellement sonné à cause des broches et des plaques implantées dans mes bras pour guérir mes blessures. J'ai beau lui expliquer, elle n'a rien voulu savoir et m'a quand même obligée de me déshabiller pour le lui prouver. Elle voyait bien que je descendais d'une ambulance sur un fauteuil roulant mais rien à faire, elle a continué à me maltraiter. »</p> <p>Les ennuis de Najwa se sont poursuivis après qu'elle ait été autorisée à traverser le passage : « Pour traverser le portail, vous devez impérativement passer par une petite porte tournante de sécurité. Or, c'est tellement étroit que même une personne en bonne santé traverserait non sans difficultés. Il m'a fallu des heures pour les convaincre de me laisser passer à travers la porte de sécurité qui se trouve dans leur bureau, étant donné mon état de santé. Finalement, mes arguments ont payé et j'ai été autorisée à utiliser leur porte de passage, sauf que je devais marcher car ils ont refusé le fauteuil roulant. »</p> <p>Depuis son retour la maison, Najwa éprouve du mal à reprendre sa vie quotidienne : « Ma vie est désormais synonyme de désastre. Il me faut toujours deux ou trois personnes pour m'aider à faire des choses très simples comme manger ou circuler. »</p> <p>En effet, Najwa a reçu des éclats d'obus dans tout son corps, mais plus particulièrement au niveau des bras, des jambes et de l'abdomen : « Ils ont dû couper une partie de la peau de ma cuisse pour la rattacher à mon estomac. J'ai des douleurs incessantes et je ne peux pas m'asseoir correctement. Aucune position ne me convient, je suis mal à l'aise surtout au moment du sommeil. Aussi, je vis désormais avec une poche de colostomie. Je sais que ma vie ne redeviendra jamais normale. Je bouge difficilement, même avec mes séances de physiothérapie. Et si je rate une séance, mes douleurs s'accentuent et certaines parties de mon corps enflent. »</p> <p>Longue et pénible sera la route vers la guérison. Najwa se trouve au milieu d'un processus ardu où elle devra retourner à l'hôpital de Jérusalem-Est tous les quelques mois afin de subir davantage d'opérations. En outre, son cas nécessite une chirurgie plastique pour corriger les blessures de sa peau. Tout cela exigera bien évidemment d'importantes dépenses que Samir et sa famille ne peuvent assurer. L'époux déplore : « Le traitement est très coûteux. Il est vrai que le Ministère de Santé de Ramallah a pris en charge les coûts de l'opération, mais nous devions payer les médicaments et les fournitures et matériels médicaux de Najwa, comme les poches de colostomie. Elles sont presque introuvables à Gaza, ce qui rend leur acquisitions d'un autre endroit difficile et coûteuse, mais heureusement qu'il y a la famille et des amis pour me prêter de quoi les acheter. »</p> <p>Interrogée sur l'avenir et ce qu'il lui réserve, Najwa répond : « Je prie seulement pour que mon état de santé s'améliore et redevienne comme avant et j'espère que ma fille sera autorisée à m'accompagner la semaine prochaine à l'hôpital de Jérusalem-Est. »</p> <p>Samir, quant à lui, est convaincu que son épouse a été directement ciblée par le drone israélien : « Le missile ciblait directement Najwa, alors qu'il n'y avait aucune raison pour qu'on lui tire dessus. »</p> <p>Et justement, cibler délibérément des civils est un acte interdit par le droit Humanitaire International, tel que stipulé dans les Articles 48-51 du Premier Protocole Additionnel de 1977 des Conventions de Genève de 1949. Cette interdiction a été reconnue en tant que norme de droit international humanitaire coutumier par le Comité International de la Croix Rouge (Règles 1 à 6 de l'étude de la Croix Rouge de 2005)</p> <p>De plus, la Cour Pénale Internationale définit l'action de cibler délibérément des civils comme crime de guerre aux termes des Articles 8(2)(a)(i), 8(2)(a)(iii), et 8(2)(b)(i) du Statut de Rome de 2002. L'Article 27 de la Quatrième Convention de Genève de 1949 oblige les Parties au conflit et la Puissance Occupante à respecter l'honneur des civils et à les traiter humainement. En outre, l'Article 12 du Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels de 1966 garantit le droit qu'à toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu'elle soit capable d'atteindre, et oblige les Etats Parties à créer les conditions propres à assurer à tous des services médicaux et une aide médicale en cas de maladie.</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>08 mai 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9474:life-is-a-catastrophe-now&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13907' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : « Donner de faux espoirs à ses enfants » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13892 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13892 2013-08-27T04:07:43Z text/html fr Niha focus1rub focus1acc focus2acc <p>Le monde célèbre chaque 1er mai la Journée Internationale du Travail qui commémore de droit de chaque individu à un travail ainsi que la protection des droits humains des travailleurs sur leurs lieux de travail. Toutefois, la célébration de cette journée dans la Bande de Gaza est totalement différente car elle est placée sous le signe d'un blocus qui ne cesse d'enfoncer la situation des travailleurs en général, et celle des pêcheurs en particulier.<br class='autobr' /> Jamal Ismail Faris Baker est un nom parmi tant d'autres (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH106/arton13892-e2e2f.jpg' width='150' height='106' /> <div class='rss_chapo'><p>Le monde célèbre chaque 1er mai la Journée Internationale du Travail qui commémore de droit de chaque individu à un travail ainsi que la protection des droits humains des travailleurs sur leurs lieux de travail. Toutefois, la célébration de cette journée dans la Bande de Gaza est totalement différente car elle est placée sous le signe d'un blocus qui ne cesse d'enfoncer la situation des travailleurs en général, et celle des pêcheurs en particulier.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18069 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH279/a0-442-70c61.jpg' width='500' height='279' alt='JPEG - 23 ko' /></dt> </dl> <p>Jamal Ismail Faris Baker est un nom parmi tant d'autres dans le secteur de la pêche. Agé de 48 ans, cet originaire de la ville de Gaza et père d'une famille de 9 enfants raconte au PCHR Gaza ses 35 ans de travail dans la pêche et le témoignage d'une chute et d'une régression constante et soutenue de l'industrie halieutique dans la Bande. Et c'est en novembre 2012, soit quelques jours après la fin de l'offensive militaire israélienne <i>Pilier de Défense</i> sur Gaza que Jamal a commencé à perdre le contrôle sur sa vie.</p> <p> Ainsi, le cessez-le-feu de novembre 2012, conclu entre les autorités Israéliennes et Palestiniennes, était supposé inclure une extension jusqu'à 6 miles nautiques la zone de pêche limitée à 3 miles nautiques. Toutefois, en mars 2013, la zone de pêche est redevenue à sa délimitation initiale, à savoir les 3 miles nautiques.</p> <p>A l'annonce de l'extension et à l'instar de tous les autres pêcheurs, Jamal s'était réjoui de cette opportunité : « Nous étions très heureux d'apprendre la nouvelle de l'extension de la zone de pêche. Nous avions pensé que cette décision nous aiderait à améliorer notre situation. Personnellement, j'ai loué un moteur de mon ami Talal afin de faire fonctionner mon bateau, ce qui nous permettrait de pêcher dans les eaux profondes. »</p> <p>Cependant, dans la matinée du 28 novembre 2012, une canonnière israélienne est venue attaquer et détruire le bateau de Jamal qui se souvient : « Ce jour-là, mon fils Khader (19ans) et trois autres pêcheurs sont sortis en mer à l'aube. Ils étaient accompagnés de 4 ou 5 autres bateaux. Quant à moi, je suis resté sur la côte à régler quelques affaires en attendant que les bateaux reviennent avec la pêche. Peu de temps après leur appareillage, je reçois l'appel de mon fils qui m'informe qu'une canonnière israélienne vient de les attaquer. J'étais sous le choc. Lorsque je lui ai demandé plus d'explications, mon fils a répondu qu'ils étaient à seulement 2 miles nautiques et que les forces israéliennes tiraient des balles réelles sur notre bateau, endommageant ainsi le moteur, puis l'appel s'est subitement interrompu. J'ai eu très peur, j'ai pensé que mon fils venait d'être blessé. J'ai ensuite appelé mon neveu qui était sur un autre bateau. Il m'a informé que Khader et les autres trois pêcheurs ont sauté dans l'eau car l'attaque a détruit le bateau, et que des bateaux de pêche étaient partis les secourir mais qu'il ne voyait pas ce qui se passait exactement. A ce moment-là, je me fichais de ce qui pouvait arriver au bateau, ce qui m'importait le plus était mon fils et sa vie. Quelque temps après, deux bateaux de pêche ont fait leur apparition et à leurs bords les trois pêcheurs qui étaient avec mon fils. C'est là que commençait ma panique et ma préoccupation : Khader n'était pas avec eux. J'ai rappelé mon neveu qui m'a dit que mon fils a été arrêté par les forces israéliennes. »</p> <p>En effet, Khader a passé 4 heures sur la canonnière israélienne. Pendant tout ce temps, l'angoisse de Jamal ne faisait qu'augmenter et le stress sur les conditions de son fils ne connaissait pas de limite. Il explique : « J'avais tellement peur que je ne pouvais plus parler ; ma voix ne sortait plus. A la suite de l'incident, diverses personnes ainsi que des journalistes étaient venus demander des nouvelles, mais je ne pouvais répondre à aucun d'entre eux. J'étais très angoissé et je ne cherchais qu'à revoir mon fils de retour, sain et sauf. Je pensais qu'ils allaient le transférer à Ashdod, comme ils le font avec tous les pêcheurs qu'ils arrêtent, mais au bout de 4 à 5 heures d'attente, j'ai aperçu mon fils s'approcher de la côte, à bord du bateau endommagé. Il était à la fois fatigué et terrorisé, quant à moi, vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai été soulagé de le retrouver indemne de l'attaque. »</p> <p>Son fils sauvé, Jamal se demande pourquoi l'armée a-t-elle attaqué son bateau, mais ne parvient pas à des réponses raisonnables : « Je ne comprends pas pourquoi khader et les autres ont été pris pour cible ; ce sont de simples pêcheurs et ils n'avaient même pas dépassé les 3 miles nautiques. »</p> <p>Depuis le fâcheux incident, ni Jamal ni Khader n'ont réussi à ressortir pour la pêche : « Après le retour de Khader, nous avons vérifié le bateau et avons constaté que ni lui ni le moteur ne pouvaient être réparés ni espérer à les réutiliser. Fort heureusement, mon ami Talal ne m'a pas mis la pression pour que je rembourse le prix du moteur et s'est contenté de demander si Khader et les autres se portaient bien. Mais je dois dire qu'en dehors de mon bateau, j'ai perdu tous mes équipements de pêche, y compris les cannes à pêche qui coûtent aux environs de 10.000 Dinars Jordaniens (presque $14.000). D'autre part, avant de sortir pour la pêche, j'ai pris l'essence et l'appât par crédit car ils coûtent environ 4.000 shekels, soit $1200 approximativement. Après l'attaque, les créanciers sont venus demander leur argent mais je n'avais pas de quoi les payer. Si avant l'attaque je gagnais à peine 10 à 15 shekels par jour, après l'incident je n'ai touché aucun sou. Comment les rembourser ? Les créanciers ont déposé une plainte contre moi auprès des autorités de Gaza, suite à laquelle je ne peux plus exercer la pêche. »</p> <p>Et justement, faute de pouvoir payer ses dettes, Jamal et sa famille sont désormais dans la liste noire établie par les autorités Gazaouies. Jamal exprime sa frustration en soulignant : « Que dois-je faire maintenant ? Dois mendier ou voler pour pouvoir nourrir ma famille ? »</p> <dl class='spip_document_18068 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH273/30-04-n2-2329f.jpg' width='500' height='273' alt='JPEG - 33.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Jamal Ismail Faris Baker </dd> </dl> <p>Après l'incident, Jamal était contraint d'emprunter de l'argent de son frère pour subvenir aux besoins de sa famille : « Mon frère m'a donné 600 shekels, mais pensez-vous que cette somme soit suffisante pour nourrir et soutenir une famille de 10 membres pendant 6 mois ? Khader et moi ne pouvons plus pêcher et c'est tout ce que nous maîtrisons. Nous ne pourrons pas travailler ailleurs. Mes autres enfants sont sans emploi et 4 d'entre eux sont encore scolarisés. Mes ennuis et dettes s'étendent même aux marchés auprès desquels j'ai pris des articles sans pouvoir payer. Aujourd'hui, je me retrouve avec 10.000 shekels de dettes et j'ignore comment les payer. »</p> <p>Jamal reconnaît que la situation désastreuse de sa famille le rend très nerveux : « Mon fils Khader est âgé de 19 ans et a des amis qui s'habillent bien et qui mangent bien dans des endroits biens. Lorsqu'il voit ça, il devient triste mais laisse rien apparaître car il connait ma situation et sait très bien que je ne peux rien lui procurer de tout cela. Si j'avais quelque chose de valeur, je l'aurais vendue pour payer mes dettes. De plus, le toit de ma maison est fissuré à cause des attaques de novembre, ce qui inonde la maison dès les premières pluies. Je ne peux pas le réparer non plus. Le plus jeune de mes enfants me demande des fruits et des bonbons que je ne peux malheureusement pas les lui offrir. Je me retrouve en train de leur donner de faux espoirs. »</p> <p>Par ailleurs, se sentir abandonné par les autorités de Gaza accentue la frustration de Jamal : « Les autorités ne m'aident pas. Elles ne m'apportent aucun soutien, ni nourriture ni argent. Elles ne me laisseront pas travailler pour payer mes dettes à cause de tout ce que je dois. »</p> <p>Les attaques israéliennes contre les pêcheurs palestiniens de la Bande de Gaza - qui, pour rappel, ne représentent aucune menace pour la sécurité des forces navales israéliennes - constituent une violation flagrante du droit humanitaire international et du droit international des droits de l'homme. La zone d'interdiction de pêche, imposée par des arrestations et des attaques arbitraires constitue une mesure de punition collective que l'Article 33 de la Quatrième Convention de Genève interdit expressément. Le droit au travail, notamment dans des conditions équitables et satisfaisantes est prévu dans l'Article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, ainsi que dans les Articles 6 et 7 du Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC). De plus, l'Article 11 du même Pacte reconnaît « Le droit de chacun à un niveau de vie adéquat pour lui et pour sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence. »</p> <p>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Informations PCHR :</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>1er mai 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9463:-jamal-ismail-faris-baker-the-fishermans-narrative&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13892' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> Vies sous occupation : Je plante la terre, récolte les produits puis brûle le tout http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13854 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13854 2013-08-16T06:00:00Z text/html fr Niha focus2rub focus3acc <p>Agé de 42 ans, Mohamed Yassin al Astal est un agriculteur de Khan Younis. Il loue cinq dounams de terre dans une zone agricole s'étendant sur 22 dounams au nord-ouest de Khan Younis, dans la partie sud de la Bande de Gaza.<br class='autobr' /> Au cours des dernières semaines, il a été contraint de brûler tout ce qu'il a cultivé comme la menthe et le basilic : « Depuis la fermeture de la frontière et par voie de conséquence les exportations, et voyant que nos produits commençaient à s'endommager, nous avons décidé de tout (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH123/arton13854-3db35.jpg' width='150' height='123' /> <div class='rss_chapo'><p>Agé de 42 ans, Mohamed Yassin al Astal est un agriculteur de Khan Younis. Il loue cinq dounams de terre dans une zone agricole s'étendant sur 22 dounams au nord-ouest de Khan Younis, dans la partie sud de la Bande de Gaza.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_18027 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH371/24-04-n1-448ac.jpg' width='500' height='371' alt='JPEG - 36.5 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Mohamed al Astal, 42 ans, loue des serres près de Khan Younis. Dans l'une d'elles, il cultive la menthe </dd> </dl> <p>Au cours des dernières semaines, il a été contraint de brûler tout ce qu'il a cultivé comme la menthe et le basilic : « Depuis la fermeture de la frontière et par voie de conséquence les exportations, et voyant que nos produits commençaient à s'endommager, nous avons décidé de tout brûler et détruire, et c'est ce que nous sommes en train de faire depuis le début du mois en cours. »</p> <p>Il poursuit : « A cause donc de la fermeture du passage de la frontière, je suis aujourd'hui obligé de brûler environ 10 tonnes de menthe, soit 2 tonnes de chaque dounam. C'était la période de la récolte lorsque la frontière fut fermée, et les plantes avaient déjà fleuri. J'ai dû récolter les feuilles de la menthe afin d'éviter que les maladies ne pénètrent dans les plantes. Nous mettons les feuilles dans des tas, les laissons sécher et ensuite tout détruire. Si j'avais été en mesure d'exporter, j'aurais pu gagner jusqu'à 30.000 euros. Hélas, il ne me reste plus qu'à tout brûler. »</p> <dl class='spip_document_18028 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L450xH293/24-04-n2-f5b04.jpg' width='450' height='293' alt='JPEG - 43.8 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Mohamed debout devant les tas de feuilles de menthe destinées à être séchées pour ensuite être brûlées </dd> </dl> <p>Le 21 mars dernier, l'armée israélienne et le Coordonnateur Israélien des Activités Gouvernementales dans les Territoires [<i>Israeli Coordinator of Government Activities in the Territories (COGAT)</i>] ont publié une déclaration conjointe où ils expliquent qu'en réponse au tir (de ce matin) de roquettes sur Israël à partir de Gaza, le Premier Ministre et le Ministre de la Défense ont décidé de fermer le passage frontalier de Kerem Shalom. En outre, la déclaration a précisé que « Ces changements resteront en vigueur jusqu'à nouvel ordre [décision du pouvoir politique]. »</p> <p>En effet, du 21 mars au 18 avril, le passage frontalier de Kerem Shalom a été complètement fermé pendant 16 jours. En réponse aux tirs de roquettes à partir de Gaza, la frontière fut à plusieurs reprises fermée, soit en raison des jours fériés en Israël, soit sans motif invoqué.</p> <p>« Je peux préserver la menthe et le basilic récoltés dans un réfrigérateur, mais pas plus de trois jours car ils noircissent, explique Mohamed, seule la ciboulette peut résister pendant une semaine. »</p> <p>Ceci étant, la fermeture des frontières n'est pas la première et l'unique entrave qui gêne l'activité agricole de Mohamed : « Je possédais sept dounams de terres agricoles à Khan Younis, sauf que mes cultures commençaient à perdre de leur bonne qualité à cause de la salinité élevée des eaux aquifères. En 2006, j'ai fini par vendre ma terre et travailler sur des terrains loués là où la qualité de l'eau est meilleure afin d'obtenir de bons produits. »</p> <p>Il poursuit : « Il y a deux ans, j'ai commencé à planter la ciboulette, la menthe et le basilic. Grâce à mes nombreuses années dans le domaine et mon expérience acquise au fil du temps, notamment le bon choix des exigences du marché international, j'ai obtenu la certification du Global GAP [<i>Ensemble des exigences imposées, au niveau mondial, aux entreprises agricoles et horticoles en matière de sécurité alimentaire, de durabilité et de qualité</i>.] »</p> <p>Mohamed a choisi volontairement de planter la menthe et le basilic : « la rentabilité financière de la culture des plantes est nettement meilleure que celles des culture maraîchères, comme les tomates et les concombres. Un dounam de plantes est plus rentable que 10 dounams d'une culture classique. Aussi, la culture des plantes est plus stable et les plantes peuvent pousser tout au long de l'année, nous permettant de récolter deux fois par ans. Cette année, j'espérais gagner de mon investissement mais la fermeture de la frontière nous a ruinées. »</p> <p>Interrogé sur une redirection de ses produits vers le marché Gazaoui, Mohamed explique « ça ne m'arrange pas d'investir dans les coûts du transport et du marché pour ne vendre qu'une infime partie de mes récoltes, à des prix très bas. »</p> <p>De là, Mohamed a préféré adopter une stratégie lui permettant un rendement meilleur, à savoir se diriger vers le marché Européen : « En Europe, la menthe me rapporte 3 à 5 fois le chiffre d'affaire que je peux avoir ici. Chaque marché a ses caractéristiques et exigences. Ici par exemple, les gens se moquent de moi en me voyant vendre la ciboulette et me demandent les raisons de sa vente au lieu des oignons. C'est compréhensible car j'ai choisi la ciboulette pour le marché Européen uniquement ; elle n'est pas utilisée dans notre cuisine. 80% de ce que je produis est conforme aux normes du marché Européen, sauf que je ne peux pas exporter bien que je sois certifié du Global GAP. Les problèmes et les difficultés commencent à chaque fois que nous nous préparons à exporter nos produits pour toucher les marchés Européens. »</p> <p>Durant l'année, Mohamed investit beaucoup d'argent dans ses 5 dounams de terre : « Je dépense environ $2500 entre la main-d'œuvre embauchée, les engrais, les semis et l'eau. De plus, je paie annuellement 400 dinars Jordaniens pour la location, en plus de l'argent versé pour les couvertures en plastique, les cadres en fer et le système d'irrigation. En fait, la location des terres doit être payée que j'exporte mes produits durant l'année ou non. »</p> <p>Loin des champs, Mohamed est père de deux garçons et de deux filles âgés entre 3 et 12 ans. Après avoir perdu toutes les récoltes, c'est toute la famille qui fait face à de sérieux problèmes financiers. « Je suis endetté et si les choses ne changent pas, je devrai penser à d'autres cultures à faible rendement que je pourrai vendre sur le marché local. Je suis contraint de m'adapter à cette situation afin que je puisse payer mes dettes, après tout, je suis responsable d'une famille et d'un groupe de travailleurs, » souligne Mohamed.</p> <p>Et justement, Mohamed se bat contre l'impact des pertes sur la main-d'œuvre qu'il embauche : « Durant la récolte, j'embauche environ 30 travailleurs pour m'aider. Mais s'il n'y a pas de récolte, il n'y aura pas de bénéfice, et si je n'ai pas de quoi subvenir aux besoins de ma propre famille, alors comment je pourrai payer mes employés ? »</p> <p>Devant l'instabilité de la situation et l'incertitude de l'ouverture des frontières, Mohamed est obligé de faire son choix et de trancher : « J'investis beaucoup d'argent dans ces terres, et je ne veux pas voir tout mon labeur partir en fumée. A présent, le plus important est de penser à survivre. Mais la vie n'est pas juste une question de survie ou de soucis sur l'eau et la nourriture. Je veux que ma famille soit financièrement à l'aise et en sécurité. »</p> <p>C'est pourquoi, Mohamed n'exclut pas la possibilité d'émigrer à la recherche d'opportunités d'exploitation agricole plus viables : « Partir ailleurs pourraient s'avérer plus bénéfique et je pourrais éventuellement travailler pour un avenir meilleur. Ici, nous sommes suspendus aux dates de fermeture des frontières ; et ces fermetures font toute la différence. Je souhaite que les pays Européens puissent mettre la pression sur Israël afin qu'il nous permette d'exporter nos produits car c'est tout ce que nous essayons de faire. »</p> <p>Compte tenu des circonstances, Mohamed voit l'avenir d'un œil pessimiste : « Chaque année, je constate que l'année d'avant était nettement meilleure que celle en cours. En d'autres termes, nous n'avançons pas, nous reculons. »</p> <p>L'actuel blocus israélien imposé sur la Bande de Gaza ainsi que les interdictions punitives appliquées sur les exportations constituent une forme de punition collective de la population civile vivant sous occupation. Cette mesure est en violation avec l'Article 33 de la Quatrième Convention de Genève. En sa qualité de Puissance Occupante, Israël a l'obligation légale de respecter le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels, notamment l'Article 6 qui reconnaît le droit au travail comme un droit fondamental, ainsi que l'Article 11 qui stipule « Le droit à un niveau de vie suffisant, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence. »</p> <dl class='spip_document_18029 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L450xH292/24-04-n3-c002f.jpg' width='450' height='292' alt='JPEG - 47.5 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Les agriculteurs qui travaillent sur la parcelle de terrain de Mohamed. Ils cultivent les feuilles de menthe destinées à finir brûlées. </dd> </dl> <p><a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique' Informations PCHR' :</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>24 avril 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :<br class='autobr' /> <a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9435:all-i-can-do-now-is-burn-it&catid=65:narratives-under-siege&Itemid=209" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a></p> <p><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13854' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Niha</p></div> « Jusqu'à mon dernier souffle, je ferai tout pour revoir ma fille » http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13811 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13811 2013-08-02T11:20:35Z text/html fr kepler focus2rub focus3acc <p>Le visage ridé de Fatma révèle la profonde souffrance d'une mère qui n'a pas vu sa fille depuis onze ans. Fatma Khalil Moubarak (78) vit à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Sa fille, Lamees Ahmad Mubarak (âgée de 44 ans), vit à Hébron en Cisjordanie depuis qu'elle s'est mariée en 1988. La dernière fois que Fatma a vu sa fille, c'était en 2002.<br class='autobr' /> Depuis lors, Lamees a tenté de rendre visite à sa famille à Gaza, mais l'accès lui a été refusé à chaque fois qu'elle a demandé un permis de visiteur pour (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory">Informations PCHR</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH121/arton13811-3d1a2.jpg' width='150' height='121' /> <div class='rss_chapo'><p>Le visage ridé de Fatma révèle la profonde souffrance d'une mère qui n'a pas vu sa fille depuis onze ans. Fatma Khalil Moubarak (78) vit à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Sa fille, Lamees Ahmad Mubarak (âgée de 44 ans), vit à Hébron en Cisjordanie depuis qu'elle s'est mariée en 1988. La dernière fois que Fatma a vu sa fille, c'était en 2002.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_17981 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L420xH236/a0-398-86928.jpg' width='420' height='236' alt='JPEG - 26.5 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'>Fatma Khalil Mubarak </dd> </dl> <p>Depuis lors, Lamees a tenté de rendre visite à sa famille à Gaza, mais l'accès lui a été refusé à chaque fois qu'elle a demandé un permis de visiteur pour traverser [la ligne de séparation] à Beit Hanoun (« Erez »). Le passage de Beit Hanoun est le seul point d'accès pour les gens de Gaza qui veulent se rendre en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, et / ou Israël.</p> <p>Fatma nous explique : « Ma fille Lamees est allée à Hébron avec son mari quand elle s'est mariée dans les années 80. Elle me rendait alors souvent visite, et j'avais l'habitude de lui rendre visite aussi car mon état de santé était bien meilleu, et traverser la Cisjordanie était beaucoup. plus facile. Mais depuis la seconde Intifada, nous ne l'avons plus vue. La dernière fois qu'elle est venue ici, c'était en 2002, et elle n'a jamais pu revenir depuis. »</p> <p>Depuis 2002, plusieurs tentatives ont été faites par Lamees et sa famille pour se réunir , mais les requêtes déposées par Lamees pour un permis de visiteur vers la bande de Gaza ont toujours été refusées. « Cette année, nous avons déjà instruit deux requêtes, mais en vain. Le permis a été à nouveau refusé. Nous n'avons pas encore abandonné. Je continuerai à demander un permis pour voir ma fille jusqu'à mon dernier souffle ».</p> <p>Le profond désir de Fatma de voir sa fille se renforce chaque jour, surtout en raison de son état de santé qui se détériore car elle souffre d'une maladie cardiaque et d'une hépatite. « Je ne sais pas pourquoi je suis privée de voir ma fille », ajoute-elle. « Elle est ma fille et tout ce qu'elle veut, c'est venir me voir alors que je suis très malade. Pourquoi lui refuse-t-on toujours l'entrée ? Elle n'est pas une menace pour leur sécurité. Elle veut seulement venir pour que je puisse la voir ».</p> <p>« Nous avons tout essayé. La dernière fois que nous avons fait une demande, nous avons joint une copie de mon rapport médical certifié par les médecins et témoignant de ma malheureuse condition, mais même cela n'a pas fonctionné. Les autorités israéliennes ont refusé de lui donner un permis . Nous pensions tous que cela fonctionnerait et qu'elle allait enfin réussir à venir. »</p> <p>« La dernière fois que je suis allé visiter Lamees à Hébron, elle avait dix-sept ans. Depuis que je suis très malade, il est difficile pour moi de voyager seule. Je n'arrive même plus à quitter cette maison. Je sais que je pourrais obtenir un permis si j'en demandais un, en raison de mon âge et de mon état de santé, mais qu'est-ce que je ferais avec un permis alors que je ne peux pas bouger et ne puis aller seule nulle part ? Mon état de santé ne me le permet pas. Que faire si je meurs en chemin ? Les autorités israéliennes ne permettront pas à mes enfants de m'accompagner en Cisjordanie. »</p> <p>Israël impose une politique de séparation territoriale entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. La séparation des territoires a eu de graves conséquences sur le tissu même de la société. Cela a influencé tous les aspects de la vie sociale du peuple palestinien. Fatma explique comment le bouclage israélien de la bande de Gaza l'a encore empêché, elle et sa famille, de remplir son rôle de mère et de grand-mère. « Lamees est tombée très malade récemment. Je ne pouvais pas aller lui rendre visite ou m'occuper d'elle. Aucun de sa famille ne le pouvait non plus. Elle est là, toute seule. Son père était devenu très malade avant de mourir en 2008. Il voulait la voir, et nous avons donc demandé un permis de visiteur, mais le permis a été refusé. Il est mort sans la voir, et elle n'a pas pu assister à ses funérailles. Maintenant, j'ai sept petits-enfants que je ne connais pas. Deux de mes petites-filles se sont mariées et je ne pouvais assister à aucun de leurs mariages. »</p> <p>La séparation de la bande de Gaza et la Cisjordanie a rendu de simples réunions familiales très difficiles. Selon Fatma, Lamees espérait assister au mariage de son neveu dans la bande de Gaza, prévu pour la fin du Ramadan, afin de célébrer l'heureux événement avec sa famille. « Nous étions prêts à la recevoir pour le mariage et nous l'attendions. Nous avons été déçus d'apprendre que son permis avait été à nouveau refusé. Peu importe combien de fois on lui refusera la permission de venir, je suis toujours pleine d'espoir qu'elle finisse par l'obtenir la prochaine fois et que je vais revoir ma fille. Je ne peux pas me résigner à ces refus. Je vais continuer à demander des permis, encore et encore. »</p> <p>Fatma se souvient de l'époque où les restrictions israéliennes sur les déplacements des personnes via le passage de Beit Hanoun étaient moins strictes : « Dans le passé, lorsque je demandais un permis, je le recevais le lendemain, et je prenais un taxi pour Hébron dans la ville de Gaza. Nous partions pour Hébron dans le matinée et d'arrivions avant midi. Il ne fallait guère qu'une heure. Aujourd'hui, c'est plus facile pour moi de voir ma fille qui vit en Norvège que de visiter ma fille qui habite à une heure d'ici. »</p> <p>Les Palestiniens dans la bande de Gaza se voient encore et toujours refuser leur droit à la liberté de mouvement, et souffrent terriblement des restrictions imposées sur les déplacements via le passage de Beit Hanoun. Les restrictions ont été imposées pour la première en 1994 et elles sont devenues de plus en plus strictes depuis l'Intifada al-Aqsa. Pour finir, le passage a été complètement bouclé le 16 février 2006. Depuis lors, les Palestiniens ont été empêchés de voyager via le point de passage, à moins qu'ils ne relèvent de certaines catégories très spécifiques.</p> <p>En conséquence, les civils dans la bande de Gaza ne peuvent se rendre dans les lieux saints de Jérusalem et de Bethléem pour accomplir les rituels religieux. Les étudiants sont empêchés de se rendre dans les universités de Cisjordanie. Les familles sont empêchées de visiter leurs proches en Cisjordanie et vice-versa. Depuis la prise de contrôle du Hamas [sur le territoire assiégé] en juin 2007, les autorités israéliennes n'ont autorisé que des catégories limitées de personnes de passer par le poste-frontière : des malades dans un état critique, des journalistes étrangers, des agents d'organisations internationales. Ces personnes sont autorisées à quitter ou à entrer dans Gaza dans des circonstances limitées, par le biais de procédures compliquées, et sont souvent soumises à des traitements dégradants.</p> <p>La fermeture de la bande de Gaza - qu'Israël impose depuis maintenant six années consécutives - constitue une forme de punition collective, en violation du droit international humanitaire. À la suite de ce bouclage permanent, voyager entre la bande de Gaza et la Cisjordanie est devenu pratiquement impossible pour les Palestiniens et des familles entières sont aujourd'hui séparées. La séparation forcée des familles est une claire violation de l'article 16 de la Déclaration universelle de 1948 des droits de l'homme (DUDH) et de l'article 23 du Pacte international de 1966 relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui oblige les États à protéger le droit de se marier et de fonder une famille.</p> <p><a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique72" class='spip_out'>Consultez l'ensemble des récits dans la rubrique' Informations PCHR' :</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>1e août 2013 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="http://www.pchrgaza.org/portal/en/index.php?option=com_content&view=article&id=9697:qi-will-keep-trying-to-see-my-daughter-until-the-day-i-dieq&catid=131:new" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...</a><br/><a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13804' class='spip_out'>Traduction : Info-Palestine.eu</a> - Claude Zurbach</p></div>