Info-Palestine.eu http://www.info-palestine.eu/ fr SPIP - www.spip.net Embuscade contre Jeremy Corbyn http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16123 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16123 2016-07-29T16:34:21Z text/html fr Micheline focus1rub <p>L'antisémitisme est un grave problème qui devrait être combattu partout dans le monde. Toutefois, il ne devrait pas être utilisé comme paravent pour étouffer toute opposition à l'oppression.<br class='autobr' /> Les défenseurs des droits de l'homme des Palestiniens sont confrontés à de nombreuses attaques, mais l'une des plus formidables est l'accusation d'antisémitisme. Les sionistes ont toujours réussi à faire croire au monde entier leur version fabriquée de l'histoire et le mythe que la critique de l'état d'Israël est (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH109/arton16123-685e0.jpg' width='150' height='109' /> <div class='rss_chapo'><p>L'antisémitisme est un grave problème qui devrait être combattu partout dans le monde. Toutefois, il ne devrait pas être utilisé comme paravent pour étouffer toute opposition à l'oppression.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21575 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH350/a1-567-87f1f.jpg' width='500' height='350' alt='JPEG - 38.4 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Jeremy Corbyn, premier dirigeant du Parti travailliste</i> </dd> </dl> <p>Les défenseurs des droits de l'homme des Palestiniens sont confrontés à de nombreuses attaques, mais l'une des plus formidables est l'accusation d'antisémitisme. Les sionistes ont toujours réussi à faire croire au monde entier leur version fabriquée de l'histoire et le mythe que la critique de l'état d'Israël est synonyme d'antisémitisme. Leur affirmation repose sur la notion qu'Israël est un pays juif qui parle au nom de tous les juifs et fut créé en raison de l'Holocauste ; toutes ces affirmations sont des travestissements de l'histoire mais font partie intégrante de la stratégie sioniste.</p> <p>La semaine dernière, Jeremy Corbyn, le dirigeant du parti travailliste britannique s'est trouvé mis en cause par l'une des stratégies des sionistes. La déclaration qu'il a faite lors de la conférence de presse annonçant le résultat de l'enquête sur l'antisémitisme au sein du parti travailliste a soulevé un énorme tollé. Le motif, une des phrases qu'il a prononcées.</p> <p>La phrase, qui a enragé plusieurs sionistes, disait : « Nos amis juifs ne sont pas plus responsables des actes de l'état d'Israël ou du gouvernement Netanyahou que nos amis musulmans ne le sont de ceux des divers états et organisations prétendument islamiques. » Les sionistes et leurs sympathisants se sont plaints que M. Corbyn ait comparé l'état d'Israël au soi-disant état islamique, Daesh. Pour eux une telle comparaison est injuste en dépit des similitudes entre les deux, parmi lesquelles celle de théocraties exclusives, de crimes contre l'humanité, et ainsi de suite. Plus important encore, la fixation qu'ils ont faite sur la phrase de M. Corbyn a éclipsé le rapport lui-même.</p> <p>Le rapport de 41 pages, rédigé par Shami Chakrabarti, concluait qu'il y avait eu de « malheureux incidents » d'antisémitisme dans les rangs du parti. Shami Chakrabarti recommanda que « les membres du parti s'abstiennent de faire usage de métaphores faisant référence à Hitler, aux nazis et à l'Holocauste, évitent les déformations et les comparaisons dans les débats sur la question israélo-palestinienne notamment. » Très peu de personnes n'ont mis en cause cette recommandation en dépit de son caractère insidieux.</p> <p>Insidieux, parce qu'elle légitime les limites à ce qui peut être comparé et par conséquent, à ce qui peut ou ne peut être dit, bafouant ainsi un droit de l'homme élémentaire, à savoir la liberté d'expression responsable et dressant des obstacles à la divulgation de la vérité. Elle criminalise également le fait de critiquer des régimes oppressifs et d'établir des comparaisons entre eux.</p> <p>Il est intéressant de noter que cette recommandation va à l'encontre d'une tradition d'antisionistes juifs, qui soulignent, à juste titre, l'idée que l'Holocauste, et toute forme de pogromes d'ailleurs, ne devraient jamais se reproduire. Au cours de l'assaut contre Gaza en 2014, 327 survivants de l'Holocauste et descendants de survivants ont cosigné une lettre dans laquelle ils font des comparaisons que le rapport du parti travailliste recommande de s'abstenir de faire.</p> <p>Faisant clairement référence à l'Holocauste, la lettre affirme : « Le génocide débute avec le silence du monde … Nous sommes très inquiets de la déshumanisation raciste extrême des Palestiniens dans la société israélienne, qui a atteint un paroxysme. En Israël, les hommes et femmes politiques et les experts ont dans le <i>The Times of Israel </i> et<i> The Jerusalem Post</i> ouvertement appelé au génocide des Palestiniens, et des Israéliens de droite se mettent à arborer des insignes néonazies. » (Soit dit en passant, les auteurs étaient critiques d'un partisan sioniste d'Israël de premier plan, à savoir, Elie Wiesel, décédé samedi dernier.) Si les signataires étaient membres du parti travailliste, ils risqueraient la suspension immédiate voire plus en raison des comparaisons qu'ils établissent.</p> <p>Par conséquent, le rapport, ainsi que ses recommandations, ne combat pas forcément l'antisémitisme ni ne représente les véritables voix des opposants de l'antisémitisme. Il a plutôt pour objectif de faire taire ceux qui disent la vérité, tandis qu'on force le parti travailliste à régresser au rôle de faire-valoir du sionisme. Comme d'autres formes de racisme - qui devraient être combattues sans relâche - l'antisémitisme est réducteur, bestialise, fabrique des monstres infantilise, et sexualise. Malheureusement, le rapport ne s'attarde pas sur les complexités de l'antisémitisme. Au lieu de cela, il se fait quasiment le porte-parole des sionistes, les derniers à qui l'on devrait avoir recours afin de vaincre l'antisémitisme.</p> <p>De fait, de nombreux experts - dont certains sont des juifs qualifiés par les sionistes de juifs « se haïssant eux-mêmes » - argumentent de façon très convaincante qu'historiquement le sionisme repose sur l'antisémitisme. Dans un article intitulé <i>« The Last of the Semites, »</i> (<a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13571" class='spip_out'>Le dernier des sémites</a>) Joseph Massad affirme que le sionisme a réalisé le rêve antisémite : expulser les juifs d'Europe. Il ajoute que le sionisme était de connivence avec les régimes nazi et antisémites.</p> <p>Theodore Herzl, le « père » du sionisme, était lui-même antisémite et se sentait supérieur aux juifs allemands qui parlaient le Yiddish et qui refusaient de s'intégrer à la société allemande. Plus monstrueux encore, il rendit les juifs responsables de l'antisémitisme en suggérant que c'était leur présence même en Europe qui était la cause de l'antisémitisme.</p> <p>Il comptait en outre sur l'aide de pays antisémites. Dans <i>Der Judenstaat,</i> il écrit, « Les gouvernements de tous les pays frappés par le fléau de l'antisémitisme auront forte envie de nous aider à obtenir [la] souveraineté que nous voulons. » Dans son journal intime, il prédit que « Les antisémites vont devenir nos amis les plus fiables, les pays antisémites nos alliés. »</p> <p>Conformément à la vision de Herzl, les sionistes ont démarché Lord Arthur Balfour, antisémite lui-même, qui a donné son nom à la Déclaration Balfour. L'une des raisons principales qui l'a incité à signer cette déclaration était son désir de mettre un coup d'arrêt à l'immigration juive au Royaume Uni. Par ailleurs, en signant un accord avec le gouvernement nazi les sionistes ont rompu le boycott des nazis qui avait été lancé par des juifs américains et britanniques en 1933.</p> <p>Dans son principe, la justification de l'établissement d'un état exclusivement juif reproduit la logique des antisémites. Norman G. Finkelstein, fils de survivants de l'Holocauste, explique, « L'argument sioniste en faveur d'un état juif vaut l'argument antisémite pour un état ethnique qui marginalise les juifs. » Dans son livre <i>Precarious Life,</i> l'intellectuelle juive Judith Butler réagit à l'affirmation qu'Israël est un état juif en disant : « L'argument selon lequel tous les juifs ont un sincère intérêt dans l'état d'Israël est tout simplement faux, » énumérant différentes sources d'identifications pour les juifs autres que l'état d'Israël. En d'autres termes, les juifs et la question juive au demeurant ne se réduisent pas à Israël.</p> <p>Donc quel est le message des sionistes lorsqu'ils invoquent l'antisémitisme en réponse à tout point de vue critique de l'état d'Israël ? <i>“Zionism, Anti-Semitism and Colonialism”</i> de Massad suggère que « l'antisémitisme dans le discours israélien n'est rien d'autre que de l'enfumage pour pouvoir poursuivre la colonisation juive de la Palestine. »</p> <p>L'antisémitisme est un grave problème qui devrait être combattu partout dans le monde. Toutefois, il ne devrait pas être utilisé comme paravent pour étouffer toute opposition à l'oppression. Au contraire, il devrait contribuer à remédier à la situation critique dans laquelle se trouve le monde actuellement, dont l'atmosphère culturelle et politique abominable de Occident, qui baigne dans le racisme et la xénophobie, notamment après la décision des Britanniques de quitter l'Union Européenne. Combattre le véritable antisémitisme signifie nécessairement combattre toute forme de racisme y compris l'islamophobie et le racisme contre les Palestiniens. Il implique également d'isoler les Trump, Farage, Jhonson, Gove, Breivik, Fico, Le Pen, etc...</p> <p>Faisant des observations sur la phrase de M. Corbyn, le journaliste de Haaretz, Alan Johnson, critiqua le parti travailliste pour avoir « laissé passer un moment instructif important. » En fait, ce « moment instructif » devrait nous enseigner l'inverse. Utilisant des prétextes fallacieux, les sionistes, leurs partisans, et les racistes pourraient réussir à mettre un terme à la carrière politique de M. Corbyn, mais ils ne réussiront pas à faire disparaître ses idées - telles que son soutien à la Palestine - et ne réussiront pas à empêcher que la vérité soit dite. Ce « moment instructif » donc nous donne cette leçon à retenir : Peines du sionisme perdues.</p> <p>* Le professeur <strong>Mahmoud Zidan</strong> vit en Jordanie. Cet article est une contribution à PalestineChronicle.com.</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13571" class='spip_out'>La volonté invincible de Mohammed al-Qeeq</a> - 15 mars 2016</p></div> <div class='rss_ps'><p>5 juillet 2016 - <a href="http://www.palestinechronicle.com/zionisms-labours-lost" class='spip_out' rel='external'>The Palestine Chronicle</a> - Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16123' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - MJB</p></div> Israël : des décennies de pratiques génocidaires et de racisme institutionnalisé http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16073 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16073 2016-06-11T04:39:29Z text/html fr Micheline focus1rub focus1acc focus2acc auteur5 <p>La haine ‘des Arabes' (les sionistes ne peuvent guère se résoudre à les appeler ‘Palestiniens') s'exprime maintenant plus ouvertement que jamais auparavant, et est le fruit de décennies d'un racisme institutionnalisé et volontairement inculqué.<br class='autobr' /> Israël est-il irrécupérable ? Devrions nous conclure, après sept décennies d'un comportement qui s'aggrave, que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir - de la vie pour les sionistes et Israël bien sûr, et, dans les faits, aucun espoir pour la Palestine et les (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot35" rel="tag">auteur5</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH113/arton16073-78bf3.jpg' width='150' height='113' /> <div class='rss_chapo'><p>La haine ‘des Arabes' (les sionistes ne peuvent guère se résoudre à les appeler ‘Palestiniens') s'exprime maintenant plus ouvertement que jamais auparavant, et est le fruit de décennies d'un racisme institutionnalisé et volontairement inculqué.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21515 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L400xH300/a1-511-5f607.jpg' width='400' height='300' alt='JPEG - 71 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Pour les Palestiniens, la vie sous occupation israélienne signifie une constante déshumanisation et un emprisonnement permanent - Photo : PalestineChronicle/Tamar Fleishman</i> </dd> </dl> <p>Israël est-il irrécupérable ? Devrions nous conclure, après sept décennies d'un comportement qui s'aggrave, que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir - de la vie pour les sionistes et Israël bien sûr, et, dans les faits, aucun espoir pour la Palestine et les Palestiniens, du moins pour l'état d'Israël.</p> <p>Le clivage binaire est manifeste en ce 68ième anniversaire de ‘l'indépendance' d'Israël. Tandis que les Israéliens faisaient la fête dans la rue et assistaient à un défilé militaire aérien, les Palestiniens de Cisjordanie faisaient l'objet de mesures de confinement. La guerre de 1948 n'était pas plus une guerre ‘d'indépendance' que la Déclaration Unilatérale d'Indépendance (UDI) du dirigeant de la minorité blanche en Rhodésie, Ian Smith, dans les années 1960 n'était une déclaration ‘d'indépendance'. Ce fut une guerre de conquête coloniale, d'une violence inégalée, pire même que l'invasion française de l'Algérie. Elle est à l'origine de la Nakba, prise de contrôle de la Palestine qui s'est poursuivie par étapes depuis lors.</p> <p>La guerre de 1967 fut une autre guerre de conquête coloniale, fondée sur un mensonge, à savoir celui d'une attaque ‘préventive'. Nasser n'avait nullement l'intention d'attaquer Israël et les Israéliens ainsi que les Américains le savaient. Le vice président égyptien, Zakariya Muhi al Din, était en route pour Washington afin de négocier une fin pacifique à une crise qu'Israël avait générée par ses provocations militaires sur le front Syrien, violant la zone démilitarisée. Menacé non pas par la guerre mais par la paix, Israël attaqua avant qu'il n'arrive à Washington. Des propos faisant état d'une menace d'extermination et d'un ‘cercle d'acier' arabe étaient trompeurs et destinés aux Israéliens dans le but de les maintenir dans un état de préparation permanente à la prochaine guerre.</p> <p>« … les actions de représailles constituent notre système lymphatique vital », faisait remarquer Moshe Dayan en 1955. « Par dessus tout, elles nous permettent de maintenir une forte tension au sein de la population et de l'armée. Sans ces actions nous aurions cessé d'être une nation combative, les colons quitteraient les colonies. … Il est nécessaire de convaincre nos jeunes qu'ils sont en danger. »</p> <p>C'est le cas depuis la création de l'état d'Israël. Les juifs d'Israël doivent être maintenus sur les dents en permanence. Il faut qu'ils vivent dans la peur de quelqu'un ou quelque chose - les ‘Arabes', le Hezbollah, l'Iran, l'antisémitisme - pour que le sionisme puisse prédominer.</p> <p>En 1967, une fois de plus, la ‘communauté internationale' ne fit rien lorsque des centaines de milliers de gens supplémentaires - cette fois aussi bien des Syriens que des Palestiniens - furent expulsés de leur patrie. Le monde est resté silencieux tandis qu'Israël rasait l'ancien quartier Magharibah au centre de Jérusalem pour y construire une ‘place' devant les murs du Haram al Sharif.</p> <p>L'annexion de Jérusalem fut suivie de la colonisation de la Cisjordanie et en 1981, par l'annexion des Hauteurs du Golan occupées. La résistance palestinienne fut écrasée dans les territoires nouvellement occupés et au Liban. Des ‘incursions' au Liban furent suivies par des invasions à grande échelle en 1979 et 1982. La couverture télévisée en temps réel permit au monde entier de voir de ses propres yeux le vrai visage d'Israël derrière les clichés le présentant comme la seule démocratie du Moyen-Orient et son armée comme la plus morale au monde. Les bombardements de Beyrouth et les massacres de Sabra et Shatila, et encore plus ses brutalités au cours de la première et de la seconde Intifadas, ont dessillé des yeux auparavant favorables à la super colonie sioniste.</p> <p>On se souviendra très probablement de la guerre de 1967 non seulement comme une guerre de conquête mais comme une guerre qui marqua le summum des prouesses militaires israéliennes (dans le contexte de la guerre conventionnelle). En 1973 les forces israéliennes étaient mises en déroute dans le Sinaï lorsque Sadate mit unilatéralement fin à la guerre. S'il n'avait pas trahi Assad les sionistes auraient pu être chassés d'Egypte et des Hauteurs du Golan. La trahison de Sadate et le rapide réapprovisionnement en armes et munitions par les Etats-Unis permirent à Israël d'opérer un retour, mais le mythe de son invincibilité avait finalement été révélé comme tel.</p> <p>Pendant l'invasion terrestre du Liban en 1982 de petits contingents de guérilleros palestiniens et de soldats syriens ont à plusieurs reprises bloqué la progression sioniste. La logistique de la campagne terrestre était chaotique mais la folie meurtrière aérienne israélienne est restée sans opposition. Le bilan final approcha les 20 000 morts, dont l'immense majorité étaient des civils, écrasés ou enterrés vivants sous les décombres de leur immeuble et abattus dans la rue par des frappes de missiles et des tirs d'artillerie aveugles. Après d'être retirés de Beyrouth suite à l'atrocité de Sabra et Shatila, les sionistes se sont cramponnés au Sud-Liban et y seraient encore sans aucun doute si le Hezbollah ne les en avait chassés en 2000. C'était leur première réelle défaite depuis 1948 et elle leur a été infligée par une armée de guérilléros.</p> <p>L'humiliation subie par Israël l'a laissé assoiffé de vengeance, cependant lorsqu'il tenta de détruire le Hezbollah en 2006, il fut à nouveau humilié. Ses forces terrestres se sont avérées incapables de progresser de plus de quelques kilomètres au-delà de la ligne d'armistice. Ses soldats se sont retrouvés piégés à plusieurs reprises et l'anéantissement ne leur a été épargné que grâce à la puissance aérienne. Ses chars Merkeva si prisés furent détruits et l'un de ses bâtiments de guerre paralysé par un missile mer-air du Hezbollah.</p> <p>Ce qui rendit la défaite encore plus cuisante, c'est que ce furent les forces de réserve à temps-partiel du Hezbollah - en fait, de jeunes hommes qui prennent les armes lorsque nécessaire - qui ont fait barrage aux Israéliens en dépit du déséquilibre total de la puissance de feu et du nombre de combattants sur le terrain. L'essentiel des troupes professionnelles du Hezbollah sont restées au nord du fleuve Litani, c'est pourquoi après s'être pris une raclée pendant des semaines les sionistes n'ont pas osé le traverser.</p> <p>Dans leur frustration les sionistes ont déchaîné leur puissance de feu aérienne. Ils ont tué 1400 civils, dont environ 400 enfants, et beaucoup d'entre eux étaient des banlieues chiites au sud de Beyrouth, grâce aux avions et missiles fournis par les Etats-Unis. Des immeubles, des routes, des ponts et centrales électriques furent oblitérés au cours de ce qui devait devenir la « stratégie Dhaiya', du nom de la banlieue sud de Beyrouth où les avions de guerres israéliens ont infligé le plus de dégâts. La prochaine fois, ont menacé les généraux sionistes la « stratégie Dahiya » serait appliquée à tout le territoire libanais. Pour se préparer à cet événement apparemment inévitable le Hezbollah fait des stocks de missiles qui selon ses dires peuvent atteindre n'importe quelle zone de la Palestine occupée. Il sait, tout comme le sait son ennemi mortel, que si la puissance aérienne sioniste est jamais neutralisée l'état d'Israël aura de sérieux ennuis.</p> <p>Ces guerres mettent en lumière quelques vérités sur la soi-disant ‘Force de Défense Israélienne'. Aucune de ses guerres n'a eu comme objectif la ‘défense' mais plutôt la conquête de nouvelles terres ou la ‘défense' de terres déjà volées. Israël ‘défend' ce qui ne lui appartient pas. Il ‘défend' son dénie des droits d'un autre peuple. Il a combattu des armées régulières en de très rares occasions. A Gaza, en Cisjordanie et au Liban la majorité de ses victimes n'étaient pas des combattants mais des civils. Loin d'être une armée vertueuse, elle a un lourd bilan de massacres les plus odieux de civils. Loin de condamner ces massacres - sauf exception comme celle de la manifestation de masse à Tel Aviv après les atrocités commises à Sabra et Shatila sous contrôle de l'IDF - un grand nombre de citoyens juifs d'Israël les approuvent. Pendant les nombreuses offensives israéliennes contre Gaza, les colonisateurs juifs de l'autre côté de la barrière se réjouissent et sautent de joie à chaque fois qu'un nouvel immeuble peuplé de familles est frappé par des missiles ou des tirs de chars.</p> <p>La haine ‘des Arabes' (les sionistes ne peuvent guère se résoudre à les appeler ‘Palestiniens') s'exprime maintenant plus ouvertement que jamais auparavant. On est arrivé au point où les civils participent à l'assassinat de Palestiniens - avoir même l'air d'un ‘terroriste' fut suffisant pour qu'un Erythréen fut battu à mort par des badauds à une gare routière. Ce qui a horrifié la mère du soldat qui a récemment assassiné un jeune Palestinien à Hébron, ce n'est pas que son fils chéri ait armé son fusil et mis négligemment une balle dans la tête d'un homme blessé alors qu'il gisait sur la route. Non, ce qui la préoccupait, c'est qu'il ait été arrêté. « Est-ce juste qu'un combattant qui neutralise un terroriste sur le lieu d'une attaque soit détenu presque un mois complet ? », s'est-elle plainte à Netanyahou. « Homicide, juste ciel, pour avoir neutralisé un terroriste ? Est-ce concevable qu'un combattant dévoué, moral soit accusé d'homicide pour avoir abattu un terroriste ? » Bien sûr, le ‘terroriste' avait déjà été ‘neutralisé' et le soldat n'aurait pas dû être inculpé pour homicide mais pour meurtre.</p> <p>Les sondages montrent que près de 60 pour cent d'Israéliens juifs approuvent le meurtre du Palestinien. En d'autres termes, on pourrait dire que près de 60 pour cent des Israéliens juifs sont des sociopathes avérés. C'est pour cette raison que dernièrement un général israélien a fait un parallèle entre Israël et l'Allemagne du début des années 1930 : « Il est terrifiant de voir que des évolutions abominables qui se sont produites en Europe commencent à survenir ici . » A Tel Aviv des partisans du soldat qui a assassiné le Palestinien à Hébron ont tenu un rassemblement en défense du meurtrier, dansant, se drapant dans le drapeau israélien et soufflant dans une corne de bélier courbée connue sous le nom de shofar. L'homme politique et colon qui hait les Palestiniens, Avigdor Lieberman a déclaré : « Je préfère un soldat qui fait une erreur et reste en vie à un soldat qui hésite et se fait assassiner par un terroriste » - une erreur, achever de sang froid un homme blessé d'une balle dans la tête ?</p> <p>Ces sentiments meurtriers sont le fruit de décennies d'un racisme institutionnalisé et volontairement inculqué. On constate cette évolution négative, sondage après sondage de l'opinion publique. A la question les ‘Arabes' devraient-ils être transférés ou expulsés d'Israël (Pew Research Centre 2014/2015), 21 pour cent répondirent qu'ils y étaient fortement favorables, 27 pour cent qu'ils étaient globalement favorables. L'expulsion ou le transfert reçut l'approbation de 71 pour cent de la communauté religieuse. Ce sondage a été fait avant la vague récente d'attaques au couteau, il est donc fort probable que le nombre d'Israéliens juifs qui veulent l'expulsion des ‘arabes' soit maintenant sensiblement plus élevé. A la question habiteriez-vous dans le même immeuble que des ‘Arabes' (sondage Israel Channel Two avril 2015), 49 pour cent ont répondu par la négative (contre 42 pour cent qui n'y seraient pas opposés).</p> <p>Selon un sondage d'octobre 2012 (Dialog) 59 pour cent d'Israéliens juifs pensent que les juifs devraient être prioritaire sur les ‘Arabes' pour l'accès aux emplois gouvernementaux. Quarante neuf pour cent pensaient que l'état devrait traiter les juifs de manière plus favorable que les ‘Arabes' (ce qu'il fait déjà bien sûr à tous les niveaux) ; 42 pour cent ne voulaient pas vivre dans le même immeuble que les ‘Arabes' ; 30 pour cent soutiendraient une loi interdisant le droit de vote des ‘Arabes' à la Knesset ; 69 pour cent seraient opposés à ce que les ‘Arabes' aient le droit de vote si Israël annexait la Cisjordanie : 74 pour cent étaient favorables à des routes séparées pour les Israéliens juifs et les ‘Arabes' en Cisjordanie ; et 47 pour cent aimeraient que la population ‘arabe' d'Israël d'avant 1967 soit transférée vers des régions sous contrôle de l'Autorité Palestinienne en Cisjordanie.</p> <p>Un sondage de 2010 (Israel Democracy Institute) trouva qu'un tiers des Israéliens juifs étaient favorables à ce que les Palestiniens soient mis en camps d'internement en temps de guerre. Selon une autre enquête faite en mars de la même année par Maagar Mochot Institute presque la moitié des lycéens (15-18 ans) israéliens juifs croyaient que les ‘Arabes' n'avaient pas droit aux mêmes droits que les juifs. Plus de la moitié (56 pour cent) refuseraient le droit de vote aux 'Arabes ; 49,5 pour cent pensaient que les ‘Arabes' ne devraient pas avoir les mêmes droits que les juifs (82 pour cent chez les étudiants religieux). En remontant jusqu'à 1963, selon un sondage fait auprès de mille enfants âgés de huit à quatorze ans, se référant aux récits bibliques de la destruction de Jéricho, ‘et de tout ce qui s'y trouvait, hommes, et femmes, jeunes et vieux, bœufs et moutons' - le même traitement étant appliqué aux habitants d'une ville voisine, 600 des sondés approuvaient totalement la destruction de ces villes et de leurs habitants non juifs.</p> <p>Les rabbins, les hommes et femmes politiques et même certains universitaires ont contribué à la montée en puissance de cette haine, en qualifiant les ‘Arabes' de tumeurs, serpents, ‘bêtes à deux pates' (Menahem Begin), ‘cafards dans une bouteille' (Rafael Eytan) et animaux sauvages qui doivent être mis en cage (Benny Morris). En 2007 l'ancien grand rabbin sépharade, Mordechai Eliyahu, a décrété qu'il n'était pas moralement prohibé de tuer des civils au cours d'une offensive militaire. Son fils Shmuel, grand rabbin de Safed, poursuivit en disant que s'ils [les ‘Arabes] « n'arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer 1000, même un million, ou le nombre nécessaire pour les faire arrêter. » En janvier de cette année, pendant ‘l'intifada des couteaux', il a déclaré qu'Israël devrait exécuter les ‘Arabes' blessés plutôt que de les laisser vivre.</p> <p>En octobre 2015 le rabbin Yisrael Rosen, directeur de l'Institut religieux Tzomet, citant la Torah, réitéra cette injonction génocidaire à l'encontre des ennemis d'Israël : « Anéantissez les Amalécites jusqu'au dernier. Tuez les et arrachez leur leurs biens. Ne leur témoignez aucune compassion. Tuez les sans vous arrêter, les uns après les autres, ne laissez aucune plante, aucun arbre. Tuez tous leurs animaux, du chameau au baudet. » Le mot ‘Amalécite' fut utilisé par Ben-Gourion contre les ‘Arabes' dans les années 1950 et récemment par Netanyahou à l'encontre de l'Iran : « Le nouvel Amalécite resurgit sur la scène de l'histoire. »</p> <p>En novembre 2015, 29 rabbins orthodoxes et Chabad ont signé une lettre appelant à ‘exécuter' tous les Palestiniens qui nuisent aux juifs. Au nombre des signataires, se trouvaient le colon fanatique, Dov Lior, Yitzhak Grinsberg et Yitzhak Shapira, auteur de la Torat Ha Melech ((La Torah du Roi) qui décrète qu'en temps de guerre les soldats peuvent tuer les bébés dans leur berceau parce qu'un jour ils grandiront et s'en prendront aux juifs. Ces interprétations de la Torah sont tout aussi haineuses et meurtrières que l'interprétation du Coran par l'Etat Islamique. On dira que ces gens sont des ‘extrémistes', et bien sûr qu'ils le sont, des extrémistes meurtriers, génocidaires impitoyables, mais ce que montrent les sondages c'est à quel point ces sentiments se sont banalisés.</p> <p>La source première de ces attitudes c'est une idéologie qui repose sur le vol et la dépossession sous couvert du mensonge selon lequel c‘est ‘notre' terre. Pour que cette entreprise criminelle réussisse, il fallait dépouiller les Palestiniens (les ‘Arabes') de leur dignité d'êtres humains. Il fallait en brosser le portrait généralisé d'êtres paresseux, brutaux, cupides, adeptes de la violence et déterminés à tuer des juifs pour la seule raison qu'ils sont juifs. Il ne pouvait y avoir de répit : il fallait sans cesse accentuer ces portraits pour que le projet sioniste réussisse. Il était indispensable de réprimer les meilleurs instincts humains, comme la compassion, l'empathie, la compréhension, et la capacité de reconnaître les torts causés, et c'est ce qui explique que des gens, qui peuvent par ailleurs être des gens biens, sont capables d'exprimer des opinions si méprisantes, haineuses, voire meurtrières lorsqu'il s'agit des Palestiniens.</p> <p>Ce dédoublement de la personnalité délibérément fabriqué est loin d'être rare. Le racisme a été un moteur puissant à la fois de l'impérialisme et du nationalisme extrême. L'état nazi a encouragé la haine des juifs chez des Allemands par ailleurs ‘bienveillants' - les doctrines de l'Afrique du Sud de l'apartheid ont façonné des attitudes haineuses à l'égard de la population noire chez la minorité blanche par ailleurs ‘bienveillante' ; et sept décennies de propagande et d'endoctrinement par ‘l'éducation' ont eu le même effet insidieux sur les comportements des Israéliens juifs à l'égard des Palestiniens.</p> <p>La ‘force' d'Israël se nourrit du soutien politique et financier des Etats-Unis, et du refus de la ‘communauté internationale' de lui demander des comptes. Hillary Clinton et Donald Trump se livrent à des courbettes éhontées devant le lobby sioniste. S'il est élu, Trump a l'intention d'installer l'ambassade états-unienne à Jérusalem et a incité Israël à poursuivre la construction d'implantations en Cisjordanie. Israël projette maintenant d'annexer 60 pour cent de la Cisjordanie : le Département d'état a sans aucun doute dit ou va dire que ceci nuit au ‘processus de paix' comme s'il se trouvait quelqu'un pour sérieusement croire qu'il en existe un. Il y a peu de temps, Netanyahou a tenu un conseil des ministres en plein air sur les Hauteurs du Golan en guise de signal au reste du monde - un doigt pointé vers le monde - lui signifiant qu'Israël n'a aucune intention de les restituer à un pays, qu'il espère va bientôt disparaître. Pourtant, même en dépit de ces défis à l'ordre international, Israël est récompensé, en étant admis très récemment au sein de l'OTAN. Grâce à la Turquie qui a levé son veto contre Israël, une mission permanente a été ouverte à Bruxelles ; le président turc avait qualifié Israël d'état terroriste et s'était distingué comme défenseurs des Palestiniens.</p> <p>Après presque 70 ans il est évident que la diplomatie a totalement échoué ou, pour dire les choses autrement, qu'elle ne réussira pas à apporter un quelconque règlement ‘juste' de la situation. Le roi Hussein de Jordanie a passé des décennies à négocier avec les sionistes à huis clos et il a dû admettre peu de temps avant sa mort que ce fut en vain. En échange de tous les risques qu'il a pris - y compris la signature d'un traité de paix - les sionistes ne lui ont rien donné, si ce n'est de temps en temps la promesse de ne pas le bombarder. Les Palestiniens ne sont pas revenus au point de départ, mais se trouvent dans une situation plus grave encore qu'à l'époque où l'OLP a renoncé à la violence en faveur de la voie diplomatique au début des années 1970. La diplomatie et un ‘processus de paix' interminable ont simplement permis à Israël de continuer sa guerre aux Palestiniens par d'autres moyens.</p> <p>Chaque pièce a une double face et la perte de la Palestine n'échappe pas à cette règle. Il y a une face sioniste et une autre arabe. Lorsque la guerre de 1967 a été déclarée ‘l'idée du nationalisme arabe' était en rapide régression. Il ne reste maintenant que fragmentation, confusion, discorde et haine confessionnelle. Les Arabes sont bien trop occupés à s'entre-tuer pour se soucier d'Israël. L'Arabie Saoudite fait sa guerre au Yémen et, avec le Qatar, a contribué à raison de milliards de dollars à l'effort visant à renverser le gouvernement à Damas. C'est le Qatar, qui en tête, a fourni l'alibi arabe à l'OTAN pour détruire la Lybie, projet soutenu par la Ligue arabe. Israël n'est même plus l'ennemi commun. La connivence entre les états arabes et les sionistes est à peine voilée.</p> <p>C'est dans ces eaux fétides que nage Israël. Ce qu'il veut, c'est que le monde arabe cesse d'être ce qu'il est (ou ce qu'il a été ou ce qu'il pense qu'il était). Il veut que le nationalisme arabe soit mort et enterré, et avec l'aide des Arabes il est en train de parvenir à ses fins. Il veut la reconfiguration géographique et politique du Moyen-Orient et il est aussi en train de réaliser cet objectif. Les gouvernements arabes semblent ne pas voir (ou ne s'en soucient guère) qu'ils apposent leur signature à la fin du ‘monde arabe' en tant qu'entité collective. C'est avec leur connivence que la progression de l'Histoire ‘arabe' s'est arrêtée. Assurément, ce ne peut avoir été la région qui a produit quelques uns des plus grands guerriers et penseurs de l'Histoire. La chute de tels sommets vers de tels abîmes sordides est tout simplement trop vertigineuse. De toute évidence, l'Histoire arabe n'était pas du tout de l'Histoire, mais rien qu'un conte de fée, un divertissement pour enfants avant qu'ils ne s'endorment, semblable à Hay ibn Yaqzan ou aux histoires de Qalilah wa Dimna.</p> <p>Les Palestiniens ont tout essayé. Ce ne sont pas eux qui n'ont ‘jamais raté une occasion de rater une occasion' comme l'a une fois fait remarquer le ministre des affaires étrangères israélien Abba Eban, mais c'est Israël. Il n'a jamais été prêt à échanger la terre pour la paix. Il veut et la terre et la paix et semble espérer que le temps va résoudre les contradictions inhérentes à cette formule.</p> <p>Les perspectives sont terriblement sombres, mais n'y a-t-il plus aucun espoir ? Il y a des raisons de penser que si. Si Israël annexe bel et bien la Cisjordanie et refuse d'accorder aux Palestiniens les droits de citoyens, il deviendra ouvertement un état d'apartheid et encore plus un paria sur la scène mondiale. La campagne BDS remporte chaque jour toujours plus de succès mondialement. Des sociétés, des facultés, des églises et d'autres groupes sociaux se désinvestissent tous. Les torrents d'invectives en provenance du gouvernement israélien et de ses lobbyistes, et leurs tentatives visant à criminaliser le mouvement BDS sont une preuve manifeste de son succès.</p> <p>Aux États-Unis John Mearsheimer et Stephen Walt ont brisé un tabou en publiant en 2007 leur livre : <i>The Israel Lobby and US Foreign Policy </i> (Le lobby israélien et la politique étrangère états-unienne). Ce n'était pas des gauchistes hallucinés mais des universitaires traditionnels conservateurs de deux des meilleures universités au monde - Chicago et Harvard. Qu'un livre remettant en question la nature de la ‘relation spéciale' pour des raisons à la fois politiques et morales, puisse même trouver un éditeur grand-public était en soi le signe que l'opinion publique était en train de changer.</p> <p>Israël a depuis subi d'autres revers, et tout récemment l'incapacité des lobbies d'empêcher la signature de l'accord avec l'Iran. Pendant ce temps, sur les campus les étudiants juifs sont tout aussi susceptibles de rejoindre la campagne BDS que de s'y opposer. Ils soutiennent sans aucun doute le droit d'exister d'Israël, mais pas ce qu'il est devenu. Ils ne lui accordent plus un soutien inconditionnel - comme ce pouvait être le cas dans les années 1960 - et ce soutien ne va plus de soi.</p> <p>Dans la sphère politique à proprement parler Bernie Sanders a critiqué Israël, pas très durement certes, mais il l‘a critiqué et dans une campagne électorale présidentielle c'est une première absolue. Les Européens adoptent une ligne plus dure. L'UE dresse une liste noire des entreprises israéliennes et bloque le financement de toute entité opérant en Cisjordanie. L'UE et le gouvernement états-unien interdisent l'étiquetage ‘made in Israël' des produits fabriqués en Cisjordanie. Israël perd régulièrement du terrain dans les parlements européens et auprès des populations.</p> <p>La roue de l'histoire tourne lentement, mais elle tourne et tourne tout le temps contre Israël. Il est souvent impossible pour les personnes ou les empires et les états qui jouissent d'un grand pouvoir d'imaginer le jour où ils seront dépourvus de ce pouvoir. Israël s'est fait beaucoup d'ennemis et n‘a qu'un seul ‘ami'. Même cette amitié est sujette à caution : si Hillary Clinton et Donald Trump déclarent leur amour éternel pour Israël, ce n'est pas par amour mais par peur, des dégâts que le lobby peut faire s'ils osent dire autre chose. Il est sûr que les Etats-Unis subiront leurs propres bouleversements. Le jour viendra peut-être où ils ne pourront plus se permettre de donner quatre ou cinq milliards de dollars par an à Israël - le jour viendra peut-être où pour des raisons morales et politiques ils ne verront pas pourquoi ils le devraient.</p> <p>Le dernier élément de l'équation c'est le peuple juif d'Israël. Que veut-il - une paix réelle ou un succédané de paix fondé sur l'occupation et l'oppression permanente d'un autre peuple ? Netanyahou, Naftali Bennett, Avigdor Lieberman, les colons et les rabbins fanatiques proposent la deuxième option comme si Israël n'avait pas d'autre choix. En mentant sur le passé et en justifiant toutes les cruautés commises dans le présent Israël s'empoisonne. Quel plus grand danger pour son avenir que ceci pourrait-il y avoir ?</p> <p><span class='spip_document_21523 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:94px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L94xH87/a1-518-8f8de.jpg' width='94' height='87' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Jeremy Salt</strong> a enseigné l'histoire moderne du Moyen-Orient à l'Université de Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications récentes son livre paru en 2008 : <a href="https://www.amazon.fr/Unmaking-Middle-East-History-Disorder/dp/0520261704/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1465619261&sr=1-1&keywords=The+Unmaking+of+the+Middle+East.+A+History+of+Western+Disorder+in+Arab+Lands" class='spip_out' rel='external'>The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands</a> (University of California Press).</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13020' class='spip_out'>La Syrie saignée à blanc ...</a> - 25 décembre 2012<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11458' class='spip_out'>La Turquie a des visées sur la Syrie : une nouvelle guerre se prépare</a> - 22 novembre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11339' class='spip_out'>Syrte dans la légende</a> - 22 octobre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9623' class='spip_out'>Un tribunal vicié : l'autre guerre d'Israël contre le Liban</a> - 2 novembre 2010</p></div> <div class='rss_ps'><p>18 mai - The Palestine Chronicle - Cet article peut être lu sur :<br/><a href="http://www.palestinechronicle.com/zionist-ideology-led-israel" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.palestinechronicle.com/z...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16073' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - MJB</p></div> Y. Atall défend bec et ongles son fonds de commerce http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16067 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16067 2016-06-06T07:57:51Z text/html fr Claude auteur3 <p>Samedi soir 28 mai dernier, L. Ruquier recevait sur le plateau d'ONPC (On n'est pas couché) l'acteur et réalisateur Yvan Atall pour la promo de son film : « Ils sont partout » qui sort en salles ces jours-ci.<br class='autobr' /> Il s'agit paraît-il, d'une comédie où à travers une série de sketchs différents l'auteur dénonce les clichés qui circuleraient à propos des juifs. Mais dénonce surtout l'antisémitisme qu'il ­dit sentir dangereusement monter de toutes parts. C'est d'ailleurs le thème du film. Pour corroborer sa thèse, il (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot11" rel="tag">auteur3</a> <div class='rss_chapo'><p>Samedi soir 28 mai dernier, L. Ruquier recevait sur le plateau d'ONPC (On n'est pas couché) l'acteur et réalisateur Yvan Atall pour la promo de son film : « Ils sont partout » qui sort en salles ces jours-ci.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Il s'agit paraît-il, d'une comédie où à travers une série de sketchs différents l'auteur dénonce les clichés qui circuleraient à propos des juifs. Mais dénonce surtout l'antisémitisme qu'il ­dit sentir dangereusement monter de toutes parts. C'est d'ailleurs le thème du film. Pour corroborer sa thèse, il invoque les affaires Merah, Coulibaly, Kouachi, Halimi…</p> <p>Certes, il y a et il y a toujours eu d'odieux actes antisémites en France et un peu partout dans le monde, mais pas plus aujourd'hui qu'auparavant comme tente de nous le faire croire l'auteur, c'est même tout l'inverse. Et c'est là que c'en devient lassant. D'autant que les trois animateurs du plateau (L. Ruquier, L. Salamé et Y. Moix) souvent incisifs dans d'autres cas, ont cette attitude complaisante dès qu'il s'agit d'un fait qui de près ou de loin, touche à la communauté juive. J'y vois pour ma part, l'attitude de gens qui n'ont pas réglé fondamentalement leur problème sur la question, sauf à être partial.</p> <p>Au-delà du fait qu'il faudrait suggérer à L. Ruquier de changer de disque, cette fixation paranoïaque de certains sur un antisémitisme qui serait en dangereuse recrudescence est infirmée par les études sur la question. Et Yvan Atall a eu beau prendre des airs victimaires comme s'il portait le monde sur le dos, et mouliner des poignets pour tenter de convaincre l'auditoire de sa thèse, rien n'est moins vrai que ses fatigantes et niaises affirmations. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est une <a href="http://www.pourlapalestine.be/il-ny-a-jamais-eu-aussi-peu-dincidents-antisemites-depuis-10-ans-selon-une-etude-universitaire-israelienne/" class='spip_out' rel='external'>récente étude… israélienne</a> (pas de chance Mr Atall !).</p> <p>Les réticences que l'auteur dit avoir rencontrées pour l'aider dans son projet, ainsi que les réserves qu'expriment certains par rapport au film ne sont donc pas liées au fait - comme le sous-entend Y. Atall - qu'il s'agit d'une affaire liée aux juifs, mais qu'il s'agit tout simplement d'une affaire qui n'en est pas une, comme voudrait à tout prix nous en persuader Atall ! Et s'il fallait vraiment établir une grille de comparaisons, je pense qu'il y a nettement moins d'actes antisémites que d'actes racistes ayant pour cible les réfugiés arabes et africains arrivant en Europe, quand celle-ci ne les regarde pas se noyer en Méditerranée dans une indifférence qui en dit long sur l'état d'esprit de ceux qui réduise la préoccupation du moment à une hypothétique montée de l'antisémitisme…</p> <p>Pour conclure, il est vraiment regrettable que France Télévisions et particulièrement France2 laissent se propager à travers l'émission de L. Ruquier de telles contre-vérités. Le même L. Ruquier qui huit jours avant se trouvait avec son équipe à Cannes, aurait été mieux inspiré d'inviter Ken Loach pour sa Palme d'Or. Celui-ci lui aurait expliqué que contrairement à ce qu'affirme aussi Y.Atall, l'antisionisme n'a rien à voir avec l'antisémitisme.</p> <p>Mais que si la situation est parfois à ce point tendue, il faut regarder les choses en face et pouvoir les dire en les nommant clairement, à savoir, que c'est la criminelle politique coloniale israélienne et ceux qui la soutiennent qui causent tant de mal aux Palestiniens d'abord, et à nos sociétés ensuite. Mais il est vrai que pour ça, il faut un minimum de lucidité et d'intelligence, doublées d'un certain courage… ce que n'ont pas les saltimbanques d'ONPC… ni d'ailleurs, la plupart des responsables politiques.</p> <p><span class='spip_document_12128 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:114px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L114xH120/A10-1425-cab69.jpg' width='114' height='120' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Daniel Vanhove</strong> est Observateur civil et membre du Mouvement Citoyen. Il a publié aux Ed. Marco Pietteur - coll. Oser Dire : <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.amazon.fr/vous-d%C3%BF%C2%A9truisez-maisons-d%C3%BF%C2%A9truirez-%C3%BF%C2%A2mes/dp/2919937006" class='spip_out' rel='external'>Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes</a> - 2004<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article5595' class='spip_out'>La Démocratie mensonge</a> - 2008</p> <p><strong>Du même auteur :</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16012" class='spip_out'>Sous « le voile islamique », la Palestine et un racisme, euh…voilé</a> - 29 avril 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15670" class='spip_out'>Israël doit être mis au ban de nos sociétés</a> - 20 octobre 2015 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15492" class='spip_out'>La crise grecque déterminera à jamais l'avenir de l'UE</a> - 13 juillet 2015 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14911" class='spip_out'>Décapitation ou drones et missiles : à vous de choisir…</a> - 28 août 2014 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14895" class='spip_out'>Tôt ou tard, l'effondrement de l'État israélien</a> - 24 août 2014 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14828" class='spip_out'>L'écrasante responsabilité européenne dans la Nakba palestinienne</a> - 6 août 2014 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article1420" class='spip_out'>La résistance palestinienne… quel exemple !</a> - 30 août 2014</p></div> <div class='rss_ps'><p>Juin 2016 - Transmis par l'auteur</p></div> La délégitimisation des Palestiniens : une longue histoire http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15970 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15970 2016-03-30T05:37:42Z text/html fr Micheline focus2rub focus3acc <p>Après tout, ce n'est pas comme si la tactique de délégitimisation était une nouveauté pour le sionisme.<br class='autobr' /> Manifestant une fois de plus l'allégeance éhontée et geignarde à l'égard des fortunés qu'elle et son mari ont portée au rang d'art suprême au cours des trente dernières années, Hillary Clinton a écrit le 6 juillet dernier une lettre au milliardaire israélo-américain Haim Saban dans laquelle elle disait que :<br class='autobr' /> Je sais que vous serez d‘accord que nous devons faire de la lutte contre le mouvement BDS une (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH130/arton15970-74bf0.jpg' width='150' height='130' /> <div class='rss_chapo'><p>Après tout, ce n'est pas comme si la tactique de délégitimisation était une nouveauté pour le sionisme.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21368 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a1-398-d8d9e.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 57.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Barrage militaire entre Jérusalem et Bethléem - Dans le paradis raciste et ségrégationniste sioniste, les habitants natifs de Palestine sont parqués, réprimés, souvent maltraités ou tués par les troupes d'occupation - Photo : Activestills.org</i> </dd> </dl> <p>Manifestant une fois de plus l'allégeance éhontée et geignarde à l'égard des fortunés qu'elle et son mari ont portée au rang d'art suprême au cours des trente dernières années, Hillary Clinton a écrit le 6 juillet dernier une lettre au milliardaire israélo-américain Haim Saban dans laquelle elle disait que :</p> <p>Je sais que vous serez d‘accord que nous devons faire de la lutte contre le mouvement BDS une priorité. J'aimerais que vous me donniez votre avis sur la manière dont nous pouvons œuvrer ensemble, tous partis confondus, et en mobilisant une grande diversité de voix pour inverser cette tendance par l'information et la sensibilisation, et pour riposter à de nouvelles tentatives d'isoler et de délégitimer Israël.</p> <p>L'une des raisons clé de l'extraordinaire succès du lobby sioniste en Amérique au cours des six dernières décennies environ, c'est sa capacité à générer ou répéter des petites phrases dont l'objectif discursif n'est pas d'enrichir, ni sur le fond ni sur la forme, le débat sur le Moyen-Orient, mais au contraire de l'appauvrir et de le tempérer.</p> <p>Bien avant que Frank Luntz, stratège du Parti Républicain, ne commence à sonder les groupes de réflexion en quête de termes chargés émotionnellement capables de paralyser les facultés rationnelles du public pendant les campagnes politiques, les gens de l'AIPAC et les nombreux experts des médias traditionnels qui sont leurs fidèles porte-parole (comme par exemple Wolf Blitzer ancien employé de l'AIPAC) étaient déjà des spécialistes du jeu.</p> <p>La tactique, la mieux connue peut-être, employée par les plus fervents des partisans d'Israël consiste à défier la personne qui critique sa politique si elle soutient le droit d'exister de cet état.</p> <p>La subtilité de la démarche, du point de vue au moins de ceux qui l'utilisent, c'est son innocuité apparente. Nous avons tous, notamment les Américains, une attitude instinctivement positive vis-à-vis de la notion de « droits ».</p> <p>Et qui voudrait déclarer publiquement être contre la notion de « l'existence » de quelqu'un ou d'un état ?</p> <p>Donc, lorsque notre interlocuteur demande, « Ne soutenez-vous pas le droit d'Israël d'exister ? » la plupart d'entre nous se figent et font marche arrière.</p> <p>Et c'est précisément l'effet recherché par ceux qui posent cette question.</p> <p>Mais bien sûr critiquer le comportement de quelqu'un ou quelque chose n'est pas la même chose que de chercher sa mort ou sa destruction. Présenter ces deux activités comme identiques n'est ni plus ni moins qu'une absurdité.</p> <p>Il est tout aussi absurde - et une fois de plus je fais référence à la question/réplique mentionnée ci-dessus - de parler d'un « droit » d'exister indépendamment d'autres valeurs et préoccupations.</p> <p>Tout « droit » politique ou social est nécessairement défini sur une matrice de compromis. Mon « droit de vivre » et mon « droit de rechercher le bonheur » dépendent nécessairement et sans exception de la nécessité de prendre en considération les droits et besoins des personnes qui m'entourent, et d'y répondre.</p> <p>Donc la vraie question en ce qui concerne Israël (et tout autre entité politique nationale, d'ailleurs) c'est sous quelles conditions morales et légales spécifiques - dans ses relations à ses voisins géographiques et à tous ceux qui sont soumis aux formes d'organisation de son pouvoir - peut-il et devrait-il être autorisé et/ou encouragé à perpétuer ses modes d'existence actuels ?</p> <p>Et c'est, bien sûr, précisément le débat que ce défi, ridiculement vague et souvent lancé avec suffisance sur le droit d'Israël d'exister, a précisément pour but d'éviter.</p> <p>Ceux qui jettent ce défi ne comprennent que trop bien, que si une telle discussion approfondie se déroulait, Israël, étant donné ses pratiques toujours en cours de nettoyage ethnique et son racisme profondément institutionnalisé, n'aurait pas très bonne presse auprès de la plupart des gens épris de justice.</p> <p>Nous constatons maintenant l'utilisation apparemment concertée et à grande échelle d'un autre discours encore : celui qui soutient que l'objectif central du mouvement BDS est de mettre en œuvre sans pitié la « délégitimisation » de l'état d'Israël.</p> <p>D'après le dictionnaire Collins en ligne, délégitimer signifie « invalider, rendre illégal, ou inacceptable ».</p> <p>A un certain niveau, donc, l'utilisation du terme par les défenseurs d'Israël est assez juste. Ceux en faveur du BDS recherchent en effet à invalider et finalement à rendre illégales et inacceptables les pratiques racistes et expansionnistes du gouvernement israélien.</p> <p>A un autre niveau, cependant, ils exagèrent clairement lorsque, comme ils le font souvent, ils assimilent de manière simpliste une démarche visant à démanteler des pratiques odieusement racistes à la destruction de l'état lui-même (Qu'est-ce-que cela nous dit d'une société où l'abolition des dispositions régissant la citoyenneté fondée sur les liens du sang et de la suprématie ethnique légalisée est pour une bonne partie de ses membres synonyme d'anéantissement ?), ce que toutes les déclarations d'objectif du mouvement BDS désavouent explicitement.</p> <p>Pour quiconque a suivi les actions du lobby israélien au fil des ans, de telles exagérations et ce type d'amalgame cyniquement réfléchi sont, bien sûr, des histoires bien - très bien - connues.</p> <p>Ce qui est beaucoup plus intéressant de mon point de vue c'est la colère indignée qui accompagne presque à coup sûr l'évocation par les sionistes des efforts de « délégitimisation » soigneusement circonscrits du mouvement BDS.</p> <p>Après tout, ce n'est pas comme si la tactique de délégitimisation était une nouveauté pour le sionisme.</p> <p>En effet, on pourrait sérieusement soutenir que c'est peut-être l'outil de choix que le mouvement sioniste a le plus utilisé et avec un maximum d'efficacité aux Etats-Unis et ailleurs pendant la majeure partie du siècle dernier.</p> <p>Et, d'une manière générale, son utilisation par les cercles sionistes ne se distingue pas par la retenue réfléchie dont fait preuve le mouvement BDS dans sa campagne pour faire modifier le comportement d'Israël à l'égard des Palestiniens qu'il maintient captifs.</p> <p>Au contraire, elle est plus conforme au comportement qu'implique une seconde définition plus dure du terme trouvée sur Wikipédia, qui définit la délégitimisation comme processus qui consiste à classer des « groupes de personnes en catégories sociales extrêmes qui finissent par être exclues de la société » et activité qui « fournit la base morale et discursive pour nuire au groupe délégitimé, même de manière la plus inhumaine qui soit ».</p> <p><strong> Pour illustrer mon propos :</strong></p> <p>Citons, par exemple, la célèbre phrase du sioniste britannique influent, Israël Zangwill « La Palestine est une terre sans peuple ; les juifs sont un peuple sans terre » écrite dans la première décennie du 20ième siècle.</p> <p>Peut-il y avoir délégitimisation plus directe et ferme d'un peuple que de les faire disparaître de manière ontologique par un autre groupe qui convoite sa terre ?</p> <p>Lorsque, après que le jeune gouvernement israélien s'engagea dans un plan parfaitement orchestré pour terroriser les Palestiniens et les faire fuir leur maison et terre dans le nouvel état en 1948, un certain nombre de ces refugiés revinrent et tentèrent de récupérer leurs biens, le gouvernement Ben Gourion qualifia rapidement ces personnes « d'agents infiltrés ».</p> <p>Peut-il y avoir de cas plus éloquent de délégitimisation que de décrire des gens revenant dans leur foyer, dont ils possèdent le titre de propriété après en avoir été chassés à la pointe d'un fusil et/ou sous la menace démontrable d'une exécution sommaire comme « agents infiltrés » ?</p> <p>Lorsque, après s'être emparé de la dénommée Cisjordanie grâce à la guerre de 1967 que - une fois de plus, en dépit de tout ce que vous pourriez avoir lu ou entendu - Israël a clairement initiée, certains des Palestiniens sous occupation, ne voyant absolument aucune volonté de la part du gouvernement israélien de mettre en oeuvre le processus de décentralisation territoriale, ou de respecter les conventions internationales régissant le comportement des armées d'occupation, commencèrent à exercer leur droit reconnu par l'ONU de s'engager dans la résistance armée à cette occupation, ils furent rapidement et universellement qualifiés de « terroristes », terme visant à leur enlever toute légitimité morale ainsi qu'à leur combat aux yeux du monde.</p> <p>Lorsqu'un non-juif critique le comportement politique et militaire israélien exactement comme il ou elle le ferait et sur le même ton des comportements russes, espagnols, français ou américains analogues, de nombreux sionistes ont peu ou pas de scrupules à rapidement cataloguer cette personne d'antisémite, c'est à dire personne atteinte d'une maladie morale maligne, enracinée dans une haine totalement irrationnelle, et à laquelle il n'y a donc pas de remède.</p> <p>Le but consiste à vite coller cette étiquette toxique sur une personne afin de l'exclure de fait du champ du débat « respectable », et ainsi de lui enlever sa légitimité et celle d'un ensemble de critiques au fondement universel et souvent tout à fait justifiées que cette personne essaie d'amener dans la sphère publique.</p> <p>Parallèlement, lorsqu'un juif décide (à en juger par les cas que je connais, presque toujours après un temps de réflexion exigeante et approfondie) de rejeter l'idéologie politique du sionisme, beaucoup de ceux qui restent encore dans le giron de cette école de pensée manifesteront peu d'hésitation à délégitimer cette personne, et avec elle son choix moral fait librement, en la cataloguant de « juif qui se hait lui-même », sentiment implicitement pathologique.</p> <p>Même les anciens présidents états-uniens ne sont pas à l'abri de campagnes de délégitimisation sionistes organisées.</p> <p>En 2006, l'ancien président et prix Nobel de la paix Jimmy Carter publia un livre dans lequel il décrivait l'évidence : que dans les territoires occupés de Palestine, Israël mène une entreprise coloniale confiscatoire dans laquelle les juifs et les non-juifs jouissent de droits et de protections juridiques extrêmement différents.</p> <p>Quelle fut la rétribution de Carter pour avoir mentionné ce fait simple et irréfutable ?</p> <p>Une campagne sioniste organisée de délégitimisation dont le point d'orgue fut l'interdiction faite pour la première fois, à ma connaissance, à un ex-président vivant de prendre la parole devant les délégués de son propre parti réunis en convention de nomination de leur candidat à la présidentielle.</p> <p>En octobre 1988 l'acteur de comédie et écrivain John Cleese fit don de 140 000 dollars à l'Université du Sussex en Angleterre pour financer une étude sur la projection psychologique et le déni, décrivant ces phénomènes comme « terriblement importants » pour la compréhension de nombreux conflits de la vie, en particulier ceux qui se déroulent dans la sphère politique.</p> <p>Considérant l'utilisation sans ironie de la délégitimisation dans certaines réactions sionistes au BDS, on peut donc dire, sans risques de se tromper semble-t-il, que l'intuition du célèbre humoriste sur l'importance de ces phénomènes dans la vie publique est on ne peut plus pertinente.</p> <p>* <strong>Thomas S. Harrington</strong> est professeur des Études Ibériques au Trinity College à Hartford, Connecticut et l'auteur de <a href="http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/8437092817/counterpunchmaga" class='spip_out' rel='external'>Livin' la Vida Barroca : American Culture in a Time of Imperial Orthodoxies</a>, publié récemment.</p></div> <div class='rss_ps'><p>16 mars 2016 - Counterpunc- Cet article peut être consulté à :<br/><a href="http://www.counterpunch.org/2016/03/16/zionism-and-campaigns-of-delegitimization-a-very-rich-history-indeed" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.counterpunch.org/2016/03...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15970' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - MJB</p></div> Sionisme et racisme : il est grand temps de ranimer l'étincelle onusienne ! http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15737 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15737 2015-11-22T05:44:45Z text/html fr Marie focus1rub focus1acc focus2acc <p>La résolution 3379 qui assimilait sionisme et racisme, a été abrogée en 1991. Il est temps de la restaurer avec suffisamment de mordant pour réveiller Israël et le pousser à reconnaître ses fautes.<br class='autobr' /> Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a récemment commémoré le 40ème anniversaire de la révocation de la résolution 3379 de l'Assemblée générale des Nations unies, qui assimilait le sionisme à une forme de racisme et de discrimination raciale. ». Cette révocation était passée en 1975 par un vote de 72 à 35 voix (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15737-8ab1c.jpg' width='150' height='100' /> <div class='rss_chapo'><p>La résolution 3379 qui assimilait sionisme et racisme, a été abrogée en 1991. Il est temps de la restaurer avec suffisamment de mordant pour réveiller Israël et le pousser à reconnaître ses fautes.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21015 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH333/a1-141-a0e32.jpg' width='500' height='333' alt='JPEG - 77.8 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Septembre 2011 - Un Palestinien est violemment kidnappé par les troupes israéliennes d'occupation au barrage militaire de Qualandia - Photo : EPA</i> </dd> </dl> <p>Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a récemment commémoré le 40ème anniversaire de la révocation de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9solution_3379_de_l'Assembl%C3%A9e_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_Nations_unies" class='spip_out' rel='external'>résolution 3379</a> de l'Assemblée générale des Nations unies, qui assimilait le sionisme à une forme de racisme et de discrimination raciale. ». Cette révocation était passée en 1975 par un vote de 72 à 35 voix (avec 32 abstentions). A l'événement festif de cette année participaient le Secrétaire d'État John Kerry et la direction du Parti Travailliste et de l'Union sioniste Isaac Herzog, fils de Chaïm Herzog, le Président d'Israël de 1983 à 1993 et vedette de la session 1975 de l'Assemblée générale.</p> <p>Le vote de 1975 avait eu lieu environ un an après que la résolution 3237 eut garanti à l'OLP le « statut d'observateur » dans le sillage du discours d'Arafat évoquant « un rameau d'olivier » à l'Assemblée générale de novembre 1974. Il a réussi uniquement parce que l'Union soviétque et ses alliés étaient là pour soutenir les pays arabes et à majorité musulmane.</p> <p>Elle fut abrogée en décembre 1991 par la résolution 46/86. Lors de la commémoration de cette année, Ban Ki-moon rappela les <a href="http://megal.over-blog.com/article-6904909.html" class='spip_out' rel='external'>paroles</a> de Chaïm Herzog en 1975 : « J'appelle la communauté des nations à agir toujours dans le respect des principes de la Charte des Nations Unies pour pratiquer la tolérance et vivre ensemble en bons voisins dans la paix mutuelle ». D'aussi belles platitudes venant de l'ambassadeur d'Israël … communauté, principes, tolérance, paix !</p> <p>Il est étrange que les festivités de cette année célèbrent la [nouvelle] résolution plutôt que l'abrogation, commémorant le culot du représentant israélien Herzog à l'ONU, qui vola la vedette, racontant combien Israël était magnanime avec ses citoyens arabes qui apparemment jouissaient des mêmes droits que les juifs, travaillaient au sein des forces douanières et policières de défense, étaient élus au parlement, étudiaient dans les universités ...</p> <p>Il évoqua les arabes venant d'ailleurs pour des traitements médicaux, et « le fait qu'il est aussi naturel pour un arabe de servir dans un service public israélien qu'il est incongru de penser qu'un juif serve dans une administration publique dans un pays arabe ». L'ambassadeur auprès de l'ONU termina sa tirade en déchirant le texte de la résolution et en déclarant d'un air de défi qu'il allait rebaptiser les avenues des Nations Unies à Haifa, Jérusalem et Tel Aviv : avenues du Sionisme.</p> <p>Herzog ne mentionna pas combien les juifs vivaient traditionnellement libres sous le règne musulman et servaient souvent de conseillers à des dirigeants musulmans, ni combien la colère arabe actuelle est due directement aux actes meurtriers et illégaux d'Israël contre les droits des citoyens de ce qui fut jadis la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie-Palestine" class='spip_out' rel='external'>province romaine de Syrie-Palestine</a>. Il ne fit aucune mention des millions de Palestiniens à qui sont refusés leurs droits fondamentaux, parce que Israël est apparemment exempt de racisme.</p> <p>Au moins la réunion de 1975 avait-elle un certain punch. La commémoration de 2015 en manquait totalement. Kerry a tergiversé, malgré la vague de violences de plusieurs semaines qui a tué au moins 77 Palestiniens et 10 Israéliens. Pas un mot là-dessus. Il a dit qu'une solution à deux états au Moyen-Orient n'était pas « un impossible rêve » mais exigerait du courage. [Baillements].</p> <p>Kerry a qualifié la résolution de 1975 de « sinistre présage » parce qu'elle donnait « un permis général de haïr » l'état d'Israël. Mais alors « haïr » englobe la moindre critique adressée à Israël. Après tout, la fièvre électorale monte aux USA et le lobby israélien y est prospère.</p> <p><strong>Les demi-vérités de Bush père</strong></p> <p>Il est plus instructif de déconstruire le discours du Président H.W.Bush qui présentait en 1991 la motion onusienne pour révoquer la résolution 3379, laquelle, disait-il « tournait en dérision l'engagement et les principes sur lesquels se fondent les Nations Unies. Le sionisme n'est pas une politique, c'est l'idée qui a mené à la création d'un foyer pour le peuple juif, à l'État d' Israël. Assimiler le sionisme à la faute intolérable qu'est le racisme est une distorsion de l'histoire ».</p> <p>Il avait à moitié raison. Le sionisme est une idée, qui s'est transformée en une politique d'exclusion raciale et de victimisation des autochtones de Palestine, à qui les nouveaux immigrants ont volé leur terres et leurs biens, en menant une politique d'état de terreur à l'encontre des autochtones. Bush n'a pas expliqué en quoi le sionisme n'est pas une politique. Mais en 1991 la voix de l'URSS s'était tue ; seule celle des États-Unis se faisait entendre, défendant le vœu pieux qu'Israël ferait un jour la paix avec les Palestiniens en se basant sur la résolution onusienne 181 originale de 1947 relative à la partition du territoire.</p> <p>L'assertion de Bush que le sionisme n'est pas une politique raciste est simplement contraire à la réalité. Et puis l'ONU elle-même était fondée sur une idée ressemblant au sionisme. Les puritains, les quakers et bien d'autres groupes religieux ont émigré dans l'intention d'établir une société chrétienne (blanche) idéale modelée sur la Bible, une idée qui devint aussi la politique du génocide des autochtones amérindiens.</p> <p>Le philosophe Francis Bacon a écrit en 1627 une utopie, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nouvelle_Atlantide" class='spip_out' rel='external'>La Nouvelle Atlantide</a> basée sur son soutien enthousiaste à l'établissement des colonies britanniques en Amérique du Nord. Il y décrit la création d'un pays utopique où « la générosité et les lumières, la dignité et la splendeur, la piété et l'esprit public » sont les qualités communes aux habitants de la mythique Bensalem. L'idée d'une « Nouvelle Jérusalem » est au fondement de l'idée des États-Unis.</p> <p>Même un philosophe aussi respecté a pu ignorer la politique raciste du génocide des autochtones américains au nom de « la générosité, les lumières, etc ». Personne n'a remarqué que dès le départ l'idée États-Unis (Bensalem) était une idée raciste tout comme leur politique. Ce n'est qu'au XIXème siècle que l'opprobre international a finalement poussé les États-Unis à abolir sa politique raciste la plus flagrante : l'esclavage.</p> <p>Mais à ce moment l'idée d'un état juif avait déjà été mise en branle par des politiciens britanniques comme Lord Shaftesbury, et l'ONU fut finalement forcée par FD Roosevelt et Truman d'avaler la couleuvre. Pour Shaftesbury et consorts, il s'agissait d'un simple développement de la civilisation occidentale.</p> <p>Bush s'est félicité de l'écrasement de la résolution de racisme en 1991 comme d'une « vraie chance d'accomplir l'ambition de la Charte onusienne : travailler « à sauver les prochaines générations du fléau de la guerre, à réaffirmer la foi dans les droits humains fondamentaux, dans la dignité et les valeurs de la personne humaine ». Mais il a été incapable de voir que l'empereur (lui-même) et son rejeton étaient nus, que c'est Israël qui est la plaie de la guerre, celui qui viole les droits de l'homme et la dignité humaine.</p> <p>Bush déclarait que l'ONU « ne peut pas chercher la paix et en même temps mettre en cause le droit d'Israël à exister ». Encore une demi-vérité. Personne n'avait l'intention d'effacer Israël de la carte, tant qu'il était une nation suivant les normes internationales, en particulier les droits humains des personnes qui y vivent ou qui veulent y retourner depuis les camps de réfugiés quand une solution pacifique à l'impasse aura été trouvée. Mais cela n'est possible que si nous prenons en compte l'autre demi-vérité de Bush au cœur du sionisme, en tant qu'idée et en tant que politique.</p> <p>Bush a commis l'autre faute de définir l'état d'Israël comme « un foyer pour le peuple juif ». Ceci rend Israël raciste par définition tout comme Hitler qui identifiait l'Allemagne au foyer de la race aryenne, une définition tout aussi vague et raciste de l'État.</p> <p><strong>La leçon de Bush : ne pas contrarier Israël</strong></p> <p>Les courbettes de Bush devant Israël en 1991 ont un goût amer. En septembre il avait demandé au Congrès de reporter la demande israélienne de 10 milliards de dollars en garanties d'emprunt pour aider à établir les juifs soviétiques, tentant ainsi d'obliger Israël à faire cesser ses constructions d'implantations illégales et à négocier une paix véritable. Il se souvenait certainement de la façon dont Eisenhower avait fait plier Israël au plan stratégique américain en 1956.</p> <p> Ford, Kissinger et Carter eux aussi l'avaient fait, mais à peine, dans les années '70, limitant quelque peu les ambitions coloniales israéliennes. A ces deux occasions, ironiquement, les dirigeants étatsuniens tablaient sur la « menace » soviétique pour leur donner un peu de consistance.</p> <p>Mais « pas de victoire sans défaite ». La « menace soviétique » qui fournissait aux USA un levier par rapport à Israël, n'existait plus et entre-temps le lobby israélien à Washington était devenu trop puissant pour qu'un président le contre. Les sionistes n'avaient aucune envie de ravaler leur orgueil pour obéir à un Washington impérial devenu moralisateur, en dépit du million de nouveaux Israéliens qu'ils avaient reçu de la défunte URSS. Bush senior découvrit qu'il n'avait pas d'alliés pour son projet de faire entendre raison à Israël.</p> <p>Il se précipita à l'ONU pour redorer sa crédibilité, mais en vain. Le lobby israélien se mobilisa, trouva en Bill Clinton son candidat idéal et Bush fut soudainement attaqué dans les médias. Une contre-publicité incessante jusqu'aux élections - et le tour fut joué. Il perdit sa tentative de réélection, passant d'un taux de 90 % d'approbation après l'invasion de l'Irak à 37 % le jour de l'élection.</p> <p>Le moment est venu de renouveler la résolution 3379, avec suffisamment de mordant pour réveiller Israël et le pousser à reconnaître ses fautes. Aucun espoir de trouver un sponsor à Washington. Mais le soutien aux Palestiniens qui luttent pour leurs droits ne cesse de croître. Dans l'UE la <a href="http://www.bdsmovement.net/" class='spip_out' rel='external'>campagne BDS</a> et le boycott des biens coloniaux produisent leur effet. Les voisins d'Israël continuent de résister. Avec la puissance déclinante des États-Unis, on peut espérer que l'ONU retrouvera une fois encore quelque consistance.</p> <p><span class='spip_document_16237 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:122px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L122xH119/A01-12-cd545.jpg' width='122' height='119' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Eric Walberg</strong> est un journaliste canadien de réputation internationale, grand spécialiste de l'Asie Centrale, de la Russie, du Moyen-Orient et de l'islam. Il est l'auteur de "Postmodern Imperialism : Geopolitics and the Great Games" et de "From postmodernism to postsecularism". Il écrit pour de nombreuses publications. Site d'Erik Walberg : <a href='http://ericwalberg.com/' class='spip_url spip_out' rel='external'>http://ericwalberg.com</a>.</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article12581' class='spip_out'>De l'OCI au MNA : l'offensive de paix iranienne</a> - 25 août 2012<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article12310' class='spip_out'>« Le paradis sur terre » : un voyage dans la loi de la Charia, des déserts de l'ancienne Arabie aux rues du monde islamique moderne</a> - 18 juin 2012<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11579' class='spip_out'>Le mouvement en faveur du Boycott de l'état israélien unit les peuples</a> - 22 décembre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11413' class='spip_out'>BDS : Pourquoi les Nations Unies n'imposent-elles pas de sanctions à Israël ?</a> - 12 novembre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11316' class='spip_out'>Assassinat du prédicateur : « la tonte du gazon » au Yémen</a> - 16 octobre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://info-palestine.net/article.php3?id_article=10927" class='spip_out' rel='external'>Israël et les flottilles : un mélange de folie et d'intelligence</a> - 24 juillet 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10544' class='spip_out'>BDS : de nouvelles barrières tombent</a> - 1er mai 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9937' class='spip_out'>BDS 2010 : plus puissant que l'épée</a> - 9 janvier 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9727' class='spip_out'>Des nouvelles du BDS : deux actions anti-Apartheid sous le nom de la Hague</a> - 27 novembre 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9437' class='spip_out'>Boycotter l'apartheid</a> - 27 septembre 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6147' class='spip_out'>Afghanistan : triangulation ou strangulation ?</a> - 19 février 2009</p></div> <div class='rss_ps'><p>16 novembre 2015 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à<br/><a href="http://www.palestinechronicle.com/on-zionism-and-racism-time-to-rekindle-un-spark/" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.palestinechronicle.com/o...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15737' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - AMM</p></div> Manuels scolaires en Belgique et conflit israélo-palestinien : un parti pris inacceptable http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15619 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15619 2015-09-20T05:23:15Z text/html fr Claude auteur2 <p>La présente analyse critique concerne les deux manuels scolaires qui sont de loin les plus utilisés en Belgique francophone et, plus précisément, les volumes de ces manuels destinés à la sixième et dernière année de l'enseignement secondaire.<br class='autobr' /> Il s'agit de FuturHist 6ème (1), pour l'enseignement officiel (public), et de Construire l'histoire, tome 4(2) pour l'enseignement catholique. J'insiste toutefois sur le fait que cet article ne porte pas un jugement d'ensemble sur ces manuels (lesquels sont (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot10" rel="tag">auteur2</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15619-c4b59.jpg' width='150' height='100' /> <div class='rss_chapo'><p>La présente analyse critique concerne les deux manuels scolaires qui sont de loin les plus utilisés en Belgique francophone et, plus précisément, les volumes de ces manuels destinés à la sixième et dernière année de l'enseignement secondaire.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_20793 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a0-2099-53246.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 72.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Cette photo prise en 1968 montre deux réfugiés palestiniens, une jeune mère et son bébé, arrivant en Jordanie dans un exode continu de Palestiniens chassés de Cisjordanie et de la bande de Gaza - Photo : AP/G.Nehmeh</i> </dd> </dl> <p>Il s'agit de FuturHist 6ème (1), pour l'enseignement officiel (public), et de Construire l'histoire, tome 4(2) pour l'enseignement catholique. J'insiste toutefois sur le fait que cet article ne porte pas un jugement d'ensemble sur ces manuels (lesquels sont d'ailleurs tous deux le fruit de la collaboration de plusieurs auteurs) mais uniquement sur ce qui y est consacré au conflit israélo-palestinien.(3)</p> <p><strong>Impossible neutralité </strong></p> <p>Aucun historien ni aucun professeur d'histoire ne peuvent prétendre à une totale impartialité. Les récits historiques sont des constructions humaines qui constituent des points de vue datés sur des événements ou des situations du passé. Le travail des chercheurs et l'enseignement des professeurs sont forcément tributaires de l'état de leurs connaissances (et donc de leurs limites), de leurs centres d'intérêt, des valeurs dont ils sont porteurs ; ces trois éléments interférant de plus les uns sur les autres. Il me semble par conséquent extravagant de demander à un professeur d'histoire qu'il soit « neutre » (4).</p> <p>Par contre, ce qui peut et doit à mon sens être exigé de tout historien et de tout professeur d'histoire ce sont l'honnêteté et la rigueur. L'honnêteté implique d'assumer publiquement sa subjectivité (de renoncer à toute prétention de neutralité), de ne pas omettre sciemment des éléments parce qu'ils seraient dérangeants pour l'intéressé-e et, bien sûr, de ne pas inventer des faits.</p> <p>La rigueur suppose une documentation solide ainsi que l'analyse critique et comparée des sources.</p> <p>Les auteurs de manuels d'histoire devraient, à mon sens, renoncer systématiquement à présenter une vision univoque des problèmes historiques qui tendrait à faire croire aux élèves que, sur telle ou telle question, il y aurait identité totale de vues entre tous les historiens. D'autant plus s'il est question d'un sujet aussi controversé que le conflit israélo-palestinien.</p> <p>Bien sûr, dans le cadre limité de ce type d'ouvrage, il n'est pas possible de présenter tous les points de vue existant parmi les chercheurs à propos des sujets abordés. Mais cela ne devrait pas empêcher de faire apparaître, par des exemples d'éléments contradictoires, qu'il n'y a pas de vérité définitive et incontestée en histoire (comme dans toute science d'ailleurs).</p> <p>Pour ma part, cohérent avec ce qui vient d'être énoncé, tout en m'interdisant toute forme de prosélytisme, déontologiquement inacceptable (voir plus loin), j'assume devant mes élèves (5) le fait que je suis un citoyen engagé, en particulier concernant le sujet abordé ici, tout en m'efforçant de le leur présenter le plus objectivement (honnêtement) possible. Plus concrètement, mon souci est de leur donner les moyens de <strong>comprendre</strong> ce conflit : quelles en sont les causes, les protagonistes, les enjeux actuels ; comment expliquer sa durée, la difficulté d'en sortir.</p> <p>Refusant de leur cacher que les réponses à ces questions font l'objet de débats, je mets à leur disposition une documentation qui reflète cette multiplicité de points de vue.</p> <p><strong>Parti pris</strong></p> <p>Si je prends la peine de rédiger une analyse critique de la manière dont le conflit israélo-palestinien est traité dans ces deux manuels (6), c'est que je suis particulièrement choqué par le parti pris dont ont fait preuve les auteurs des pages concernées. Un parti pris qui ne devrait pas exister dans un livre scolaire digne d'une société démocratique : l'école n'a pas pour mission d'endoctriner les élèves mais bien de les outiller intellectuellement pour les amener à penser par eux-mêmes. Cette accusation est sévère mais la suite de cet article démontrera qu'elle est justifiée.</p> <p>La synthèse historique rédigée par les auteurs du manuel est un texte normatif (7) : il présente le conflit israélo-arabe et plus particulièrement le conflit israélo-palestinien d'une manière catégorique et univoque. On y découvre pourtant de nombreuses assertions dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles ne font pas l'unanimité chez les historiens spécialisés. En voici des exemples.</p> <p><strong>Qui a fondé l'État d'Israël ?</strong></p> <p>« En 1948, un peuple sans terre, les Juifs, fonde un État indépendant : Israël ». Cette première phrase du paragraphe introductif offre déjà, pour le moins, matière à débat : les Juifs du monde entier constituent-ils un seul peuple (8) ? Sont-ce « les Juifs » qui ont fondé cet État ? Ne serait-il pas plus exact de dire que cette fondation fut le résultat de l'action persévérante du mouvement sioniste, un courant politique particulier, minoritaire jusqu'à la fin des années 1930, et non pas des Juifs dans leur ensemble ?</p> <p>Quelques lignes plus loin, on peut lire qu'après la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni, qui avait reçu de la Société des Nations un mandat pour administrer la Palestine, se trouva alors « confronté au conflit opposant deux peuples réclamant une même terre : les Juifs de Palestine et de la diaspora d'une part, les Arabes palestiniens d'autre part ». Les auteurs continuent ici à prétendre que ce sont les Juifs dans leur ensemble (« les Juifs de Palestine et de la diaspora ») qui revendiquaient la Terre de Palestine. Les caractères gras (qui sont le fait des auteurs (9) mettent en évidence une soi-disant opposition entre les Juifs et les Arabes de Palestine. Je mets au défi quiconque de prouver que les Juifs de Palestine (qui constituaient environ 5 % de la population totale de ce territoire à la fin du XIXème siècle, avant le début de l'immigration de juifs européens) se sont unis aux Juifs venus d'Europe pour revendiquer la Terre de Palestine. Le mouvement sioniste (10) est une création européenne. Ce n'est que bien plus tard, après la guerre israélo-arabe de 1948-1949, que l'idéologie sioniste a commencé à se propager au sein des communautés juives du monde arabe.</p> <p><strong>1945-1949</strong></p> <p>Voici ce que les auteurs écrivent concernant ce qui s'est passé en Palestine entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1949 : « Après 1945, la Grande-Bretagne décide de renoncer à son mandat. L'ONU propose alors un plan de partage de la Palestine, que les Palestiniens rejettent. Pourtant l'indépendance de l'État d'Israël est proclamée le 14 mai 1948. Immédiatement les armées égyptienne, transjordanienne, syrienne, libanaise et irakienne interviennent militairement aux côtés des Palestiniens. C'est la première guerre israélo-arabe. Elle se termine en faveur d'Israël qui agrandit le territoire concédé par le plan de partage. Les Palestiniens quittent massivement le pays ». </p> <p>C'est pour le moins laconique… et obscur. Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il renoncé à son mandat ? Que contenait le plan de partage ? Pourquoi les Palestiniens l'ont-ils rejeté ? Les dirigeants sionistes l'ont-ils accepté ? Qui a proclamé l'indépendance de l'État d'Israël le 14 mai 1948 ? Dans quel contexte historique ?</p> <p>Cette période-clé et particulièrement dramatique du conflit méritait à coup sûr un développement plus important susceptible de faire comprendre les raisons de l'opposition irréductible entre les aspirations des Palestiniens et celles des Juifs sionistes. D'autant plus que les événements de cette période sont abondamment documentés. (11)</p> <p>Ces lignes occultent les faits majeurs suivants, qui détermineront pourtant l'avenir :</p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Si les dirigeants sionistes ne se sont pas formellement opposés au plan de partage, dans les faits ils ne l'ont pas respecté puisque qu'en 1949, à l'issue du premier conflit israélo-arabe, ils occupaient non pas 55 % du territoire de la Palestine (ce que prévoyait le plan de partage) mais bien 78 % de ce territoire et que ces territoires pris sur ce qui devait constituer l'État arabe n'ont jamais été rendus aux Palestiniens.</p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> « Les Palestiniens quittent massivement le pays » : l'endroit où cette phrase est placée suggère que le départ massif des Palestiniens a suivi la victoire israélienne. De plus, rien n'est dit des circonstances de ce départ. Les études des historiens consacrées à ce sujet, notamment celles des historiens israéliens, sont pourtant convergentes. Elles ont établi les faits suivants : le départ massif des Palestiniens des territoires attribués aux Juifs dans le cadre du plan de partage ainsi que des territoires conquis par les forces armées sionistes en 1948 et 1949 est essentiellement le résultat d'expulsions systématiquement organisées par ces forces armées ou de la fuite éperdue de civils terrorisés par les nouvelles des massacres commis par des groupes armés sionistes.</p> <p>Ces expulsions et ces massacres ont commencé avant l'entrée en guerre des armées des États arabes voisins, le 15 mai 1948. C'est, par exemple, le 9 avril 1948 que fut perpétré la plus meurtrière de ces tueries, celle dont furent victimes les habitants du village de Deir Yassine situé près de Jérusalem. Au moment de l'entrée en guerre des armées arabes, environ 400.000 Palestiniens avaient déjà « quitté » les territoires contrôlés par les forces armées sionistes.</p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Pour obtenir son admission à l'O.N.U. (11 mai 1949), le jeune État d'Israël s'était engagé à accepter le retour des exilés. Cet engagement resta lettre morte, ce qui fut à l'origine du « problème des réfugiés » (entre 750.000 et 800.000 en 1949). Ces exilés et leurs descendants sont plus de cinq millions aujourd'hui.</p> <p><strong>Terrorisme</strong></p> <p>Il est question, à plusieurs endroits, de terrorisme ou d'« attentats terroristes ». Ces mots ne sont pas définis (!) mais selon les auteurs ils sont exclusivement le fait de Palestiniens. Ce que suggèrent non seulement le texte de synthèse des auteurs des manuels mais aussi un graphique, de source gouvernementale israélienne, présentant l'évolution du « nombre de décès dus à des actes terroristes sur le territoire d'Israël dans ses frontières de 2000 » (12). De terrorisme israélien, il n'est nulle part question. Pourtant, si on accepte la définition factuelle de Pascal Boniface (13), il ne fait aucun doute que, tout au long de leur histoire, le mouvement sioniste d'abord, l'État d'Israël ensuite se sont aussi rendus coupables à maintes reprises de ce type d'actions. Pourquoi l'ignorer ?</p> <p><strong>Opération « paix en Galilée »</strong></p> <p>« Pour assurer sa sécurité, Israël lance l'opération « paix en Galilée » en 1982 » : il n'est pas précisé en quoi consistait cette « opération » (invasion et occupation du Liban jusqu'à Beyrouth) et cette manière d'« assurer » la sécurité d'Israël n'est pas du tout questionnée. Pas plus que la question essentielle de savoir pourquoi l'État d'Israël vit dans l'insécurité.</p> <p><strong>Le destin des « Accords d'Oslo »</strong></p> <p>Il n'est pas mentionné que ces accords, signés en 1993, devaient déboucher sur une paix définitive cinq ans plus tard. Les auteurs affirment sans aucune autre précision que « les engagements pris à Oslo ne sont pas entièrement respectés ». Ils attribuent le blocage du « processus de paix » à « la montée des partis radicaux dans les deux camps » (sans aucune précision sur ce qu'on entend par là ni sur ce qui pourrait avoir causé cette « montée des partis radicaux ») ; à « la complexité de certaines questions comme le retour des réfugiés palestiniens » (aucune explication n'est donnée quant à cette supposée complexité) ; à « la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie », ce point n'intervenant qu'en troisième position. Aucune information n'est donnée sur l'ampleur de cette colonisation, sur ses conséquences pour la vie quotidienne des Palestiniens, ni à propos de la responsabilité des gouvernements israéliens successifs dans cette affaire.</p> <p>De quoi laisser croire aux lecteurs que la colonisation de la Cisjordanie n'a été que l'affaire de « partis radicaux », en particulier religieux et que les gouvernements israéliens successifs ont fait tout ce qu'ils ont pu pour la limiter.</p> <p>C'est ce que suggère fortement le commentaire qui accompagne une carte intitulée « Israël et les territoires palestiniens en 2006 » (14) : « Les colonies juives se sont multipliées dans les territoires occupés depuis la guerre des Six jours en 1967. La majorité des colons sont orthodoxes ou ultra-orthodoxes ; leur croissance démographique est largement supérieure à celle d'Israël. Ils considèrent que les territoires occupés font partie de la terre promise par Dieu et leur reviennent de droit. Depuis 2004, le Gouvernement israélien a entrepris de démanteler les colonies de la bande de Gaza ainsi que certaines implantations en Cisjordanie. » Cette dernière assertion est illustrée par une photo montrant des policiers et des soldats israéliens aux prises avec des colons religieux dans la « colonie juive non autorisée par l'État d'Israël » d'Yitzhar en Cisjordanie, en mai 2004 (15).</p> <p>Outre le fait qu'il n'est pas vrai que la majorité des centaines de milliers de colons sont « orthodoxes ou ultra-orthodoxes » malgré « leur croissance démographique largement supérieure à celle d'Israël » (tiens, un autre « péril démographique »), les travaux des historiens ont démontré à quel point, depuis 1967, tous les gouvernements israéliens ont été activement impliqués dans cette colonisation (16) . Et plus de dix ans après l'intervention musclée dont témoigne la photo, la colonie « non autorisée » d'Yitzhar existe toujours et continue à se développer.</p> <p><strong>La « barrière de sécurité »</strong></p> <p>Dans le paragraphe introductif au dossier documentaire (17) il est fait mention, entre guillemets, d'une « clôture de sécurité », sans mentionner qu'il s'agit d'une appellation utilisée par les officiels israéliens. Dans la même phrase, cette « clôture » est appelée barrière de sécurité, sans guillemets. Son but, d'après les auteurs des manuels : « empêcher les infiltrations palestiniennes sur le territoire d'Israël ». Il n'est pas précisé qu'il s'agit là du but proclamé de cette construction selon les autorités israéliennes mais qu'il est contesté par les Palestiniens et par de nombreux observateurs étrangers, qui y voient plutôt un moyen d'annexer de nouveaux territoires de Cisjordanie et de s'approprier leurs ressources en eau.</p> <p>La phrase suivante donne un bilan officiel israélien qui tend à démontrer le bien-fondé de l'édification de cette « barrière de sécurité » : « Selon un rapport du ministère des Affaires étrangères israélien, ce mur serait efficace, puisque le nombre d'attentats-suicides serait passé de 60 en 2002 à 5 en 2006 ». Nulle trace, ni d'un point de vue critique sur cette « analyse », ni même du fait que cette barrière a été érigée dans les territoires occupés et non en territoire israélien et que sa construction a, pour cette raison, été condamnée en octobre 2003 par une résolution de l'Assemblée générale de l'O.N.U. par 144 voix pour et 4 contre ; que, constatant que les dirigeants israéliens ne tenaient aucun compte de cette résolution, l'Assemblée générale a saisi la Cour internationale de justice de la Haye ; que, dans son jugement, celle-ci a exigé le démantèlement de cette « barrière » (18) et que ce jugement a été appuyé par une nouvelle résolution de l'Assemblée générale de l'O.N.U. votée massivement (19) le 20 juillet 2004.</p> <p><strong>Le problème de l'eau</strong></p> <p>Un tableau comparatif (20) et son commentaire mettent en évidence, d'une part, le fait que la quantité d'eau douce renouvelable disponible par an et par habitant a considérablement diminué en Israël entre 1950 et 2003, d'autre part le fait que les Libanais et les Syriens disposent de beaucoup plus de cette ressource vitale par habitant que les Israéliens. Le commentaire attire aussi l'attention sur le fait qu'une partie importante de l'approvisionnement en eau douce d'Israël dépend de rivières naissant en Syrie ou au Liban.</p> <p>Mais ni les limites du territoire israélien considéré, ni la répartition de l'eau entre Israéliens (y compris ceux qui vivent dans des colonies) et Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza ne sont mentionnées. Alors que des publications tout à fait fiables et non confidentielles ont mis en évidence les inégalités énormes existant dans ce domaine entre Israéliens et Palestiniens de Cisjordanie et, plus encore, de Gaza qui pâtissent d'un manque considérable d'eau potable (21). On pourrait y ajouter le cas du plateau syrien du Golan, occupé par Israël depuis 1967 où l'inégalité en matière d'accès à l'eau douce entre la population autochtone et les colons juifs est également flagrante.</p> <p><strong>Le « péril démographique »</strong></p> <p>Un autre tableau (22), provenant de la même source que le précédent, nous apprend que le taux de fécondité des femmes arabes vivant sur le territoire israélien (dont les limites ne sont pas indiquées, une fois de plus) est nettement supérieur à celui des Juives. Il est de plus précisé que cette forte fécondité des Arabes concerne seulement les musulmanes. Une note des auteurs des manuels nous indique que les taux de fécondité des femmes des États arabes voisins d'Israël (Egypte, Syrie, Jordanie) est également supérieur à celui des femmes israéliennes et que c'est à Gaza qu'il est le plus élevé : les femmes y accouchent en moyenne plus de deux fois plus que les femmes juives israéliennes.</p> <p>Les auteurs du manuel n'en tirent aucune conclusion. Mais il saute aux yeux que ces chiffres sont là pour suggérer que le « caractère juif » de l'État d'Israël est menacé par la surnatalité « arabe » et tout particulièrement « musulmane » et que, de surcroît, de plus en plus d'« Arabes » se pressent aux frontières d'Israël. </p> <p><strong>Le Hamas</strong></p> <p>On ne trouve dans ce manuel qu'un seul texte émanant d'une source palestinienne. Il s'agit d'extraits de la Charte du Hamas, datant de 1988 (23). Il n'est accompagné d'aucun commentaire susceptible de le replacer dans son contexte historique (naissance du Hamas alors qu'éclatait ce qu'on appellera la « première Intifada »). Ce texte dont personne ne niera qu'il contient des passages virulemment antisémites, même s'il n'a pas été officiellement renié par les dirigeants actuels de ce mouvement, est largement obsolète si on en juge par d'importantes prises de position politiques ultérieures du Hamas telles que son programme électoral (2005), son projet de « programme de gouvernement d'union nationale » (mars 2006) et la plate-forme gouvernementale présentée par le Premier ministre Ismaïl Haniyeh au nouveau parlement le 27 mars 2006. Dans ces deux derniers textes, rédigés après la surprenante et nette victoire électorale du Hamas aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, il apparaît clairement que le Hamas était prêt à accepter une « trêve de longue durée » en cas de création d'un État palestinien sur les territoires palestiniens conquis par Israël en 1967 (24). En 2010, Khaled Mechaal, le leader du Hamas, déclarait d'ailleurs que la Charte est « un document historique qui n'est plus pertinent mais qui ne peut pas être changé pour des raisons internes ».</p> <p>Le choix de ce seul document d'origine palestinienne, présenté sans mise en contexte, n'est évidemment pas innocent : il permet de diaboliser le Hamas (et indirectement les nombreux électeurs palestiniens qui ont voté pour ses candidats en janvier 2006), de continuer à suggérer qu'il s'agit d'un « mouvement terroriste » avec lequel aucun dialogue n'est possible et de lui attribuer une responsabilité majeure dans le « blocage du processus de paix ».</p> <p>Dans le document qui suit dans Construire l'Histoire (25) Le Hamas et le Djihad islamique (26) sont présentés comme les principaux obstacles à un règlement négocié du conflit, pourtant souhaité par le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.</p> <p><strong>Pour conclure </strong><br class='autobr' /> <br class='autobr' /> L'analyse détaillée qui précède prouve à suffisance, me semble-t-il, le manque de rigueur intellectuelle et la partialité des auteurs des pages consacrées au conflit israélo-palestinien dans ces deux manuels scolaires. Mais de quel parti pris s'agit-il exactement ?</p> <p><strong>Un point de vue sioniste « de gauche »</strong> (27)</p> <p>Les mots « sionisme » et « sioniste » sont complètement absents. Sous couvert d'une présentation objective des événements par les auteurs et à travers un choix de documents qui pourrait paraître à première vue « équilibré » (parce que des avis divergents s'y côtoient), c'est pourtant un point de vue clairement sioniste qui se manifeste. En voici la preuve.</p> <p>Le fait de considérer l'ensemble des Juifs du monde, y compris ceux qui étaient établis en Palestine avant le début de l'arrivée des sionistes, comme faisant partie d'un même peuple, unanimement désireux de créer un État juif en Palestine (voir ci-avant « Qui a fondé l'État d'Israël ? ») relève sans aucun doute d'une conception sioniste selon laquelle le sionisme serait le « mouvement de libération nationale du peuple juif ». Il en est de même de l'obsession démographique dont il a été question dans le paragraphe que j'ai intitulé « le péril démographique » : convaincus que l'antisémitisme ne peut être éradiqué, les sionistes pensent que le meilleur moyen de s'en préserver efficacement est la création d'un État-refuge destiné à accueillir tous les Juifs du monde qui le souhaiteraient, et tout particulièrement ceux qui seraient victimes de persécutions antisémites.</p> <p>Pour ceux des sionistes qui se veulent démocrates (c'est le cas de la majorité d'entre eux), pour que soit préservé le « caractère juif » de cet État, il faut à tout prix que les Juifs y restent majoritaires. Cette peur de l'Autre, qui débouche sur la volonté de s'en séparer, leur a fait accepter et même défendre la construction de la « barrière de sécurité » considérée comme un moyen efficace « d'empêcher les infiltrations palestiniennes » ; ce que le texte des auteurs avalise sans aucun recul, comme on l'a vu.</p> <p>Dans les dossiers documentaires, deux textes émanent de Juifs israéliens (28). Ils sont tous deux sionistes, l'un d'extrême-droite, l'autre « de gauche ». Le premier, Arieh Eldad, député, membre du parti « Union nationale », est partisan de l'annexion à l'État d'Israël de toute la Cisjordanie, parce qu'il considère que ce territoire fait partie de la « patrie historique des Juifs » mais aussi pour des raisons de sécurité, parce qu'on ne peut pas, selon lui, faire confiance aux Arabes. Le second, Amos Oz, écrivain et journaliste, fut un des co-fondateurs, en 1978, du mouvement « La paix maintenant » qui s'oppose aux colonies de peuplement juives. Notons toutefois qu'il n'a condamné ni l'agression israélienne contre le Liban en 2006 ni les attaques sur Gaza de 2009, 2012 et 2014. Dans son texte, tout en se proclamant partisan de la création d'un État palestinien « sur l'ensemble des territoires aujourd'hui occupés, moyennant éventuellement des ajustements de frontière mineurs et réciproques », il condamne énergiquement ceux qui remettent en question la légitimité de l'État d'Israël en tant qu'État juif, qui ne peuvent être, selon lui que des musulmans fanatiques qui rêvent « de détruire Israël et chasser les Juifs de leur terre ».</p> <p>Ce point de vue d'un sioniste « de gauche » semble bien partagé par les auteurs de nos deux manuels puisque dans leurs textes (29) ils décrivent la multiplication des colonies juives en Cisjordanie, qu'ils attribuent aux « partis radicaux » et, en particulier, aux colons « orthodoxes » ou « ultra-orthodoxes », comme le principal obstacle à la paix.</p> <p><strong>Des omissions révélatrices</strong></p> <p>Le caractère tendancieux de la manière dont le conflit israélo-palestinien est traité dans ces deux manuels, se révèle aussi par des absences.</p> <p>D'abord celle de points de vue non sionistes ou antisionistes autres qu'« éradicateurs » : on peut très bien être partisan de la « désionisation » de l'État d'Israël, autrement dit de sa transformation d'un État juif (dans lequel les non-juifs sont forcément discriminés) en une démocratie où tous les citoyens sont traités sur un pied d'égalité, tout en s'opposant à ce que les Juifs israéliens soient chassés de ce pays et même en revendiquant pour eux le maintien de droits nationaux à l'égal des Palestiniens. Un tel point de vue, pourtant fort répandu, est totalement absent de ces manuels.</p> <p>S'il est question des ennemis extérieurs de l'État israélien (30), rien n'est dit de ses soutiens extérieurs et en particulier des rôles fondamentaux joués par les États européens et par les États-Unis dans le conflit israélo-palestinien au moins depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment sans cela comprendre l'impunité dont jouit depuis si longtemps l'État israélien malgré ses violations constantes du Droit international ? Mais comme rien n'est dit non plus de ce non-respect du Droit… <br class='autobr' /> … Car il n'est pas question non plus, ni des conditions de vie des Palestiniens sous occupation en Cisjordanie, ni du blocus de la bande de Gaza (extrêmement sévère depuis l'évacuation des colonies juives de ce territoire en 2005) et de ses conséquences terribles pour ses habitants, ni de la manière dont sont traités les très nombreux prisonniers politiques palestiniens.</p> <p>J'arrête ici cette liste d'omissions qui n'est bien sûre pas exhaustive mais qui, en l'état, me semble suffisamment révélatrice d'un grand manque d'empathie pour l'interminable drame vécu par le peuple palestinien.</p> <p><strong>Notes : </strong></p> <p><strong>(1)</strong> Didier Hatier, Namur, 2012.<br/><strong>(2)</strong> Didier Hatier, Namur, 2008.<br/><strong>(3) </strong> A noter : Histoire. Jalons pour mieux comprendre, de B. BOULANGÉ, M. COLLE et coll. (Bruxelles, de boeck, 2013), ouvrage destiné aux classes de troisième, quatrième, cinquième et sixième années secondaires, ne traite pas du tout de ce conflit.<br/><strong>(4) </strong> J'estime d'ailleurs qu'il en est de même pour tout enseignant quelle que soit sa spécialité.<br/><strong>(5) </strong> Et, en l'occurrence, devant vous, lecteur-lectrice. <br/><strong>(6) </strong> Les textes des auteurs ainsi que les documents choisis sont presque intégralement les mêmes dans les deux manuels. C'est pourquoi mon propos vaut aussi bien pour l'un que pour l'autre.<br/><strong>(7) </strong> Dans les dossiers « Repères », n° 95 pp. 242-243 dans FuturHist et n° 99 pp. 256-257 dans « Construire l'Histoire ».<br class='autobr' /> <strong>(8)</strong> Le Petit Robert donne la définition qui suit du mot « peuple » : ensemble d'êtres humains vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes, d'institutions » (Le Nouveau Petit Robert 2010, p. 1879).<br/><strong>(9)</strong> Le texte des auteurs des deux manuels est truffé de mots en caractères gras. Dans toutes les citations extraites de ces textes, j'ai reproduit telle quelle cette façon de mettre en évidence certains mots ou groupes de mots.<br/><strong>(10) </strong> Dont le but était de créer un État-nation destiné à accueillir les Juifs du monde entier, censé les mettre ainsi à l'abri de toute discrimination ou persécution antisémites.<br/><strong>(11)</strong> Cf. entre autres : A. GRESH. et D. VIDAL, Palestine 47. Un partage avorté, Éd. Complexe, Bruxelles, 1987 / D. VIDAL, Le péché originel d'Israël. L'expulsion des Palestiniens revisitée par les « nouveaux historiens » israéliens, EVO et Éd. de l'Atelier, Bruxelles-Paris, 1998 et Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), éd. de l'Atelier, Paris, 2007.<br/><strong>(12) </strong> Document 6 p. 162 dans Construire l'histoire et document 6 p. 126 dans FuturHist.<br/><strong>(13)</strong> « Le terrorisme serait un acte de violence politique (il n'est pas dicté par des motivations criminelles), recourant à la violence (il ne s'agit pas simplement de propagande, de débats idéologiques) et s'en prenant de façon indiscriminée à des civils (les forces armées de l'adversaire ne sont pas spécifiquement visées) afin d'obtenir un résultat politique. » (P. Boniface, 50 idées reçues sur l'état du monde, A. Collin, Paris, 2007, pp. 145-146 ; cité in FuturHist 6ème, p. 145). Pascal Boniface dirige l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.<br/><strong>(14)</strong> Document 1 p. 160 dans Construire l'Histoire et p. 124 dans FuturHist.<br/><strong>(15) </strong> Document 2 p. 160 dans Construire l'Histoire et p. 124 dans FuturHist. Le document 4 p. 25 dans FuturHist va dans le même sens : les colons « fanatiques religieux » y sont présentés comme le principal obstacle, du côté israélien, à une solution négociée du conflit israélo-palestinien.<br/><strong>(16)</strong> Cf. par exemple I. ZERTAL et A. ELDAR, Les seigneurs de la terre. Histoire de la colonisation israélienne des territoires occupés, Seuil, Paris, 2013.<br/><strong>(17)</strong> p. 160 dans Construire l'Histoire et p. 124 dans FuturHist.<br/><strong>(18) </strong> Extrait du jugement (9 juillet 2004) : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».<br/><strong>(19)</strong> Par 150 voix pour, 6 contre et 10 abstentions.<br/><strong>(20)</strong> Document 10, p. 163 dans Construire l'Histoire et p. 127 dans FuturHist. Ce tableau est extrait de F. ENCEL et F. THUAL Géopolitique d'Israël, Paris, Seuil, 2006, p. 125.<br/><strong>(21)</strong> Cf. par exemple, P ; LEMARCHAND et L. RADI, Israël/Palestine demain. Atlas prospectif, éd. Complexe, Bruxelles, 1996 ou M. BÔLE-RICHARD, Israël. Le nouvel apartheid, Les Liens qui Libèrent, France, 2013. <br/><strong>(22)</strong> Document 9, p. 163 dans Construire l'Histoire et p. 127 dans FuturHist.<br/><strong>(23)</strong> Document 7, p. 162 dans Construire l'Histoire et p. 126 dans FuturHist.<br/><strong>(24) </strong> Cf. P. DELMOTTE, Le Hamas et la reconnaissance d'Israël, in Le Monde diplomatique, janvier 2007. <br/><strong>(25)</strong> Extrait de D. LAGARDE, Mahmoud Abbas, un président pour la paix ?, in L'Express, 3/1/2005, p. 7 (document 8 p. 162).<br/><strong>(26)</strong> Mouvement politique palestinien islamiste moins puissant que le Hamas, prônant la lutte armée contre Israël.<br/><strong>(27)</strong> Je mets le mot « gauche » entre guillemets car, comme nous allons le voir, dans ce contexte, il n'a pas du tout le sens qu'on donne généralement à ce mot en Europe. <br/><strong>(28)</strong> Documents 3 et 5 p. 161 dans Construire l'Histoire et documents 3 et 4 p. 125 dans FuturHist.<br/><strong>(29) </strong> Voir pp. 160 et 257 dans Construire l'Histoire et pp. 124 et 243 dans FuturHist.<br/><strong>(30)</strong> En particulier dans un texte de Daniel C. Kurtzer, ambassadeur des États-Unis en Israël de 2001 à 2005 (document 11, p. 163 dans Construire l'Histoire et p. 127 dans FuturHist.</p> <p><span class='spip_document_20844 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH103/a0-2139-c726a.jpg' width='100' height='103' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Michel Staszewski</strong> est professeur d'histoire dans le secondaire, formateur de professeurs d'histoire, collaborateur scientifique du service des sciences de l'éducation de l'Université Libre de Bruxelles (ULB).</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11619' class='spip_out'>Israël-Palestine : un ou deux états ?</a> - 3 janvier 2012 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article8997' class='spip_out'>Cet « Appel à la raison » est irréaliste et immoral</a> - 26 juin 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article8225' class='spip_out'>Israël-Palestine : une paix juste passe par le rejet de tous les racismes</a> - 23 février 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article6253' class='spip_out'>Shlomo Sand : Comment le peuple juif fut inventé</a> - 8 mars 2009<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article312' class='spip_out'>Juif et antisioniste : une perversion ?</a> - 30 mars 2006</p></div> <div class='rss_ps'><p>19 septembre 2015 - Transmis par l'auteur</p></div> Sous-produit du colonialisme occidental, Israël ne devrait pas exister http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15408 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15408 2015-06-01T05:10:17Z text/html fr Claude focus1rub focus1acc focus2acc <p>L'établissement d'un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d'Europe n'a été possible que grâce à l'aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada, écrit Garry Leech.<br class='autobr' /> Je ne deviens pas antisémite en suggérant que l'État d'Israël ne devrait pas exister. Je suis cependant antisioniste. Il existe une nette différence. Un antisémite est quelqu'un qui a des préjugés contre les juifs. Un antisioniste est opposé à l'établissement, par une (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot15" rel="tag">focus1acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH106/arton15408-9a4b0.jpg' width='150' height='106' /> <div class='rss_chapo'><p>L'établissement d'un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d'Europe n'a été possible que grâce à l'aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada, écrit Garry Leech.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_20496 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH322/a0-1854-4ae1e.jpg' width='500' height='322' alt='JPEG - 64.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Kidnapping d'un jeune palestinien par les troupes d'occupation, dans le quartier d'Issawiya à Jérusalem en mai 2012. L'État sioniste ne survit que par une violence quotidienne exercée contre la population palestinienne - Photo : Ammar Awad/Reuters</i> </dd> </dl> <p>Je ne deviens pas antisémite en suggérant que l'État d'Israël ne devrait pas exister. Je suis cependant antisioniste. Il existe une nette différence. Un antisémite est quelqu'un qui a des préjugés contre les juifs. Un antisioniste est opposé à l'établissement, par une certaine catégorie de la population juive, par droit divin, d'un État juif en Terre Sainte, aux dépens du peuple palestinien qui y vit depuis deux mille ans.</p> <p>La création d'un État juif au milieu du monde arabe ne représente pas seulement la continuation du colonialisme européen en Palestine, elle consiste aussi en un nettoyage ethnique des Palestiniens. C'est aussi, la mise en place d'un système d'apartheid par un état voyou qui a violé la loi internationale de nombreuses fois.</p> <p>Compte tenu de cette réalité et du fait que la Palestine est la Terre Sainte de trois religions, la solution unique et juste, face au projet sioniste israélien et à ses sponsors occidentaux, est l'établissement d'un seul pays : l'État démocratique et laïc de Palestine dans lequel les trois populations religieuses auraient les mêmes droits.</p> <p><strong>La montée du mouvement sioniste</strong></p> <p>Le mouvement sioniste a émergé en Europe vers la fin du dix-neuvième siècle, ce mouvement a encouragé les juifs européens à fuir l'antisémitisme en émigrant vers la Palestine, gouvernée alors par les Turcs Ottomans, leur objectif était la création d'un État juif en Terre Sainte.</p> <p>Cette émigration a conduit à un accroissement de la population juive en Palestine dont le taux est passé de 4 % en 1850 à 11 % en 1917, année de la déclaration Balfour du gouvernement britannique disant : « le gouvernement de sa majesté est favorable à l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ».</p> <p>Suite à la défaite de l'Empire Ottoman durant la Première Guerre mondiale, le gouvernement des pays de la région a été pris par la Grande-Bretagne et la France sous mandats de la Ligue des Nations (prédécesseur de l'Organisation des Nations Unies). Cependant, la Seconde Guerre mondiale a entraîné la chute des empires européens car des colonies à travers le monde ont obtenu leur indépendance. Le Liban (1943) et la Syrie (1946) sont ainsi devenues indépendants de la France alors que la Jordanie (1946) a été littéralement libérée de la domination britannique. Seule exception la Palestine, sous domination britannique depuis 1922.</p> <p>La Palestine tout comme ses voisins aurait dû devenir une nation indépendante après la Seconde Guerre mondiale, mais le projet sioniste soutenu par l'Occident l'en a empêché.</p> <p>Conformément à la déclaration de Balfour, la Grande Bretagne et les États-Unis ont cherché à assurer la création d'un État juif en Palestine. Sous la domination britannique, la population juive en Palestine est passée de 11 % en 1922 à 32 % en 1948, un grand nombre étant arrivé après la guerre.</p> <p>En 1947, l'Organisation des Nations Unies nouvellement créée a adopté le plan de partage de la Palestine sans aucune consultation du peuple palestinien. Le plan prévoyait qu'un État juif se constitue sur 56 % de la Palestine avec 43 % des Territoires constituant l'État palestinien. Malgré une large majorité arabe en Palestine, la part israélienne du territoire était plus grande afin de permettre l'augmentation anticipée du flux migratoire des juifs européens. Le 1% restant en Palestine, composé par la ville sainte de Jérusalem devait rester un territoire international administré par l'Organisation des Nations Unies.</p> <p>Des groupes juifs ont soutenu le plan de partition de la Palestine mais les Palestiniens et les États arabes voisins s'y sont opposés au motif qu'il violait les principes de l'autodétermination nationale selon la Charte des Nations Unies, en vertu de laquelle les Palestiniens devraient avoir le droit de décider de leur propre destin. Le plan n'a pas été mis en place. Néanmoins, la population juive en Palestine a unilatéralement annoncé la création de l'État d'Israël le 14 mai 1948.</p> <p><strong>Le nouveau colonialisme européen</strong></p> <p>Selon l'historien israélien Ilan Pappe, vers la fin de 1949, Israël avait détruit plus de 400 villages palestiniens, massacré des milliers de civils et déplacé par la force près d'un million de Palestiniens, qui se sont retrouvés dans des camps de réfugies dans les pays arabes voisins.</p> <p>En d'autres termes, selon Pappe, les sionistes ont commis un nettoyage ethnique du peuple palestinien avec un peuple juif qui venait juste d'endurer les horreurs de l'Holocauste.</p> <p>Le nettoyage ethnique a permis à Israël de s'étendre et d'englober 77 % du territoire palestinien, à l'exclusion de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.</p> <p>Trois ans plus tard, 700 000 Juifs ont immigré en Palestine occupée, principalement depuis l'Europe. Cette colonisation juive de la Palestine représentait la continuation du colonialisme européen puisque l'exercice du pouvoir sur le peuple palestinien est passé des mains du gouvernement britannique à celles des Juifs d'Europe sous la forme du nouvel État israélien.</p> <p>Après la guerre de 1967 contre plusieurs États arabes (Syrie, Jordanie et Égypte), l'armée israélienne a occupé les 23 % restant de la Palestine (Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza). Le Conseil de sécurité des Nations Unies a alors réagi en adoptant la résolution 242 demandant le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ». Depuis, les USA ont utilisé 41 fois leur droit de veto au Conseil de sécurité afin de s'assurer que les nombreuses résolutions de l'ONU, condamnant l'occupation illégale israélienne, ne soient jamais appliquées.</p> <p>Ce n'est qu'après que les Palestiniens aient été contraints d'exister sous occupation militaire israélienne illégale, suite à la guerre de 1967, que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a décidé de faire de la lutte armée, la pièce maîtresse de sa campagne visant à obtenir un État palestinien. Et ce n'est qu'après vingt ans d'occupation militaire oppressive et le refus de la communauté internationale d'appliquer les résolutions de l'ONU qu'une part de la société palestinienne s'est de plus en plus radicalisée, et que le mouvement islamique Hamas a été créé.</p> <p>Le Hamas a commencé à utiliser les attentats suicides en tant que tactique au début des années 1990 parce qu'il ne pouvait lutter par une guerre conventionnelle contre l'armée israélienne largement supérieure et soutenue par les USA. À partir de 2001, il a commencé également à lancer des roquettes primitives et inefficaces contre Israël à partir de ses fiefs dans la bande de Gaza.</p> <p>Même si Israël a retiré ses forces militaires de la bande de Gaza en 2005, l'année suivante, un blocus militaire a été mis en place par les Israéliens contre ce minuscule territoire ; par ce blocus, Israël contrôle strictement tous les accès, que ceux-ci concernent les personnes, la nourriture, les médicaments ou encore les matériaux. Certains analystes affirment que le blocus israélien contre les 1.8 millions d'habitants de Gaza a créé le camp de prisonniers le plus grand du monde.</p> <p>Pendant ce temps, Israël a non seulement continué son occupation illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, mais il a aussi violé le droit international en déplaçant de force des communautés palestiniennes et en encourageant les Juifs à s'installer dans les Territoires Occupés. On estime aujourd'hui que près d'un demi-million de Juifs vivent dans des colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, malgré les résolutions des Nations Unies exigeant que ces colonies soient démantelées.</p> <p>Israël a également construit un mur géant connu sous le nom de barrière de séparation en Cisjordanie afin de séparer les colonies illégales des communautés palestiniennes et restreindre les déplacements de ces dernières. En attendant, en plus de l'établissement de colonies illégales, Israël a aussi bâti des zones industrielles en Cisjordanie où les travailleurs palestiniens sont contraints de travailler dans de mauvaises conditions pour de bas salaires.</p> <p>La différence flagrante dans la question des droits accordés aux colons juifs en comparaison avec ceux concédés aux Palestiniens vivant dans les Territoires Occupés, constitue un système d'apartheid. Comme l'a noté John Dugard, avocat des droits humains sud-africain et ancien rapporteur spécial des Nations Unies : « Je dis sans hésitation que les crimes israéliens sont infiniment pires que ceux commis par le régime apartheid d'Afrique du Sud ».</p> <p>En 1947, une année avant qu'Israël se soit déclaré État souverain, les Palestiniens vivaient dans 94 % de la Palestine. Aujourd'hui, ils n'occupent que 15 %, avec 5 millions d'individus vivant dans des camps de réfugiés en Cisjordanie et dans les pays voisins. Les densités des populations dans les camps de réfugiés palestiniens sont parmi les plus élevées de la planète. Par exemple, plus de 10 000 réfugies vivent dans un kilomètre carré dans le camp d'Al-Amari en Cisjordanie, ce qui correspond à 5 fois la densité de la population vivant à New York City. Un réfugié de la troisième génération m'a dit : « Nous rêvons de retourner dans nos terres. Nous ne savons pas combien de temps ça prendra et quelle génération réalisera ce rêve ».</p> <p>Le nombre disproportionné de Palestiniens tués dans ce long conflit est une réalité cachée à beaucoup en Occident. Au cours des 15 dernières années, selon l'organisation des droits humains israélienne B'Tselem, 8701 palestiniens ont été tués par les Israéliens alors que 1138 israéliens ont été tués. La disparité dans le nombre d'enfants palestiniens tués est encore plus grande, avec un total de 1772 enfants tués au cours de cette période comparativement à 93 enfants israéliens.</p> <p>Compte tenu de cette vérité, les allégations répétées par les États-Unis et d'autres nations occidentales que les actions militaires israéliennes ne sont que des actes d'auto-défense sont en contradiction avec la réalité sur le terrain. Incontestablement, il s'agit de violence que l'on devrait considérer comme un acte de légitime défense, de la part de personnes forcées de vivre sous une violente occupation militaire illégale et sous un blocus. Après tout, la Résistance française face à l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale est perçue comme une lutte héroïque pour la libération nationale. À l'opposé, les résistants palestiniens sont étiquetés « terroristes ».</p> <p>Malgré les grands efforts des États-Unis, des autres gouvernements occidentaux et des grands médias pour dépeindre Israël comme la victime dans ce conflit, les chiffres ne mentent pas sur l'évidence de qui commet le plus de massacres et de morts. Le fait qu'un peuple forcé de vivre sous une occupation étrangère militaire et illégale soit dépeint comme l'agresseur constitue un superbe exemple du double langage orwellien.</p> <p><strong>Collaborer avec les colonisateurs</strong></p> <p>Cette violente expansion du contrôle israélien sur l'ensemble de la Palestine réalise le rêve sioniste européen initié à la fin du dix-neuvième siècle. Malheureusement, au cours des deux dernières décennies, certains dirigeants palestiniens ont été les complices de ce projet sioniste. Le processus de paix d'Oslo dans les années 1990 a vu l'OLP reconnaître l'État d'Israël et en retour, Israël a permis aux Palestiniens une auto-gouvernance limitée dans certaines parties de la Cisjordanie et de Gaza. Cependant, le soi-disant processus de paix a laissé en attente la question cruciale du « droit de retour » des réfugiés palestiniens.</p> <p>Les premières élections parlementaires palestiniennes conformément aux Accords d'Oslo ont eu lieu en 1996, elles ont été remportées par le Fatah, parti politique de l'OLP, qui a alors dirigé le nouveau gouvernement de l'Autorité Palestinienne. Cette dernière a commencé à recevoir une aide importante de la part des gouvernements occidentaux. En retour, l'Autorité Palestinienne a surveillé la population palestinienne pour le compte d'Israël dans les zones des Territoires Occupés qu'elle gouvernait. En d'autres termes, de la même manière que les administrateurs et la police indiens ont supervisé l'administration au jour le jour de l'Inde coloniale au nom des colonisateurs britanniques, l'Autorité Palestinienne a servi les colonisateurs israéliens dans les Territoires Occupés contre l'aide occidentale et la présence réduite de l'armée israélienne.</p> <p>La perfusion d'aide étrangère, en particulier le financement par l'Agence américaine pour le développement international (USAID), est destinée à parvenir à une « paix économique » en permettant à certaines catégories de la population palestinienne d'atteindre un certain confort matériel. Tout ceci, sans remettre en cause l'occupation israélienne ni l'expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui violent les accords d'Oslo et le droit international. Se référant à la longue durée des pourparlers de paix souvent bloqués, Dugard, l'ancien rapporteur spécial de l'ONU a récemment déclaré : « Je pense que la stratégie d'Israël et aussi des États-Unis est tout simplement de permettre des discussions continuelles pendant qu'Israël annexe de plus en plus de terres et récupère des parties des Territoires Occupés »</p> <p>Pendant ce temps, le modèle économique émergeant en Cisjordanie n'est pas viable car il est presque entièrement dépendant de l'aide étrangère et des ONG internationales. En outre, les avantages du modèle économique sont largement limités à Ramallah, le siège du gouvernement de l'Autorité Palestinienne, créant ainsi ce qu'on appelle en Cisjordanie la « bulle Ramallah ».</p> <p>Comme l'explique le Dr Hanan Chehata, professeur de droit et ancienne correspondante pour <i>Middle East Monitor,</p> <p>… Tandis que ceux de Ramallah peuvent voyager à travers cette petite ville relativement sans entrave, les Palestiniens sont soumis dans le reste de la région, à l'humiliation quotidienne aux barrages routiers israéliens et aux postes de contrôle militaires ; ils doivent aussi supporter des arrestations arbitraires et des interrogatoires injustifiés menant souvent à la torture et parfois à la mort. Alors que les résidents de Ramallah peuvent aller travailler dans la journée, dans une raisonnable sécurité, en sachant qu'ils vont rentrer chez eux le soir pour retrouver un repas chaud et le repos parmi les membres de leurs familles, d'autres Palestiniens quittent leurs maisons ne sachant pas si celles-ci seront toujours debout quand ils rentreront ou si elles seront démolies par les bulldozers Caterpillar israéliens afin de faire place à de nouvelles colonies israéliennes.</i></p> <p>En d'autres termes, si l'Autorité palestinienne et ses partisans coopèrent avec les colonisateurs israéliens, ils recevront des récompenses économiques et la brutalité excessive exercée par l'armée israélienne leur sera épargnée. Mais ceux qui persistent à résister activement, les colonisateurs leur infligeront la pleine force de l'agression. C'est sans surprise, qu'aux yeux de beaucoup de Palestiniens, l'Autorité Palestinienne est vendue aux colonisateurs par collusion avec l'occupant et les États-Unis afin de parvenir à la « paix économique » au détriment de la libération nationale.</p> <p>Le mécontentement croissant contre l'Autorité Palestinienne est devenu évident lors des élections générales de 2006 quand le Fatah a été battu par le Hamas. Après l'élection, le Fatah a refusé de céder le pouvoir en Cisjordanie et, avec le soutien d'Israël et des pays occidentaux, il a continué à gouverner pendant les neuf dernières années en tant que gouvernement non élu, pendant que le Hamas gouverne Gaza.</p> <p>Le seul endroit où les élections ont été autorisées se trouve dans les universités, ces dernières étant considérées comme un baromètre qui reflète les vues politiques d'un large éventail de la population palestinienne. Lors des élections du Conseil des étudiants à l'université de Birzeit à Ramallah le mois dernier, le bloc islamique Wafaa affilié au Hamas a vaincu le parti des étudiants du Fatah, remportant la majorité des sièges. Nadine Suleiman, une étudiante de quatrième année en administration publique, a expliqué pourquoi elle a voté pour le Hamas : « Je déteste la corruption de l'AP [Autorité Palestinienne], leur coordination sécuritaire avec Israël implique l'arrestation et l'assassinat des Palestiniens qui sont sur la liste israélienne des personnes recherchées alors que les Palestiniens n'ont rien en retour. L'AP est intéressée uniquement à garder sa richesse et ses privilèges ».</p> <p>L'Autorité Palestinienne financée par les forces de sécurité des États-Unis a rapidement réagi, suite aux résultats des élections de l'Université de Birzeit, en arrêtant quatre étudiants appartenant au parti vainqueur, pour les interroger et les maltraiter. Au total, 25 étudiants dans toute la Cisjordanie ont été arrêtés et les élections prévues à l'université nationale An-Najah et à l'université d'Hébron ont été reportées. Selon Human Rights Watch, « Il est profondément inquiétant que les étudiants soient détenus par les forces palestiniennes sans aucune autre raison que leur lien avec le Hamas ou leurs opinions ».</p> <p>Ainsi, alors que sur la scène internationale l'Autorité palestinienne a défié Israël en gagnant son adhésion à la Cour Pénale Internationale (CPI), sur le terrain en Cisjordanie, elle arrête régulièrement, interroge, emprisonne et torture les Palestiniens qui sont considérés comme sympathisants du Hamas ou qui combattent l'occupation israélienne dans leur quête pour la libération. Vu son incapacité à mettre en place de nouvelles élections, sa corruption à l'égard de l'aide étrangère et sa collusion avec l'occupation israélienne illégale, de nombreux Palestiniens ne considèrent plus le gouvernement de l'Autorité Palestinienne comme légitime.</p> <p>En revanche, le Hamas est considéré par beaucoup de Palestiniens comme résistant activement à Israël, et cette perception - quant à son manque relatif de corruption - est à la base de son soutien populaire. Cette résistance a aussi conduit Israël à lancer trois grandes opérations militaires contre la bande de Gaza au cours des sept dernières années (2008, 2012 et 2014). Selon les Nations Unies, les sept semaines de l'invasion de la bande de Gaza l'an dernier par l'armée israélienne ont entraîné la mort de 2025 Palestiniens, parmi eux 1483 civils dont 521 étaient des enfants. Du côté israélien, il y eut 71 morts, dont 66 étaient des soldats. D'autre part, plus d'un demi-million de Palestiniens ont été déplacés de force de leurs maisons.</p> <p><strong>La solution à un seul État </strong></p> <p>L'Autorité Palestinienne a accepté la solution à deux États, proposée dans le cadre du processus de paix d'Oslo. L'idée de base étant que la Cisjordanie et la bande de Gaza constitueraient un État palestinien (ce qui correspond à seulement 23 % de la Palestine), le reste constituant Israël. Mais le choix de l'Autorité Palestinienne d'une solution à deux États est en contradiction avec les souhaits de la majorité des Palestiniens. Selon un sondage réalisé l'année dernière, 60 % des Palestiniens croyaient en une solution à un seul État, tandis que seulement 27 % appuyaient l'option des deux États.</p> <p>La solution à deux États que vantent constamment les États-Unis et d'autres nations occidentales, et soutenue par l'Autorité Palestinienne, est complètement éloignée de la réalité de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Selon Tariq Dana, professeur à l'Université de Birzeit à Ramallah : « Une solution à deux États n'est pas possible. Elle ne serait pas viable compte tenu de la réalité sur le terrain ».</p> <p>La réalité à laquelle se réfère Dana est l'expansion illégale et continuelle des colonies juives, constituant aujourd'hui le foyer de presque un demi-million de juifs. Les colonies couvrent aujourd'hui plus de 40 % de la Cisjordanie, dominant les meilleures terres agricoles avec un accès à l'alimentation principale en eau de la région. Comme l'a admis Daniella Weiss, l'ancien maire sioniste d'une colonie juive de Cisjordanie quelques années plus tôt : « De toute évidence, toute solution à deux États qui donnerait lieu à un État palestinien viable exigerait le démantèlement de ces colonies et le retrait des colons de ce que les sionistes considèrent comme leur terre sainte ».</p> <p>Loin du démantèlement des colonies, la politique d'Israël vise au contraire à les enraciner. Avec sa construction de la barrière de séparation, le gouvernement israélien cherche à annexer les colonies à l'État israélien, ce qui laisserait les Palestiniens avec 3 petits fragments non reliés de terre aride et rocailleuse, manquant d'approvisionnement en eau. Un tel résultat ne peut pas constituer un État palestinien viable.</p> <p>Beaucoup de Palestiniens appuient l'idée de la création d'un seul État de Palestine dans lequel arabes et juifs auraient des droits égaux. Le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), le second membre le plus important de l'OLP après le Fatah et considéré comme un groupe terroriste par les USA, le Canada et l'Union Européenne parce qu'il prône la lutte armée, s'oppose à la fois au gouvernement de l'Autorité Palestinienne et à la solution à deux États. Selon le FPLP,</p> <p><i>Le mouvement de libération palestinien n'est pas un mouvement racial aux intentions agressives contre les juifs. Il n'est pas dirigé contre les juifs ... le but de ce mouvement est l'établissement d'un État national démocratique en Palestine dans lequel les arabes comme les juifs vivront en tant que citoyens égaux en droits et en obligations, lequel État constituera une partie intégrante de la présence nationale arabe progressiste et démocratique pour vivre en paix avec toutes les forces progressistes dans le monde.</i></p> <p>Le Hamas considère aussi la solution à un État comme la seule réponse possible, un État islamique dans lequel les droits des juif seront protégés. Mais la création d'une Palestine islamique ne ferait que remplacer un État religieux (Israël) par un autre. Attendu que la Palestine est une terre sacrée pour trois religion (Islam, Judaïsme et Christianisme) et le fait qu'une partie importante de la population palestinienne soutient un État laïc, la solution à ce conflit qui semble insoluble serait de remplacer l'État sioniste par une démocratie laïque dans laquelle tous les citoyens - juifs, chrétiens et musulmans - auront les mêmes droits et les mêmes responsabilités.</p> <p><strong>Conclusion</strong></p> <p>L'établissement d'un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d'Europe n'a été possible que grâce à l'aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada. L'existence d'Israël et l'expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est constituent la continuation du colonialisme européen au vingt-et-unième siècle aux dépens du peuple palestinien qui vit sur sa terre depuis deux mille ans</p> <p>Compte tenu de cette réalité, l'État juif d'Israël doit être considéré à la fois illégitime et une conséquence catastrophique de l'impérialisme occidental. La seule solution juste à ce conflit bien enraciné, est de permettre aux Palestiniens d'établir enfin cet État indépendant qu'ils auraient obtenu après la Seconde Guerre mondiale et de permettre le retour de tous les réfugiés. En d'autres termes, un seul État palestinien, laïc dans lequel juifs, chrétiens et musulmans partageront tous les mêmes droits. Une telle solution à un État n'est pas antisémite, elle est logique.</p> <p>* <strong>Garry Leech</strong> est un journaliste indépendant et l'auteur de nombreux livres dont <i>Capitalism : A Structural Genocide</i> (Zed Books, 2012) ; <i>Beyond Bogota : Diary of a Drug War Journalist in Colombia</i> (Beacon Press, 2009) ; et <i>Crude Interventions : The United States Oil and the New World Disorder</i> (Zed Books, 2006). ). Il est aussi chargé de cours au Départment des Sciences Politiques à l'université de Cap Breton au Canada.</p></div> <div class='rss_ps'><p>19 mai 2015 - CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.counterpunch.org/2015/05/19/why-israel-should-not-exist/" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.counterpunch.org/2015/05...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15408' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Lalla Fadhma N'Soumer</p></div> En finir une fois pour toutes avec la mythologie sioniste http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15347 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15347 2015-04-28T04:36:58Z text/html fr Claude focus1rub focus2acc auteur0 <p>Miko Peled, le fils du général Matityahu Peled et auteur du célèbre ouvrage « Le fils du général » (1), démonte, dans sa conférence, les contes de fées historiques inventés par les sionistes sur leur conquête de la Palestine.<br class='autobr' /> Les sionistes revendiquent le « droit du retour » à leur ancienne patrie alors qu'ils nient le même droit aux Palestiniens qu'ils ont dispersés en 1948. Ils utilisent les histoires de la Bible comme un cadastre. Les juifs qui sont revenus en Palestine n'étaient pas ceux qui ont été (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot16" rel="tag">focus2acc</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot22" rel="tag">auteur0</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH104/arton15347-27e03.jpg' width='150' height='104' /> <div class='rss_chapo'><p>Miko Peled, le fils du général Matityahu Peled et auteur du célèbre ouvrage « Le fils du général » (1), démonte, dans sa conférence, les contes de fées historiques inventés par les sionistes sur leur conquête de la Palestine.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_20400 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH282/a0-1797-a36e3.jpg' width='500' height='282' alt='JPEG - 41 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>« C'est une question de valeurs. Une personne accepte le racisme ou s'oppose à lui, accepte des régimes violents colonialistes ou s'oppose à eux. » Miko Peled</i> </dd> </dl> <p>Les sionistes revendiquent le « droit du retour » à leur ancienne patrie alors qu'ils nient le même droit aux Palestiniens qu'ils ont dispersés en 1948. Ils utilisent les histoires de la Bible comme un cadastre. Les juifs qui sont revenus en Palestine n'étaient pas ceux qui ont été expulsés de leur patrie il y a plusieurs milliers d'années. Ni même leurs descendants. Mais ils revendiquent pourtant une partie de l'héritage des anciens hébreux.</p> <p>Voilà ce qu'est le sionisme, et pourtant le monde entier a accepté de croire à ces non-sens historiques. Lorsqu'on soulève le droit de retour des Palestiniens dans un débat, le gouvernement israélien et leurs partisans sionistes refusent d'en parler. Pour les sionistes, c'est un tabou politique. Et ce deux poids deux mesures ne les dérange absolument pas.</p> <p>Pour Peled, il ne peut pas y avoir une présentation équilibrée de cette tragédie, contrairement à ce qu'affirment les lobbyistes sionistes aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie, en Allemagne ou ailleurs. Ils utilisent cet argument pour empêcher que la vérité sur les crimes commis par les Israéliens contre le peuple palestinien, n'éclate.</p> <p>À l'heure actuelle, le Lobby sioniste en Allemagne fait tout ce qu'il peut pour empêcher la tenue d'un congrès sur « les Palestiniens en Europe », le 24 avril 2015, à Berlin. Ils agitent les arguments les plus grossiers contre les organisateurs en disant par exemple que cela reviendrait à « offrir une tribune, à Berlin, aux antisémites et aux meurtriers ». Le Lobby sioniste et ses partisans dans les médias font pression sur les propriétaires de la « Berlin Arena » pour qu'ils annulent l'événement. Le tabloïd B.Z. a titré : « Conférence de la haine de 3000 islamistes à Treptow. »</p> <p>Une autre attaque du Lobby sioniste contre la liberté d'expression a eu lieu à l'Université de Southampton, en Grande-Bretagne. Une conférence était programmée du 15 au 17 avril 2015 avec pour titre : « Le droit international et l'État d'Israël : La légitimité, la responsabilité et l'exceptionnalisme ». Tout s'est bien passé jusqu'à ce que le Lobby sioniste torpille l'événement en calomniant la conférence à venir et ses éminents orateurs. Soi-disant que « des opinions antisémites » allaient être diffusées.</p> <p>Deux riches mécènes ont menacé la direction de l'Université de cesser leur soutien financier. L'université a cédé devant le Lobby sioniste, ce qui a mis son comble à l'imposture.</p> <p>Il semble que le gouvernement israélien soit au-dessus des lois. Ses crimes sont tous perpétrés sous le prétexte de la sécurité. Selon Peled, les Forces de défense israéliennes (FDI) sont « l'organisation terroriste la mieux formée, la mieux équipée, la mieux nourrie du monde ». Ils ont des généraux et de beaux uniformes mais leur « seul objectif est le terrorisme ».</p> <center><iframe width="500" height="350" src="https://www.youtube.com/embed/Rlpgcr3ZIDE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe> <p><i>Regardez le beau <a href="https://www.youtube.com/timedtext_video?v=Rlpgcr3ZIDE&ppub_lang=fr&smsg=13" class='spip_out' rel='external'>discours de Miko Peled (sous-titré en français)</i></a></p> </center> <p>C'est par le terrorisme, que l'armée israélienne parvient à contrôler une population entière, selon Peled.</p> <p>Le régime raciste d'Afrique du Sud et les lois racistes du Sud des États-Unis n'ont pas été abolies par consensus. « Et le sionisme comme le racisme doit disparaître. L'État sioniste doit être remplacé par une démocratie. »</p> <p>Le sionisme est une idéologie raciste. Ce racisme peut être étudié en détail dans le livre de sa sœur Nurit Peled-Elhanan, « la Palestine dans les livres d'école israéliens ». Peled a donné comme exemple de la ségrégation dans laquelle vivent les Israéliens et les Palestiniens, jusque dans la Jérusalem « unifiée », en disant qu'il a rencontré des Palestiniens, pour la première fois, dans un groupe d'échanges à San Diego, bien qu'il soit né à Jérusalem.</p> <p>Beaucoup de gens critiquent le régime d'occupation sioniste, mais sans grand résultat jusqu'ici. Malgré les épouvantables crimes commis par le régime et la manière dont Netanyahou a traité le Président Obama devant le monde entier, le soutien du public étasunien et allemand est plus fort que jamais.</p> <p>Ceux qui aident Israël en secret, les <i>sayanim</i> comme on les appelle, contribuent énormément à l'invincible impunité d'Israël dans les affaires internationales. Ces <i>sayanim</i> sont un réel problème dans une société libre, parce qu'ils travaillent en secret pour Israël.</p> <p><strong>Notes : </strong></p> <p>(1) <a href="http://www.amazon.fr/Generals-Son-Journey-Israeli-Palestine/dp/193598215X/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1430194878&sr=1-1&keywords=miko+peled" class='spip_out' rel='external'>Version anglaise, préfacé par Alice Walker</a></p> <p><span class='spip_document_20422 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH101/a0-1813-94825.jpg' width='100' height='101' alt="" /></span></p> <p>* Le Dr. <strong>Ludwig Watzal</strong> est journaliste et éditeur à Bonn, en Allemagne. Il tient le blog bilingue <a href="http://between-the-lines-ludwig-watzal.blogspot.de/" class='spip_out' rel='external'>Between the lines</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>21 avril 2015 - CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.countercurrents.org/watzal210415.htm" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.countercurrents.org/watz...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15347' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Dominique Muselet</p></div> Exodus : une opération de propagande http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15179 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15179 2015-01-28T19:24:29Z text/html fr Claude auteur2 <p>Israël, refuge des juifs menacés ?<br class='autobr' /> Selon son mythe fondateur, l'État d'Israël serait l'incarnation de la vocation à “sauver les Juifs“, à être un foyer d'accueil pour les rescapés du Génocide et le seul havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier. Selon la Déclaration d'Indépendance d'Israël du 14 mai 1948, “La Shoah qui anéantit des millions de Juifs en Europe, démontra à nouveau l'urgence de remédier à l'absence d'une patrie juive par le rétablissement de l'État juif dans le pays qui ouvrirait ses (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot10" rel="tag">auteur2</a> <div class='rss_chapo'><p>Israël, refuge des juifs menacés ?</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_20142 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH322/a0-1611-aebff.jpg' width='500' height='322' alt='JPEG - 71.7 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le bateau Exodus, affrété par la Haganah, après qu'il ait été investi par les soldats anglais - Photo : Wikipedia</i> </dd> </dl> <p>Selon son mythe fondateur, l'État d'Israël serait l'incarnation de la vocation à “sauver les Juifs“, à être un foyer d'accueil pour les rescapés du Génocide et le seul havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier. Selon la Déclaration d'Indépendance d'Israël du 14 mai 1948, “La Shoah qui anéantit des millions de Juifs en Europe, démontra à nouveau l'urgence de remédier à l'absence d'une patrie juive par le rétablissement de l'État juif dans le pays qui ouvrirait ses portes à tous les Juifs“. C'est, encore aujourd'hui, l'élément essentiel de la propagande israélienne. Pourtant …</p> <p>Au début de l'été 1947, près de 4500 Juifs réfugiés dans des camps pour personnes déplacées installés en Allemagne ont été regroupés hâtivement et sans aucune présélection par les agents du Mossad le-Aliyah Bet - section de la Hagana chargée de l'immigration clandestine.[1] Ce groupe hétéroclite qui comprenait des vieillards, des handicapés, des femmes enceintes et des enfants en bas âge, a été transporté clandestinement jusqu'à un port du sud de la France - Port-de-Bouc - et embarqué pour la Palestine le 11 juillet 1947 sur un navire - le Président Warfield rebaptisé Exodus - acheté par le Mossad. Seuls une poignée des passagers étaient adhérents d'organisations sionistes et nombre d'entre eux étaient même candidats à l'émigration vers d'autres pays que la Palestine.</p> <p>Dès le départ du navire, sa destination était connue de tous. Des vaisseaux et un avion britanniques lui faisaient escorte. Le voyage tout entier était un acte de protestation politique, une manifestation maritime destinée à affronter le blocus britannique de la Palestine sous les yeux de l'opinion mondiale. Arrivé en vue du littoral palestinien, l'Exodus fut, comme prévu, arraisonné par les Britanniques au terme d'un combat inégal qui fit 3 morts et des dizaines de blessés parmi les réfugiés.</p> <p>La résistance des réfugiés à être embarqués sur les navires britanniques et les affrontements violents auxquels elle donna lieu, avaient été orchestrés pour coïncider avec la présence de la Commission spéciale des Nations Unies pour la Palestine (UNSCOP) qui agissait dans le cadre du débat en cours sur la partition de la Palestine mandataire. De fait, plusieurs membres de cette commission dont la présence sur le site de ces événements n'était pas due au hasard, purent y assister personnellement.</p> <p>Les Britanniques décidèrent de renvoyer les réfugiés vers le port français d'origine à bord de 3 navires. À Paris, le gouvernement dirigé par Léon Blum - Juif rescapé du camp du concentration de Buchenwald - dont la sympathie pour les réfugiés ne fait aucun doute, rejeta l'exigence britannique de débarquer de force les réfugiés sur le sol français tandis que ces derniers, encouragés par les agents sionistes présents à bord des navires, refusaient eux aussi de mettre pied à terre. Les trois vaisseaux britanniques et leurs passagers restèrent en rade au large des côtes françaises pendant près d'un mois. Vers la fin du mois d'août, les Britanniques renvoyèrent les réfugiés en Allemagne.</p> <p>Depuis Londres avec l'aide de Léon Blum à Paris, Chaïm Weizmann - personnalité sioniste prestigieuse qui sera le premier Président de l'État d'Israël - essaya d'empêcher la déportation des réfugiés vers l'Allemagne par une solution provisoire sur le sol de la France ou d'un autre pays européen afin de leur éviter le cauchemar d'un retour au pays des exterminateurs. Ben Gourion intervint pour le dissuader de poursuivre ses efforts.</p> <p>Des membres du gouvernement britannique s'efforçaient eux aussi de trouver une solution à la crise. Ils demandèrent notamment aux autorités de Copenhague de permettre aux réfugiés de débarquer au Danemark. La Direction de l'Agence juive est intervenue auprès du Premier Ministre danois pour lui demander de s'abstenir d'exiger des réfugiés qu'ils mettent pied à terre ailleurs que sur le rivage de la patrie qu'ils avaient choisie, la Palestine.</p> <p>Toutefois - c'est crucial à mon propos - ni les autorités sionistes ni leurs agents présents à bord des navires ne se sont opposés au débarquement des réfugiés en Allemagne qui pourtant n'était pas la patrie qu'ils avaient choisie. Ainsi, non seulement les dirigeants sionistes ne firent aucun effort pour épargner aux passagers de l'Exodus le traumatisme d'un retour en Allemagne mais ils s'employèrent activement à faire obstacle à tout ce qui aurait pu l'empêcher.</p> <p>Dès que les recommandations de la Commission des Nations Unies concernant la partition de la Palestine furent rendues publiques le 1er septembre 1947, l'Exodus a cessé d'être évoqué par les autorités sionistes. Pourtant c'est précisément à ce moment-là que les réfugiés étaient déportés vers l'Allemagne. “Quand l'un des agents sionistes qui avaient accompagné les réfugiés pendant tout leur périple rentra en Palestine et rapporta à Ben Gourion les « manifestations d'héroïsme juif » dont il avait été témoin à bord de l'Exodus, Ben Gourion rétorqua, impatient : « Tout çà, c'est fini. C'est du passé. Il faut se tourner vers l'avenir … il y a d'autres problèmes, autrement graves »“.[2]</p> <p>Le calvaire des passagers de l'Exodus était une opération de propagande orchestrée par les plus hautes autorités de la communauté juive implantée en Palestine, notamment par Ben Gourion en personne. Il ne s'agissait nullement de permettre à des rescapés du nazisme de trouver refuge en Palestine. Avec la publicité délibérément donnée à cette opération soi-disant clandestine, il était évident dès le départ que les autorités britanniques s'opposeraient au débarquement des passagers de l'Exodus. Toute l'opération avait été minutieusement programmée afin que des affrontements violents entre des rescapés du génocide et les forces britanniques se produisent en présence des membres d'une Commission spéciale qui agissait dans le cadre du débat à l'ONU sur la partition de la Palestine mandataire. On notera que cette mise en scène de l'agression de survivants du Génocide se déroule au cours de l'été 1947, soit 2 ans seulement après la découverte des horreurs du nazisme qui avait généré dans l'opinion mondiale une immense sympathie pour ceux qui avaient survécu. Cette cynique opération de propagande qui instrumentalisait la destruction des Juifs d'Europe en faveur de la création de l'État d'Israël, a parfaitement réussi.</p> <p>L'opération Exodus montre à l'évidence que, contrairement à ce proclament le mythe fondateur de l'État d'Israël et la propagande israélienne, servir de refuge à des Juifs persécutés n'était pas, loin s'en faut, la priorité des plus hautes autorités sionistes de l'époque. Il s'agit en fait d'une des innombrables manifestations de l'ultranationalisme sioniste devenu israélien, de la primauté absolue du service la nation - la “Terre d'Israël“ (Erètz Israël) - sur tout le reste.</p> <p><span class='spip_document_19765 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:110px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L110xH100/a0-1354-72b03.jpg' width='110' height='100' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Jacques Bude</strong> Jacques Bude est Professeur émérite de psychologie sociale de l'Université libre de Bruxelles. Mère et père assassinés à Auschwitz. "Enfant caché" sauvé au prix d'énormes risques et sans la moindre rétribution par des gens d'ici, chez nous en Belgique.</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15160" class='spip_out'>Le sionisme et l'exploitation de l'antisémitisme : l'accord Haavara signé en 1933 entre les autorités sionistes et nazies</a> - 19 janvier 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14935" class='spip_out'>Israël ou la primauté du colon armé</a> - 8 septembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14044" class='spip_out'>La « Conférence de paix » occulte la destruction de la Palestine</a> - 2 octobre 2013<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11291" class='spip_out'>L'Appel au dialogue de paix occulte la destruction de la communauté palestinienne</a> - 19 octobre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11289" class='spip_out'>La destruction officielle des communautés palestiniennes en Israël-Palestine</a> - 14 octobre 2011</p></div> <div class='rss_ps'><p>1e septembre 2014 - Transmis par l'auteur - Article précédemment publié sur le site de l'ABP :<br/> <a href="http://www.association-belgo-palestinienne.be/agenda_belgo-palestinien/loperation-de-propagande-exodus-1947" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.association-belgo-palest...</a></p></div> Le sionisme et l'exploitation de l'antisémitisme : l'accord Haavara signé en 1933 entre les autorités sionistes et nazies http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15160 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15160 2015-01-19T09:19:32Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>“Si j'avais su qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les transportant en Angleterre, mais seulement la moitié en les transportant en Palestine, j'aurais choisi la seconde solution - parce que nous ne devons pas seulement faire le compte de ces enfants, mais nous devons faire le compte de l'histoire du peuple juif.“ - Ben Gourion, décembre 1938 (un mois après les Nuits de cristal) (1)<br class='autobr' /> Une représentation de l'État d'Israël semble généralement aller de soi pour le sens commun, (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique67" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH127/arton15160-3fc9d.jpg' width='150' height='127' /> <div class='rss_chapo'><p>“Si j'avais su qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les transportant en Angleterre, mais seulement la moitié en les transportant en Palestine, j'aurais choisi la seconde solution - parce que nous ne devons pas seulement faire le compte de ces enfants, mais nous devons faire le compte de l'histoire du peuple juif.“ - Ben Gourion, décembre 1938 (un mois après les Nuits de cristal) (1)</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_20101 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH359/a0-1588-2aa2a.jpg' width='500' height='359' alt='JPEG - 78.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les Nazis ont incendié des synagogues allemandes, ont détruit des commerces juifs et assassiné un grand nombre de citoyens juifs. - Crédit : Keystone</i> </dd> </dl> <p>Une représentation de l'État d'Israël semble généralement aller de soi pour le sens commun, les autorités politiques et judiciaires internationales et nationales et même très souvent le discours académique. Israël incarnerait la vocation à « sauver les Juifs » : foyer d'accueil pour les rescapés du Génocide et havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier.</p> <p>Pourtant le sionisme réel est loin d'être conforme à cette représentation, en fait l'idéologie sioniste, mythe fondateur de l'État d'Israël. <strong>(2)</strong> Un accord signé entre les autorités sionistes et nazies me paraît particulièrement révélateur.</p> <p>Le 7 août 1933 - quelques mois à peine après l'arrivée de nazis au pouvoir le 30 janvier 1933 - l'Accord <i>Haavara</i> (passage, transfert en hébreu, l'expression hébraïque est également utilisée dans les documents nazis) a été conclu entre les plus hautes autorités de l'État nazi et les plus hautes autorités du mouvement sioniste, notamment celles de la communauté juive implantée en Palestine (le Yichouv, de Hayichouv Hayehoudi beEretz Israël, l'implantation juive en Terre d'Israël).</p> <p>Selon cet accord, les Juifs d'Allemagne qui émigraient en Palestine, avaient la possibilité exclusive - l'accord stipulait que seule cette destination pouvait en bénéficier ­- d'y transférer une partie de leurs capitaux. <strong>(3)</strong> Un « capitaliste » - terme utilisé dans l'accord - qui voulait s'installer en Palestine était autorisé à conclure un contrat avec un exportateur allemand pour l'expédition de marchandises dans ce pays. Les marchandises concernées étaient notamment du bois d'œuvre, des pompes et des machines agricoles. L'exportateur allemand était payé sur le compte bloqué du Juif émigrant qui après son arrivée - souvent 2 ou 3 ans plus tard - recevait de l'Agence Juive la contrepartie en livres palestiniennes. L'accord concernait uniquement les Juifs qui disposaient de capitaux importants. <strong>(4)</strong> On notera qu'il s'agissait de clearing commercial et nullement d'échanger des Juifs contre des marchandises palestiniennes.</p> <p>Des opérations de troc des mêmes marchandises allemandes contre des produits de Palestine se sont ajoutées aux opérations de clearing commercial. Toutes ces opérations se sont poursuivies, même après les Nuits de cristal du 8 au 10 novembre 1938, jusqu'à la Déclaration de Guerre en septembre 1939 selon Raul Hilberg <strong>(5)</strong> et jusqu'au milieu de la Guerre 1939-1945 selon Tom Segev. <strong>(6)</strong></p> <p>L'accord <i>Haavara</i> s'inscrit dans un important projet d'irrigation agricole en Palestine. Lévi Eshkol (à l'époque Lévi Shkolnik) a sans doute été le principal promoteur de l'accord. Il était un des fondateurs de la <i>Histadrout</i> - Fédération générale du travail - où il était le responsable de la promotion de l'agriculture coopérative. Au moment de la négociation et de la signature de l'accord, il était le représentant à Berlin d'une firme, Yachin <strong>(7)</strong>, associée à la <i>Histadrout</i>.</p> <p>Selon la notice biographique diffusée par le Ministère des Affaires étrangères israélien : « En 1937, Levi Eshkol a joué un rôle central dans la création de la Compagnie des Eaux Mekorot et, dans ce rôle, il a contribué de façon décisive à convaincre le gouvernement allemand de permettre aux Juifs qui émigraient en Palestine d'emporter une partie de leurs fonds - principalement sous forme d'équipements fabriqués en Allemagne. Directeur général de Mekorot jusqu'en 1951, il a introduit un système national de gestion de l'eau qui a rendu possible une agriculture irriguée intensive. » <strong>(8)</strong> La compagnie Mekorot était associée à la <i>Histadrout</i>.</p> <p>Il est évidemment significatif que le principal promoteur de l'accord <i>Haavara</i> soit un des plus hauts responsables de la communauté juive implantée en Palestine mandataire puis dans l'État d'Israël. Lévi Eshkol faisait partie du Haut Commandement de la Hagana, l'armée clandestine juive sous le Mandat britannique et, en 1950-1951, il est le directeur général du Ministère de la Défense. De 1949 à 1963, il est le chef du département de la colonisation de l'Agence juive. <strong>(9)</strong> En 1951, il devient Ministre de l'Agriculture et du Développement. Il est Ministre des Finances de 1952 à 1963. En 1963, il succède à David Ben Gourion à la fois comme Premier Ministre et comme Ministre de la Défense.</p> <p>L'accord <i>Haavara</i> a suscité de vives oppositions parmi les Juifs de l'époque. Cet accord qui bénéficiait du soutien des plus hautes autorités nazies <strong>(10)</strong> et des plus hautes autorités sionistes <strong>(11)</strong>, traduisait les intérêts complémentaires des nazis, qui voulaient que les Juifs quittent l'Allemagne, et des sionistes, qui voulaient qu'ils émigrent en Palestine. Or la plupart des Juifs allemands auraient préféré rester dans leur pays. L'idée d'un boycott économique et diplomatique international naquit aux États-Unis avec le soutien du Congrès juif américain. Il avait pour but d'essayer de forcer les nazis à mettre fin aux persécutions afin que les Juifs puissent continuer à vivre en Allemagne. <strong>(12)</strong></p> <p>Le débat entre l'incitation à l'émigration en Palestine et l'appel au boycott de l'Allemagne nazie s'inscrit dans l'opposition qui existait de longue date entre sionisme et assimilation, entre d'une part, la volonté de certains Juifs - une petite minorité - d'émigrer en Terre d'Israël et d'autre part, la volonté d'autres Juifs - une écrasante majorité - de rester dans leur pays ou d'émigrer ailleurs qu'en Israël, ce qui impliquait évidemment le désir que leurs droits humains soient respectés partout - notamment en Allemagne - et donc de combattre l'antisémitisme.</p> <p>Selon Ben Gourion, « les assimilationnistes ont toujours déclaré la guerre à l'antisémitisme. Aujourd'hui, cette guerre s'exprime par un boycott contre Hitler. Le sionisme, lui, a toujours plaidé pour l'indépendance du peuple juif dans sa patrie. Aujourd'hui, certains sionistes ont rejoint le chœur des assimilationnistes : « guerre » à l'antisémitisme. Mais nous devons donner une réponse sioniste à la catastrophe que subissent les Juifs allemands - transformer ce désastre en une occasion de développer notre pays, et sauver les vies et la propriété des Juifs d'Allemagne pour le bien de Sion. C'est ce sauvetage qui a priorité sur tout le reste. » Et Ben Gourion de conclure que se focaliser sur le boycott constituerait un « échec moral » d'une envergure sans précédent. <strong>(13)</strong></p> <p>À l'évidence, « sauver les Juifs » n'était pas la priorité de celui qui, 10 ans plus tard, sera le père fondateur de l'État d'Israël. Le 7 décembre 1938, un mois à peine après les Nuits de cristal, Ben Gourion déclare : « Si j'avais su qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les transportant en Angleterre, mais seulement la moitié en les transportant en Palestine, j'aurais choisi la seconde solution - parce que nous ne devons pas seulement faire le compte de ces enfants, mais nous devons faire le compte de l'histoire du peuple juif. » <strong>(14)</strong> Il s'agit tout simplement d'ultranationalisme, de la primauté absolue du bien de Sion sur tout le reste, y compris la vie des Juifs.</p> <p>Les opérations de <i>clearing</i> commercial de l'accord <i>Haavara</i> permettaient exclusivement le départ des Juifs fortunés. Or les nazis voulaient aussi et bien plus encore se débarrasser de tous les autres. Reinhardt Heydrich, chef de la police de sécurité du Reich, déclare le 12 novembre 1938, soit 2 jours après les Nuits de cristal : « Le problème n'était pas de faire partir les Juifs riches mais de se débarrasser de la racaille juive. » Ce féroce antisémite a même mis sur pied - en soutirant des fonds à des Juifs fortunés - diverses formes d'aide pour que des Juifs pauvres puissent se payer le voyage en Palestine. <strong>(15)</strong></p> <p>J'ai noté que dans le cadre de l'accord <i>Haavara</i>, le troc entre marchandises allemandes - matériaux de construction, pompes et machines agricoles - et palestiniennes s'était ajouté aux opérations de clearing commercial. Il semble clair que les autorités sionistes n'ont jamais envisagé de troquer des Juifs sans fortune contre des produits de Palestine. En d'autres termes, les plus hautes autorités du mouvement sioniste - notamment celles de la communauté juive implantée en Palestine - ont préféré se procurer des instruments de colonisation plutôt que de permettre à des Juifs d'échapper au massacre nazi. Ce qui est parfaitement conforme au sionisme réel : la priorité absolue à la colonisation de la Terre d'Israël.</p> <p>Les quelque 20 000 Juifs fortunés qui ont bénéficié de l'accord <i>Haavava</i> lui doivent plus que probablement la vie <strong>(16)</strong> puisque les 200 000 Juifs d'Allemagne et d'Autriche qui n'ont pas réussi à fuir parce qu'ils ne disposaient pas des capitaux nécessaires, ont pratiquement tous été assassinés.</p> <p>En 1953, ces Juifs assassinés ont quand même pu contribuer au « bien de Sion » puisqu'ils ont permis à l'État d'Israël d'obtenir des « réparations » un peu plus plantureuses. En effet, le nombre des victimes juives du génocide a servi de base au calcul du montant des « réparations » allemandes. Au moment où elles négociaient ce montant, les autorités de l'État d'Israël - celles-là mêmes qui avaient négocié l'accord <i>Haavara</i> - ont envisagé, sans doute par gratitude, d'accorder la citoyenneté israélienne à titre posthume aux victimes du génocide. <strong>(17)</strong></p> <p>L'accord <i>Haavara</i> montre clairement qu'en pleine terreur antisémite, le but des autorités sionistes n'était pas de combattre l'antisémitisme - « sauver les Juifs » - mais de l'exploiter afin de coloniser la Palestine, Terre d'Israël. « La veille des pogroms de la Nuit de Cristal, Ben Gourion déclarait que la « conscience humaine » pourrait amener différents pays à ouvrir leurs portes aux Juifs réfugiés d'Allemagne. Il y voyait une menace et tira un signal d'alarme : « Le sionisme est en danger ! » <strong>(18)</strong></p> <p>Aujourd'hui, la machine de propagande israélienne - avec ses puissantes officines à l'étranger, telles l'AIPAC aux États-Unis, l'EIPA (Europe-Israel Press Association) et l'AJC Transatlantic Institute auprès des institutions européennes, le CRIF en France, le CCOJB en Belgique, … - perpétue l‘exploitation de l'antisémitisme au service de l'État d‘Israël. La tâche est toutefois plus ardue qu'au temps des nazis car de nos jours, la haine meurtrière des Juifs est tout à fait marginale.</p> <p>Dès lors, cette machine de propagande - avec l'efficacité que lui confère une odieuse invocation du génocide - ressasse que l'antisémitisme meurtrier est omniprésent, particulièrement chez les Palestiniens et parmi les immigrations musulmanes, et que les condamnations de la politique officielle de l'État d'Israël envers les Palestiniens n'expriment pas une révulsion face à des crimes contre l'humanité et à des crimes de guerre mais la volonté antisémite immémoriale de détruire les Juifs. De plus, cette machine de propagande proclame sans cesse que pratiquement tous les Juifs s'identifient à l'État d'Israël et soutiennent sa politique criminelle, ce qui constitue une incitation à l'antisémitisme bien plus efficace que les ignobles mensonges largement discrédités des négationnistes.</p> <p><strong>Notes : </strong></p> <p><strong>(1)</strong> « Des rapports - incomplets - (des autorités nazies) donnaient les chiffres suivants : 815 magasins détruits ; 171 maisons incendiées ; 191 synagogues brûlées ; 14 chapelles de cimetière, salles de réunion communautaires et bâtiments du même genre démolis. Vingt mille Juifs furent arrêtés, trente-six tués, trente-six autres gravement blessés. » Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Paris, Folio, 1999, p.44. <br/><strong>(2)</strong> Selon la Déclaration d'Indépendance d'Israël du 14 mai 1948 : « La Shoah, qui anéantit des millions de Juifs en Europe, démontra à nouveau l'urgence de remédier à l'absence d'une patrie juive par le rétablissement de l'État juif dans le pays qui ouvrirait ses portes à tous les Juifs. » <br/><strong>(3) </strong> Voir Raul Hilberg, La destruction …, notamment p.125.<br/><strong>(4)</strong> « Tout Juif qui émigrait en Palestine (était autorisé) à emporter mille livres sterling en devises étrangères et à envoyer par bateau une quantité de marchandises d'une valeur de 20000 marks et même davantage. … La somme de mille livres sterling était nécessaire pour obtenir l'autorisation de la Grande-Bretagne de s'installer en Palestine en tant que Capitaliste - on appelait ainsi cette catégorie d'immigrants. C'était une somme importante ; une famille de quatre personnes pouvait vivre dans un confort bourgeois avec moins de 300 livres sterling par an. » Tom Segev, Le septième million, Éd. Liana Levi, 2010, p.27. <br/><strong>(5)</strong> Raul Hilberg, La destruction …, p.125 <br/><strong>(6) </strong> Tom Segev, Le septième …, p.30. Dans ce cas, le système <i>Haavara</i> enfreignait le blocus de l'Allemagne imposé par les Alliés au moment de la Déclaration de guerre en septembre 1939. <br/><strong>(7)</strong> Il s'agit probablement d'une entreprise de commercialisation de produits agricoles, sans doute des agrumes. Il existe aujourd'hui en Israël une Yachin-Hakal Company Ltd. qui dans le passé était associée à la Histadrout et qui en 2013 est qualifiée de “Israel's largest citrus fruit growers“. <a href="http://jewishbusinessnews.com/2013/07/25" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://jewishbusinessnews.com/2013/07/25</a> <br/><strong>(8)</strong> <a href="http://www.mfa.gov.il/MFA/Facts%20About%20Israel/State/Levi%20Eshkol" class='spip_url spip_out' rel='external'>www.mfa.gov.il/MFA/Facts%20About%20...</a> (traduction de l'anglais). <br/><strong>(9)</strong> « Head of the settlement division of the Jewish Agency » (settlement signifie colonie, implantation). <br/><strong>(10)</strong> L'Accord a été signé au Ministère des Finances du Reich. Voir Tom Segev, Le septième …, p.27. <br/><strong>(11)</strong> Lévi Eshkol n'a pas été le seul futur Premier Ministre israélien à soutenir l'accord. « D'autres futurs Premiers ministres avaient été également engagés à différents stades de la <i>Haavara</i>. David Ben Gourion et Moshé Shertok (plus tard Sharett) se battirent pour l'accord de la <i>Haavara</i> lors de congrès sionistes et au sein de l'exécutif de l'Agence juive. Golda Meyerson (plus tard Meïr) le défendit à New York. » Tom Segev, Le septième …, p.29. <br/><strong>(12</strong>) « Les nazis … ne prirent pas à la légère la capacité des Juifs à leur causer du tort ; ils menacèrent la classe dirigeante juive en Amérique, ils organisèrent un boycott d'une journée contre les magasins juifs en Allemagne et donnèrent un coup d'accélérateur aux négociations de l'accord de la <i>Haavara</i>. L'un de leurs buts était de diviser le monde juif entre les partisans de la <i>Haavara</i> et les partisans du boycott. Et la division eut effectivement lieu. » Tom Segev, Le septième …, p.35. <br/><strong>(13)</strong> Tom Segev, Le septième …, p.37. <br/><strong>(14)</strong> Déclaration faite au Comité central de son parti, le Mapai (socialiste). Voir Tom Segev, Le septième …, p.38. <br/><strong>(15)</strong> Raul Hilberg, La destruction …, p.127. <br/><strong>(16)</strong> Ils perdirent 35 % de leur capital et furent forcés d'attendre longtemps leur argent, parfois pendant deux ou trois années, mais ils survécurent. Voir Tom Segev, Le septième …, p.30. <br/><strong>(17)</strong> « Le projet de loi sur la commémoration de la Shoah et des Héros (Yad Vashem, 1953) … comportait une clause prévoyant l'attribution à titre commémoratif de la citoyenneté israélienne à tout ceux qui étaient morts pendant la Shoah. » Idith Zertal, La nation et la mort, Paris, La Découverte, 2008, p.85. <br/><strong>(18)</strong> Tom Segev, Le septième …, p.38-39.</p> <p><span class='spip_document_19765 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:110px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L110xH100/a0-1354-72b03.jpg' width='110' height='100' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Jacques Bude</strong> Jacques Bude est Professeur émérite de psychologie sociale de l'Université libre de Bruxelles. Mère et père assassinés à Auschwitz. "Enfant caché" sauvé au prix d'énormes risques et sans la moindre rétribution par des gens d'ici, chez nous en Belgique.</p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14935" class='spip_out'>Israël ou la primauté du colon armé</a> - 8 septembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14044" class='spip_out'>La « Conférence de paix » occulte la destruction de la Palestine</a> - 2 octobre 2013<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11291" class='spip_out'>L'Appel au dialogue de paix occulte la destruction de la communauté palestinienne</a> - 19 octobre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11289" class='spip_out'>La destruction officielle des communautés palestiniennes en Israël-Palestine</a> - 14 octobre 2011</p></div> <div class='rss_ps'><p>1e septembre 2014 - Transmis par l'auteur - Article précédemment publié sur le site de l'ABP :<br/> <a href="http://www.association-belgo-palestinienne.be/infos/le-sionisme-et-lantisemitisme" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.association-belgo-palest...</a></p></div>